Le dahlia noir, James Ellroy

Un meurtre horrible, une enquete qui part dans tous les sens, la presse sur les dents, un procureur branché comm, des flics véreux… ce bouquin est un polar de légende et j’ai bien compris pourquoi.
Jusqu’à la fin, on n’est sûr de rien et on suit même le héros sur des fausses pistes, on se prend des murs, on roule de nuit. Par ailleurs, les personnages ont une vraie vie, ce qui est rare dans les polars, à côté de l’histoire.
Seule ombre au tableau, la première partie. Une centaine de pages où j’ai quelque peu souffert du «trop de vécu» des deux policiers avant que l’enquête ne débute. Ce passage aurait gagné à être allégé.
Un beau petit pavé qu’on ne lâche pas avant de l’avoir terminé

 

Syrie : Enfumage sur du glamour pour cacher le désengagement russe

Asma est enceinte !

Asma est enceinte !

Alors que la guerre civile syrienne va fêter son malheureux second anniversaire tout bientôt, décontracté et bien dans ses shoes, le Bachar prend le temps d’aller annoncer à la télévision que oui, Asma est enceinte.

La première dame syrienne, glamour au possible, avait fait parler d’elle, lorsque des emails adressés à son cher et tendre avaient été révélés. Elle y parlait d’achats en cours : produits luxueux, paires de chaussures, mais aussi vêtements à la mode avec gilet pare-balles intégré.

Asma est enceinte. Comme par hasard, cette info sort pile au même moment que l’annonce de Medvedev, le premier Russe derrière Poutine, que la Russie, non, n’est pas amie avec la Syrie. On voudrait faire du bruit pour cacher le lachâge Russe, on ne s’y prendrait pas mieux.

Flashback

Les puissants et les autres se retrouvent à Davos pour papoter de notre avenir. Dimitri, comme ses petits camarades de jeu de tous les pays, se retrouve face à des journalistes, notamment ceux de CNN et leur confie que non, il n’est pas copain avec Bachar. Mais pas du tout du tout… Passe le fait que nous ayons fantasmé pendant plusieurs mois sur le soutien que la Russie a apporté à la Syrie d’Assad, ce qui est intéressant, c’est que notre bonhomme, non content de lâcher le moustachu, enfonce le clou en critiquant sa politique.

Assad aurait fait « une grave erreur » Et de reprendre : « Il aurait dû agir beaucoup plus vite et inviter l’opposition pacifique qui était prête à s’asseoir à la table des négociations avec lui. C’est une grave erreur de sa part, peut-être fatale »

Le désengagement tout diplomatique tait prévisible, puisque la semaine dernière, les expatriés russes vivant en Syrie ont finalement été rapatriés. En gros, ça sentait déjà un peu le sapin de la place Rouge pour Assad, la prise de position de Medvedev vient finir le boulot.

Asma est enceinte !

Ah oui, c’est vrai… Parlons layette pare-balles et petits chaussons roses ou bleus. Dimitri est loin, bien loin. Dimitri qui ? La télévision d’état ne sait plus… Puis ça ne ferait pas un beau prénom pour un petit Syrien. Ils l’appelleront Hamza ?

Il était une fois…

« Il était une fois les révolutions » (vous remarquerez le gros travail sur le titre) c’est mon premier livre de journaliste, mon second livre tout court, qui traite des coulisses des révolutions à travers des anecdotes, des portraits, des rendez-vous, des échanges… Qui traite aussi de reconstruction, de mentalités et des gens tout simplement, qui ont vécu, loin des caméras, le printemps arabe de 2011.

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Il est là, ll est tout petit tout joli et tout chaud sorti des presses après 666 relectures.

« Il était une fois les révolutions » (vous remarquerez le gros travail sur le titre) c’est mon premier livre de journaliste, mon second livre tout court, qui traite des coulisses des révolutions à travers des anecdotes, des portraits, des rendez-vous, des échanges… Qui traite aussi de reconstruction, de mentalités et des gens tout simplement, qui ont vécu, loin des caméras, le printemps arabe de 2011.

