Syrie : Aujourd’hui, seules les bombes ont accès aux populations civiles

J’ai été contactée par Médecins du Monde pour relayer leur nouvel appel concernant la Syrie. La situation sur place est telle que, bien entendu, il est impossible de refuser une telle demande.

J’ai été contactée par Médecins du Monde pour relayer leur nouvel appel concernant la Syrie. La situation sur place est telle que, bien entendu, il est impossible de refuser une telle demande.

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Les conditions de survie en Syrie ne cessent de se dégrader et le bilan continue de s’alourdir : plus de 70 000 morts, plus d’1 million de réfugiés, plus de 2 millions de déplacés internes.

Exécutions sommaires, populations prises en otage et bombardées, personnels soignants arrêtés, exécutés, torturés… Il n’existe pas de refuge pour se protéger. Aujourd’hui, force est de constater que seules les bombes ont accès aux civils. C‘est pourquoi, une nouvelle fois, Médecins du Monde demande l’arrêt des hostilités pour porter secours à ceux qui en ont besoin et voir l’accès de l’aide internationale facilité et renforcé.

Il y a plus d’un an, les équipes de MdM ouvraient leurs premiers programmes d’assistance aux réfugiés syriens en Jordanie, au Liban, en Turquie ensuite, puis progressivement en Syrie. Face à la dégradation de la situation et l’exode massif de réfugiés, Médecins du Monde poursuit et renforce son action afin de leur venir en aide.

En Jordanie, MdM intervient dans la ville de Ramtha et sur le camp de King Abdullah Park. Un deuxième centre de soins de santé primaire est en cours d’ouverture dans le camp de Zaatari, où vivent actuellement 130 000 réfugiés. En mars, les équipes de MdM ont réalisé plus de 7 800 consultations en Jordanie.

En plus du soutien matériel apporté à une association de psychologues et psychiatres syriens travaillant en Jordanie, Médecins du Monde a décidé de renforcer le volet santé mentale, en Jordanie et au Liban, en partenariat avec la délégation espagnole de MdM.

Au Liban, deux centres de santé supplémentaires sont désormais soutenus par MdM, en partenariat avec l’association libanaise Amel, en plus de ceux situés à El Ayn et El Qaa, dans la plaine de la Bekaa. Une clinique mobile est en train d’être mise en place pour permettre à ceux qui ne peuvent pas se déplacer d’accéder aux soins dans la région de Kamed el-Loz.

Depuis six mois, MdM intervient au nord de la Syrie dans le village de Qah et ses environs grâce à deux centres de santé et une clinique mobile permettant d’assurer les soins de santé primaire. En mars, près de 2 200 consultations ont été effectuées et le centre post partum, ouvert en fin d’année, accueille des femmes et leurs nouveaux nés afin de leur assurer des conditions de vie décentes. Au sud de Qah, Médecins du Monde intervient dans le camp d’Al Salam, où plus de 3 000 personnes ont trouvé refuge. MdM appuie également un centre post-opératoire et de rééducation à la frontière turco-syrienne; près de 450 patients, internes et externes, y ont été soignés en mars.

Des stocks d’urgence sont également pré-positionnés aux frontières dans l’éventualité d’un accès au territoire syrien (kits chirurgicaux, de premiers soins de santé primaires, etc).

Face à la dégradation de la situation, Médecins du Monde appelle les acteurs armés et les Etats influents à l’arrêt des hostilités pour porter secours à ceux qui en ont besoin. Empêcher l’accès aux populations est un autre crime que nous nous devons de dénoncer.

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drones, Anonymous, NSA, Iran, Arabie Saoudite, moutons fluos… Les liens du dimanche #24

drones, Anonymous, NSA, Iran, Arabie Saoudite, moutons fluos… Les liens du dimanche #24

Welcome in your world !

