As-tu changé ?

C’est bizarre… C’est vrai qu’en fait, ça fait un paquet d’années qu’on est tous là à gratter sur la toile entre infos, envies, bons et mauvais moments… Restent les indécrotables soirs de beuverie chez Jegoun qui publie toujours comme une mitraillette, Les longs billets de Juan qui nous fera son habituel coup de pompe un de ces jours, les moins nombreux billets sur le logement de Seb, les coups de gueule du Camino…

Par un dimanche pluvieux, je tombe sur ces billets des copains Juan et Bembelly.

As-tu changé ?

C’est bizarre… C’est vrai qu’en fait, ça fait un paquet d’années qu’on est tous là à gratter sur la toile entre infos, envies, bons et mauvais moments… Restent les indécrotables soirs de beuverie chez Jegoun qui publie toujours comme une mitraillette, Les longs billets de Juan qui nous fera son habituel coup de pompe un de ces jours, les moins nombreux billets sur le logement de Seb, les coups de coeur du Camino

Et tous les autres.

Pendant toute ces années de blogage, j’ai évolué, bien entendu, comme dans ma vie. J’ai trente ans aujourd’hui, je devais en avoir 24 quand j’ai lancé Sete’ici V1. J’ai bougé, appris, grandi. Mais je ne pense pas avoir vraiment changé.

Ce sont mes lectures qui ne sont plus les mêmes, les liens que je partage non plus.

Je me rappelle, l’oeil rieur, des premières années sur Midiblogs, de la petite communauté que nous étions à commenter les uns chez les autres. Et puis le temps a passé.

Les sujets qui m’intéressent ne sont plus les mêmes, les liens que je partage non plus. Quoi que… Il y a toujours les longs billets de Juan quelquepart dans le décor et j’espère bien que cela ne changera pas.

Dix semaines à Kaboul, Patrick Clervoy

Le médecin militaire, Ptrick Clervoy a effectué une mission auprès des troupes occidentales en Afghanistan. Mais pas que. Il travaillait aussi à soigner les blessés civils de cette guerre.

Le médecin militaire, Ptrick Clervoy a effectué une mission auprès des troupes occidentales en Afghanistan. Mais pas que. Il travaillait aussi à soigner les blessés civils de cette guerre.

Il développe un regard de sociologue, au milieu de ces jeunes militaires, accros aux jeux vidéo, que la mort d’un ami ébranle parfois. Il les regarde avec humanité, parfois avec humour… et il en faut bien pour supporter toutes ces atrocités de guerre et côtoyer de grands blessés, parfois avoir leur vie entre ses mains.

Il revient aussi sur les souffrances psychologiques entraînées, parfois longtemps après, par ces territoires de guerre et souligne le fait qu’on n’en ressort pas vraiment pareil que lorsqu’on a été lancé sur le terrain.

Il décrit aussi es personnages hauts en couleurs, croisés tout au long de ces 10 semaines sur place, mais aussi la vie à la base, qui compte plusieurs restaurants, des boutiques, et même une pizzeria avec un vrai  pizzaiolo aux fourneaux.

L’idée est aussi de nous faire voir que la guerre, ce n’est pas QUE la guerre, mais aussi de l’humain, des rencontres, des moments de doute, des soirées passées à converser en ligne avec sa famille… On apprend d’ailleurs que les militaires Français en territoire difficile utilisent Skype.

C’est simple, bien écrit et se lit comme ds nouvelles, des épisodes d’une même série qui pourraient être pris indépendamment.

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L’article qui m’a donné envie de lire ce livre
De l’utilisation de Skype en territoire hostile 

Pourquoi (et comment) ce blog vous surveille

En préambule, merci, au passage, à Jean-Marc dont je reproduis l’idée et repompe le titre. Il avait en effet rédigé ce billet qu’il m’a transmis il y a quelques semaines alors que je lui faisais remarquer que mon Ghostery avait trouvé quelques trackers sur son blog.

