Outsourcing, Offshoring & vulnerabilities

I think  outsourcing and offshoring should not be seen as threats but as sources of threats if these activities are not properly supervised. The standards ISO / IEC 27001 and 27002 provide the framework for these activities in terms of cyber security:

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About physical security

Today, an organization’s nformation system goes beyond the company itself. Backup servers are located abroad, all employees not working in the same building and some of them are in other countries or other cities, working in home office …

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Souveraineté technologique, introduction

Au moment même où j’écris, l’électricité qui alimente mon ordinateur Frankenstein, mille fois opéré et ramené à la vie, se coupe, ce qui contraint l’onduleur à émettre de petits bips. Tout cela contribue à l’impression que j’ai de vivre dans un vaisseau spatial et cela me rappelle combien nos infrastructures peuvent être précaires. Tout comme l’a déclaré Eleanor Saitta il est plus que probable qu’elles nous fassent défaut ou qu’elles nous mènent à notre perte, avant toute chose.

L’absence de planification et de résilience sont causées par une maintenance des infrastructures “publiques” de plus en plus précaire. Des jeux politiques décidés par des personnes dont les vies s’avèrent être plus courtes que les infrastructures qu’elles gèrent. Des pressions et des trafics d’influence pour être réélu et obtenir des postes de confiance. Corruption systématique. La distance entre les institutions et les citoyens, le public privatisé, les communs vandalisés et mis à sac. Les infrastructures technologiques, sociales et politiques sur lesquelles nos styles de vie sont assis, sont elles de plus en plus complexe. De ce fait, il se pourrait que les équipes à la tête de la cybernétique de contrôle de ces infrastructures se montrent incapables de détecter les règles et de distinguer à quel moment les digues de la Nouvelle Orléans cèderont, les réseaux électriques créeront des black-out complets, les centrales nucléaires seront infectées à cause du Stuxnet, ou le système financier global s’effondrera avec fracas.

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De la lecture !

« Si la neutralité du net est un sujet qui préoccupe tous les acteurs du Web depuis de nombreuses années, les choses semblent s’accélérer ces derniers mois. Entre le jugement de la Cour d’appel aux USA favorable à Verizon, les pratiques des opérateurs et plus spécialement d’Orange en France, l’offre de RED de SFR qui propose YouTube en illimité et la réglementation qui avance lentement… tout semble nous diriger vers la fin d’un concept qui fait pourtant d’Internet ce qu’il est aujourd’hui. »

Un très bon boulot bien pédago de PC Impact qui imagine 2017 si on s’en prend à la Neutralité du Net. A lire très très vite !

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« Si la neutralité du net est un sujet qui préoccupe tous les acteurs du Web depuis de nombreuses années, les choses semblent s’accélérer ces derniers mois. Entre le jugement de la Cour d’appel aux USA favorable à Verizon, les pratiques des opérateurs et plus spécialement d’Orange en France, l’offre de RED de SFR qui propose YouTube en illimité et la réglementation qui avance lentement… tout semble nous diriger vers la fin d’un concept qui fait pourtant d’Internet ce qu’il est aujourd’hui. »

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Soutien aux équipes de @courrierinter

Chaque semaine, j’essaie de finir de lire Courrier International dans les temps pour embrayer sur le nouveau dès son arrivée dans ma boite aux lettres… Ce qui n’est pas chose aisée quand on bouquine en même temps deux livres (un au lit et un dans les transports), qu’on fait mumuse avec un RasPi et qu’on a un travail et une vie sociale bien remplie.

Chaque semaine, c’est comme un petit jeu entre ma factrice, mon journal et moi.

Chaque semaine, j’essaie de finir de lire Courrier International dans les temps pour embrayer sur le nouveau dès son arrivée dans ma boite aux lettres… Ce qui n’est pas chose aisée quand on bouquine en même temps deux livres (un au lit et un dans les transports), qu’on fait mumuse avec un RasPi et qu’on a un travail et une vie sociale bien remplie.

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J’ai tendance à m’éterniser sur les brèves qui fourmillent d’infos, à les twitter, à passer du temps sur les dossiers, pas question de les lire en morceaux. Et puis chaque semaine, il est là, il m’attend dans la boite et je ne peux que constater qu’il y a trop de lecture pour une seule semaine.

Parfois, il arrive en retard, le samedi. Là, je gagne… Parfois, un papier me sert de point de départ pour un billet.

Cette semaine, je ne recevrai pas Courrier International puisqu’une grève du personnel au moment du bouclage empêche sa sortie. La première fois en 23 ans d’existence. Je n’aurai pas mon petit jeu, mais c’est pour la bonne cause.

Les équipes protestent contre le plan social qui concernerait près d’un tiers des effectifs, un chiffre qui va au-delà du personnel mobilisé pour le site « presseurop » en plusieurs langues qui s’est arrêté.

Je n’ai que trop parlé ici de la précarité des pigistes, de celle des journalistes et si, en bonne râleuse (oui, oui, je suis française) je me suis abonnée à Courrier International, c’est parce que je considère ce canard comme un des rares à traiter l’actu Internationale et la géopolitique très sérieusement et avec parfois un oeil décalé qui vient enrichir l’information. C’est grâce à ce qu’apporte l’équipe de ce journal.

Donc c’est en tant que journaliste, mais aussi en tant que lectrice que je soutiens les équipes en grève, en les remerciant pour leur boulot, même si mon journal me manque déjà, il a des privations qui ont un goût de justice.

Aides à la presse, le raport de la cour des comptes

La cour des comptes, dans son dernier rapport ne s’intéresse pas qu’à nos paires de lunettes. L’abattement fiscal des journalistes est aussi porté au débat.

La cour des comptes, dans son dernier rapport ne s’intéresse pas qu’à nos paires de lunettes. L’abattement fiscal des journalistes est aussi porté au débat.

7650 euros sont à déduire des impôts pour une personne ayant travaillé à plein temps tout au long de l’année.

A cela, il faut ajouter qu’avec cet abattement, les journalistes ne déduisent aucun frais réels qu’ils s’agisse de déplacements, abonnements de train, par exemple, pour ceux qui se rendent au travail en TER, frais d’essence, contrairement à la majorité des français qui peuvent déduire tout ou partie de ces frais de leur déclaration. Le journaliste pigiste doit aussi investir pour pouvoir travailler : ordinateur personnel parfois haut de gamme pour faire du montage vidéo ou du traitement photo, le matériel de captation son/photo/vidéo (plus « et » que « ou » le pigiste devant pour s’en sortir être multimédia).

Les pigistes, par exemple, qui partent faire de sujets à l’étranger, paient tous leurs déplacements, logements sur place, etc. et toucheront finalement beaucoup moins que ce qui est écrit sur sur leurs fiches de paie, puisqu’il faudra déduire les frais de visa, transports, etc… de la somme gagnée… Ce qui dans certains cas peut se révéler ardu.

J’ai quasi toujours dépassé, parfois même de beaucoup, les frais avancés, mais il m’est aussi arrivé d’en sortir plus que je n’en n’ai eu à l’arrivée. C’est le cas de mon déplacement au Soudan, par exemple, où tout était très cher et malgré l’hébergement en couchsurfing une partie du voyage, le fait d’utiliser des touk touks et petits bus locaux, j’ai voyagé à pertes. En gros, j’ai payé pour travailler.

Mais pas la peine d’aller si loin, il suffit de se rendre dans la plupart des capitales européennes pour voir les factures s’empiler très vite.

Alors on jongle.

Le rapport fait d’ailleurs état de la condition précaire des pigistes :

Si la profession de journaliste ne semble donc pas, en moyenne, défavorisée d’un point de vue salarial, la situation des journalistes pigistes ou en contrat à durée déterminée, en particulier des jeunes journalistes, pourrait conduire à nuancer sensiblement ce constat.

 Les fois où on gagne bien sa vie, on met de côté pour celles où on aura beaucoup de frais… Je parlais déjà de la situation des pigistes ici ou encore là.

Je doute d’ailleurs, en cas de suppression de cet abattement, que l’Etat y soit gagnant puisque les déclarations de frais réels pourraient être assez importantes, plus que cette allocation.

L’abattement, c’est quoi ?

Pour un journaliste ayant travaillé à temps partiel, à mi-temps ou ayant connu des périodes de chômage, la déduction est à calculer au prorata. Pour quelqu’un qui aurait travaillé 10 mois à temps plein, par exemple, il faut calculer 7650/12 = 637,5 (pour un mois) x 10 = 6375 euros à déduire.

Avant 1998, cet abattement concernait 30 % des revenus des journalistes. Finalement, ceux qui avaient de gros salaires, bossaient à plein temps, déduisaient beaucoup plus que les pigistes ou les personnes ayant enchaîné quelques CDD tout au long de l’année qui, avec leur rémunération rikiki, avaient droit à un abattement tout aussi rikiki.

C’est en 1998 que les choses ont changé de manière plus équitable. Tout le monde dit déduire la même somme, une énorme bouée d’oxygène pour les plus précaires d’entre nous, une broutille pour les plus hauts revenus.

Ce que dit la cour des comptes

Mis à part le statut des pigistes, la grande disparité des revenus, tant pour les CDI que pour les pigistes, il est question de penser à aider les journalistes et non plus (ou moins) les organes de presse :

Dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances initiale pour 2013 au Sénat, le ministre délégué au budget confirmait cette analyse à l’occasion de l’examen d’amendements tendant à réduire cet avantage fiscal : « En apparence, [cette mesure] vise à avantager une profession. En réalité, son objectif est d’aider les entreprises de presse, entreprises industrielles qui rencontrent, on le sait, d’extraordinaires difficultés […]

 Ce qu’il ressort de la lecture de l’ensemble du document c’est qu’il y a vraiment (beaucoup) trop d’aides à la presse, reste à savoir si la grande précarité dans laquelle se trouvent les pigistes sera prise en compte en cas de réforme.

  • Les liens qui vont bien

Le rapport spécifique à la presse
Le papier clairvoyant de Jacques Rosselin

Merci à Bruno pour les idées de dépenses des journalistes pigistes auxquelles je n’avais pas pensé.

Ton dossier médical sur Internet

Le cas n’est pas isolé puisqu’en février dernier, Actusoins révélait les résultats de son enquête sur l’accessibilité en ligne des données médicales. Il suffisait de taper le nom d’un médecin suivi de la mention « hopital foch » pour accéder au serveur de l’hosto de Suresne et se taper la totalité des dossiers de ses patients.

Voilà quelques mois que l’on parle de ces questions de sécurité de données médicales. Le marché est florissant et visiblement, tous les acteurs ne mettent pas le même entrain à chiffrer, puisque une Marseillaise à découvert, tranquillette en surfant sur la toile, son dossier médical en ligne.

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Le cas n’est pas isolé puisqu’en février dernier, Actusoins révélait les résultats de son enquête sur l’accessibilité en ligne des données médicales. Il suffisait de taper le nom d’un médecin suivi de la mention « hopital foch » pour accéder au serveur de l’hosto de Suresne et se taper la totalité des dossiers de ses patients.

La faille a été réparée depuis mais il a quand même été possible d’accéder en quelques clics aux dossiers médicaux pendant plusieurs mois. C’est la non sécurisation en amont des données et le fait qu’il ait fallu que l’article sorte pour que l’administration hospitalière daigne prendre les choses en main qui est ici problématique.