Dans ton monde, on peut aujourd’hui marier les homosexuels en France, contrairement à 2004, où c’était encore assez chaud de ce point de vue. L’Arabie Saoudite expulse les hommes trop beaux et les Russes achètent de nouveaux jouets. Ericson se lance sur le marché Africain,

Dans ton monde, un journaliste accusé de complicité avec anoymous s’est fait virer de chez Reuters et la défense française fait cadeau de tout plein de fichiers à Microsoft, et donc à la NSA. Les USA vont d’ailleurs toujours plus loin en temes d’intrusion dans la vie privée. L’armée malienne se débrouille, nos scientifiques se barrent toujours à l’étranger et KheOps met en garde les lecteurs de Marianne.

En France, toujours Emmaüs se lance dans la connexion à bas prix, voire gratuite pour les plus démunis, l’info perd le journal de la nuit sur France2. L’opération militaire au Mali a coûté plus de 200 millions d’euros depuis son lancement.

Au Yemen, les drones américains remplacent les corbeaux  comme annonciateurs de mort et Israël dit en avoir chopé un en provenance du Liban. A noter, la Jordanie ouvre son ciel aux drones Israéliens.

En Iran, un bandit, honte ultime, a été baladé déguisé en femme.

En Uruguay, naissent des moutons phosphorescents, c’est pour la science, on vous dit…

La Roumanie se spécialise en vol de données bancaires en matière de cybercrime, le navigateur Chrome, quant à lui, est capable d’enregistrer vos données bancaires.

Pareils…

A l’école, quand j’étais petite, on m’a appris qu’il y a fort fort longtemps, les gens qui avaient la peau d’une autre couleur que la mienne n’étaient pas pareils que les autres dans l’inconscient collectif. Ils n’avaient pas les mêmes droits, étaient obligés de se battre, on saisissait leurs terres, on les montrait du doigt, on les réduisait en esclavage.

A l’école, quand j’étais petite, on m’a appris qu’il y a fort fort longtemps, les gens qui avaient la peau d’une autre couleur que la mienne n’étaient pas pareils que les autres dans l’inconscient collectif. Ils n’avaient pas les mêmes droits, étaient obligés de se battre, on saisissait leurs terres, on les montrait du doigt, on les réduisait en esclavage.

Ceux qui comprenaient avant l’heure les affranchissaient.

Plus tard, au collège, on m’a raconté qu’il y a fort fort longtemps, les gens qui avaient une autre religion que celle prônée par la majorité n’étaient pas pareils que les autres dans l’inconscient collectif. Ils étaient convertis de force ou mourraient, spoliés de leurs biens, cachés par des personnes qui avaient compris qu’avoir d’autres dieux ne doit pas être considéré comme un motif de ségrégation.

Encore plus près de nous dans le temps, j’ai appris que les femmes, il y a fort fort longtemps, n’étaient pas pareilles. Elles ne pouvaient pas se sentir responsables de leur corps toutes seules. Pas le droit d’avorter sauf cas critique, avant 1975, un consentement obligatoire pour se marier, travailler ? pourquoi faire ? Et puis vint le droit de vote, vint la pilule, vint la société que nous continuons de faire évoluer.

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Un jour, dans fort fort longtemps, je raconterais à mes petits enfants que quand j’avais leur âge, les homosexuels n’étaient pas pareils dans l’inconscient collectif.

Ils ouvriront de grands yeux.

Je leur dirai qu’ils n’avaient pas le droit de se marier « comme tout le monde » à la mairie. Je leur raconterai ce maire de Marseillan qui avait renoncé à la dernière minute à marier un couple d’hommes, en 2004 sanctions obligent, et cette belle image de ces deux gars en costume blanc ouvrant la marche à la gay pride cette année là.

Je leur raconterai, ironie de l’histoire, que je copinais à l’époque (oui, Mamie a été jeune…) avec Hussein, le président du collectif contre l’homophobie de Montpellier, le premier (un des premiers ?… Mamie vieillit) à avoir été créé en France. Il allait aider des gens, prenait des trains pour les aider sur les procès… Et puis 9 ans après, une manif parisienne, des chars, la foule, la place de la Bastille, des amis, des rires, des envies d’être enfin égaux en droits. La foule, la foule partout, la foule dense et se recroiser. C’est lui qui m’a vue, reconnue, appelée.