Ceux qui me connaissent savent que je suis assez sensible aux questions de privacy et cela fait un petit moment que je voulais rédiger ce billet. Nous y voici.

En préambule, merci, au passage, à Jean-Marc dont je reproduis l’idée et repompe le titre. Il avait en effet rédigé ce billet qu’il m’a transmis il y a quelques semaines alors que je lui faisais remarquer que mon Ghostery avait trouvé quelques trackers sur son blog.

Capture du 2013-08-23 18:08:05

On trouve un seul et unique tracker sur ce blog. Il s’agit de Google Analytics auquel, jusqu’ici, je n’avais trouvé aucun remplaçant. Non pas pour tenir les comptes mais voir les mot-clés qui attirent les lecteurs vers ce blog. je dois avouer que ça me fait parfois souvent bien rire.

C’est aussi grâce à cet outil que j’avais vu qu’un des billets rédigés sur la V1 centralisée de Sete’ici (qui comporte plein de trackers auxquels je ne peux rien) alors que je vivais en Egypte, avait été repris par morceaux sur un site facho, totalement dénaturé et bien entendu, transformé à l’opposée de mes idées. Je souhaite donc garder un œil là dessus au cas où…

Alors ça pose, oui c’est vrai, un cas de conscience.

Vendredi matin, sur twitter, j’en parlais avec une poignée de geeks qui m’ont conseillé Piwik, dont le site est surveillé par Piwik Analytics. En gros, on ne change rien, mais on change tout. Je pourrai toujours mater les mot-clés mais au lieu de filer vos nos datas aux Américains (bisous Barack) elles seront stockées de manière décentralisées chez moi.

(faut-il encore que je termine l’installation de Nginx sur le RasPi et que j’y colle un disque dur avec une alim indépendante). Donc ça prendra un peu (beaucoup) de temps mais ce sera fait avant le lecteur de flux RSS, le nœud Tor et le noeud Seeks.

Lecteur, même si je n’ai pas la flopée de trackers imposés à ce pauvre Jean-Marc, je peux comprendre que cela te dérange tout de même. a titre perso, pour bloquer les trackers, j’utilise Ghostery sur Firefox, qui fonctionne très bien, par contre, il faut dire adieu aux boutons de bas de page pour partager tes lectures sur les réseaux sociaux, il faudra le faire à la main comme à la vieille époque.

D’autres existent, je refais un coup de pub à Jean-Marc qui vous proposent d’autres programmes et plug-ins que je n »ai pas testé.

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Introduction à l’auto-hébergement
Au cas où tu n’aurais pas encore cliqué sur le billet de JMM
Le site des Big Brother Awards

Tails, ou la sécurité dans une clé USB

Ca fait un petit bout de temps que je n’avais pas créé de clé Tails. A vrai dire, je n’en n’avait pas eu l’utilité pendant la transition Windows-Ubuntu il y a un peu plus d’un an, et pas non plus l’occasion depuis que je fonctionne sur du libre.

Ca fait un petit bout de temps que je n’avais pas créé de clé Tails. A vrai dire, je n’en n’avait pas eu l’utilité pendant la transition Windows-Ubuntu il y a un peu plus d’un an, et pas non plus l’occasion depuis que je fonctionne sur du libre.

J’ai donc relevé mes manches mercredi matin et décidé de créer une clé Tails via mon terminal préféré.

Tails, c’est quoi ?

Il s’agit d’un système d’exploitation qui s’installe sur CD ou clé USB. C’est un outil donc très utiles pour les journalistes en zone « chelou » puisque, une fois le papier/son rédigé/monté et envoyé, il n’y a plus qu’à éteindre l’ordinateur, retirer la clé (ou le CD) et il ne restera plus aucune trace de la production sur l’ordinateur.

Vous pouvez donc aussi la perdre, la donner, la jeter à la poubelle en cas de problème, on ne pourra pas accéder à votre travail par ce biais puique, à la première utilisation, vous lui attribuez une phrase de passe.