Vous y retrouverez aussi, entre les nouveaux textes, quelques billets de blog laissés tels quels comme la lettre à Omar, impossible de parler de la Syrie sans cela, ou retravaillés à coup de chiffres, informations supplémentaires, etc. L’idée était aussi de mettre ces textes entre les mains de gens qui ne seraient jamais allés les lire sur le Web. Plus de deux ans après, je crois toujours en l’initiative de Wasla et je la reproduis.

Tu peux aller faire un tour chez l’éditeur pour avoir plus d’infos. Le bouquin est aussi normalement disponible sur Chapitre.com, Place des libraires, Cultura, Decitre et sera sur Amazon dans 4 à 8 semaines.

Bonne lecture !

Féminisme, viol, frontières, journalisme, transports, Netneutrality… Les liens du dimanche #15

Welcome in your word ! Un doux monde où, en Somalie, on arrête une femme pour avoir témoigné de son viol en même temps que le journaliste de RFI qui l’a interviewée.

Welcome in your word ! Un doux monde où, en Somalie, on arrête une femme pour avoir témoigné de son viol en même temps que le journaliste de RFI qui l’a interviewée.

Au Mexique, les victimes de viol, toujours, n’auront peut-être bientôt plus le droit d’avorter, le bébé représentant une « preuve » du dit viol… De quoi revenir sur l’un des droits les plus élémentaires de la femme, à savoir celui de décider seule de ce que l’on fait de son corps.

Femmes toujours, et cette fois, il s’agit d’égalité. Même si cette nouvelle ne fait pas vraiment plaisir à tout le monde, les femmes soldats américaines pourront aujourd’hui, elle aussi, être en première ligne des combats.

En Syrie, les femmes fuient leur pays de plus en plus nombreuses puisque le viol est devenu une arme de guerre comme une autre. A ce propos, Amnesty International demande à la Jordanie de ne pas fermer ses frontières aux réfugiés syriens qui affluent.

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Au Mali, enfin, les journalistes aimeraient bien faire leur boulot correctement et Reporters Sans Frontières demande à ce qu’ils puissent enfin accéder à la ligne de front.

Plus légèrement, le site low cost d’Air France fait péter les chiffres… Pas étonnant lorsqu’on voit le service SNCF, vite vu. Pour apaiser les tensions, la société des chemins de fer a la grande idée de se payer des community managers en pensant que cela va améliorer les choses… hmm… z’ont pensé à l’affichage en gare et à l’information du personnel ? A ne pas abandonner les voyageurs en chemin ?

Sur la toile, les députés européens sont en train de brader notre vie privée. Affaire à suivre.

Internet bridé n’est pas Internet

A l’heure où les Américains veulent cybersurveiller toute la planète, l’Internet bridé, c’est-à-dire pas l’Internet c’est pour demain ! Le minitel est mort, vive le minitel ! Et ce n’est pas n’importe qui qui le dit, mais une commissaire européenne, rien que ça, qui se positionne en faveur du bridage pour que les FAI aient plus de libertés pour leurs tarifs. Hmm… Ca ne te rappelle rien, lecteur ?

En août 2011, il y a fort fort longtemps, donc, j’imaginais la chose dans ce billet.

« Demain, si t’es riche, tu pourras ouvrir la fenêtre bien grand et avoir accès à tout, tout le temps, et à haut débit.

Tu kiffes, hein ?

Seulement t’es pas riche, mon con, faut pas l’oublier… Toi, t’auras droit à la seconde, la troisième, la quatrième option, celle qui ferait se moquer tout le village où je vivais au Laos parce que là-bas, ils auront un meilleur accès à Internet

Bon, on va bien te le vendre, avec vaseline et tout, ton internet civilisé, tu ne sentiras rien passer et tu seras même bien content d’avoir ton super forfait pas cher. Comme les personnages de Seb Musset qui achètent à pas cher, sur Internet, justement, tu auras le sourire et tu diras à tes amis que cela ne te coute QQQQQQQQQQQUUUUUUUUUUUUEEEEEEEE cette poignée d’euros…

Seulement, non

L’option deux, ce sera du moins vite, donc moins de chargement, pas génial pour voir des vidéos de mecs qui se font latter en Syrie, ni pour écouter de la musique en ligne, ce qui ravira les amis d’Hadopi(pis). Bon, en même temps, t’écoutes pas trop de musique, hein ? Puis les infos tu les as à la télé…

L’option trois, ce sera zéro vidéo, zéro son, juste les mails et les réseaux sociaux. Bon, tu n’auras pas non plus accès à tout ce que tout le monde fait tourner, faut pas rigoler, t’es pauvre, cherche pas… mais pour jocker sur twitter ou liker sur Facebookles photos du bébé de falconhill (qu’ils est trop trop trop beau !) tu n’as pas besoin de plus, hein ?

