L’ONU et l’excision expliquée à mon pote Moussa

L’Assemblée générale de l’ONU vient d’adopter sa première résolution dénonçant l’excision, une pratique qui affecte quelque 140 millions de femmes dans le monde. Cette pratique, et plus généralement les mutilations génitales, sont illégales dans seulement une vingtaine de pays africains et en Europe ainsi qu’aux Etats-Unis et au Canada.

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L’Assemblée générale de l’ONU vient d’adopter sa première résolution dénonçant l’excision, une pratique qui affecte quelque 140 millions de femmes dans le monde. Cette pratique, et plus généralement les mutilations génitales, sont illégales dans seulement une vingtaine de pays africains et en Europe ainsi qu’aux Etats-Unis et au Canada.

Plus de 110 pays ont donc soutenu conjointement ce texte qui demande aux Etats membres de « compléter les mesures punitives par des activités d’éducation et d’information ». Le travail de pédagogie sera encore long et laborieux quand on sait que dans certains territoires, il est encore question d’une pratique courante et « normale. »

Je me souviens d’un collègue Sénégalais, Moussa, à qui je posais la question. Nous étions en 2008. Pourquoi l’excision. Il m’avait répondu le plus naïvement du monde « si la femme prend du plaisir, elle ira voir d’autres hommes, ce n’est pas sérieux. » Tout ça, parce que dans son village, depuis des années et des siècles, on se transmettait cette idée de génération en génération. Je lui ai donc répondu avec le sourire : « mais si le mec prend du plaisir, il peut aller voir ailleurs aussi… donc faut lui couper le bout du kiki ! »

Ah non, non, non de non !

Et voilà mon Moussa avec les yeux écarquillés ! Il venait de comprendre un truc… Et moi de me marrer. Compare, mec, compare. C’est juste parfois que la situation est comme ça et que depuis l’enfance, cela fait partie des « valeurs » qu’on t’inculque. De mon côté, c’est aussi cela que j’ai compris : Ce n’est pas parce qu’on est pour l’excision qu’on est forcément un boucher, c’est parfois juste que maman et papa ont dit que, parce que les grands parents disaient que, et avant eux leurs ancêtres… C’est cette petite histoire que cette position de l’ONU rappelle à mon souvenir.

 « Nous ne ménagerons aucun effort pour atteindre notre objectif: mettre fin aux mutilations génitales féminines en l’espace d’une génération. Aujourd’hui cet objectif est plus proche que jamais. » Cesare Ragaglini,ambassadeur italien à l’ONU.

L’AFP rappelle dans une dépêche parue ce matin que selon l’Organisation internationale des migrations (OIM), les mutilations génitales féminines affectent entre 100 et 140 millions de filles et de femmes à travers le monde et cette pratique s’est étendue ces dernières années aux pays occidentaux en raison de l’accroissement des flux migratoires.

 

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Auteur : Ju

Manager en sécurité informatique, je travaille sur le secteur depuis plusieurs années après une reconversion réussie suite à 12 annés dans le journalisme. J'adore la recherche, Je suis certifiée Iso/CEI 27001 Lead Auditeur (PECB) – ISLA1006895-2015-09. Parfois, je donne des cours et des conférences, et j’ai eu deux livres publiés par un éditeur… il y a fort longtemps.

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