Une clé bootable

Branchez votre clé USB, et démarrez votre ordinateur. Oui, dans cet ordre… L’ordinateur démarrera sur l’OS présent sur votre clé, Tails. Vous y êtes, avec un bureau Debian, du libre, donc. Et non, cela n’altère en rien votre ordinateur ou le/les OS qui tourne(nt) dessus, vous le(s) retrouverez une fois votre ordinateur éteint et redémarré sans la clé.

Comme à la maison

Tails est équipé d’audacity, pour ceux qui voudraient monter du son, de logiciels de bureautique (rédaction, tableur, etc.) et permet donc d’effectuer toutes les taches habituelles, un message s’affichant parfois pour vous dire que tel ou tel processus est en cours. La seule différence réside donc dans le fait que ce système est un poil moins rapide mais il faut se rappeler qu’il est utilisé depuis un périphérique extérieur. CQFD.

Capture du 2013-08-21 17:48:37

Anonymat et sécurité

La clé est équipée du pack vous permettant de surfer anonymement, via Tor, déjà installé et en cours de fonctionnement dès que vous bootez sur la clé. Votre trafic passe par ce réseau… sauf si vous choisissez d’utiliser un autre navigateur fourni où il est précisé, au démarrage, que votre trafic ne passera pas par le réseau Tor.

Vous trouvez aussi de quoi chiffrer vos documents et même, une couverture rigolote qui, en option, peut donner des allures de Windows à votre bureau.

La seul limite reste le fait que cette clé bootable n’est pas utilisable dans un cybercafé puisqu’elle nécessite le redémarrage de la machine, impossible de passer inaperçu avec les compteurs de temps des cybers.

L’installation

Nous y voilà. Chez Windows, de l’userfriendly comme d’habitude, mais surtout une démarche que l’on exécute sans trop la comprendre : on sélectionne l’iso, on sélectionne le périphérique de destination pour l’installation et on laisse la machine mouliner en vaquant à d’autres joyeusetés.

Chez Ubuntu, c’était donc ma première création de clé Tails via cet OS, on se remonte les manches et on dégaine la ligne de commande. Il faut d’abord installer Syslinux dans lequel se trouve l’outil isohybrid qui nous intéresse

sudo apt-get install syslinux

Premier probleme, souvent le même sur les tutos, c’est que le « sudo » pour les utilisateur Ubuntu, n’est pas précisé. Le novice qui a décidé d’utiliser Ubuntu, se trouve donc face à un mur dès le début avec une commande « apt-get… » sans savoir faire un « su » pour passer en mode root ou tout simplement un « sudo » avant la commande.

Il fut ensuite brancher votre clé USB, vierge cela va sans dire, et la retrouver parmi vos fichiers sur terminal. En général /dev/sdquelquechose

Et c’est parti pour l’install !

isohybrid [tails.iso] –entry 4 –type 0x1c

dd if=[tails.iso] of=[device] bs=16M

sauf que…

sauf que [tails.iso] est à remplacer par le chemin jusqu’à l’iso parmi vos fichiers et que [device] est à remplacer par votre clé « dev/truc »

Autrement dit, si vous ne maîtrisez pas la ligne de commande, c’est coton.

Cette commande qui me nous paraît simple, et vite réglée si l’on triche à coup d’autocomplétion, est tout bonnement irréalisable par un novice.

On se heurte donc au problème habituel du libre, pas encore assez user friendly et accessible, même si, contrairement à Windows, on contrôle (et on comprend) exactement toute les actions de A à Z et ça, c’est pour moi la base… même si le novice aura d’autres attentes et se retrouvera bloqué.

Conclusion

Je continuerai donc à prêcher pour le libre, même si, je conseillerai à certaines personnes, de faire leur clé Tails via Windows, sous peine de les voir abandonner.