Enfin, l’option quatre, celle qui fait que même au Laos, on va se foutre de toi, c’est le pack pas cher skype-emails, idéal pour toi, mon con, quand tu rentres du boulot et que tu veux juste accéder à tes mails et papoter avec ta tante en Normandie ! Et à un prix ridicule ! »

Sauf que… sauf que le droit à l’information, le droit à communiquer, sont des libertés fondamentales à protéger. En s’attaquant à la neutralité du net, on s’attaque à tout ce qui fait la richesse d’Internet.

« demain, avec cet accès segmenté, seule une « élite » financière ou technoïde, pourra accéder à l’information. Cela contribuera à couper tous les ponts que nous construisons depuis une dizaine d’années (ouais, j’étais pas là au début et alors ?) cela contribuera aussi à propulser les masses dans l’ignorance… Alors que d’autres avancent (et j’en suis ravie pour eux !). »

Internet, c’est toi, c’est moi, c’est nous tous… Et ça, il ne faut pas l’oublier. Et si nous ne disons rien aujourd’hui, les machines de bridage, les mêmes qui servaient du temps de Ben Ali en Tunisie, se mettront en route. Ca pue un peu (beaucoup), non ?

Sur le même sujet, ma conf à La Cantine lors de PSES2012.

Storyteller, de James Siegel

Le pitch ? Un journaliste à la psychologie assez difficile qui trouve le père qui lui a manqué en la présence d’un super rédac chef. Il se mettra peu à peu à inventer des sujets de reportage, d’où le titre du bouquin. Il sera finalement découvert, attaqué, jugé. C’est là que commence notre histoire.

1209811-gfUn thriller qui vous rend parano au fil du roman. Plus on avance et moins on peut lâcher ce bouquin.

Le pitch ? Un journaliste à la psychologie assez difficile qui trouve le père qui lui a manqué en la présence d’un super rédac chef. Il se mettra peu à peu à inventer des sujets de reportage, d’où le titre du bouquin. Il sera finalement découvert, attaqué, jugé. C’est là que commence notre histoire.

Notre journaliste se reconstruit à coups d’inaugurations de ronds-points et d’anniversaires de centenaires et c’est là qu’il flaire nu sujet intéressant lié à l’explosion d’un barrage 50 auparavant. Il se met à enquêter. Plus l’auteur avance, plus on se demande si le personnage principal est sincère, s’il fabule ou si on le mène en bateau. On finit par devenir aussi méfiant et parano que lui.

Et on veut savoir, nous aussi, quel est ce rapport au nucléaire, pourquoi ce barrage a explosé, quid des survivants, pourquoi aussi, au fur et à mesure que l’enquête avance, il retrouve aussi petit à petit, ces faux articles qui prennent vie sous ses yeux. Devient-il fou ?

Entre parano, thriller et polar, Siegel nous perd et réussit son coup. Un beau parpaing à lire d’urgence.

Social engineering et journalisme #2

Nous, journalistes, sans le savoir, pratiquons de temps à autres le social engineering. C’est ce dont je me suis aperçue, il y a presque un an, en lisant l’art de la supercherie de Mitnick et en me disant « hey, mais ça, déjà essayé » ou « ben oui, ça c’est un truc de journalistes ! » On ne va pas revenir à la poule, l’oeuf et le couteau, mais toujours est-il que le SE, est pratiqué, tout naturellement par les journalistes de terrain, sans qu’ils mettent cette expression sur leur comportement.

Nous, journalistes, sans le savoir, pratiquons de temps à autres le social engineering. C’est ce dont je me suis aperçue, il y a presque un an, en lisant l’art de la supercherie de Mitnick et en me disant « hey, mais ça, déjà essayé » ou « ben oui, ça c’est un truc de journalistes ! » On ne va pas revenir à la poule, l’oeuf et le couteau, mais toujours est-il que le SE, est pratiqué, tout naturellement par les journalistes de terrain, sans qu’ils mettent cette expression sur leur comportement.

