Amman, premières impressions

En arrivant à Amman à l’heure où le soleil pointe ses premiers rayons, saluez les policiers moustachus qui lorgnent avec suspicion votre passeport aux allures de dossier spécial Axe du Mal.

En arrivant à Amman à l’heure où le soleil pointe ses premiers rayons, saluez les policiers moustachus qui lorgnent avec suspicion votre passeport aux allures de dossier spécial Axe du Mal.

Récupérez votre bagage et sautez dans un minibus. J’avais oublié combien ils roulaient à vive allure, frôlant trottoirs et rambardes. Mais on avance et le driver a de sacré réflexes. Au bout de l’heure de route qui vous sépare de la gare routière, vous n’y pensez plus… Et le trajet vous a coûté 3 dinars, comme les locaux assis juste à côté, de quoi rigoler doucement en voyant les étrangers se jeter sur les taxis.

Sur la route, Amman m’a fait penser au Caire avec ses « villages » excentrés composés d’immenses immeubles à balcons inhabités. Parfois une poignée d’habitants se partagent les deux ou trois seuls appartements de l’immeuble qui sont terminés. Parfois, aussi, une université, comme l’Université américaine ou le trou financier français. Pareil, au milieu de nulle part. A Amman, c’est la Middle East University qui se dresse au milieu de nulle part.

Là, ce sont des quartiers entiers, entre fantômes et pas terminés, qui se dressent sur la rocaille. Et ça et là, une parabole ou des plantes aux fenêtres.

La différence réside dans le fait que le coin n’est pas désertique, c’est la rocaille qui domine. Parfois, aussi, de la verdure et des serres. On en voit beaucoup sur la route qui sépare l’aéroport de la gare routière nord.

Enfin, ce qui m’a choquée, c’est cette ribambelle de tentes du HCR, celles des Syriens réfugiés dans le coin. Plantées à même la rocaille, sans sol. Ils dorment peut-être à-même le sol.

 Capture du 2013-07-26 19:32:51

Couchsurfing, reprendre les bases

Par ailleurs, ces comportements, et ces articles, se multiplient parce que Couchsurfing a aussi pas mal évolué depuis mon inscription en 2008. Aujourd’hui, on reçoit énormément de messages de personnes cherchant juste un hotel gratuit, ne lisant pas les profils, des demandes qui se retrouvent pour la plupart à la poubelle, le but du site étant l’échange, sauf pour ceux et celles désirant choper qui, eux, hébergent volontiers les demandes de dernières minute des personnes n’ayant jamais participé au projet CS ou hébergé personne.

Comme chaque début d’été, on nous ressort le vieux maronnier « ça baise sur Couchsurfing » et comme chaque début d’été, on a des « ah, bon ? »

Ceux et celles qui font ça en tant qu’hébergeur, le cherchent et il est extrêmement simple de ne pas tomber sur de mauvaises rencontres, encore faut-il le vouloir. Quelques petites vérifications de sécurité s’imposent, comme d’ailleurs lorsqu’on cherche une guesthouse.

– vérifier sur le profil de la personne ses références : Si des références négatives s’y trouvent, passer son chemin.

– vérifier par qui sont rédigées ses réféences. Si sur le profil d’un garçon ne se trouvent que des références de filles, il est quasi certain que cette personne n’héberge que des nanas pour draguer. Et vice versa. Préférez les profils qui hébergent des couples, des gars et des filles sans distinction.

– Allez faire un tour sur les forums internent à Couchsurfing, il y en a pour chaque pays, région, quasiment pour chaque ville. Là, vous pouvez prendre contact avec l’ambassadeur de la ville qui vous posera des questions.

– Pour les filles voyageant seules, il y a aussi un forum en anglais « independant women » et son petit cousin francophone « voyage au féminin » où on s’échange bon plans et conseils. Il suffit de demander aux admins (dont je fais partie pour le francophone) de vous y inscrire.

Capture d’écran 2013-07-24 à 10.50.20

Par ailleurs, ces comportements, et ces articles, se multiplient parce que Couchsurfing a aussi pas mal évolué depuis mon inscription en 2008. Aujourd’hui, on reçoit énormément de messages de personnes cherchant juste un hotel gratuit, ne lisant pas les profils, des demandes qui se retrouvent pour la plupart à la poubelle, le but du site étant l’échange, sauf pour ceux et celles désirant choper qui, eux, hébergent volontiers les demandes de dernières minute des personnes n’ayant jamais participé au projet CS ou hébergé personne.