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A toi de jouer
Protéger ses sources
Il était une fois un clicodrome

Wikileaks, 3 nouveaux Insurance Files

Cet après-midi, aux environs de 16h, heure française, le verdict tombera dans le cadre du procès Manning. L’info est passée presque inaperçue au beau milieu de la tempête Miranda et tout ce qu’elle relève comme problèmes en termes de liberté de la presse et secret des sources, mais Wikileaks a sorti deux nouveaux fichiers chiffrés. De son côté, la police s’acharne sur le Guardian.

Cet après-midi, aux environs de 16h, heure française, le verdict tombera dans le cadre du procès Manning.

L’info est passée presque inaperçue au beau milieu de la tempête Miranda et tout ce qu’elle relève comme problèmes en termes de liberté de la presse et secret des sources, mais Wikileaks a sorti trois nouveaux fichiers chiffrés. De son côté, la police s’acharne sur le Guardian.

 https://twitter.com/wikileaks/status/369949721915179009

Jusqu’ici, un Insurance File planait au-dessus de la tête d’Assange. Wikileaks a promis de divulguer la clé de déchiffrement s’il arrivait malheur à son fondateur et, par conséquent, de révéler au monde les informations que contient ce dossier.

Or, à quelques jours du verdict Manning et peu après les révélations d’Edward Snowden, trois nouveaux fichiers (3.6 GB, 49 GB and 349 GB) apparaissent, comme expliqué dans le twitt ci-dessus. Wikileaks en profite pour faire le décompte des jours de prison, comme si l’opération était réitérée afin de protéger les deux lanceurs d’alerte. Leur taille surprend aussi(EN).

** Merci particulier à Vigdis et à son œil de lecteur bienveillant **

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Qui est Bradley Manning ?
En savoir plus sur les Insurance Files
Lavabit
, Snowden et la vie privée
Quand Juan s’interroge sur les lanceurs d’alerte
Miranda, les révélations du Guardian
En 2011, Wikileaks publiait de la doc sur la surveillance des cables Internet Soumarins
Le parti Wikileaks est créé

15 ans après

Vite lu, vite passé… Le bouqun pour un aprem à la plage ou un trajet en bus entre Amman et Petra.

Ca se lit vite, sans prise de tête… ça passe même si l’ensemble reste assez décevant comparé aux autress bouquins d’Alexandre Jardin que j’ai pu lire et commenter ça et là.

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Vite lu, vite passé… Le bouqun pour un aprem à la plage ou un trajet en bus entre Amman et Petra.

Ca se lit vite, sans prise de tête… ça passe même si l’ensemble reste assez décevant comparé aux autress bouquins d’Alexandre Jardin que j’ai pu lire et commenter ça et là.

Le pitch ?

Alexandre retrouve, 15 ans après, Fanfan, bien décidé à la conquérir sur la base de la fidélité celle qui, aujourd’hui, ne vut plus se prendre la tête et regrette le coureur qu’il était.

Un petit bouquin à l’eau de rose sans prétention, où Jardin case ça et là amis et contemporains.

Lavabit, Snowden et la vie privée

L’affaire Snowden a pris ces derniers jours une nouvelle tournure, lorsque le boss de Lavabit a tout bonnement et simplement décidé de fermer son service de messagerie. Lavabit, c’est quoi ? Un minuscule fournisseur de messagerie e-mail mais qui mettait un point d’honneur à défendre la vie privée. Caleb Delisle, un copain américain, faisait partie des utilisateurs. Il nous explique pourquoi lui, et certainement Snowden, avai(en)t choisi ce service et comment faire aujourd’hui qu’il n’existe plus.

L’affaire Snowden a pris ces derniers jours une nouvelle tournure, lorsque le boss de Lavabit a tout bonnement et simplement décidé de fermer son service de messagerie. Lavabit, c’est quoi ? Un minuscule fournisseur de messagerie e-mail mais qui mettait un point d’honneur à défendre la vie privée. Caleb Delisle, un copain américain, faisait partie des contributeurs utilisateurs. Il nous explique pourquoi lui, et certainement Snowden, avai(en)t choisi ce service et comment faire aujourd’hui qu’il n’existe plus.