Basics

Même le plus jeune des stagiaires, le plus débutant des plumitifs, saurait mettre à l’aise son interlocuteur. Le bloc note passe encore, mais un micro ou une caméra rebuttent parfois certaines personnes. Il faut donc les mettre en confiance, sinon elles auront du mal à parler (fichiers non exploitables) ou ne donneront que des infos basiques, facilement trouvées ailleurs, voire déjà énumérées en conférence de presse. Or, on en veut plus, on veut autrechose, parfois la conf de presse est l’occasion de croiser cette personne à qui on a besoin de poser d’autres questions, sur un tout autre sujet.

Si elle se braque, impossible. D’où l’importance du SE. Cela passe par deux ou trois questions légères, qui ne servent à rien. Les trois premières minutes sont en général à jeter. On demande à la personne de se présenter, ah, tiens, peut-être a-t-elle un lien de parenté avec telle personne qu’on est supposé connaître (merci Internet….) ? Oui ? Un mi, voyons, un ami d’ailleurs, la semaine dernière… Et voilà notre bon vieux sceptique qui oublie la caméra. Les choses sérieuses peuvent donc commencer.

Les politiques seront moins faciles. Dans leur cas, pas de problème de micro, mais communication bien huilée. Il savent que dire sur le sujet évoqué, bottent en touche quand on sort des clous. « C’est bizare parce que j’avais telle info en provenance de « quelqu’un qui bosse dans votre cabinet… » vrai ? faux ?  On joue au poker. « et monsieur Machin, avec qui vous êtes en affaires… » Dans ces cas là, la maîtrise des dossiers, des réseaux, est un atout.
Evidemment, je le situe dans un contexte franco-français. En Egypte, par exemple, du temps de Moubarak, il était plus facile d’avoir le numéro de téléphone portable d’un ministre (5 à 6 minutes montre en main… Ils adoraient parler) que d’avoir des chiffres en provenance du sacro-saint ministère de l’intérieur.

On notera, aussi, l’importance d’aborder le même niveau de langue que la personne interviewée, le vocabulaire compte beaucoup. Si la personne se sent « entre soi » elle parlera plus facilement. Qu’il s’agisse d’un sans-abri ou d’une personne à un poste clé dans la hiérarchie des entreprises. Dans le même sens, montrer qu’on connait le dossier, en citant des noms, des évènement, des lieux, peu importe, est toujours un plus.

Au final, il est parfois important de « donner » pour « recevoir », parce que la nature humaine est ainsi faite. Cela participe à la mise en confiance de l’interlocuteur, il se set plus riche de ce que vous lui apportez, un détail sur un dossier qu’l ignore, par exemple, et va se sentir obligé de faire pareil à son tour.

Prise de notes

J’ouvrais de grands yeux quand on me disait de tracer une marge sur mes blocs. Pas moyen, on n’est plus à l’école je ne souligne pas en rouge et j’ai arrêté les titres en vert. D’où le scepticisme des étudiants en journalisme quand je leur explique que tracer une marge, c’est cool pour la suite. Ils accueillent mieux l’astuce aujourd’hui quand je leur présente de manière un peu plus sexy : « On va faire du social ingineering » c’est quoi donc ? « les techniques du hacking appliquées aux rapports humains… » observer, démonter, comprendre, remonter pour en faire ce que l’on souhaite… Exactement comme je suis en train e le faire avec eux. Mais ça, ils ne le captent pas.

Donc la marge, c’est sexy. Si, si. Pourquoi donc ? Parce que ça te permet, par exemple, de noter à quel moment la personne fait une grimace lorsqu’elle te parle. même rapidement. ça permet de noter quand la personne cogite en jouant avec sa/ses bagues,  ou sa cravate, quand elle se touche le bout des doigts tout autour des ongles, quand son regard est fuyant. C’est ce que l’on appelle des micro-réactions pour les expressions qu’ils s’agissent d’expressions corporelles ou de mimiques.