Le meilleur moyen de ne pas avoir de mauvaise surprise est donc avant tout de participer, s’investir, échanger. Un « meilleur » profil trouvera toujours preneur, sans compter que, basiquement, cela vous apprendra aussi ce qu’est Couchsurfing, ce que sont ses valeurs que partagent celles et ceux qui s’investissent, plutot que de se lancer à l’aveuglette chez n’importe qui pour éviter de dépenser 6 euros pour une nuit dans un dortoir…

  • Les liens qui vont bien

Quand Nicolas et Hadrien viennent à Sète
Chez Momo en Egypte

#RasPi MAJ du firmware

Avant de lancer bébé RasPi dans la cour des grands, il est nécessaire d’en changer le mot de passe mais surtout, de mettre à jour le firmware (non, on ne dit pas firmeuhouaire) puisque depuis que tu l’as acheté, quelques petites failles sont apparues, le moyen de les réparer aussi.

Avant de lancer bébé RasPi dans la cour des grands, il est nécessaire d’en changer le mot de passe mais surtout, de mettre à jour le firmware (non, on ne dit pas firmeuhouaire) puisque depuis que tu l’as acheté, quelques petites failles sont apparues, le moyen de les réparer aussi.

Pour se faire, je me suis inspirée de deux tutos, celui de Korben et celui proposé par le site qui m’avait permis de réussir mon install Raspbian sur la carte SD.

Je commence par chercher la version du firmware avec cette commande

uname -a

Et j’obtiens une réponse. J’ai la version 456

J’ai envie de faire le truc proprement donc, première étape, je lance une MAJ de Raspbian

sudo apt-get update && sudo apt-get -y upgrade && sudo apt-get -y dist-upgrade

La mise à jour, baptisée rpi-update est disponible sur un Github mais avant de l’installer, faut-il encore la récupérer et la déposer à sa place. Installons d’abord ce qui est requis pour arriver jusqu’à GitHub.

sudo apt-get install ca-certificates git-core binutils

avant de choper le script

sudo wget https://raw.github.com/Hexxeh/rpi-update/master/rpi-update

de le déposer au bon endroit

sudo cp rpi-update /usr/local/bin/rpi-update

et de finir par le rendre exécutable

sudo chmod +x /usr/local/bin/rpi-update

On reconnait ici le « +x » qui donne l’autorisation d’exécuter. Et puis après ? Ben après, il faut se lancer. C’est parti pour la MAJ !

sudo rpi-update

Oui, oui, tout ça pour ça…

  Ca mouline… Plutôt beaucoup, meme…

 Capture d’écran 2013-07-16 à 14.12.12

 

Il faut maintenant redémarrer le RasPi pour qu’il prenne en compte la mise à jour (oui, oui, comme sous windows) quoique certains tutos ne s’accordent pas sur ce plan là. Certains ne le préconisent pas. Alors au cas où…

sudo reboot

on interroge de nouveau le RasPi pour connaitre la version du firmware (qui ne se prononce toujours pas firmeuhouaire)

uname -a

Et voila la dernière version !

Mission accomplie ! J’ai maintenant la version 474.

La fausse guerre à l’imprimante 3D

New York s’apprête à réguler les armes fabriquées à partir d’imprimantes 3D, nous apprend cet article du Monde. sauf que… Sauf que mon petit doigt me dit qu’il n’y a pas qu’une question d’idéaux dans cette histoire et que le si puissant lobby des armes n’est pas pour rien dans cette décision.

New York s’apprête à réguler les armes fabriquées à partir d’imprimantes 3D, nous apprend cet article du Monde. sauf que… Sauf que mon petit doigt me dit qu’il n’y a pas qu’une question d’idéaux dans cette histoire et que le si puissant lobby des armes n’est pas pour rien dans cette décision.

Il n’est pas question d’interdire les armes, de réguler leur détention, de réduire le nombre de porteurs d’armes via des restrictions en termes d’âge, par exemple.

« Le but est de réguler la création d’armes, de munitions et de chargeurs »

Non, le but est de limiter le nombre de ces saloperies fabriquées à la maison, dans un FabLab ou n’importe où ailleurs où ceux qui gagnent des masses de blé grâce à l’armement ne sont pas présents. Imaginez, des décennies à tout faire pour influencer les politiques, en particulier après des tueries dans des écoles, balayées par trois gus qui fabriquent des munitions dans leur garage. Ce serait vraiment trop moche…

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Et mon copyright ?