Capture du 2013-08-13 12:13:25

Comme certains d’entre vous le savent déjà, mon ancienne adresse e-mail et son fournisseur, Lavabit.com, n’existent plus.

Il ya quatre ans j’étais à la recherche d’un fournisseur de messagerie gratuit quand j’ai découvert lavabit.com.Il n’était pas le seul fournisseur de messagerie, mais j’ai été attiré par son côté geeko-friendly, minimaliste, et le sérieux, voire le dévouement, avec lequel ils s’accordaient à protéger la vie privée.

À une époque où la confidentialité était considérée comme une vieille chose, Lavabit luttait seul contre le marché, pour ce en quoi ils croyaient. Ils luttaient pour pour qu’un moment partagé entre amis, en famille ou avec des proches ne soit pas une donnée qui tombe dans les réseaux du marketing. Alors que nous, les enfants web2.0, qui nous exposions nous-mêmes au quotidien, prenions des paris sur la subsistance de ces « services » croyant que nous aurions fini par devenir modestes.

Ce que Lavabit avant construit était une merveille. Ils ont utilisé la cryptographie pour assurer que VOS e-mails ne puissent pas être lus sans mot de passe de connexion, même pas par l’administrateur du serveur Lavabit lui-même. Au cours des 4 dernières années, j’ai recommandé Lavabit à des amis et à de la famille. Je n’avais que le bouche à oreilles à leur offrir. Lavabit était évidemment un service basé sur la passion : La vie privée n’est tout simplement pas rentable.

Il y a cinq jours, Lavabit a cessé de répondre

Ce n’était pas un problème majeur, c’était déjà arrivé. Mais après douze heures de temps d’arrêt je suis devenu inquiet. J’ai décidé de ne pas bouger et de voir ce qui se passait. Après environ deux jours, une foule sans cesse croissante de compatriotes utilisateurs a commencé à se plaindre sur le web. Le propriétaire a finalement décidé de jeter l’éponge.

La page d’accueil de Lavabit, qui annonçait juste que le site était indisponible cause d’opération de maintenance, disait que l’opérateur, Ladar Levison, avait choisi d’arrêter le site plutôt que « devenir complice de crimes contre le peuple américain » et qu’un bâillon l’empêchait de dire quoi que ce soit d’autre.

Au fil du temps, nous avons appris que Lavabit avait parfois reçu l’ordre de fournir des informations dans des cas de maltraitance d’enfants. Ils avaient facilement respecté la vie privée (dans la mesure où la cryptographie leur permettrait). Tout ce qui s’est passé ces derniers jours devait donc être plus important qu’un mandat de perquisition de routine. Nous avons aussi appris que ce minuscule fournisseur de service e-mail était utilisé aussi par Edward Snowden.

Si les agents exigent de la part d’un bureau de poste que des lettres soient ouvertes, ces lettres doivent rester ouvertes, laissant comme preuve que les courriers ont été lus. Dans un ordinateur, il n’y a pas de preuve. Ainsi, demander à un fournisseur d’accéder aux e-mails d’une personne, exige qu’il trompe leurs propres clients en laissant entendre que tout est normal. Cette demande que Ladar juge abusive vis à vis de la confiance de ses utilisateurs est probablement ce qui l’a poussé à tout fermer.

Quoi qu’il en soit, Lavabit et calebdelisle@lavabit.com n’existent plus.

Cet e-mail est sûr parce que j’ai toujours préféré, pour télécharger mes e-mails sur mon ordinateur portable, utiliser Thunderbird. Même si il est en effet gênant de changer d’adresse, je suis fier d’avoir fait un petit bout de chemin avec un homme qui, pour autant que nous le sachions, s’est battu jusqu’à la fin contre ce à quoi il ne croyait pas. Après quatre ans à utiliser Lavabit, je ne peux pas me résoudre à utiliser Gmail ou Hotmail ou tout autre service de messagerie glamour.

Je suis un fier utilisateur du nouveau service de courrier hyperboria.ca

Il n’est pas aussi beau que gmail et il n’est pas aussi sûr que Lavabit mais il est géré par les gens, moi y compris, qui pensent que le courrier électronique est plus qu’un outil pour recueillir des informations marketing. Hyperboria.ca n’est accessible qu’aux membres du réseau Hyperboria. Je n’ai pas le temps ni la volonté de lancer un « vrai » serveur de messagerie chez moi.

Si tout le monde devait faire une seule chose pour l’amour de la vie privée, utilisez Thunderbird. Vous pouvez l’utiliser avec votre compte de messagerie « normal » et une fois que vous avez essayé, vous ne recommencerez jamais à taper des mots de passe sur un site Web. Avec Thunderbird, vous pouvez non seulement lire votre e-mail sur votre PC au lieu de « dans le cloud », mais vous pouvez également utiliser l’extension Enigmail PGP.

PGP signifie « Pretty Good Privacy » qui vous permet d’envoyer des messages que personne d’autre que le destinataire ne peut lire.

J’utilise PGP pour écrire à ma mère, non pas parce que nous « avons quelque chose à cacher », mais parce qu’une conversation entre une mère et son fils n’est pas une question de sécurité nationale et certainement pas non plus de « marketing ». Nous sommes le peuple, nous valons plus que cela.

Et vous en êtes aussi.

Si vous n’êtes pas porté sur la technique, demandez à un ami ou membre de votre famille, s’ils ne sont pas utilisateurs de Thunderbird et PGP.

Il est grand temps qu’on apprenne !

Merci à Caleb pour temps qu’il a su consacrer à la rédaction de ce texte.

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Un autre service de messagerie, Silent Circle, ferme aussi.
Armes d’interception numériques : usages et tentatives d’opposition.
La page d’accueil de Lavabit
Un peude lecture
Et si on changeait de FAI ?

De l’utilité de l’InfoSec dans nos déplacements

De l’utilité de mettre les mains dans la machine et de gérer soi-même sa sécurité en ligne. Il y a deux ans, je me serais tout simplement connecté à Internet via le Ouaibe, avec mon clicodrôme favori, ça aurait fonctionné et je ne serais pas allée voir plus loin.

De l’utilité de mettre les mains dans la machine et de gérer soi-même sa sécurité en ligne. Il y a deux ans, je me serais tout simplement connecté à Internet via le Ouaibe, avec mon clicodrôme favori, ça aurait fonctionné et je ne serais pas allée voir plus loin.

Là j’ai appris tout plein de choses, à mon rythme, petit à petit. J’en sais beaucoup plus qu’à l’époque où j’ai écrit le manifeste, ce qui m’a permis de voir que dans ce petit hotel de Madaba, et bien tout n’est pas très sain de ce point de vue.

Diagnostic

Comme à chaque connexion, je lance mon VPN en terminal, tout mon trafic est redirigé :

sudo openvpn –config client.conf

Tout fonctionne sauf que… Impossible de me connecter via le Web, les pages sont systématiquement refusées, idem pour le client mail qui ne peut pas relever le courrier.

Alors que sans VPN, tout est ok en termes de connexion web. Par sécurité, puisque les infos circulent alors en clair, je n’ai pas voulu vérifier le mail.

J’ai ensuite essayé de me connecter en ssh, sans vpn, via terminal à un serveur. Aucun problème, cela fonctionne aussi. il laisse passer le port 22 pour le SSH mais pas le 1194 pour le VPN

Bien étranger, tout ça

Je suis même allée dans un café, me disant que le problème venait peut être de ma machine. J’ai lacé le VPN, et tout a fonctionné ; Web, Relevé de mails, etc.

Premières conclusions

Le bonhomme bloquerait-il les tunnels chiffrés ? Si oui, dans quelle optique ? Sniffer le trafic… peut-être… Dans un pays où la surveillance est un sport national, avoir un œil sur les activités en ligne des touristes peut possiblement être intéressant.