De retour d’interview, à mort le reste des notes. Ce qui va m’intéresser, ce sont les infos qui se cachent derrière ces micro-expressions. Est-ce que la personne ment ? pourquoi ? m’a-t-elle caché une partie des infos ? pourquoi à ce moment là a-t-elle été mal à l’aise ? C’est ici que commence la recherche d’infos. Pas dans ce qui est noté tout autour.

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Ailleurs

Si on sort du contexte franco-français, bien entendu, il va être question de culture locale à laquelle il faudra s’adapter. Mais pas que… On peut aussi l’utiliser. c’est ce que j’ai tenté lors de mon entrée en Syrie, le dernier jour de mars 2011. Après le point visa, le bus s’arrêtait dans un autre check point où les bagages étaient systématiquement fouillés et contrôlés. J’avais 99,99999999999% de chances, voire plus, de tomber sur une personne de religion musulmane avec ce que cela implique dans cette région du monde où on grandit (de moins en moins) dans des écoles pour filles et des écoles pour garçons, où les trucs de filles doivent rester des trucs de filles…

J’avais donc planqué une partie de mon matériel sous un joli soutif rouge, on me demanda de refermer cette poche, sous les tampax qui sont tombés, éparpillés sur le sol. On me pria de les ranger, putain de démon, très vite t de refermer cette autre poche. De la grande partie du sac, je sortais quelques vêtements, serrant les fesses pour les objectifs de l’appareil photo. Mais la personne, déjà assez gênée, regarda à peine et me demanda de ranger mes affaires et de remonter dans le bus.

Pour couvrir les manifs, même topo. Alors que je me rendais avec Samuel rencontré le jour même, sur une manifestation, j’avais sciemment planqué tout ce qu’il fallait pour enregistrer du son sur moi, cachant le tout sous des vêtement larges et surtout un grand châle nonchalamment posé sur mes épaules. La petite brune habillée hippie et le grand blond tout aussi décontracté passaient pour de parfaits étudiants en langues, nombreux dans le centre ville à cette époque où personne n’était parti ou n’avait été rapparié.

Regarder, écouter, analyser… et se fondre dans le décor. Nous aurions été seuls, chacun de son côté, dans une manif, il aurait certainement été plus difficile pour nous de passer inaperçus et donc de pouvoir travailler en sécurité. Parce qu’un blond,tout seul en Syrie… Parce q’une nana toute seule, sur une manif où on ne croisait que des hommes…

Les humains sont ainsi faits…

Et il y aurait bien d’autres terrains à explorer. le Garçons-Filles me saoule un peu, à vrai dire, parce que beaucoup trop facile, en général, que ce soit pour les uns ou pour les autres, d’exploiter ses failles. Un jeune ami me rapportait récemment qu’il arrivait à avoir des armes et autre cadeaux supplémentaires en jouant en ligne simplement parce que sa petite voix fluette le faisait passer pour une fille aux yeux des garçons avec qui il jouait enn équipe. Lui ne disait rien et se contentait de récolter le fruit de l’illusion dans laquelle baignaient ses partenaires de jeu.

Idem pour les mécanismes jeunes-vieux… Je kiffe bien ceux qui se placent en patriarches, en mode « je parle, tu écoutes, j’ai la sagesse, petit poussin, je te la partage, blabla… » et donc il faut se taire, écouter, poser une question à l’occasion pour faire croire qu’on s’intéressent à ces personnes qui ont tellement peu confiance en elles qu’elles ont besoin de ça pour se sentir bien dans leur peau. En jouant les petits poussins, on peut (très) facilement en tirer tout ce qu’on veut. Pas question, au contraire, de leur montrer que tu as un cerveau, puisque contreproductif, il pourraient se sentir attaqué. Après tout, ils étaient déjà là à l’époque où tu mangeais ton caca, donc respect… Ou du mois fait semblant.

A lire/regarder/écouter

Je vous recommande de lire Mitnick, L’art de la supercherie. Je suis en pleine lecture de L’art de l’intrusion (PDF) en anglais, sur un autre créneau, mais tout aussi intéressant en termes de trucs et astuces, je le conseille, toutefois, si vous vous êtes calés techniquement, vous risquez de vous ennuyer.
A voir, la vidéo de la conf d’HiTch sur les bases du SE.
A écouter, cette interview de Christopher Hadnagy réalisée durant Hack In Paris. Il m’explique les bases du SE et revient sur la facilité qu’il a à obtenir des informations dans la vie de tous les jours.
Attention, vous pouvez aussi vous faire avoir en ligne, comme nous l’explique Thomas. Le langage que vous utilisez donne déjà pas mal d’informations à votre sujet.

