de la propriété intellectuelle mourante et de la déontologie journalistique

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C’est un gros débat sur twitter en fin d’après-midi, suivi d’un papotage sur IRC qui m’a fait prendre conscience, suite à ce billet, que le code de déontologie de la presse, avec tout le respect que je lui dois, n’est peut-être plus adapté à l’heure actuelle.

A l’époque où il a été rédigé pour la première fois (1926) puis revu, cela représentait une avancée significative, mais n’étant pas née à l’époque et trop jeune lors de la dernière révision (1996), je ne saurais pas vous dire si l’ensemble de câbles téléphoniques que l’on trouvait presque partout dans le monde, avaient déjà donné l’idée à certains de ce qui deviendra par la suite Internet.

Ce qui est certain, c’est que toutes les licences CC que nous connaissons aujourd’hui n’étaient pas là. La circulations des données et infos fait aujourd’hui de grands bons grâce à Internet, le partage des œuvres culturelles aussi. Qui, en septembre 1996, date de la dernière révision de la charte, connaissait la musique d’autres continents ? Les plats qu’on y cuisine ? Mis à part les gens qui avaient les moyens de se déplacer ? Aujourd’hui, quelques clics suffisent à découvrir des artistes coréens, récupérer des recettes du monde entier…

Pour l’info, c’est pareil

  • Pendant les révolutions de 2011, le grand public a découvert les cyber citisens journalistes, évènements obligent, alors que certains d’entre eux bloguaient et publiaient de l’info, des données, des vidéos, bien avant les révolutions. Les événements ont mis en lumière leur travail.
  • Je me souviens de photographes, gueulant qu’ils n’arrivaient plus à vendre leur travail à cause des images libres de droits que laissaient à disposition des gens qui faisaient de la photo par plaisir. Je me souviens des heures sombres de Visa Pour L’image où les professionnels de l’image se désespéraient de crever en silence, l’appareil photo à la main.
  • Je me souviens d’heures passées à  lire tout et n’importe quoi, des PDF aux billets de blogs dans plein de domaines et de me nourrir de toute cee culture avec le sourire parce que c’est juste bon, intellectuellement parlant.
  • Je me souviens de débats animés en commentaires, des échanges que permet la toile, parfois même au sujets de bouquins en CC disponibles sur la toile, comme le sera celui que je sortirai sous peu, le but étant qu’il soit traduit en arabe et puisse circuler un peu partout dans les pays du tahina et des sacs à dos. Et que les gens se l’approprient.

Aujourd’hui ?

Et bien aujourd’hui, on est un peu secoués comme une bouteille entre une charte de déonto qui te dit de sourcer, signer, identifier ton information et des nouvelles licences qui te permettent de te servir et au final de générer de la richesse sur le travail de quelqu’un d’autre ; Et la pulpe ? ben elle reste en bas.

Extraits

« Tenter assidûment de trouver les acteurs de ses reportages afin de leur donner l’opportunité de répondre à toutes allégations de méfait. Identifier ses sources, lorsque c’est possible. Le public a droit à toute l’information possible afin de juger de la crédibilité des sources. »

«  Ne jamais plagier. »

« Faire la distinction entre plaidoirie et nouvelles. Les analyses et les commentaires doivent être identifiés et ne doivent pas déformer les faits ni leur contexte. »

Or, aujourd’hui, via licence, tout le monde peut laisser sa prose accessible, avec joie, afin qu’elle circule. Qu’il s’agisse de militantisme, comme dans le billet qui a précédé le débat, d’information, de productions de toutes sortes : écrits, audio, vidéo… et ces trois points ne sont finalement pas respectés mais le plagiat n’en serait plus si la personne donne libre accès à ses recherches ? Le débat est ouvert…

Si on cherche plus loin dans des petits livres rouges qui régissent le travail, on peut même être attaqué n tant que média ou en tant que journaliste, si on ne respecte pas certains des points de l’ensemble de la charte.

Je vous disais, dans le précédent billet que là était tout le problème, que les journalistes ne respectent pas le code de déonto… bon après il y a d’autres dérives dans la presse en ligne, les updates à tout va, etc. On ne va pas revenir dessus.

Quid de la charte ?

Par contre, si on retourne le problème dans l’autre sens, histoire de faire remonter la pulpe, et bien on s’aperçoit tout simplement que cette charte, n’est plus adaptée à la société actuelle puisqu’elle ne tient pas compte des nouveaux modes de communication et de diffusion de l’information, des changements en terme de propriété intellectuelle, etc…

J’oubliais le principal en écrivant ce billet, cette charte est aujourd’hui notre seul rempart « officiel » si une personne demande à relire une interview ou un article avant publication, ou si un service pub d’un média pour lequel on travaille veut nous imposer un sujet ou une part de contenu. Cette charte nous protège, en quelques sorte, et fait que le refus de se plier à une possible hiérarchie pour ce qui va à l’encontre de la morale, ne sera ps considéré comme nue faute professionnelle..

Alors je me suis posée la question… Et si je réécrivais cette charte, juste pour le défi intellectuel ? Puis c’est quand même plus sympa en collectif, de réfléchir à plusieurs aux bases et d’inclure tous les modes d’expression, les licences différentes… Et si on se relevait  les manches pour s’y mettre à plusieurs ? Partants ?

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