Pas encore de billet pour vous parler du beau bordel que ça pourrait-être si Momo s’acoquine avec l’Iran parce que ça prend beaucoup plus de temps que prévu de checker toutes les relations d’amitié historiques, les vieilles guerres, les relations commerciales, de voir qui est ami mais concurrent commercial en même temps, etc… Il y aurait presque de quoi en faire un sujet de thèse.
Donc ce ne sera pas pour aujourd’hui.
Parlons donc d’un sujet plus léger, le cinéma, mais avec des accents un peu plus grave puisqu’il s’agit du film Les femmes du bus 678, vu la semaine dernière et qu’il faut mettre en échos de cette info qui date d’il y a quelques semaines : des femmes qui manifestaient contre le harcèlement sexuel en Egypte ont subi des attouchements (dans le moins pire des cas). Un des témoignages les plus soft révélés par cet article de Courrier International :
« Tout à coup, plein d’hommes se sont rués sur nous. Ca s’est passé très vite. J’ai senti une main ou deux, mais j’ai eu de la chance, un homme m’a extirpée de là très vite. Mais la plupart (des autres femmes) ont été victimes d’attouchements »
Les problèmes sont tels que même une harrassmap a été crée et que cce genre d’initiative doit être encouragée et soutenue. Tu connais mon engagement pour la cause féminine en Egypte, tu as certainement lu pas mal d’épisodes sur le blog d’archives, tant la frustration est à tous les coins de rue qu’il arrive presque tous les jours d’avoir des problèmes avec les Egyptiens qui tentent de vous tripoter, qui vous insultent, ou voire pire. L’oppression est présente presque tout au long de ce film.
Revenons-en au film. Réalisé par un homme, il constitue un beau témoignage d’abord sur l’impuissance qu’ont les femmes face à ce harcèlement au quotidien, ne pouvant pas en parler chez elles, ne pouvant pas non plus riposter sans avoir de problèmes et étant, de toute manière, tujours fautives face à la société.
Ensuite il dresse aussi bien le portrait de cette Egypte aux classes sociales multiples, où les femmes des milieux aisées n’ont pas à se voiler et vivent dans des sphères ouvertes et tolérantes, où celles des classes populaires n’ont pas le choix.
Enfin, la société du paraitre qu’est l’Egypte y est très bien décrite. Peu importe le milieu, la couche sociale, qu’il s’agisse de l’amoureux très riche qui ne veut plus voir sa riche chérie parce qu’emportée par la foule sur Tahrir elle a subi des attouchements, ou la gamine violentée dont la famille veut à tout prix qu’elle retire sa plainte parce que tout le voisinage en parle.
Alors trois femmes d’âges et de couches sociales décident de passer à l’action… Et que l’Egypte serait agréable si les femmes se mettaient à agir ainsi. Il y aurait des blessés certes, mais je n’ai que peu de pitié pour les conards qui l’auraient cherché et mérité.
Aujourd’hui, le harcèlement sexuel constitue un délit en Egypte, mais rares sont celles qui portent plainte, comme a osé le faire cette jeune femme qui a osé attaquer les autorités pratiquant des tests de virginité lors des arrestations pendant la révolution.
La route est longue encore, mais des œuvres comme Les femmes du bus 678 ou le livre Les années de Zeth, aussi écrit par un homme et juste génialissime, mettent en lumière une situation réelle et font cogiter et, je l’espère feront un jour évoluer les mentalités.
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Et dire que de tels attouchements se pratiquent en France dans le métro.