L’autre problème évoqué par les opposants à l’imprimante 3D est celui du copyright. Vous imaginez, voir une chaise réalisée par un artiste et la copier ! Les tricoteuses devraient se méfier, bientôt on les attaquera pour avoir reproduit un pull… Triste monde.

« Mais ces imprimantes pourraient permettre à des objets physiques –jouets, ustensiles de cuisine ou même armes– d’être aussi facilement copiés et partagés que les films et les chansons. »

Cet article de Slate revient sur ces problèmes de copyright posés par l’imprimante 3D. Le monde avance et la création n’est plus l’apanage des seuls gros entrepreneurs. Dans les faits, même si cela coute un peu cher, on peut déjà imprimer pas mal d’objets du quotidien tels que de la vaisselle, des coques pour téléphone mobile, etc.

De quoi pousser la cogitation jusqu’à l’assemblée nationale (lien via Gof). A quand une hadopi des objets manufacturés ? semble demander ce député…

Et cela ne s’arrête pas là, on peut aussi faire de très jolies choses, comme dans le cas de la médecine.

Sauver des vies

Un enfant atteint d’une grave malformation a pu être soigné d’un problème respiratoire grâce à une prothèse fabriquée via imprimante 3D. Il s’appelle Kaiba, âgé d’un an et demi,  il est super mignon d’après la photo de l’article, et il a eu la vie sauve grâce aux médecins qui ont eu la bonne idée de se tourner vers cet outil.

En termes de greffes, aussi, la médecine avance. en créant des tissus musculaires à partir de cellules prélevées sur le malade, on pourra bientôt fabriquer des greffons qui auront la perspective de zéro rejet puisqu’il ne s’agira pas de corps étrangers mais de parties du corps fabriquées à partir du patient lui-même.

On peut aussi, visiblement, y introduire la notion de porosité qui permet aux os de continuer à se développer naturellement.

Que les fous du copyright sur les armes se rassurent, on continuera de partager, échanger, bidouiller, fabriquer… Et de vous à moi, c’est quand même plutôt classe de pouvoir aider les médecins qui tentent au quotidien de sauver la vie des pauvres gens qui meurent à cause des merdes que vous fabriquez.

Illustration Flickr/CC/theknowlesgallery

Contrôle de micro-ondes via RasPi

Un petit malin s’est amusé à voir ce que cela pourrait donner s’il banchait son RasPi sur un micro-ondes afin de pouvoir le contrôler à distance.

Un petit malin s’est amusé à voir ce que cela pourrait donner s’il banchait son RasPi sur un micro-ondes afin de pouvoir le contrôler à distance.

Des heures de codes plus tard (tout plein d’heures) le voilà en capacité de commander son appareil ménager à distance, de créer une base de de données avec les temps de cuisson des aliments via leur code barre.

Mieux, il peut même le contrôler via téléphone mobile…

[youtube]http://youtu.be/e2YtARzJTys[/youtube]

Boulot de nénette

Un article que m’a fait passer Robin, le collègue belge, dans lequel une journaliste pigiste italienne actuellement en Syrie, Francesca Bori, nous parle de son quotidien, mais aussi et surtout, de sa condition de pigiste. J’ai tenté de le traduire, l’original en Anglais est ici. Elle y parle de la solitude, des difficiles conditions de travail et surtout du fait que les red. chefs nous mettent parfois en danger malgré eux.

C’est toi qui lis, aujourd’hui, lecteur.

Un article que m’a fait passer Robin, le collègue belge, dans lequel une journaliste pigiste italienne actuellement en Syrie, Francesca Bori, nous parle de son quotidien, mais aussi et surtout, de sa condition de pigiste. J’ai tenté de le traduire, l’original en Anglais est ici. Elle y parle de la solitude, des difficiles conditions de travail et surtout du fait que les red. chefs nous mettent parfois en danger malgré eux.