S’embrasser, se prendre dans les bras, parler quelques minutes, et surtout pas sur le trottoir, sinon on ne sera pas comptés.

Un jour, dans fort fort longtemps, je raconterais à mes petits enfants que quand j’avais leur âge, les homosexuels n’étaient pas pareils… Alors on a changé ça.

Illustration Flickr/CC/ralphandjenny

Les arbres voyagent la nuit, Aude Le Corff

Aude est maman, et ça se voit. Son histoire, un road trip effectué par une folle équipée a tout d’une belle histoire qu’o pourrait raconter à ses enfants un après midi pluvieux autour d’un chocolat chaud.

livreAude est maman, et ça se voit. Son histoire, un road trip effectué par une folle équipée a tout d’une belle histoire qu’o pourrait raconter à ses enfants un après midi pluvieux autour d’un chocolat chaud.

Une petite fille qui souffre copine avec un vieux monsieur, façon Oscar et la dame Rose, sa maman est partie, elle trouve un papy de substitution alors qu’il rencontre la petite fille passionnée par la lecture.

Autour d’eux, un papa malheureux, délaissé, qui ne sait plus quoi faire pour faire revenir sa femme, ne comprends pas et a laissé tomber la vie et sa fillette dans le même temps. Puis une tante perruquée qui était un oncle dans une autre vie avant un passage en Thaïlande, un peu excentrique et farfelue, mais avec un grand cœur.

Ces quatre-là, décident de traverser France et Espagne, direction le Maroc, pour retrouver l’échappée.

Aude est maman et a du bien observer ses enfants pour dresser le portrait de la petite fille qui compte le nombre de caresses sur le dos d’un chat, évite les traits sur les trottoirs et fait tout un tas de petits gestes mystérieux, incompris des grands, mais que seule une maman peut repérer.

C’est un livre avec de l’amour dedans.

C’est drôle parfois, touchant souvent, bien écrit, facile à lire… tout auteur a bien commencé comme ça un jour et Aude a intérêt de nous en écrire d’autres, ce style sent la bonne graine d’écrivain.

En savoir plus.

Le MDB des livres

La semaine dernière, ce fut bien sympa, j’étais invitée au MDB pour dédicacer mon dernier bouquin, en compagnie d’Aude Le Corf qui faisait de même pour le sien, dot j’espère pouvoir vous parler ici mercredi.

Comme d’habitude, bonne ambiance et rigolade étaient au rendez-vous alors que Simon nous tirait le portrait mouillé à l’aquarelle.

Comme d’habitude, des bonnes petites rencontres, peut-être un échange de billet avec @marsupilamima  alors que @Blandinebs a aussi un livre sur le feu.

Comme d’habitude, aussi, on sort des clous et les débats de société prennent le pas sur les sujets en cours, et c’est tant mieux…

Internet n’existe pas

Du moins, Internet, tel que vous le concevez, n’existe pas. Le terme s’en approchant le plus est probablement « Minitel », en réalité. Ce vénérable et antique réseau était conçu pour donner l’accès à tous à des services (comme les pages jaunes, pour éviter l’exemple du Minitel rose). Et il faut reconnaître que beaucoup de gens utilisent Internet de cette façon : un moyen de se connecter à des services en ligne (réseaux sociaux, courrier électronique, météo…). Mais considérer qu’il s’agit là d’Internet est aussi incorrect que dire que ce qui existe au-delà de sa porte d’entrée est seulement un chemin vers son lieu de travail. Internet, ce n’est pas ça.

Du moins, Internet, tel que vous le concevez, n’existe pas. Le terme s’en approchant le plus est probablement « Minitel », en réalité. Ce vénérable et antique réseau était conçu pour donner l’accès à tous à des services (comme les pages jaunes, pour éviter l’exemple du Minitel rose). Et il faut reconnaître que beaucoup de gens utilisent Internet de cette façon : un moyen de se connecter à des services en ligne (réseaux sociaux, courrier électronique, météo…). Mais considérer qu’il s’agit là d’Internet est aussi incorrect que dire que ce qui existe au-delà de sa porte d’entrée est seulement un chemin vers son lieu de travail. Internet, ce n’est pas ça.

