Précarité, plafond de verre, bienvenu chez les journalistes

Une enquête de la SCAM intitulée De quoi vivent les journalistes vient de sortir. Elle a été lancée auprès de 20000 journalistes, 3400 d’entre eux ont répondu.

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Une enquête de la SCAM intitulée De quoi vivent les journalistes vient de sortir. Elle a été lancée auprès de 20000 journalistes, 3400 d’entre eux ont répondu.

Old News

« La Sam souhaite alerter non seulement la profession, les éditeurs, les producteurs, les diffuseurs et l’ensemble des employeurs des journalistes, mais également les pouvoirs publics de la détérioration des conditions d’exercice du métier de journaliste. »

 Le rapport pointe aussi du doigt la précarisation (oui, oui, c’est possible de creuser plus bas) du statut de pigiste via de plus en plus de sollicitations à travailler avec un statut d’auto-entrepreneur, contraignant en termes de droits sociaux et surtout, non compatible avec la carte de presse. 12 % des personnes ayant répondu au sondage ont déclaré plusieurs situations sociales et fiscales, vivant entre un statut de pigiste rémunéré en salaire et un statut d’auto-entrepreneur. Un pigiste sur 8 est aussi auteur.

Le rapport souligne que les femmes gagnent moins bien leur vie, dans cette profession que les hommes. Les femmes représentent 62 % des plus bas revenus (moins de 20 000 €/ an) et seulement 16 % des plus hauts (supérieurs à 100 000 €/ an) .

« il transparaît une réelle difficulté à se faire rémunérer en pige salariée pour une activité journalistique.  »

Autre problème, celui de la perte de la carte de presse par des journalistes exerçant une activité d’auteur (livres…) ou avec un statut d’auto-entrepreneur ou d’intermittent au sein d’un média (tv, web) alors que la réalité du terrain est un travail de journaliste.

« 2,5 % des journalistes ayant répondu à l’enquête n’ont aucune couverture sociale.  »

 Un autre chiffre m’a aussi fait sursauter : Plus d’un photographe sur trois perçoit moins de 30 € par photo… Vous imaginez-vous combien il faut en vendre pour pouvoir payer un mois de loyer ? Et cette disparité se poursuit dans toutes les branches de la profession. Parmi les reporters de guerre, qui sont selon le rapport mieux payés que la moyenne, un photographe sur deux et un réalisateur sur trois perçoivent des revenus inférieurs ou équivalents au SMIC (13 000 € nets / an).

J’émets quelques réserves sr le « mieux payés que la moyenne », il n’y a qu’a voir le statut des pigistes en zone de conflits dont aucune dépense n’est remboursée ou lire le témoignage de Francesca Bori pour voir que la situation sur le terrain est toute autre. Le rapport précise d’ailleurs un peu plus loin que 25 % des journalistes couvrant des conflits partent sur le terrain sans assurance ni contrat de travail… Les joies de de la pige.

  • Les liens qui vont bien

Pigistes, pas pigeons
Les joies d’être journaliste chez Pole Emploi, la fabrique à précarité
Lire le rapport dans son intégralité
Précarité des pigistes

Illustration Flickr/CC/doug88888

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Auteur : Ju

Manager en sécurité informatique, je travaille sur le secteur depuis plusieurs années après une reconversion réussie suite à 12 annés dans le journalisme. J'adore la recherche, Je suis certifiée Iso/CEI 27001 Lead Auditeur (PECB) – ISLA1006895-2015-09. Parfois, je donne des cours et des conférences, et j’ai eu deux livres publiés par un éditeur… il y a fort longtemps.

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