Les réfugiés de la SNCF

Gare Saint Lazare, 23h et des poussières de lune. L’ambiance est la même que d’habitude à cette heure de la nuit.

Les nanas qui regardent de tous les côtés en tenant leur sac à main en ayant peur de jeunes qui sont bien tranquilles dans leur coin, trop explosés de trop de fumette pour tenter quoi que ce soit. Les couples rentrent de repas, de soirée apéro, les mômes du 92 arrivent à temps pour respecter la permission de minuit.

Facebooktwitterlinkedinmailby feather

Gare Saint Lazare, 23h et des poussières de lune. L’ambiance est la même que d’habitude à cette heure de la nuit.

Les nanas qui regardent de tous les côtés en tenant leur sac à main en ayant peur de jeunes qui sont bien tranquilles dans leur coin, trop explosés de trop de fumette pour tenter quoi que ce soit. Les couples rentrent de repas, de soirée apéro, les mômes du 92 arrivent à temps pour respecter la permission de minuit.

Il y a toujours quelqu’un pour arriver et voir que le prochain train sur sa ligne est programmé pour cinq ou six heures du matin. On l’entend pester, il ou elle tourne un peu, parfois passe un coup de fil, et quitte la gare.

Le week-end, tu croises aussi des gens aussi éméchés que toi. Tu te félicites que sur ta ligne, il y ait des trains jusqu’à presque 1h30 alors que certains chantent et que finalement, ça reste bon enfant même si, bon, ils pourraient faire un effort pour laisser le Monoprix ouvert, c’est plutôt sympa parce que c’est chauffé quand on a 20 minutes d’attente.

3203670640_1e77de0c42_z

Les horaires tombent, petit à petit, et les gens se précipitent vers leur quai en masse, comme si leur train, qui part dans 15 minutes, allait leur jouer un sale coup. Puis c’est bien connu, attendre sur le quai en plein courant d’air puisque le train n’est pas encore arrivé, c’est hyper sain pour la santé en cette période.

Puis ton train arrive et machinalement, tu fais pareil qu’eux… des fois qu’une des quatre personnes qui sont dans ta rame aient l’idée de te piquer ta place, pas trop loin de la porte, mais pas à côté non plus parce que bon, les courants d’air… En plus, le 23h25 s’arrête dans tous les bleds de la ligne alors les portes n’ont pas fini de s’ouvrir.

La première fois, ça s’est produit à La Défense, sans prévenir. Un agent entre dans le wagon, te dit que c’est fini et que des bus sont prévus pour t’emmener dans une gare lointaine, après avoir fait le tour des bleds bien entendu, où tu pourras prendre le train de nouveau sur la fin du trajet… Gné ? Travaux sur les voies, nous dit-on.

Donc la SNCF fait des travaux sur les voies alors que les trains circulent encore e que surtout, une heure après, plus aucun ne passe sur la ligne. La nuit est aux travailleurs de l’ombre, pourquoi la SNCF n’attend pas que le dernier train ne passe avant de faire ses travaux ?

La première fois, donc, c’était le week-end, la viande saoule s’est entassée dans le bus, l’autre partie des passagers prenaient des allures de réfugiés, flippés qu’ils étaient qu’on change leurs petites habitudes.

Le trajet qui prend 20 minutes d’ordinaire pour rentrer chez moi… une quarantaine pour arriver en bout de ligne, aura duré presque une heure et demie jusqu’à mon bled, je plains ceux qui s’arrêtent plus loin. Aucune indication n’avait été donnée en gare Saint Lazare, rien, ni sur les panneaux d’affichage, ni au micro, ni de la part des gilets rouges. Certains auraient pu prendre un métro, d’autres rester sur paris, etc.

Bon, on se dit que la désorganisation vient d’une première puis, quelques jours après, nous revoila dans la même gare à la même heure. On nous prévient au micro alors que le train est déjà en route vers notre destination (du moins ce que nous croyons être notre destination). Le terminus de ce train sera donc de nouveau La défense, même motif, même travaux. Jour de semaine, on a des poussettes à caser dans le bus, des gens qui se lèveront tôt demain pour aller bosser à qui, bien entendu, on n’a rien dit.