J’ai papoté un peu avec le patron de l’hôtel. Le type a fait ses études en ex-URSS (oui, il est vieux) et devinez en quoi ? Informatique !

J’ai donc scanné le réseau wifi et suis tombée sur ces quelques infos.

Sur le serveur

– Sur le port 5060 j’ai du sip

– sur le port 1723 j’ai du pptp tunneling

– Sur le port 9999 j’ai un abyss web server (http://www.aprelium.com/abyssws/ )

Puis des trucs tout à fait normaux : connexion en SSH, par exemple.

Capture du 2013-08-02 20:59:37

Sur les coups de 22h, j’ai poussé un peu plus loin et lancé un nmap sur l’adresse ip du serveur. Réponse : 2601/tcp filtered zebra

Remèdes

J’ai choisi, au tout début, de suivre les premiers conseils que l’on me donnait va twitter et d’utiliser Tor dont je fais usage à d’autres occasions habituellement. Mais j’ai surtout décidé d’éviter de me connecter depuis l’hôtel, ma préférence allant à une connexion basique dans un café me permettant de rediriger mon trafic via VPN comme bon me semble.

Si l’on revient deux ans en arrière, je me serai connectée via clicodrome et n’aurait rien vu, laissant passer mots de passe et infos en clair… Je ne sais pas comment rétablir une connexion vpn, surtout si le port est bloqué, mais j »ai au moins pu remarquer qu’il y avait un problème et le contourner tout en restant en sécurité.

Pour ceux qui souhaiteraient s’amuser, ci-git l’adresse ip du routeur 192.168.3.1 celle de l’ordinateur du bar de l’hotel 192.168.3.102.

Et venez ici nous raconter ce que vous trouvez.

Edit, lundi 12, vers midi

Impossible de faire mumuse avec les IP sus-citées puisqu’il s’agit d’un réseau privé, elles ne sont donc accessibles qu’à l’intérieur de l’hôtel, en étant connecté au réseau, et pas depuis l’extérieur. Et pour en savoir plus, c’est par là (merci Garfield) Comme quoi, il reste encore des trucs à apprendre…

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Le manifeste pour la sécurité 2.0 des journalistes
Le quart d’heure d’anonymat par JMM
Protéger mes sources

Génération Y, Monique Dagnaud

Au hasard d’un débat organisé par l’association WebDiversity, j’ai rencontré Monique Dagnaud. Il était question de jeunesse et d’internet, nous avions échangé nos bouquins respectifs.

Au hasard d’un débat organisé par l’association WebDiversity, j’ai rencontré Monique Dagnaud. Il était question de jeunesse et d’internet, nous avions échangé nos bouquins respectifs.

Depuis, il était sur ma To read list, entre un bouquin de journaliste au Moyen-Orient et un bouquin de journalistes sur le Moyen-Orient. Direction Amman, donc, avec ce petit livre dans mon bagage à main. Pas de grande surprise, je l’avais trouvé très bien en débat, je la retrouve dans le texte.

Dans cet ouvrage, Monique Dagnaud dresse un portrait des digital natives en rapport avec Internet, bien entendu, mais à travers plusieurs thématiques.

Celle du militantisme politique, d’abord. Elle fait le parallèle ente cette jeunesse française qui ne se déplace pas pour voter, n’a pas vraiment foi en l’avenir mais qui, dans un même temps, se mobilise épisodiquement en faveur de causes, sociales ou politiques. Des engagements qui peuvent parfois aller très loin, comme sur la Puerta del Sol à Madrid ou sur le mouvement Occupy qu’elle a suivis.

