La rêveuse d’Ostende, Eric-Emmanuel Schmitt

51-WTGK1BCL._SL500_AA300_

Oui et non… Avis mitigé. Comme souvent dans ses recueils de nouvelles, Eric-Emmanuel Schmitt entoure un texte plus long que les autres de quelques petits textes plus ou moins bons.

Il est très bon, notre Schmitt, quand il s’agit de faire dans l’émotion. Qu’il s’agisse d’Oscar et la dame rose, de La part de l’autre ou de Monsieur Ibrahim… c’est réussi. Pour le reste…

Là, on part dans l’histoire tortueuse d’une rêveuse handicapée qui revit un passé dans lequel, déjà infirme, elle avait été aimée et avait aimé en retour. Rien de bien grandiloquent. Un autre texte parle de la vie de couple et son rapport à la mort. Enfin, un troisième, sans grande saveur, traite des rapports de deux vieux cousins solitaires…

A éviter, donc…

#Infosec, RSF, TPB,précarité, Internet, cumul, Egypte… Les liens du dimanche #19

Welcome in your world où la sécurité informatique est un métier d’avenir !

Dans ton monde, on met toujours des journalistes en prison, notamment en Iran, signe la pétition et n’oublie pas de consulter le rapport RSF de cette année. Plus drôle, The Pirate bay attaque la hadopi locale pour piratage.

Dans ton monde, les femmes deviennent de plus en plus précaires et les lingots de Ben Ali transiteraient par la France. Au Pakistan, ça sent pas vraiment le bonheur, et on essaie de prouver en Europe, où on a bien d’autres considérations que les droits de l’Homme que non, Internet ne rend pas accro et si on s’ennuie encore, on peut mettre des téléphones au frigo.

En France, on veut repousser l’interdiction du cumul des mandats, moi président, toussa… alors qu’en Egypte, finalement, c’est l’Etat qui s’oppose au blocage de Youtube décidé par la justice, c’est un peu le monde à l’envers !

Et en Syrie ?

Capture

Dis, tonton, pourquoi tu twittes ?

C’est vrai, ça. Pourquoi tu twittes ? pourquoi je twitte ? Pourquoi nous nous interconnectons ? Pourquoi nous partageons, nous échangeons, nous clashons ? Inspirée par une chronique de Guy, j’ai posé cette question à quelques camarades de claviotage et ce qui est assez surprenant (ou pas) c’est qu’il y a autant de définition de twitter que de gens qui twittent.

C’est vrai, ça. Pourquoi tu twittes ? pourquoi je twitte ? Pourquoi nous nous interconnectons ? Pourquoi nous partageons, nous échangeons, nous clashons ? Inspirée par une chronique de Guy, j’ai posé cette question à quelques camarades de claviotage et ce qui est assez surprenant (ou pas) c’est qu’il y a autant de définition de twitter que de gens qui twittent.

valatiniC’est le matin en Asie. C’est encore la nuit profonde en France. Les canadiens vont se coucher. C’est à ce moment en fragile équilibre où je branche mon cerveau numérique sur l’actu. L’actu ce flot incessant d’informations lénifiant si on ne prend pas de temps à autre du recul. Je suis trader. L’information c’est mon métier, savoir l’exploiter, l’analyser plus vite et plus correctement que mes congénères. Encore faut il avoir la bonne info, au bon moment. Twitter est pour cela un outil merveilleux. C’est un immense terrain de jeu intellectuel. C’est par là que je suis arrivé sur Twitter.

Je lis des choses que je n’aurais jamais lu, je parle à des personnes auxquels je n’aurais jamais parlé, je m’interesse à des sujets que je n’aurais jamais envisagé, je construit des projets avec des gens géniaux à l’autre bout de la planète que je ne verrai probablement jamais. Je suis des personnages improbables que je n’aurais jamais cru pouvoir aimer. J’aime cela.

Twitter est la vie mais c’est également un théâtre On joue un rôle. Fait de courtes phrases ciselées, polissées, pleines de mauvaise foi parfois, pleine de bon sens souvent. On peut s’énerver, s’engueuler, s’émerveiller. Je disais que Twitter c’est la vie car c’est le meilleur et le pire.