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 Reprenons les bases

Internet. Inter (« entre ») et network (« réseau »). Internet est un réseau de réseaux : le protocole IP existait avant Internet, et était utilisé dans certains réseaux privés, reliant un nombre définis de machines (par exemple, des réseaux universitaires). Mais, même si ces réseaux partageaient, pour certains, les protocoles qui régissent aujourd’hui Internet, ils n’étaient pas Internet, mais seulement des networks.

La différence, vous l’aurez compris, est dans le inter : Internet relie tout le monde, et est ouvert. Le terme de « web » prend toute son ampleur ici : en observant une toile d’araignée, on peut s’imaginer être un des croisements, et chercher à en joindre un autre. Si on fait un trou dans la toile, on peut toujours rejoindre l’autre, d’une autre façon. Même si on taille sauvagement dans le tas, on perdra peut-être le contact avec l’autre point (si la toile est coupée en deux), mais on aura quand même accès à tous les autres points de notre bout de la toile. C’est pourquoi on dit d’Internet qu’il a été conçu pour résister aux attaques nucléaires : on peut en casser un (gros) morceau, Internet existe toujours, et continue à fonctionner, car il n’a pas de « centre ». Seulement, et il s’agit là d’une subtilité sémantique, le web n’est pas Internet.

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Le web est une application d’Internet, conçu pour diffuser des documents hypertextes. Le web, c’est ce que vous voyez en allumant votre navigateur. De la même façon que, lorsque vous lancez votre client de courrier électronique (si vous avez le bon goût de ne pas utiliser de webmail, vous utilisez les protocoles qui définissent l’e-mail, qui est également une application d’Internet. Bien que ces applications soient aujourd’hui vaguement définies, elles ne sont pas figées : il peut naître demain une application nouvelle, dédiée par exemple au commerce en ligne (qui s’appuie aujourd’hui sur le web), elle pourra être implémentée sans aucune modification du réseau : elle nécessitera le développement d’applications serveurs et clients, mais sera directement utilisable sur le réseau. On appelle ça « l’intelligence en bordure de réseau » : le réseau en lui-même est fonctionnel et solide, mais il est en soi très bête, il ne sait rien faire, car c’est une tâche qui incombe aux « nœuds » du réseau. Et chaque utilisateur du réseau, qu’il soit un machinbox prêté par son fournisseur d’accès à Internet, ou bien un serveur bien au chaud dans une salle blanche, a la responsabilité des applications d’Internet. C’est pour cela que la formulation « se connecter à Internet » est, en réalité, fausse.

On ne se connecte pas à une grosse boîte appelée Internet, mais, dès lors que l’on est sur le réseau, on devient un point d’Internet, parmi beaucoup d’autres. Car on dispose d’une adresse IP, qui est alors joignable par toutes les autres sur Internet, et, théoriquement, on peut héberger soi-même un serveur, et, pourquoi pas, publier un blog depuis son propre ordinateur. Pourquoi théoriquement ? Parce que malheureusement, tout n’est pas rose chez les acteurs du net. Vous avez récemment pu lire ici un avertissement sur les danger qui menacent Internet, comme l’ACTA qui fait parler de lui en ce moment. Ce qui est menacé, c’est la neutralité du net, valeur qui garantit justement cette possibilité que tout point de l’Internet puisse être un serveur s’il le souhaite, sans que son fournisseur puisse y dire quoi que ce soit.

Prenons l’exemple des accès mobiles, qui sont tout sauf de l’Internet. Je vous mets au défi de parvenir à héberger un serveur sur un tel accès (par exemple, via une clé 3G) accessible depuis n’importe où sur Internet. C’est tout bonnement impossible, car les opérateurs mobiles ne fournissent pas d’adresse IP publique. Au lieu de ça, ils utilisent une technique qui relie 2 réseaux : des routeurs font le lien avec un tas de terminaux (smartphones, clés 3G…) et l’Internet. Mais sans distribuer d’adresses IP publiques aux terminaux : seul le routeur est effectivement sur Internet, et celui-ci « transmet » les messages. Il est donc impossible de « parler » directement, à un terminal particulier connecté en 3G via ce routeur.