Billet réalisé à partir d’une conférence réalisée à l’invitation d’Hackerzvoice il y a quelques semaines.

Les réfugiés de la SNCF

Gare Saint Lazare, 23h et des poussières de lune. L’ambiance est la même que d’habitude à cette heure de la nuit.

Les nanas qui regardent de tous les côtés en tenant leur sac à main en ayant peur de jeunes qui sont bien tranquilles dans leur coin, trop explosés de trop de fumette pour tenter quoi que ce soit. Les couples rentrent de repas, de soirée apéro, les mômes du 92 arrivent à temps pour respecter la permission de minuit.

Gare Saint Lazare, 23h et des poussières de lune. L’ambiance est la même que d’habitude à cette heure de la nuit.

Les nanas qui regardent de tous les côtés en tenant leur sac à main en ayant peur de jeunes qui sont bien tranquilles dans leur coin, trop explosés de trop de fumette pour tenter quoi que ce soit. Les couples rentrent de repas, de soirée apéro, les mômes du 92 arrivent à temps pour respecter la permission de minuit.

Il y a toujours quelqu’un pour arriver et voir que le prochain train sur sa ligne est programmé pour cinq ou six heures du matin. On l’entend pester, il ou elle tourne un peu, parfois passe un coup de fil, et quitte la gare.

Le week-end, tu croises aussi des gens aussi éméchés que toi. Tu te félicites que sur ta ligne, il y ait des trains jusqu’à presque 1h30 alors que certains chantent et que finalement, ça reste bon enfant même si, bon, ils pourraient faire un effort pour laisser le Monoprix ouvert, c’est plutôt sympa parce que c’est chauffé quand on a 20 minutes d’attente.

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Les horaires tombent, petit à petit, et les gens se précipitent vers leur quai en masse, comme si leur train, qui part dans 15 minutes, allait leur jouer un sale coup. Puis c’est bien connu, attendre sur le quai en plein courant d’air puisque le train n’est pas encore arrivé, c’est hyper sain pour la santé en cette période.

Puis ton train arrive et machinalement, tu fais pareil qu’eux… des fois qu’une des quatre personnes qui sont dans ta rame aient l’idée de te piquer ta place, pas trop loin de la porte, mais pas à côté non plus parce que bon, les courants d’air… En plus, le 23h25 s’arrête dans tous les bleds de la ligne alors les portes n’ont pas fini de s’ouvrir.

La première fois, ça s’est produit à La Défense, sans prévenir. Un agent entre dans le wagon, te dit que c’est fini et que des bus sont prévus pour t’emmener dans une gare lointaine, après avoir fait le tour des bleds bien entendu, où tu pourras prendre le train de nouveau sur la fin du trajet… Gné ? Travaux sur les voies, nous dit-on.

Donc la SNCF fait des travaux sur les voies alors que les trains circulent encore e que surtout, une heure après, plus aucun ne passe sur la ligne. La nuit est aux travailleurs de l’ombre, pourquoi la SNCF n’attend pas que le dernier train ne passe avant de faire ses travaux ?

La première fois, donc, c’était le week-end, la viande saoule s’est entassée dans le bus, l’autre partie des passagers prenaient des allures de réfugiés, flippés qu’ils étaient qu’on change leurs petites habitudes.

Le trajet qui prend 20 minutes d’ordinaire pour rentrer chez moi… une quarantaine pour arriver en bout de ligne, aura duré presque une heure et demie jusqu’à mon bled, je plains ceux qui s’arrêtent plus loin. Aucune indication n’avait été donnée en gare Saint Lazare, rien, ni sur les panneaux d’affichage, ni au micro, ni de la part des gilets rouges. Certains auraient pu prendre un métro, d’autres rester sur paris, etc.

Bon, on se dit que la désorganisation vient d’une première puis, quelques jours après, nous revoila dans la même gare à la même heure. On nous prévient au micro alors que le train est déjà en route vers notre destination (du moins ce que nous croyons être notre destination). Le terminus de ce train sera donc de nouveau La défense, même motif, même travaux. Jour de semaine, on a des poussettes à caser dans le bus, des gens qui se lèveront tôt demain pour aller bosser à qui, bien entendu, on n’a rien dit.