« Il m’a finalement écrit. Après plus d’un an à travailler en freelance pour lui, année au cours de laquelle j’ai contracté la typhoïde et reçu une balle dans le genou, mon éditeur a regardé les nouvelles et a pensé que j’étais parmi les journalistes italiens qui avaient été enlevés. Il m’a envoyé un courriel qui disait: « Si vous obtenez une connexion, pourriez-vous tweeter votre détention ? »

Le même jour, je suis rentrée dans la soirée d’une base rebelle où je logeais au milieu de l’enfer qu’est devenu Alep, et au milieu de la poussière et de la faim et de la peur, j’espérais trouver un ami, un mot gentil… Au lieu de cela, j’ai trouvé seulement un autre e-mail de Clara, qui a passé ses vacances chez moi en Italie. Elle m’a déjà envoyé huit messages qu’elle qualifiait d' »Urgent! ».

Aujourd’hui, elle est à la recherche de mon badge de spa. Elle veut y entrer gratuitement. Le reste des messages dans ma boîte de réception étaient comme celui-ci: « bon papier aujourd’hui, brillant comme ton livre sur l’Irak. » Malheureusement, mon livre ne traitait pas de l’Irak, mais du Kosovo.

 Les gens ont cette image romantique du journaliste indépendant, celui qui a troqué la certitude d’un salaire régulier pour la liberté de couvrir des histoires fascinantes. Mais nous ne sommes pas libres du tout, c’est juste le contraire ! La vérité est que la seule possibilité de trouver des piges aujourd’hui est de rester en Syrie… où personne d’autre ne veut rester.

Et même pas à Alep, pour être précise, je dois rester sur la ligne de front. Parce que les éditeurs, de retour en Italie, ne nous demandent que sang et bang-bang. J’écris sur les islamistes et leur réseau d’entraide, les ramifications de leur pouvoir. Ce sujet est certainement plus complexe à construire qu’un papier sur la zone de frictions. Je m’efforce d’expliquer, en plus de me déplacer et on me répond : « Qu’est-ce que c’est? Six mille mots et personne n’est mort? « 

En fait, j’aurais pu écrire un papier sur Gaza. Mon éditeur m’a demandé une pige sur Gaza, parce que Gaza, comme d’habitude, a été bombardée. J’ai reçu ce message: « Vous connaissez Gaza par cœur », écrit-il. « Qui se soucie si vous êtes à Alep? »

Exactement.

La vérité, c’est que je me suis retrouvé en Syrie parce que j’ai vu les photos d’Alessio Romenzi, entré clandestinement à Homs quand personne n’était encore au courant de l’existence de cette ville. J’ai vu ses images tandis que j’écoutais Radiohead. Ces yeux me regardaient, les yeux des gens qui sont tués par l’armée d’Assad. Un par un, et personne n’avait encore entendu parler d’un endroit appelé Homs. Un étau serré autour de ma conscience, et je devais aller en Syrie immédiatement.

Mais si vous écrivez d’Alep, de Gaza ou de Rome, les éditeurs ne voient aucune différence. Vous êtes payé les mêmes 70 $ par article. Même dans des endroits comme la Syrie, où les prix flambent en raison de la spéculation effrénée.

Par exemple, dormir dans cette base rebelle, sous les les tirs des mortiers, sur un matelas à même le sol, en buvant cette eau jaunâtre qui m’a donné la typhoïde, me coûtait 50 $ par nuit, une voiture coûte 250 $ par jour. Si vous souhaitez minimiser les risques, impossible de payer l’assurance qui coûte presque 1000 $ par mois… impossible de se permettre un fixeur ou un traducteur.

Vous vous retrouvez seul dans l’inconnu.

Les éditeurs sont bien conscients que vous payer 70 $ par article vous pousse à économiser sur tout. Ils savent aussi que si vous arrive d’être sérieusement blessé, il est tentant d’espérer ne pas survivre, parce que vous ne pouvez pas vous permettre d’être blessé. Ils achèteront votre article de toute façon, même si ils n’auraient jamais acheté un ballon de foot Nike fabriqué à la main par un enfant pakistanais.

Avec les nouvelles technologies de communication, il ya cette tentation de croire à la vitesse est l’information. Mais cette croyance est basée sur une logique autodestructrice : Le contenu est maintenant normalisée, et votre journal, votre magazine, n’a plus aucun caractère distinctif, et donc il n’y a aucune raison de payer le travail d’un journaliste de terrain. Pour lire les news, j’ai Internet et c’est gratuit.