Comment réagir ?

Il existe un large panel de gens luttant pour préserver un Internet neutre et ouvert. Tout d’abord, La Quadrature du Net milite activement contre toutes ces attaques, et il est important de les soutenir. Sur un autre plan, il faut savoir qu’il existe des fournisseurs d’accès associatifs, peu connus, et garantissant un Internet libre. Y participer et y souscrire un abonnement est un acte non seulement militant, mais qui permet aussi de s’affranchir de gros fournisseurs commerciaux pour qui la neutralité du net peut être plus gênante qu’autre chose (par exemple, le FAI Orange possède un site de diffusion commerciale de musique, et aurait tout intérêt à ce que ses clients n’aillent pas écouter leur musique ailleurs. Vous voyez ce que je veux dire ?). Ce genre de FAI se crée peu à peu à échelle locale, et, s’il n’en existe pas dans votre ville, pourquoi ne pas en créer ?

Crédits photo : Icanhascheezburger.com, CC-by Laura Bassett

  • Billet publié sous licence (CC-by) – Prends, copie, colle, partage !

Ce billet était à l’origine publié sur la V1 de Sete’ici quelques mois avant l’enterrement d’ACTA. Je l’ai retrouvé il y a quelques jours et me suis dit que ce pourrait être sympa de le paster ici. Merci à Gordon de s’être prêté au jeu du blogueur invité pour nous expliquer un peu mieux comment fonctionne Internet !

Gordon est un super-héros hacktiviste, qui code le jour, et, heu… code aussi la nuit, mais avec un masque. Blogueur, il a récemment fondé un FAI associatif, NDN, et participe activement à la création et à la vie du hackerspace nantais.

L’Art de l’intrusion, Kevin Mitnick & William-L Simon

Après l’Art de la supercherie, déjà évoqué ici, Kévin Mitnik et William-L Simon réitèrent avec l’Art de l’intrusion. Autant le premier m’a vraiment marquée, autant le second, bof bof.

Après l’Art de la supercherie, déjà évoqué ici, Kévin Mitnick et William-L Simon réitèrent avec l’Art de l’intrusion. Autant le premier m’a vraiment marquée, autant le second, bof bof.

mitnickLe livre se veut d’accès grand public, lisible par tous, et raconte les exploits de divers pirates informatiques, mais pas que, puisque le social engineering tien aussi une petite place. Même principe que le premier, donc, des histoires qui s’enchainent, sauf qu’il n’est pas question de récupérer des mots de passe par téléphone ou de gruger la confiance de quelqu’un, mais bien pour la plupart du temps de hacking de machines.

On suit tour à tour des ingénieurs qui reversent les programmes de machines à sous pour comprendre les séquences et ainsi créer leur propre programme de prévision des jackpots à partir des combinaisons qui sortent.

On entre dans des systèmes avec des adolescents qui se font avoir par… on ne sait pas s’il s’agit d’un terroriste, d’un agent du FBI, des d’eux, d’un infiltré… attirés par l’appât du gain. On suit le quotidien, pas à pas, de prisonniers affectés à des taches informatisées, qui découvrent, apprennent, et arrivent à détourner le réseau de leur lieu de détention seulement pour réussir à se connecter à Internet.

Enfin, on suit quelques pentesteurs dans les entreprises où ils officient, tous les coups sont permis, failles informatiques, téléphoniques ou humaines, pour auditer au mieux les sociétés qui les embauchent.

Ce livre n’est pas assez détaillé techniquement pour qu’il puisse servir à quiconque aurait envie d’apprendre à bidouiller mais dresse, à travers ces quelques exemples, un portrait de la réalité : machines peu protégées des accés physiques, mots de passe vulnérables, voire d’origine, pare-feu non remis à jour… Et là où ce bouquin es intéressant c’est qu’à la fin de chaque histoire, un petit bilan est dressé et les deux co-auteurs donnent des pistes sur comment mieux protéger son système.