Même bus de réfugiés, entassés que nous sommes à traîner dans des bleds du neuf-deux. Les poussettes ne passent pas par les portiques de la gare secondaire et personne n’est là pour ouvrir la grande porte parce que les agents SNCF sur les lieux n’ont pas accès à la salle où se trouve le bouton pour l’ouvrir.

On soulève une poussette comme on porte un sac de riz sous d’autres latitudes, là où il fait plus chaud. Bébé ne se réveille pas, c’est un plaisir… Ou alors il est mort de froid, ce qui est plus probable, ou du manque de respect dont fait preuve la SNCF vis à vis e ses voyageurs.

C’est finalement chaque soir le même cirque. La SNCF n’a toujours pas compris que programmer ses travaux une heure après arrangerait tout le monde, y compris ces pauvres agents obligés de travailler en pleine nuit pour orienter, guider, répondre aux questions des voyageurs perdus. La SNCF, qui augmentera bientôt ses tarifs, n’a toujours pas compris qu’informer en gare, ça pourrait être pas mal… genre comme dans un aéroport.

La carte et le territoire, Michel Houellebecq

Déçue. C’est la première fois avec Houellebecq. Il nous dépeint dans ce bouquin le portrait d’un artiste plus ou moins raté, qui s’est toujours cherché entre la photographie, la peinture, la reproduction de cartes routières… jusqu’au jour où il rencontrera nue femme qui lui ouvrira quelques portes et lui permettra de vendre son travail très cher.

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Déçue. C’est la première fois avec Houellebecq. Il nous dépeint dans ce bouquin le portrait d’un artiste plus ou moins raté, qui s’est toujours cherché entre la photographie, la peinture, la reproduction de cartes routières… jusqu’au jour où il rencontrera une femme qui lui ouvrira quelques portes et lui permettra de vendre son travail très cher.

Ce bouquin est écrit comme un film, avec pas mal de dialogues, on y voit les personnages évoluer sur presque deux décennies et l’auteur s’amuse à tourner en dérision quelques-uns de ses amis qu’il place ça et là dans le texte.

On rit un peu, pas assez, on na aucune empathie pour les personnages de ce livre qui semble être écrit à la va vite. C’est dommage.

Enfin, le plus remarquable, Houellebecq s’introduit dans le roman. On le voit en auteur névrosé, puis rachetant la maison de son enfance, alcoolique et amateur de saucisson, devenant un sujet de fascination pour le personnage de l’artiste. Il aura poussé la mégalo jusqu’à se faire mourir dans la dernière partie du livre qui n’apporte pas grand-chose au récit.

J’apprends en cherchant une illustration, que ce bouquin a eu le Goncourt en 2010… Décidément, je ne comprendrais jamais ce jury.

Netneutrality, KFC, Djihad, guerre, Belges, philosophie, presse, UMP, FN… Les liens du dimanche #13

Netneutrality, KFC, Djihad, guerre, Belges, philosophie, presse, UMP, FN… Les liens du dimanche #13

Welcome in your world ! cette semaine, le bon goût est à la mode puisqu’on retrouve un rein dans des nuggets du KFC, le Djihad fait sa communication, et surtout, on répertorie les 10 place to go pour les prochaines vacances si l’on rêve d’un séjour sportif : courir sous les balles, éviter les grenades…

Pendant ce temps, en Slovénie, on légifère sur la neutralité du Net… hmm, en fait c’est peut-être là-bas qu’on partira en vacances.

Les Belges, eux, prennent le chemin de la France pour vivre, travailler, s’exile fiscalement, oui madame ! Cela commence à devenir moins intéressant financièrement, toutefois, quand on achète le journal tous les jours.

Le monde change, selon Serres, alors laissons le avancer ! Il faut à tout prix lire cette tribune. Si, si, ça change, il y a même une jeune leader UMP qui ira manifester en faveur du mariage pour tous. Alors que le FN, de son côté, s’embourbe dans des déclarations et contre-déclarations.

Une pensée pour Aaron Swartz.