Avec Twitter j’ai enfin trouvé un moyen d’étancher ma soif insatiable de connaissances, mon besoin de voir ce que font les autres en bien et en mal.

Dans Twitter il y a un petit coté voyeur (peeping Tom comme disent les anglophones) qui t’autorise a regarder par le trou de la serrure des personnes s’injurier, se draguer (je te vois) ou se planter.

 Dans Twitter il y a un coté combat d’egos. Il y a le coté malsain de la sculpture de glace qui fondra au soleil tout comme tes plus beaux traits d’esprits fondront dans les profondeurs de la ligne du temps (timeline) qui passe inexorablement. L’instantanéité est tout et n’est rien… comme Twitter.

liliaJe twitte parce j’aime échanger avec des personnes intéressantes, dire ce que je veux, chose que je faisais avec un proxy avant le 13 janvier 2011. Ce jour là, vers 8h30 du soir et après le discours de Zaba, j’arrivais à acceder pour la 1ère fois à youtube, Nawaat, tunisnews et tous les sites censurés depuis des années !

Pour quelqu’un d’habitué, cette liberté n’est pas aussi appréciée je pense, autant que nous en Tunisie.

Twitter, écrire, échanger librement, c’est jouissif 🙂 C’est la Révolution et je ne suis pas prête à céder cette liberté pour laquelle j’ai combattu depuis des années en cachette sans montrer mon visage pour que le système ne m’attrape pas 😉

Capture d’écran 2013-02-19 à 11.03.17Tout d’abord, je suis sur twitter depuis le 12 décembre 2007. Comme quelques blogueurs nous avons découvert ce réseau social, un peu par hasard et je crois qu’instinctivement nous avons pensé que celui-ci pourrait faire son nid. Pourquoi, le caractère court avec ses 140 signes, pour ma part, une façon assez stimulante de condenser sa « pensée », son discours et également un outil assez sympa de partage de liens d’informations au delà du blog.

Avec le succès de twitter et la présence de nombreux journalistes, c’est devenu un outil d’échanges et de dialogue avec celles et ceux qu’on peut croiser et qui sont ouverts à ce mode de communication plus horizontal (je pense à des journalistes comme Samuel Laurent, l’ami Guy et bien d’autres). Au court de ces années, mon approche à changer surtout avec les anciens collègues blogueurs, ce n’est plus à mes yeux un outil de déconne comme on a pu l’utiliser, même si j’ai encore ces moments, ils se font plus rares… à tort à raison, twitter est désormais un lieu d’échanges, d’infos, de contacts (aussi) et de partage.

Depuis quelques temps, j’y suis moins présent et le suis moins… mais cela me semble assez logique, la campagne de la Présidentielle est passée par là et il m’est nécessaire de prendre un peu de recul et à vrai dire il ne comble pas mon envie de remiliter de manière plus active. Mais ce RS reste pour moi un noeud essentiel dans ma veille informationnelle et technologique.

Il faut bien, au final, que je vous balance cette chronique !Twitter la prunelle de nos yeux… Dis, Guy, alors pourquoi tu twittes ?


Tunisie : Twitter, la prunelle de nos yeux par Europe1fr

Pole Emploi, vos réactions

Je ne pensais pas que le billet d’hier sur Pôle Emploi susciterai autant de réactions chez les internautes, tant sur le plan des commentaires, que sur celui de Twitter, où l’on s’aperçoit de situations bien pires…

Je ne pensais pas que le billet d’hier sur Pôle Emploi susciterai autant de réactions chez les internautes, tant sur le plan des commentaires, que sur celui de Twitter, où l’on s’aperçoit de situations bien pires…

Capture d’écran 2013-02-18 à 16.28.46

Capture d’écran 2013-02-18 à 14.59.19

 

Capture d’écran 2013-02-18 à 15.00.01

 

 

Capture d’écran 2013-02-18 à 15.02.16

 

Capture d’écran 2013-02-18 à 15.03.26

 

Capture d’écran 2013-02-18 à 15.03.45

Pôle emploi, la fabrique à précarité

C’est dans d’horribles conditions que Pôle Emploi a fait la Une ces derniers jours. D’abord un homme qui s’immole devant une agence à Nantes, un geste prémédité qui n’est pas sans rappeler celui de Bouazizi le Tunisien. Quelques jours après, c’est à St Ouen et dans d’autres villes, que des tentatives d’immolation ont lieu.

C’est dans d’horribles conditions que Pôle Emploi a fait la Une ces derniers jours. D’abord un homme qui s’immole devant une agence à Nantes, un geste prémédité qui n’est pas sans rappeler celui de Bouazizi le Tunisien. Quelques jours après, c’est à St Ouen et dans d’autres villes, que des tentatives d’immolation ont lieu.

Poussés à bout, ne supportant plus la manière dont ils sont traités, ces personnes ont décidé de se donner la mort… Et ce comportement est assez compréhensible quand on voit comment fonctionne Paul Emploi.

Loin de vouloir concurrencer le copain Politeeks, je m’en vais vous compter une petite histoire qui s’étale sur presque trois mois.

  • Deux semaines pour un identifiant

Début décembre, me retrouvant sans emploi comme une bonne partie de la population, je m’inscris via le site de ton soi-disant meilleur ami pour trouver du boulot J’ai acquis des droits qui me donnent, selon calcul, à une allocation chômage assez sympa courant sur presque six mois. De quoi subsister, donc, le temps de trouver un nouveau travail.

Problème, j’ai déménagé, je dépend donc d’une nouvelle agence, j’ai un nouveau numéro de chômeur (oui, c’est quand même plus sympa que de m’appeler par mon nom, hein…) et surtout un nouveau code secret pour accéder au site Internet de pôle emploi sur lequel je dois récupérer le document à renvoyer avec mes justificatifs.

Sauf que, 10 jours de traitement, je ne recevrai mon nouveau code que plus de deux semaines après mon inscription, alors qu’il faut renvoyer les documents au plus vite. Dont acte. Je prépare mon gros dossier avec plein de justificatifs de piges à l’étranger, de cours dispensés en école de journalisme, et de boulot à plein temps en presse éco.

Une semaine, deux semaines… Non, ma sœur Anne ne voit rien venir. J’écris.

« Non, votre dossier n’est pas encore traité, »

réponse très courte par mail (et bonjour, c’est pour les chiens ?) sauf que c’est les fêtes et que la fin du mois c’est dans quelques jours et que j’ai un loyer à payer, ma grande… Dans le même temps, un mail automatique arrive dans la rubrique courrier du site de Pole Emploi « votre demande est rejetée. » Je réécris en demandant pourquoi. On me répond, en disant bonjour cette fois, que c’est une réponse automatique qui part à chaque contact tant que le dossier n’est pas traité. Effectivement, le même message est renvoyé juste après ce contact.

Psychologiquement, ça joue. Et si je n’avais pas eu la démarche de demander après mes droits en croyant que ce message était « vrai » ?

  • Les fêtes passent, la fin du mois aussi

Le kiné accepte de poser le chèque des séances plus tard parce qu’il comprend la situation. On est le 5 janvier et toujours pas de nouvelles. J’appelle.

« Vous comprenez, il y a eu les fêtes. »

Ouais, mon grand, je comprends bien, d’ailleurs j’aurais bien aimé toucher mes sous de décembre pour faire des plus beaux cadeaux ou acheter une bonne bouteille en plus du cadeau quand j’ai été invitée chez ma copine Sara pour le jour de l’an sans me retrouver à découvert… Seulement, c’était pas possible.

Plus d’un mois après mon inscription, toujours rien à l’horizon. Mi janvier, je reçois mon dossier complet. Une attestation coince, celle d’une petite pige pour France24. Motif ? Ce serait une photocopie et pas l’originale.

Forte de ma bonne foie, je renvoie tout le dossier (les timbres ne sont pas remboursés, bien entendu) avec une photocopie de l’attestation, explication à l’appui « sur la photocopie, on ne voit pas très bien le cachet alors qu’on le voit très bien sur le document précédemment envoyé, ce qui prouve bien qu’il s’agit de l’original. »

Comme d’habitude, le traitement prend 15 jours, voire plus et là, impossible de payer le loyer. Je me retrouver à manger pates, pommes de terre, riz, lentilles et pois cassés à tous les repas. Je descends peu à peu les stocks. Parfois je saute aussi des repas. Comment faire autrement ? Mais même avec ça, impossible de payer le loyer. Les lenteurs administratives de Pole Emploi vont me mettre à la rue.  Je pense à ceux qui ont des enfants à nourrir. Comment font-ils ?

Peut-être qu’ils vont s’immoler devant un pôle emploi…

Une seconde fin de mois passe, un second prélèvement pour le loyer.

  • Les copains

J’ai été sauvée de justesse par Marilyne, une collègue de travail du temps où je n’avais jamais vécu à l’étranger, qui est restée une très bonne amie malgré la distance, les années… Et qui, venant de vendre sa maison, m’a tout de suite proposée de me prêter de l’argent.  Ce n’était que l’affaire de quelques jours puisque je venais de renvoyer ce dossier.

Alors je me suis assise sur ma fierté et j’ai pris le chèque.

J’ai pu payer le loyer, refaire les stocks de riz et rajouter des carottes dans la purée. Mais rien n’était encore joué. Fin janvier passer, toujours pas de signe de vie de Pôle Emploi jusqu’à ce courrier. Encore une fois, une énorme enveloppe, mon dossier complet.

Cette fois-ci, il est précisé (non, il ne pouvaient pas le faire dans le précédent envoi, voyons…) que l’attestation de France 24 doit être signée de la main de la responsable RH, toute attestation doit être signée…

Hmm… Bon, donc pour une petite pige à 80 euros, je dois aller embêter la responsable du personnel d’une énorme entreprise qui a des tonnes de choses à faire beaucoup plus importantes que de s’occuper de mes petites fesses roses, non ? Et puis on n’a qu’à l’enlever du dossier, les autres attestations suffisent à me faire accéder à mes droits.

Oui, ce sont MES DROITS auxquels on me refuse l’accès, l’argent issu de MES COTISATIONS SOCIALES prélevées sur MES FICHES DE PAIE.

  • Non, c’est Pôle Emploi qui décide et Pôle Emploi veut un gribouillis de la dame

Je prends le téléphone, sans grand espoir et appelle la responsable du personnel de France24. Son nom et son numéro de téléphone sont sur la fameuse attestation. Elle pourrait m’envoyer bouler. Elle devrait m’envoyer bouler. Elle a autrechose à faire.

Surprise, elle « comprend tout à fait » et je passe quand je veux « entre 8h30 et 20h, je suis toujours là… » Enfin quelqu’un de sympa dans toute cette histoire de paperasse administrative alors que je suis au bord de la crise de nerfs.

J’y passe deux jours après, accueil, téléphone, je sens qu’il va y avoir un problème. Non. Badge, portique, ascenseur, Madame RH.

  • rétroactivité zéro

Je me confonds en excuse, lui expliquant de nouveau la situation. Elle me sourit (Madame, je vous kiffe). Elle me raconte qu’elle en voit passer très souvent des comme moi. En fait, devoir présenter des attestations signées est assez récent. Avant cela, France24 délivrait des attestations avec cachet qui suffisaient. Or, Pôle Emploi s’en fiche d’être rétroactif. Pôle Emploi est hors du temps et même si ton attestation t’a été délivrée il y a quelques années à l’époque où ce papelard n’était pas hors la loi, et bien il doit correspondre aux critères d’aujourd’hui.

Quid des boites qui ont fermé et dont on ne retrouvera ni tampon ni RH ? Leur dossier est bloqué ? Ils ont un refus sans plus d’explication ? Parce que oui, les 15 jours de délai maximum, c’est un peu court pour retrouver un RH perdu, non ? Et si la boite était dans une ville loin d’ici ? J’aurais du payer un aller-retour en train pour faire signer mon RH ?

La dame sourit, donne un coup de tampon sur le papier, attrape un stylo pour signer, puis se ravise. « Ah, non, attendez, je vais prendre un stylo bleu, comme ça, ils ne pourront pas vous dire que c’est imprimé et vous faire encore des problèmes. »

Alors elle a signé en bleu.

Je suis ressortie, je souriais aussi. Je me disais que j’aurais du lui apporter une boite de chocolats, à Madame RH. Je suis retournée à la poste le lendemain avec mon gros dossier, mon timbre cher et mon espoir sous le bras. Des fois que, en février, je puisse enfin toucher mon argent.

Entre temps, j’ai retrouvé du travail, sans l’aide de Pôle Emploi qui pratique aujourd’hui les entretiens téléphonique pour ne plus recevoir les chômeurs. J’ai trouvé un boulot qui me plait où j’apprends plein de trucs avec toute une équipe qui vous tire vers le haut.

  • la guerre est finie

Nous sommes le 15 février et je viens juste de recevoir un message me disant je vais accéder à mes droits… de décembre.

La guerre est finie. J’ai gagné sur tous les plans, mais j’en sors lessivée, un peu plus consciente de là où se trouvent mes amis. La guerre… Aujourd’hui, il faut lutter pour accéder à ses propres droits.  Combien n’en n’ont pas la force morale ?

Sur le même sujet, l’avis d’une psychologue qui témoigne de la fabrication de dépressifs par le système Pole Emploi.

Grèce, @MdM_France , Arabie Saoudite, trading, féminisme, presse,Tunisie, chats… Les liens du dimanche #18

Grèce, @MdM_France , Arabie Saoudite, trading, féminisme, presse,Tunisie, chats… Les liens du dimanche #18

Welcome in your word !

Dans ton monde, des nationalistes grecs s’en prennent aux locaux de Médecins du Monde. Quelquepart devant de gros écrans, on trade de la viande. et où on décapite deux personnes par semaine en Arabie Saoudite. En Israël, on arrête des féministes au pied du mur des lamentations.

En France, l’assemblée nationale adopte le mariage pour tous. Par contre, on va lancer un nouveau fichier, cette fois-ci, concernant les emprunteurs. Pendant ce temps, Ouest France est en pertes pour la toute première fois de son histoire… Cette fois-ci, nous en sommes sûrs, la presse va mal !

En Tunisie, l’assassinat de Chokri Belaïd était la pourriture politique de trop. Les Tunisiens descendent dans la rue, et les copains activistes appellent à la mobilisation dans une petite vidéo reprise chez Guy. Une pensée pour les copains, Aziz, Slim, Ramzy… « Vous croyez avoir tué chokri Belaid? Je suis Chokri Belaid! Je n’ai pas eu peur avant, je n’aurai pas peur maintenant. »

Le Lol de la semaine, c’est ce gus recherché depuis un bail qui se fait pincer pour son amour des chats.

Faut-il manger des animaux ? Jonathan Safran Foer

Saluons d’abord le gros travail d’enquête mené tant sur le terrain qu’en consultant des rapports scientifiques, des études, des rapports de vente, des sites Internet qu’il nous invite aussi à consulter en plaçant la totalité des références en annexe. Revenons en au fond même du bouquin.

Saluons d’abord le gros travail d’enquête mené tant sur le terrain qu’en consultant des rapports scientifiques, des études, des rapports de vente, des sites Internet qu’il nous invite aussi à consulter en plaçant la totalité des références en annexe. Revenons en au fond même du bouquin… assez drôle, j’avais enregistré ce billet dans le back-office il y a à peu près trois semaines, je ne pensais pas que l’actualité nous rappellerait ainsi que ce qu’on trouve dans notre assiette est important.

Une idée de classes

Aujourd’hui, nous mangeons tous de la viande tout le temps et la demande auprès des l’élevage industriel va grandissante. Seulement, pour manger de la bonne viande, il faut aujourd’hui avoir les moyens. Le peuple des supermarchés n’a pas de quoi aller chez le boucher alors l’auteur a beau nous faire l’apologie de la bonne viande en opposition à production Tricatel, seuls ceux qui en ont les moyens peuvent se le permettre.

Le capitalisme est donc passé par là. La définition qu’il en fait, du point de vue du consommateur, est très juste : « avoir tout à notre disposition à tout moment pour une somme dérisoire. » C’est ce qui emmène l’homme à intervenir sur la nature, il l’explique à travers les croisements chez les bergers allemands pour une question d’esthétique, chez les poulets pour qu’il y ait plus de chair ou dans le milieu marin.

Je vous conseille d’ailleurs le docu Demain, nos enfants mangeront des méduses sur la pêche au thon et ses dérives.

Descriptif

Jonathan Safran Foer ne nous épargne pas. Des filets de pêche qui raclent les fonds et pêchent à côté aux pouponnières pour poussins blessés en passant par les cages entassées de poules pondeuses aux cycles démultipliées… Il nous prend la main et nous entraîne sur le terrain. Et comme il est romancier, il sait capter notre attention et la garder. Tant mieux !

Même si c’est parfois difficile comme lorsqu’il décrit l’ensemble du chemin parcouru, de machines en bains, par les carcasses de poulets, blindées d’excréments, qui finiront dans nos assiettes.

Le seul endroit où il n’a pu mettre les pieds est un abattoir de bœufs que l’on entrevoit à travers les témoignages d’un travailleur qui nous raconte combien de fois, il a souffert de voir souffrir des bêtes encore (sur)vivantes, les pattes coupées, le cou tranché, se faire arracher la peau comme on pèle un fruit.

Les portraits

Il dresse, peu à peu, les portraits de divers acteurs de la filière, de l’éleveur de dindes en plein air, le vrai de vrai, à celui du gars qui bosse en abattoir en passant par cette activiste qui donne à boire, la nuit, à des poulets d’usine. On entrevoit aussi les idéaux de personnes plus radicales comme cet activiste de PETA, par exemple qui prône un végétarianisme strict. Il rend l’étude humaine. C’est le petit plus du romancier.

 Philosophie

Le consentement animal serait une vision humaine. Je plussoie. Il m’en faudrait bien plus pour abandonner la viande que, de tous temps, l’homme a consommée. C’est la chaîne alimentaire. Il n’y à qu’à voir les dégâts perpétrés par les singes en Inde pour se dire qu’une totale liberté n’est pas non plus une bonne chose. D’ailleurs là bas, la situation change et en pire puisque ces singes sont attrapés, enfermés dans des cages qui se révèlent être des mouroirs.

Sur les conclusions, il a fait le choix de devenir végétarien mais argumente pourtant : « le choix d’un régime personnel ne suffit pas » page 252 ; Et pourquoi pas ? 1+1+1+… ça peut faire beaucoup au bout d’un moment et le collectif peut faire bouger la politique. « Moins de 1% des animaux tués pour leur viande en Amérique viendraient de l’élevage traditionnel, » nous apprend-il. Mais qu’adviendrait-il si nous boycottions la viande sous vide des supermarchés ?

Pendant que nous faisons les courses, Tricatel achète des abattoirs conventionnés qui respectent une certaine éthique et les ferme, tout simplement, histoire de virer sans bruit la concurrence.

Ma conclusion ?

Le végétarianisme viendrait à supprimer toute la filière, ce n’est pas une bonne chose, économiquement parlant. Il faut aussi laisser le choix à tous, en sachant, d’avoir ou non, de la viande dans notre assiette. Plutôt que de manger zéro viande, la solution ne serait-elle pas d’en manger moins mais mieux ? d’accepter de ne plus en avoir à tous les repas et d’éviter de manger de la merde industrielle ?

Manger de la bonne viande, ça coûte cher… mais si on diminue la quantité, ça reviendrait au même budget qu’en manger de la mauvaise plus souvent, non ? En ville, cela relancerait le petit commerce de proximité, les bouchers de quartier, tout ça… et ce serait manger de la viande sans contribuer à la pollution intensive générée par les merde d’animaux élevés en batterie et bourrés d’antibiotiques.

Jonathan Sanfran Foer nous donne la réponse. Direction la page 231 de cet excellent bouquin : « Ceux qui jouissent vraiment du pouvoir de décision sont ceux qui choisissent ce qu’ils mangent. » Aujourd’hui, lire les étiquettes ne suffit plus, il faut s’engager.

Findus, l’indignation du boulet

C’est le petit événement du week-end sur les réseaux sociaux. Findus rappelle ses congelés puisque de la viande de cheval aurait été introduite dans les plats en lieu et place de la viande de bœuf…

Alors on s’indigne de toute part, que non, ce n’est pas normal, que pauvre cheval, que Findus est irresponsable… Et j’en passe sur la battage qui est fait autour de cette affaire.

 C’est le petit événement du week-end sur les réseaux sociaux. Findus rappelle ses congelés puisque de la viande de cheval aurait été introduite dans les plats en lieu et place de la viande de bœuf…

Alors on s’indigne de toute part, que non, ce n’est pas normal, que pauvre cheval, que Findus est irresponsable… Et j’en passe sur la battage qui est fait autour de cette affaire.

Je trouve cela quand même assez risible.

Aujourd’hui, des gens qui CHOISISSENT de balancer un truc difforme et sans goût, congelé, 6 minutes au micro-ondes au lieu de cuisiner de la vraie bouffe avec des produits choisis, cuisinés comme on le souhaite, c’est à dire en sachant au détail prêt ce qu’il y a dans notre assiette.

Et il faudrait crier que ce que fait Findus est intolérable… hmm… Mais qui a choisi, au départ, de bouffer de la merde en boite pour passer plus de temps, le soir, devant la télé ? Il faudrait d’abord s’interroger sur pourquoi ces produits sont vendus… Parce qu’ils répondent à un besoin.

Pour le reste, l’UFC que choisir informe sur les produits rappelés.

Capture d’écran 2013-02-11 à 11.23.59

Syrie : « L’Arabie Saoudite veut déstabiliser un régime qui travaille avec l’Iran. »

J’ai écouté cette interview de Denis Bauchard, ancien diplomate, podcastée par France Culture sur la thématique de la Syrie. A écouter, lecteur, je le trouve assez clairvoyant.

6855796960_3a8674fe47

J’ai écouté cette interview de Denis Bauchard, ancien diplomate, podcastée par France Culture sur la thématique de la Syrie. A écouter, lecteur, je le trouve assez clairvoyant. Notamment sur la place de l’Arabie Saoudite dans ce conflit.

« L’Arabie Saoudite veut déstabiliser un régime qui travaille avec l’Iran. »

Pourquoi ? Ce n’est pas expliqué dans l’interview mais je pense que puisque le pouvoir iranien s’en prend à la minorité sunnite dans son pays et que l’Islam Sunnite est la religion d’état en Arabie Saoudite… Ceci explique forcément cela.

De leur côté, les Israëliens sont inquiets pour leur sécurité, le journaliste revient sur la question du morcellement de la Syrie auquel Israël est favorable, l’ancien diplomate n’est pas tout à fait d’accord :

« Israël préfère un interlocuteur stable comme Bachar plutôt que le chaos »

Pour lui, l’évolution sur le territoire « commence à être préoccupante »… hmm… commence ?

« Faire de la Syrie nue nouvelle terre de djihad »

Il rappelle que dès qu’il y a un vide politique, les djihadistes s’enfoncent dans la brèche et échappent à toute coordination.

« Au sein de l’ASL, il y a beaucoup de petits chefs »

On en arriverait donc, une fois la guerre civile terminée, à un combat des chefaillons, comme c’était le cas en Libye, il est vrai pour des questions de rivalités tribales et non de pouvoir « militaire ».

Une interview à écouter, donc.

 

A (re)découvrir aussi, pas mal de liens d’articles, d’infos, sur la page de l’interview.