Les dernières lignes du livre rappellent qu’il faut régulièrement changer ses mots de passe en évitant d’employer les mêmes partout et en étant un peu astucieux sur le choix des caractères que l’on emploie.

DCRI, délation, prOn, cybrsécurité, Iran, Afghanistan… Les liens du dimanche #23

DCRI, délation, prOn, cybrsécurité, Iran, Afghanistan

Cette semaine, dans ton monde, la DCRI cherche à censurer Wikipédia, sans succès. C’est même un beau ratage pour eux, une réussite pour l’information, puisque au lieu de faire disparaitre ce papier ne contenant pas d’information classée défense, ils ont permis qu’il soit traduit dans tout plein de langues, qu’il circule et que les Internautes s’en emparent.

Wikimédia France ne comprend pas et n’admet pas que l’on utilise intimidation et méthodes expéditives contre un bénévole œuvrant pour un accès libre et gratuit à la connaissance pour le plus grand nombre.

Bim… Christophe Henner remet les point sur les i sur le blog wikimédia. La petite aventure des barbouses camembert aura aussi fait le tour du monde. Tout comme le visage de ce pauvre garçon, tabassé parce que gay et pas protégé. Dans ton monde, Libé se fait du mal tout seul pendant que Denis Robert, à raison, fait la grimace. (attention un lien FB s’est caché dans ce paragraphe). A la CAF, la délation va bon train.

Internet, ses joies, ses bonheurs… Au Vatican, d’après une étude Torrentfreak, c’est visiblement du gros pr0n aux voies plus ou moins impénétrables qui arrive en tête des téléchargements. Aux USA, on fait de la cybersécurité une priorité.

Dans le reste de ton monde, l’Iran s’éclate toujours autant à faire peur à la ménagère avec de l’uranium, d’illustres inconnus sont libérés en Afghanistan, Les USA, où le secteur est devenu toute une industrie, choisissent un « Monsieur drones » et Kim le Coréen fait mumuse avec ses gros missiles. Dans ton monde, les Syriens les plus qualifiés essaient de refaire leur vie à l’értanger. Le blogueur tchadien arrêté cette semaine n’aura pas eu la même chance. En Tunisie, on meurt dans les manifs et en Egypte, on opère des opposants sans anesthésie.

En Grande Bretagne, donc pas tout à fait dans ton monde, un journaliste serait mort de froid, en immersion avec des SDF. Bien loin, si loin de là, un dromadaire offert au président français a fini en tajine.

smartphones, attention danger

Attention, le vilain méchant voleur de données va rentrer dans ta maison pour venir tout te prendre ! Mieux, on s’extasie comme si tout ça sortait tout juste d’un chapeau alors que nous avons tous la possibilité d’assister à cette fuite de données au quotidien, le téléphone à la main.

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Tout le monde s’alarme de la collecte de données personnelles en lien avec l’usage des smartphones, on en est presque à la mode du moment depuis que la CNIL a sorti un rapport sur le sujet.

Attention, le vilain méchant voleur de données va rentrer dans ta maison pour venir tout te prendre ! Mieux, on s’extasie comme si tout ça sortait tout juste d’un chapeau alors que nous avons tous la possibilité d’assister à cette fuite de données au quotidien, le téléphone à la main.

Oui, nous savions et nous savons. Rien de nouveau sous le soleil, si ce n’est certains chiffres qu’on a sous les yeux qui peuvent faire frissonner la ménagère. Voilà bien longtemps que ton téléphone n’est plus juste un téléphone, lecteur. Il s’agit d’un vrai petit ordinateur de poche qui te donne l’heure, la météo, les news, te permet de discuter en direct par écrit, de twitter, de consulter tes mails, surfer sur internet et même tout chiffrer si tu veux un peu protéger tes données.