Même bus de réfugiés, entassés que nous sommes à traîner dans des bleds du neuf-deux. Les poussettes ne passent pas par les portiques de la gare secondaire et personne n’est là pour ouvrir la grande porte parce que les agents SNCF sur les lieux n’ont pas accès à la salle où se trouve le bouton pour l’ouvrir.

On soulève une poussette comme on porte un sac de riz sous d’autres latitudes, là où il fait plus chaud. Bébé ne se réveille pas, c’est un plaisir… Ou alors il est mort de froid, ce qui est plus probable, ou du manque de respect dont fait preuve la SNCF vis à vis e ses voyageurs.

C’est finalement chaque soir le même cirque. La SNCF n’a toujours pas compris que programmer ses travaux une heure après arrangerait tout le monde, y compris ces pauvres agents obligés de travailler en pleine nuit pour orienter, guider, répondre aux questions des voyageurs perdus. La SNCF, qui augmentera bientôt ses tarifs, n’a toujours pas compris qu’informer en gare, ça pourrait être pas mal… genre comme dans un aéroport.

This post has already been read 1938 times!

twitterlinkedinby feather

Auteur : Ju

Manager en sécurité informatique, je travaille sur le secteur depuis plusieurs années après une reconversion réussie suite à 12 annés dans le journalisme. J'adore la recherche, Je suis certifiée Iso/CEI 27001 Lead Auditeur (PECB) – ISLA1006895-2015-09. Parfois, je donne des cours et des conférences, et j’ai eu deux livres publiés par un éditeur… il y a fort longtemps.

6 réflexions sur « Les réfugiés de la SNCF »

  1. « La SNCF n’a toujours pas compris que programmer ses travaux une heure après arrangerait tout le monde »

    Et tu n’as pas compris que certains travaux ne pourraient pas se faire dans le laps de temps trop réduit si ils commençaient une heure plus tard. 😉

    L’autre solution serait de couper le trafic le weekend mais, là aussi, on trouverait à y redire.

    Si ça se fait comme ça c’est que c’est le moins pénalisant pour le service.

    1. C’est aussi le cas sur ma ligne, mais apres mon bled. Des bus de remplacement seront mis en place.
      Si c’est annoncé, indiqué, que les agents en gare ont les infos pour renseigner les passagers, qu’on prend en copte les handicapés (ma gare est accessible) les prsonnes agées, les poussettes… Aucun problème.
      Là il se trouve que la SNCF fait preuve de zéro respect envers ses usagers.

  2. Il me semble que la SNCF fait appel à des sous-traitants qui eux ne travaillent pas de nuit.
    SNCF et communication n’ont jamais fait bon ménage.

    1. Là, ce n’est pas une histoire de communication mais bien de respect des voyageurs. D’autre parts, tous les agents qu’on a eu sur le chemin étaient des agents SNCF avec le manteau et le badge qui vont bien et qui les rend identifiables.
      Le pire du pire, cela a été hier soir. A St Lazare, on nous dit qu’il y aura « peut etre » un bus mais pas sûr… bien entendu, aucun affichage, il faut aller demander aux gilets rouges.
      Arrivés à la défense, la SNCF abandonne ses voyageurs, y compris des vieux déboussolés et des poussettes « prenez le tram jusqu’a St Cloud et récupérez le train là bas…. » sauf qu le tram s’arrête à ôé du parc de St Cloud, un immense bois, et pas du côté de la gare. Arrivés à cet arret de tram, beaucoup de gens descendaient sans trop savoir où allaient et bien entendu, aucun agent sur place pour aiguiller.
      S’ils avaient été corrects et nous avaient dit qu’il n’y avait pas de bus de replacement, on aurait pu choisir d’autres alternatives, pour ma part, prendre le métro jusqu’a pont de sevres, là où le tram m’a laissée après une heure trente de voyage alors que cela aurait pu me prendre juste 20 minutes.
      Le pire, c’est qu’ils se moquent de leurs employés en ne leur donnant aucune information avant de les balancer dans la fosse aux lions auprès des voyageurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *