#Infosec, télévision, censure, BZH, égalité salariale, vidéosurveillance… Les liens du dimanche #21

#Infosec, télévision, censure, BZH, égalité salariale, vidéosurveillance… Les liens du dimanche #21

Welcome in your world ! Le monde où l’on manque de gens compétents en sécurité informatique, le monde où Bluetouff se fait balader par Direct8, et où The Atlantic préfère se concentrer sur les malheurs de feu Aaron Swartz. L’Islande veut censurer le porno, ce qui porte atteinte à la neutralité du Net. Dans le bush australien, on attend les satellites pour être connecté au monde.

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Alors que les Bretons pourront prendre leurs aises sur la toile dans ton monde, un élu commence à s’inquiéter de la question de la vidéosurveillance dans le cadre du respect de la vie privée. SFR recrute le concepteur de la loi Hadopi, Les Suisses s’opposent au gavage des patrons (et on les kiffe un peu, les Suisses, là…) et Lesh Walesa rappelle à notre bon souvenir ses tendances homophobes.

Si tu es une femme et que tu vis en Europe, tu dois travailler 59 jours de plus par an qu’un homme pour toucher le même salaire… On parle là de l’équivalent de 2 mois. Les aides à la presse ont été publiées… et ça fait beaucoup de sous.

Sur Internet, le trafic d’ivoire se développe à toute vitesse, alors qu’en Syrie, la situation humanitaire est catastrophique, selon MSF.

La bonne nouvelle de la semaine, c’est que le prix des billets d’avion a été divisé par deux… Bon, en 30 ans, c’est vrai, mais quand même… Surtout qu’Argonne nous donne envie d’aller à Nantes.    

Ton dossier médical sur Internet

Le cas n’est pas isolé puisqu’en février dernier, Actusoins révélait les résultats de son enquête sur l’accessibilité en ligne des données médicales. Il suffisait de taper le nom d’un médecin suivi de la mention « hopital foch » pour accéder au serveur de l’hosto de Suresne et se taper la totalité des dossiers de ses patients.

Voilà quelques mois que l’on parle de ces questions de sécurité de données médicales. Le marché est florissant et visiblement, tous les acteurs ne mettent pas le même entrain à chiffrer, puisque une Marseillaise à découvert, tranquillette en surfant sur la toile, son dossier médical en ligne.

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Le cas n’est pas isolé puisqu’en février dernier, Actusoins révélait les résultats de son enquête sur l’accessibilité en ligne des données médicales. Il suffisait de taper le nom d’un médecin suivi de la mention « hopital foch » pour accéder au serveur de l’hosto de Suresne et se taper la totalité des dossiers de ses patients.

La faille a été réparée depuis mais il a quand même été possible d’accéder en quelques clics aux dossiers médicaux pendant plusieurs mois. C’est la non sécurisation en amont des données et le fait qu’il ait fallu que l’article sorte pour que l’administration hospitalière daigne prendre les choses en main qui est ici problématique.

Business de la protection sociale

Mieux ! le site révélait aussi que les listings étaient accessibles et que l’on pouvait ainsi connaitre jusqu’au numéro de chambre des patients et le service dans lequel ils étaient soignés… De quoi déduire, pour certains d’entre eux, que la personne hospitalisée est atteinte d’une grave maladie.

Les conséquences sont désastreuses puisque si fuite de données médicales il y a, les assurances peuvent s’en servir pour refuser de prendre en charge tel ou tel patient, pour augmenter leurs tarifs suivant les problèmes médicaux des personnes… Le business de la protection sociale que cela pourrait entraîner s’ajouterait donc à la violation de vie privée.

L’enquête pointe aussi du doigt la volonté de certaines administrations hospitalières à refuser de faire appel à des sociétés agréées par l’Etat, qui garantissent la protection de ces données médicales. Elles préfèreraient auto-héberger leurs données dans des conditions de sécurité déplorables plutôt que de dépenser le budget nécessaire.

Al Qaeda, Syrie, Bahrein, Hadopi, LCP, Intertubes… Les liens du dimanche #20

Welcome in your world ! Celui où on ne peut plus importer de masques de Guy Falkes au Bahrein et où Al Qaeda publie son petit guide du bon terroriste en anglais. Ali Ferzat, presque deux ans après le début de la guerre civile en Syrie, réapparaît sur le site de TV5Monde pour nous rappeler qu’il reste de l’espoir.

Welcome in your world ! Celui où on ne peut plus importer de masques de Guy Falkes au Bahrein et où Al Qaeda publie son petit guide du bon terroriste en anglais. Ali Ferzat, presque deux ans après le début de la guerre civile en Syrie, réapparaît sur le site de TV5Monde pour nous rappeler qu’il reste de l’espoir.