« Aujourd’hui, 24 millions de français possèdent un smartphone, près d’1 million d’applications sont disponibles et font partie de leur quotidien.»

Lorsque tu télécharges une application, lecteur, qu’il s’agisse d’un téléphone sous Androïd ou d’un iPhone (désolée, je n’ai pas testé l’Ubuntuphone), avant de valider ta demande de téléchargement/installation, s’affiche une page avec les fonctionnalités de l’application.

Elle peut, par exemple, se connecter à ta microSD pour stocker de la musique, des images, elle peut aussi se connecter à ton accès 3G ou wifi si elle a un quelconque rapport avec Internet.

Et toi, tu cliques sur valider pour l’installer

Sauf que ton appli, il est parfois possible qu’elle accède à ton répertoire, qu’elle se serve de ta géolocalisation, qu’elle accède à tes SMS, qu’elle en envoie, voire qu’elle balance tes données au créateur de l’appli.

Ce n’est pas nouveau, c’est juste écrit, il suffit de lire pour s’en apercevoir et choisir, ou non, de télécharger une application. Skhaen en parlait d’ailleurs, il y a presque un an, dans sa conférence à PSES.

Le problème c’est que, comme d’hab, nous faisons passer notre petit confort perso, nos envies, avant ces questions de sécurité qui sont primordiales. On baisse les bras, préférant feindre de ne pas voir plutôt que de se priver de la dernière appli à la mode.

J’avais essayé, il y a quelques mois, de signaler ce problème à des collègues journalistes avec qui je bossais alors et qui téléchargeaient une application de dessin sur smartphone. Juste lire les conditions d’utilisation avant de signer. Trop tard : « Rhooo, c’est bon, la geek, arrête… »

On veut dessiner alors… mais à quel prix ?

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MAJ du 13/04

Le précédent titre ayant été breveté par une compagnie du spectacle ainsi que par une candidate d’émission de télé réalité, j’ai du supprimer le head de ce papier.

Lisez, kiffez, partagez !

C’est un peu ce que proposent ces librairies en ligne qui vous proposent des tonnes de bouquins élevés au domaine public, le temps ayant fait son œuvre. Et qui dit domaine public dit gratuit.

C’est un peu ce que proposent ces librairies en ligne qui vous proposent des tonnes de bouquins élevés au domaine public, le temps ayant fait son œuvre. Et qui dit domaine public dit gratuit.

Zweig, Victor Hugo, Alphonse Daudet, ils vous attendent tous sur place avec tout plein d’autres auteurs en PDF et même au format ePub, de quoi remplir ta liseuse à moindre frais.

Il y a même des ouvrages accessibles aux personnes déficientes visuelles.

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Autre initiative, celle de la BNF qui a listé les livres du XXe siècle aujourd’hui introuvables sous le nom de projet reLIRE. Il n’est pas encore tout à fait terminé puisqu’on relève déjà quelques bugs et certains ouvrages listés seraient en fait trouvables.

La première phase du projet, annoncée terminée le 21 mars dernier, consistait à composer un registre de ces 60.000 œuvres.

Seconde phase du projet, les rendre accessible, partager ces livres introuvables… de quoi leur rendre leurs lettres de noblesse ? Non, répondent les ayant-droits qui voient là un nouveau moyen de générer de l’argent. Certains vont même jusqu’à utilisé l’expression « vol programmé » !

Au final, à choisir entre laisser ces bouquins pourrir dans des cartons loin de tous ou les numériser pour qu’ils soient accessibles et lisibles par tous, le monde de l’édition préfère s’offusquer et s’opposer au partage culturel.

A une époque, très lointaine, il s’agissait de bruler les bouquins pour empêcher les masses de s’instruire (des fois que ça leur donnerait des idées…) aujourd’hui, on évoque le porte-monnaie, ls droits d’auteur pour s’opposer au partage.

Ils crèveront seuls au siècle précédent dans une société qui n’est plus la notre alors que nous, pas loin du bucher, on s’abreuvera de culture… Et on partagera.

Illustration Flickr/CC/shutterhacks