Autoentrepreneurs, le revers de la médaille

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Je lis ça et là des textes en rapport avec la hausse d’impôts réservée aux auto-entrepreneurs, présente dans le projet de budget 2013. Tous s’indignent, à juste titre, d’ailleurs, de devoir payer plus, mais surtout du fait que ce statut d’auto-entrepreneur a sorti du chômage. Beaucoup ont peur d’y replonger.

Le statut d’auto-entrepreneur, déjà pas très reluisant à l’époque, a son arrivée, a aussi changé beaucoup de choses dans la vie des pigistes. Vous savez, ces journalistes, payés au sujet, qui jusqu’ici coulaient des jours pauvres mais heureux en étant rémunérés via fiche de paie.

Et puis le statut d’auto-entrepreneur est arrivé. Nombreux ont été les médias à demander des factures et tenter de payer les journalistes en droits d’auteur. L’avantage pour eux ? Ne plus payer d’impôts sur ce qu’ils donnaient aux journalistes.

Le problème pour les pigistes ? Devoir se déclarer, donc payer des taxes sur leurs minces revenus, et surtout ne plus « gagner » de droits au chômage et à la retraite sur leur travail. Enfin, le statut n’étant pas compatible avec la carte de presse, selon la part de rémunération en factures et droits d’auteur, certains pouvaient perdre leur carte.

En gros, la bonne loose ! Mais cette dernière clause a sauvé le statut du pigiste puisque nous avons été nombreux a toujours refuser ce statut et à demander à être rémunérés avec fiches de paie. Un journaliste n’est pas un autoentrepreneur et pas question de le devenir, histoire de perdre volontairement quelques acquis sociaux tels que le droit à la retraite et celui au chômage.

C’est d’ailleurs grâce aux droits acquis en tant que correspondante à l’étranger, que j’ai vécu pendant plusieurs mois, remettant du grain dans la machine à chaque fois que je produisais un nouveau sujet. Mais combien sont-ils à avoir pris ce chemin et à s’en mordre les doigts aujourd’hui ?

Des étudiants, fraichement sortis de l’école qui ne trouvaient que ce moyen pour travailler, au mieux en tant que rédacteur, au pire en tant que community manager. C’est pas faute d’avoir essayé de les prévenir.

Le SNJ avait alerté sur les dangers de ce nouveau statut et ça n’a pas loupé. J’ai vu des copains journalistes s’y casser les dents. Aujourd’hui, 9 auto-entrepreneurs sur 10 touchent moins que le SMIC. Le statut n’a donc rien d’autre de révolutionnaire que la précarité.

Il a aussi précarisé une partie des travailleurs du secteur de l’info, qui sont venus de rajouter aux lots d’intermittents du spectacle travaillant déjà pour la radio et la télévision.

Reste qu’aujourd’hui, ceux qui sont devenus auto-entrepreneurs et devront payer plus d’impôts peuvent toujours proposer leur services en tant que freelance et demander des fiches de paie s’ils veulent payer moins de taxes. L’effet positif est que cette fiche de paie, justement, pourrait redevenir la norme et permettre de diminuer la précarisation croissante de certaines branches.

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Auteur : Ju

Manager en sécurité informatique, je travaille sur le secteur depuis plusieurs années après une reconversion réussie suite à 12 annés dans le journalisme. J'adore la recherche, Je suis certifiée Iso/CEI 27001 Lead Auditeur (PECB) – ISLA1006895-2015-09. Parfois, je donne des cours et des conférences, et j’ai eu deux livres publiés par un éditeur… il y a fort longtemps.

2 réflexions sur « Autoentrepreneurs, le revers de la médaille »

  1. Je ne connais pas vraiment l’état des métiers de la presse, donc je ne vais pas me prononcer dessus.

    Toutefois, il ne faut pas diaboliser le statut d’auto-entrepreneur, qui a d’autres utilités : j’ai notamment dans mon entourage plusieurs étudiants qui s’en servent pour avoir un petit revenu en plus des cours, car cela leur permet de facturer des prestations à des entreprises, pour quelques heures de travail, en général dans leur domaine qu’ils étudient, ce qu’ils airaient difficilement pu trouver sans ce régime.
    Certes, leur auto-entreprise ne génère que très peu de CA (comme votre lien leur reproche), mais au final, ce n’est guère différent des pratiques précédentes des étudiants pour se faire de l’argent (typiquement donner des cours à des collégiens ou lycéens).

  2. Quand mes amis faisaient des petits oulots pour finaner leurs études, cela s’appelait de l’Intérim. Ils avaient des fiches de paie, des droits au chomage, à la retraite et à la sécurité sociale. Ou alors il avaient nu contrat à temps partiel qvec l’entreprise. Toujours avec nu statut déclaré et des droits. Pourquoi cela ne serait pas le cas aujourd’hui ?
    Sinon, pour donner des cours, il y a aussi le système de « chèque emploi service », je ne sais pas si cela existe encore…

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