La crise d’aujourd’hui est basée sur le fait que les médias n’ont pas de lectorat. Faux, les lecteurs sont toujours là, et contrairement à ce que croient de nombreux éditeurs, ils sont intelligents et demandent de la simplicité sans simplification. Ils veulent comprendre, pas simplement savoir.

Chaque fois que je publie un témoignage sur la guerre, je reçois une dizaine de mails de gens qui me disent : « Bon article, beau portrait, mais je veux comprendre ce qui se passe en Syrie. » Et j’aimerais répondre que je ne peux pas présenter un papier d’analyse, parce que les éditeurs ne ferait que me répondre : « Qui pensez-vous être, gamine ? », même si j’ai des diplômes, j’ai écrit deux livres, et j’ai passé 10 ans dans les différentes guerres, d’abord en ONG  et maintenant en tant que journaliste. Ma jeunesse, pour ce que ça vaut, a disparu lorsque j’ai été éclaboussée des morceaux de cerveaux tombés sur moi en Bosnie, j’avais 23 ans.

Les pigistes sont des journalistes, même de seconde classe

S’il n’y a que des pigistes ici, en Syrie, c’est parce que c’est une sale guerre, une guerre du siècle dernier. C’est la guerre des tranchées entre les rebelles et les loyalistes qui sont si proches qu’ils se parlent en criant tout en se tirant dessus. La première fois que vous arrivez sur la ligne de front, vous ne pouvez pas le croire, avec ces baïonnettes que vous n’avez vu que dans les livres d’histoire.

Les guerres d’aujourd’hui sont des guerres de drones, mais ici, ils se battent mètre par mètre, rue par rue, et c’est foutrement effrayant. Pourtant, les éditeurs de retour en Italie vous traitent comme un enfant, vous obtenez une photo en première page, et ils disent que vous avez juste eu de la chance d’être au bon endroit et au bon moment. Vous obtenez un exclusivité, comme celle que j’ai écrit en septembre dernier sur la vieille ville d’Alep : Un site du patrimoine mondial de l’UNESCO, en feu car les rebelles et l’armée syrienne se battaient pour son contrôle. J’ai été le premier journaliste étranger à entrer, et les éditeurs ont dit : « Comment puis-je justifier mon rédacteur n’était pas en mesure d’entrer alors que vous avez réussi ? » J’ai obtenu cette réponse via un e-mail d’un éditeur à propos de cette histoire: « Je vais acheter , mais je vais le publier sous le nom du journaliste de ma rédaction.« 

Et puis, bien sûr, je suis une femme

Un soir, récemment, j’étais assise dans un coin lors de bombardements. Un autre journaliste s’approche, il me regarde de haut en bas et dit : « Ce n ‘est pas un endroit pour les femmes ». Que pouvez-vous dire à ce gars ? Idiot, ce n’est pas un endroit pour tout le monde. Si j’ai peur, c’est parce que je suis saine d’esprit. Parce qu’Alep pue la poudre et la testostérone. Tout le monde est traumatisé : Henri, qui ne parle que de guerre; Ryan, qui prend des amphétamines.

Et pourtant, à chaque enfant que nous voyons se faire tuer, les gens viennent seulement vers moi, une femme « fragile », et veulent savoir comment je vais. Et je suis tenté de répondre : je vais comme vous. Et les soirs où je me drape dans une expression de mal être, en fait, ce sont les soirées où je me protéger, chasser toute émotion et de sentiment, ce sont les soirées où je me sauve.

La Syrie n’est plus la Syrie. C’est une maison de fous

Il y a ce gars italien qui était au chômage et qui a rejoint Al-Qaïda. Sa mère le recherche autour d’Alep pour lui donner une bonne raclée. Il y a ce touriste japonais qui se trouve sur la ligne de front, parce qu’il dit qu’il a besoin de deux semaines « frissons », un suédois diplômé d’une école de droit qui est venu de rassembler des preuves de crimes de guerre, des musiciens américains avec la même barbe que Ben Laden qui expliquent que cela les aide à se fondre dans la masse même si leurs barbes sont blondes (Ils ont apporté des médicaments contre le paludisme, même s’il n’y a pas de paludisme ici et en distribuent en jouant du violon).

Il y a les différents responsables des différentes agences des Nations Unies qui, quand vous leur dites que vous connaissez un enfant avec une très grave maladie, qu’ils  pourraient aider ses parents et lui à passer en Turquie pour le traitement, répondent qu’ils ne peuvent pas, car il n’y a qu’un seul enfant, et ils traitent seulement de l' »enfance » dans son ensemble.