9782724612837

L’autre entrée est celle des spécificités de cette jeunesse : Egotique, diront certains, à la recherche d’un quart d’heure de célébrité, le tout sponsorisé par des émissions de télévision. Elle place ce comportement aussi dans la lignée de l’urbanisation qui a, depuis longtemps, contribué au cloisonnement. Cette jeunesse rêve, mais cette jeunesse se cloisonne devant son écran et préfère s’afficher via des flux vidéos ou des messages sur Facebook. Encore une fois en parallèle, elle lance à l’occasion des causes, adhère à des combats et les partage en mode viral.

Elle comprend que le Net est devenu le prolongement de la vie, qu’il en fait partie à part entière, d’où le militantisme en faveur de la Neutralité du Net, celui contre Acla, pas encore botté en touche par nos élus quand le bouquin a été rédigé. En d’autres termes, cette jeunesse ne s’intéresse que peu à la politique en général mais s’investit lorsqu’il s’agit e son quotidien.

Enfin, elle n’omet pas de parler de cette société du partage que nous avons créé,  des artistes au public, d’un internaute à un autre, d’un nordiste qui mettrait en ligne des cours pour un étudiant des pays du Sud qui n’y a pas accès à un cyber(h)ac(k)tiviste qui fournit des technologies et surtout son savoir pour aider des personnes opprimées à communiquer.

Un bouquin sympa, à lire qui couvre tout le spectre : pauvreté, avortement, classes sociales, etc. le tout en vis à vis de l’utilisation des réseaux pa la jenesse ailleurs, notamment dans les pays des révolutions.

A lire (vite!)

Jordanie, histoire d’eau

Ce qui marque, quand on chemine en Jordanie, ce sont ces serres à perte de vue. Pourtant, il s’agit d’un des pays au mode les plus pauvres en eau. 75 % des ressources en eau du pays sont ainsi consacrées à l’agriculture. Cela se manifeste, en partie, par toutes ces serres que l’on voit sur le bord des routes.

Ce qui marque, quand on chemine en Jordanie, ce sont ces serres à perte de vue. Pourtant, il s’agit d’un des pays au mode les plus pauvres en eau. 75 % des ressources en eau du pays sont ainsi consacrées à l’agriculture. Cela se manifeste, en partie, par toutes ces serres que l’on voit sur le bord des routes.

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Pour vous donner une idée, un Jordanien consomme 150 mètres cube d’eau par an alors que la moyenne mondiale est à 600 mètres cubes.

Le Yarmouk assure 40 % des réserves en eau du pays tandis que la nappe fossile d’Azraq, à l’est d’Amman, se vide peu à peu. Des travaux de préservation de l’oasis d’Azraq sont d’ailleurs en cours.

L’eau du lac de Tiberiade est aussi mise à contribution sauf que la Jordanie ne recevrait qu’un tiers de ce qui était originellement prévu par le plan Johnston (1953) en termes de partage de l’eau. Le plan a été rejeté en 1955 mais sert toujours dans les négociations lorsqu’il est question d’eau. La répartition dépend d’un commun accord entre la Syrie, la Jordanie et Israël.. Autant dire, aujourd’hui, impossible de modifier ce que la Jordanie reçoit comme eau.

La Jordanie a fait le rêve de l’indépendance alimentaire saut que… sauf que c’est difficile à tenir. Alors on plante des serres qu’on irrigue comme on peut. La population croit de 2,6 % par an en temps normal ce à quoi il faut ajouter les réfugiés syriens et voyageurs de passage. Il y a de plus en plus de bouches à nourrir.

La solution viendrait-elle de ce nouveau forage, récemment inauguré, à Disi ? La nappe se trouve à 90 % sous l’Arabie Saoudite qui s’en sert pour l’agriculture. Que se passera-t-il le jour où les deux pays ne seront plus en accord ? Il est par ailleurs démontré par quelques anciens rapports, que l’eau de cette nappe serait radioactive… De quoi prévoir un possible désastre dans les années qui viennent.

Et pendant ce temps, du côté de Petra, on arrose le sable… J’ai demandé pourquoi, on m’a répondu que c’était mieux pour le touristes (absents) parce qu’ils n’aiment pas marcher dans le sable… Triste monde.

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