Jordanie, une économie qui se porte (presque) mal

En Jordanie, ce qui me surprend le plus, chaque soir, c’est l’absence de tables sur la rue pour fêter l’Iftar. Les seuls à sortir leurs tables sont les restaurateurs. Pour le reste, pas d’offrandes aux plus pauvres, comme j’avais pu l’observer en Tunisie ou en Egypte.

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En Jordanie, ce qui me surprend le plus, chaque soir, c’est l’absence de tables sur la rue pour fêter l’Iftar. Les seuls à sortir leurs tables sont les restaurateurs. Pour le reste, pas d’offrandes aux plus pauvres, comme j’avais pu l’observer en Tunisie ou en Egypte.

Le dinar jordanien se porte bien, il est quasi équivalent à l’euro. L’espérance de vie est la même que celle que l’on trouve en France, à 1 ou 2 ans près, le taux d’alphabétisation est de 91 % et la moyenne est de 2,6 enfants par femme, soit un taux équivalent aux années 1970 en France.

Jusqu’ici tout va bien. Sauf que… sauf que 60 % du PIB est assuré par le secteur des services et en particulier, le tourisme qui baisse en flèche depuis les révolutions. « Là, c’est la saison des Espagnols… Vous en voyez autour de vous ? Il n’y a personne, » commente, dépité, le guichetier du site de Jerash. Même constat dans les rues d’Amman, les hôtels ne font plus recette.

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« Les touristes ne venaient pas qu’en Jordanie. Ils prenaient des tours de deux ou trois semaines pour visiter les sites de la région. » A Pétra, pourtant, il y aurait pas mal de monde si on en croit de récents articles dans la presse locale. « Ils font des tours qui passent par Israël. Nous, au nord du pays, on entrait dans des tours qui passaient par la Syrie, la frontière est à moins d’une heure d’ici, » rappelle un commerçant d’Irbid.

Victime des événements dans les pays voisins, la Jordanie accusait en 2011 une baisse de  16%. 2012 avait eu quelques répercussions sur le budget du pays, mais 2013 semble déjà présentée comme une année noire en termes de tourisme.

Les nouveaux venus

Le chômage (officiellement à 13 % mais estimé à 30 % par des ONG) va aller en augmentant. Pourtant, ce ne sont pas les jordaniens qui mendient dans les rues mais « les gipsys » comme on les appelle ici. Parfois de très jeunes enfants. Ils occupent des tentes à l’entrée des villes du nord « lls ne nous embêtent pas. Il n’y a ni vol ni bagarre, explique le commerçant du nord. C’est juste qu’ils mendient, c’est ça qui nous pose un problème. Ils viennent d’Europe, certains s’étaient installés en Syrie. Aujourd’hui, il descendent chez nous. »

Et les réfugiés Syriens ?

Les Syriens ont des problèmes et il faut les aider. C’est en gros le message qu’on me transmet à chaque fois que je pose la question même s’ils arrivent chaque jour de plus en plus nombreux. Ils sont 115.000 officiellement accueillis en Jordanie et ont l’air, à première vue, de ne déranger personne. Même pas en termes de commerce puisque le schéma d la frontière Tuniso-Libyenne (1) ne se reproduit pas.

Ce sur quoi je m’interroge reste cette jeunesse qui va subir de plein fouet cette baisse du PIB. Ils sont 30 %, en Jordanie, à avoir moins de 15 ans, 25% à avoir entre 15 et 35 ans. Une génération qui pousse, donc, et qui cherchera très bientôt du travail dans un pays qui se repose essentiellement sur un secteur en déclin.

  • (1) Pendant la guerre en Libye, du côté Tunisien, les boutiques se vidaient. Les Libyens, en manque d’huile, farine, etc. pour les repas d’Iftar passaient la frontière, faisaient leur courses, souvent plus cher qu’au prix normal, et rentraient chez eux. Une aubaine pour les commerçants de villages situés près de la frontière, un problème pour les habitants qui n’avaient plus rien pour cuisiner.

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Auteur : Ju

Manager en sécurité informatique, je travaille sur le secteur depuis plusieurs années après une reconversion réussie suite à 12 annés dans le journalisme. J'adore la recherche, Je suis certifiée Iso/CEI 27001 Lead Auditeur (PECB) – ISLA1006895-2015-09. Parfois, je donne des cours et des conférences, et j’ai eu deux livres publiés par un éditeur… il y a fort longtemps.

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