Mais nous sommes reporters de guerre, après tout, n’est-ce pas?

Une bande de frères (et sœurs). Nous risquons nos vies pour donner une voix aux sans-voix. Nous avons vu des choses que la plupart des gens ne verront jamais. Nous sommes une richesse d’histoires à la table du dîner, les potes qui tout le monde veut inviter. Mais le sale secret est que, au lieu d’être unis, nous sommes nos pires ennemis.

Eet la raison pour laquelle nous sommes payés 70 $ par article n’est pas qu’il n’y a pas d’argent, Il y a toujours de l’argent pour un article sur les copines de Berlusconi. La vraie raison, c’est que quand vous essayez de vendre un sujet pour 100 $, il y aura forcément quelqu’un d’autre prêt à le faire pour 70 $.

Pourtant, nous faisons semblant d’être ici afin que personne ne soit capable de dire : « Mais je ne savais pas ce qui se passe en Syrie. » Nous ne sommes pas vraiment ici juste pour obtenir une récompense, pour gagner en visibilité. Nous sommes ici pour nous contrecarrer les uns les autres comme s’il y avait un Pulitzer à notre portée, quand il n’y a absolument rien.

Nous sommes coincés entre un régime qui vous accorde un visa seulement si vous êtes contre les rebelles et les rebelles qui, si vous êtes avec eux, vous permettent de voir que ce qu’ils veulent que vous voyiez.

La vérité est que nous sommes des pions d’un jeu d’échecs

Deux ans plus tard, nos lecteurs se souviennent à peine où Damas est, et le monde décrit instinctivement ce qui se passe en Syrie comme « ce chaos » parce que personne ne comprend rien au sujet de la Syrie. Uniquement, le sang, le sang. Nous montrons des photos au monde comme cet enfant de 7 ans avec une cigarette et une kalachnikov. Il est clair que c’est une photo artificielle, mais elle fait le tour du monde via les journaux et les sites Web en mars. Tout le monde criait : « Ces Syriens, ces Arabes, quels barbares ! »

Quand je suis arrivée ici, les Syriens m’arrêtaient pour me dire : « Nous vous remercions de montrer au monde les crimes du régime » Aujourd’hui, un homme m’a arrêtée, il m’a dit: « Honte à vous. »

 Avais-je vraiment comprendre quelque chose de la guerre ? Je n’aurais pas la distraction d’écrire sur les rebelles et les loyalistes, les sunnites et les chiites. Vraiment, la seule histoire à raconter sur cette guerre est de savoir comment vivre sans crainte. Tout pourrait se terminer en un instant.

Si je le savais, je n’aurais pas eu si peur d’aimer, d’oser, dans ma vie, au lieu d’être ici.

Maintenant, en me serrant dans ce coin rance et sombre, regrettant désespérément tout ce que je n’ai pas fait, tout ce que je n’ai pas dit. Vous qui demain serez encore en vie, qu’attendez-vous pour cela ? Pourquoi n’aimez-vous pas assez ? Vous qui avez tout, pourquoi avez-vous tellement peur? »

  • Les liens qui vont bien

Sur la responsabilité du lecteur face au contenu des média
Sur les red-chefs et la sécurité des reporters
Sur le statut du pigiste

#RasPi Et la lumière fut !

Déjà, vérifier qu’il fonctionne et que la machine boote bien sur Raspbian, l’OS de la carte SD. Très simple, si toutes les leds s’allument, vous avez gagné. Si ce n’est pas le cas, reportez-vous au tableau de ce tuto qui explique, led par led, à quoi elles correspondent, et par conséquent à quoi correspondent les erreurs.

Lundi, c’est RasPi !

La semaine dernière, on a réussi à retrouver le Raspi en local aujourd’hui, on va voir comment ‘y connecter.

Déjà, vérifier qu’il fonctionne et que la machine boote bien sur Raspbian, l’OS de la carte SD. Très simple, si toutes les leds s’allument, vous avez gagné. Si ce n’est pas le cas, reportez-vous au tableau de ce tuto qui explique, led par led, à quoi elles correspondent, et par conséquent à quoi correspondent les erreurs.

C’est branché, c’est allumé, c’est joli.