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Dans ton monde, on se demande s’il faut mettre des bracelets électroniques aux vieux, on s’interroge sur la Hadopi et on remplace discrètement le mot « vidéosurveillance par télétranquillité. Arrêtez tout, le comunity manager de la chaîne parlementaire envoie chier en douce les gens qui lui posent des questions. Désolée mais j’ai ri (beaucoup) en voyant l’illustration de ce billet.

Au rayon technologies, des gus installent eux-mêmes la fibre dans leur bled alors qu’Al Quaeda, toujours, s’essaie au pilotage de drônes US.

Illustration : L’observatoire des médias.

TPB AFK

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J’ai beaucoup aimé ce docu, qui nous permet de suivre de 2009 à 2012, les trois protagonistes de « l’affaire » The Pirate Bay.

Si tu as passé ces dernières années sur Mars ou si tout simplement, tu aimes aller poser ton fessier sur des fauteuils de cinéma et décorer ton salon avec des boites de CD, The Pirate Bay était à l’époque le temple du partage de documents via torrents. La page Wikipédia t’en apprendra un peu plus.

Le film commence à la veille du premier procès en Suède.  Les auditions par la cour sont filmées alors que les plaintes tombent ailleurs en Europe et que nos trois post-adolescents, à peine adultes, ne savent pas trop comment gérer l’affaire.

En filigrane, on voit comment l’industrie du copyright US, représentée par une seule avocate qui a comme clients les plus grosses entreprises de cinéma américaines, essaie de faire pression sur le procès… Et qu’au final, c’était un bien gros dossier pour leurs jeunes épaules.

En parallèle, on suit avec parcimonie l’affaire Wikileaks, puisque l’un de ces trois protagoniste, fondateur de TPB, a travaillé avec l’équipe d’Assange sur les premières datas.

Enfin, on nous explique comment le Parti Pirate Suédois les aidé lorsqu’ils en ont eu besoin et comment ce procès aurait pu prendre un virage politique.

Des caricatures

Ce n’aurait pas été un docu, j’aurais trouvé ces trois personnages bien caricaturaux, chacun dans leur domaine… Et pourtant, ils ont bien existé.

Le premier, un génie de l’informatique qui passe son temps à prendre tout le monde de haut, pédant… On peut penser à un gosse qui joue au grand mais plus leur quotidien avance, plus on s’aperçoit qu’il se sent réellement sur un piédestal par rapport aux pauvres mortels qui l’entourent. Oui, i la des compétences techniques peut-être au dessus de la moyenne et qu’il en soit fier n’est pas le problème, mais c’est son rapport aux autres qui est dérangeant. Un gars mal dans sa peau qui a besoin e faire son numéro pour se sentir bien.

Le second n’a de cesse de répéter devant le tribunal combien c’est trop kiffant de gérer un des sites qui accueillent les plus gros flux au monde. On peut comprendre la joie procurée par l’aboutissement du défi technique mais quand le gus présente ses serveurs on a l’impression qu’on joue au concours de qui a la plus grosse à 12 ans. Comble du cliché, il se mouche dans sa main plusieurs fois et il tient des propos racistes avec quelques verres dans le nez et finit par aller s’acheter une femme au Laos.

Enfin, le dernier est entre le ravi de la crèche et Mère Thérésa. Il a rejoint l’équipe après la création du site et ne travaille pas sur la partie technique mais sur la communication. Avec un background de militant antiraciste, végétarien, plus ou moins branché écologie, il n’envisage pas l’expatriation pour éviter d’affronter la fin des procès et la prison comme ses deux amis et se fait le porte-parole de la cause au delà de TPB. En gros, un vrai militant qui n’a pas peur d’affronter la suite et parmi le trio, il est dépent comme le seul qui fait vraiment ça par idéologie… mais presque trop, encore une fois, caricatural dans ses traits de gentil militant que t’as vraiment envie d’avoir comme pote un jour ou l’autre.

Je me pose encore la question. Sont-ils réellement comme cela ou le travail de montage fait que seulement ces morceaux où ils apparaissent comme caricaturaux ont été choisis. Seule le visionnage de (j’imagine) centaines d’heures de rushs pourraient le dire. quand j’ai parlé de clichés à un ami allemand qui a eu l’occasion d’échanger avec eux, il m’a dit « ils sont vraiment comme cela » mais quand je lui ai raconté en détail, comme je le fais ici, l’image que le film renvoie d’eux, il s’est repris et m’a dit que, selon lui, le trait a été grossi.

Au final, avis positif. Je persiste. Au delà des clichés, j’ai beaucoup aimé ce film qui raconte une partie de notre histoire commune, de ce qui fera partie, un jour, de l’Histoire et de l’Histoire d’Internet comme un des premiers procès liés au copyright et au partage naturel de données.

Et pour voir le film, c’est par ici !