IMG364

Suivons donc ce tuto pour se connecter en SSH.

ssh pi@l'adresse.IP.de.la.machine
mot de passe : raspberry

connexion établie !

pi

A partir de là, les eux premières choses à faire :

– Mettre à jour la machine. Il y a eu des évolutions et surtout des failles de sécurité trouvées.

– Changer le mot de passe par défaut. C’est peut-être un détail aujourd’hui, mais ce sera un gros problème une fois que vous déciderez de faire de l’Internet avec votre machine… Et il est facile d’oublier avec le temps.

Soudan, InfoSec, USA, Japon, pinard, politique… Les liens du dimanche #29

Soudan, InfoSec, USA, Japon, pinard, politique… Les liens du dimanche #29

Welcome in your World !
Dans ton monde, les parlementaires donnent (enfin !) la priorité aux logiciels libres dans l’enseignement supérieur. C’est toujours ça de gagné !

Dans ton monde, le Sud-Soudan ne tient visiblement pas ses promesses à grands coups de corruption et non respect des droits de l’Homme… ça étonne qui ? De leur côté, les édiles européens s’équipent de téléphones portables américains aux grandes oreilles.

La RATP traque ses utilisateurs via son appli.. ça vous étonne ? Pas vraiment si vous etes un lecteur assidu de Seteici ou si vous avez suivi les BBA. On nous dit qu’elle aurait été implémentée par erreur… Mais avant que les informaticiens travaillent sur cette appli, il faut bien que la décision soit prise et validée, non ? Ca commence (un peu) à se voir…

Selon l’Orient l Jour, l’Irak serait au bord de la guerre civile.

Dans ton monde, la mafia japonaise lance son magazine. Qui pour piger ? Les soldats américains auront-ils accès à ce média ?… A défaut de pouvoir lire le Guardian. Le Canada a renouvelé en 2011 un programme de collecte de données personnelles.

Aux USA, la carte verte est aujourd’hui attribuée aux conjoints de même sexe. De son côté, le gouvernement britannique crée une unité policière de la propriété intellectuelle.

En France, le pays du pinard en canette, les députéEs ne pourront pas être remplacées par leur suppléant durant leur période de maternité.

La der des ders de @Guybirenbaum

Bonne route à toi, Guy. Nous pourrons toujours « mettre » ton blog en attendant de te « mettre » sur les ondes.

Bon, ben voilà, il nous l’a annoncé ce matin, via un tweet, sans paillettes ni trompettes, comme à son habitude. Demain matin, nous écouterons la dernière chronique quotidienne de Guy Birenbaum sur Europe 1.

Et Je suis un peu tristesse.

Pourquoi ?

Déjà parce que dans un média grand public, à une heure de grande écoute, c’est un peu un des seuls qui comprend et fait de la pédagogie autour des notions de neutralité du Net et de vie privée dont il est un grand défenseur.

Certains diront que ce n’est pas assez, mais via ces courtes chroniques, il arrive à toucher un public que nous, nous n’arrivons pas à atteindre et à leur parler de ce que nous avons du mal à faire circuler hors d’un univers geeko-friendly.

Ensuite, je suis tristesse parce que bon, après le réveil du matin, entre ce moment où je décolle l’oreiller de ma face qui en porte encore les traces, et celui où j’appuie sur le bouton de la machine à café en luttant tant bien que mal avec la masse de cheveux tombant sur mes yeux, il y avait forcément Guy.

La chronique passe, je souris, les cheveux gagnent.

Des fois, il faut tout pousser en vitesse pour activer le wifi que je coupe tout le temps, la box étant sous le lit, il faut faire un peu de gym.

D’autre fois, ça marmonne bougon à côté. D’autres petits yeux se décollent et l’odeur sur l’oreiller n’est pas la même que d’habitide. Chut ! C’est Guy !

Les cheveux gagnent toujours.

Des fois, on commente en tartinant.

Et puis un matin (ce jour où j’ai failli prendre le dessus sur les cheveux) : « Tiens, t’as pas mis Guy, ce matin ! »

J’ai souri.

« Mettre Guy… » Je ne sais pas si l’expression lui conviendra, mais c’était un peu ça, oui. Entre le coussin et la machine à café, il y avait cet autre petit geste quotidien. « Mettre Guy »…

Demain, donc, je vais « mettre Guy » pour la dernière fois et ça m’attriste un peu.

Le bon côté des choses, c’est qu’à l’avenir j’aurais plus de temps pour gagner sur les cheveux tous les matins (malgré leur surnombre). Maigre consolation.

Il nous manquera ce petit réveil matinal, toujours (très) humble, posé, sympa.

Bonne route à toi, Guy. Nous pourrons toujours « mettre » ton blog en attendant de te « mettre » sur les ondes.

Oumma, Alfred de Montesquiou

Le journaliste revient d’abord sur le terme « Oumma », issu de « Oum » la mère. Cette « mère patrie » qui va au delà des frontières d’un seul pays et rassemble des personnes partageant la même langue, la même religion, la même culture et un sentiment de solidarité que l’on retrouve parfois dans l’expression « frères arabes » que certains emploient.

Le journaliste Alfred de Montesquiou revient, à travers souvenirs et anecdotes sur des événements d’actualité d’alors, entrés ou en phase de l’être, dans l’Histoire.

Grand reporter pour Associated Press, il égraine ses souvenirs en suivant le chemin d’Ibn Battuta, explorateur et voyageur musulman marocain, qui a lui aussi traversé la zone MENA au XIVe siècle.

Le journaliste revient d’abord sur le terme « Oumma », issu de « Oum » la mère. Cette « mère patrie » qui va au delà des frontières d’un seul pays et rassemble des personnes partageant la même langue, la même religion, la même culture et un sentiment de solidarité que l’on retrouve parfois dans l’expression « frères arabes » que certains emploient.

Toutefois, la situation sur le terrain peut être bien différente que l’on se trouve d’un côté ou de l’autre d’une frontière, que l’on appartienne à une tribu, une ethnie ou un groupe comme au Darfour où au Tchad où Alfred de Montesquiou pointe du doigt les problèmes tribaux liés à la géographie, aux ethnies et principalement à la couleur de peau.

Les tensions entre voisins peuvent être légion. Il n’omet pas de nous le rappeler.

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En partageant les rencontres consignées dans ses carnets de notes, un dignitaire marocain, Kadhafi en pleine méditation qui ne lui dira que trois mots, un jeune algérien débrouillard, une vieille mère de famille qui a vécu plusieurs guerres au Liban, un jeune photographe français décédé depuis, un vieux cheikh dont la famille a été décimée… c’est la vie quotidiennes de populations de l’ensemble de la zone que le journaliste tente de nous faire découvrir, mais aussi le travail des journalistes sur ce terrain, parfois difficile à appréhender.

Les combats aussi. La guérilla urbaine et les tirs de roquettes en Libye, l’organisation dans le chaos en temps d’insurrection, la montée en puissance, en Égypte, d’une pensée révolutionnaire, les manifestations qui se succèdent, l’arrivée de Facebook et son influence sur la jeunesse cairote, le rôle joué par Internet dans ces révolutions, la bureaucratie soudanaise, les passages de frontières aléatoires, une opération de déminage dans le sud du Liban… Alfred de Montesquiou compile ses sujets de reportages du début des années 2000 à nos jours.

Enfin, si l’histoire à tendance à oublier les femmes, il n’en n’est rien pour le journaliste qui rappelle, en Égypte, la difficile place qu’elles occupent au sein de la révolution. Celle d’Aliaa, par exemple, la jeune blogueuse, première égyptienne a s’être mise en scène nue en photo sur son blog avant d’être recherchée par la police et de vivre aujourd’hui cachée de tous, ou la meneuse, Engy Ghozlan, créatrice du site HarrassMap.org qui permet aux femmes de signaler et cartographier en temps réel les violences dont elles sont victimes, de l’insulte au viol, en passant par des attouchements. Une initiative qu’Alfred de Montesquiou soutient, ayant vécu en Égypte et témoin du fait que les femmes sont empêchées, en cas de problème de porter plainte, qu’il s’agisse de la réaction de la famille, de celle de l’agent de police ou tout simplement de la honte ressentie.

C’est bien écrit, vivant, se lit comme un roman d’aventures. Seule ombre au tableau le chapitre dédié au Mali. On y parle d’Algérie, de trafics, mais finalement peu des populations locales et du contexte politique et social général concernant le pays.

Problème compensé par une bibliographie sélective extrêmement riche en fin de livre qui donne envie de continuer le voyage en compagnie d’Ibn Battuta et de bien d’autres auteurs.

  • Les liens qui vont bien

La Harasmap vue de dedans l’Egypte
Internet et les révolutions l’an dernier à PSES