Business de la protection sociale

Mieux ! le site révélait aussi que les listings étaient accessibles et que l’on pouvait ainsi connaitre jusqu’au numéro de chambre des patients et le service dans lequel ils étaient soignés… De quoi déduire, pour certains d’entre eux, que la personne hospitalisée est atteinte d’une grave maladie.

Les conséquences sont désastreuses puisque si fuite de données médicales il y a, les assurances peuvent s’en servir pour refuser de prendre en charge tel ou tel patient, pour augmenter leurs tarifs suivant les problèmes médicaux des personnes… Le business de la protection sociale que cela pourrait entraîner s’ajouterait donc à la violation de vie privée.

L’enquête pointe aussi du doigt la volonté de certaines administrations hospitalières à refuser de faire appel à des sociétés agréées par l’Etat, qui garantissent la protection de ces données médicales. Elles préfèreraient auto-héberger leurs données dans des conditions de sécurité déplorables plutôt que de dépenser le budget nécessaire.

Pôle emploi, la fabrique à précarité

C’est dans d’horribles conditions que Pôle Emploi a fait la Une ces derniers jours. D’abord un homme qui s’immole devant une agence à Nantes, un geste prémédité qui n’est pas sans rappeler celui de Bouazizi le Tunisien. Quelques jours après, c’est à St Ouen et dans d’autres villes, que des tentatives d’immolation ont lieu.

C’est dans d’horribles conditions que Pôle Emploi a fait la Une ces derniers jours. D’abord un homme qui s’immole devant une agence à Nantes, un geste prémédité qui n’est pas sans rappeler celui de Bouazizi le Tunisien. Quelques jours après, c’est à St Ouen et dans d’autres villes, que des tentatives d’immolation ont lieu.

Poussés à bout, ne supportant plus la manière dont ils sont traités, ces personnes ont décidé de se donner la mort… Et ce comportement est assez compréhensible quand on voit comment fonctionne Paul Emploi.

Loin de vouloir concurrencer le copain Politeeks, je m’en vais vous compter une petite histoire qui s’étale sur presque trois mois.

  • Deux semaines pour un identifiant

Début décembre, me retrouvant sans emploi comme une bonne partie de la population, je m’inscris via le site de ton soi-disant meilleur ami pour trouver du boulot J’ai acquis des droits qui me donnent, selon calcul, à une allocation chômage assez sympa courant sur presque six mois. De quoi subsister, donc, le temps de trouver un nouveau travail.

Problème, j’ai déménagé, je dépend donc d’une nouvelle agence, j’ai un nouveau numéro de chômeur (oui, c’est quand même plus sympa que de m’appeler par mon nom, hein…) et surtout un nouveau code secret pour accéder au site Internet de pôle emploi sur lequel je dois récupérer le document à renvoyer avec mes justificatifs.

Sauf que, 10 jours de traitement, je ne recevrai mon nouveau code que plus de deux semaines après mon inscription, alors qu’il faut renvoyer les documents au plus vite. Dont acte. Je prépare mon gros dossier avec plein de justificatifs de piges à l’étranger, de cours dispensés en école de journalisme, et de boulot à plein temps en presse éco.

Une semaine, deux semaines… Non, ma sœur Anne ne voit rien venir. J’écris.

« Non, votre dossier n’est pas encore traité, »

réponse très courte par mail (et bonjour, c’est pour les chiens ?) sauf que c’est les fêtes et que la fin du mois c’est dans quelques jours et que j’ai un loyer à payer, ma grande… Dans le même temps, un mail automatique arrive dans la rubrique courrier du site de Pole Emploi « votre demande est rejetée. » Je réécris en demandant pourquoi. On me répond, en disant bonjour cette fois, que c’est une réponse automatique qui part à chaque contact tant que le dossier n’est pas traité. Effectivement, le même message est renvoyé juste après ce contact.

Psychologiquement, ça joue. Et si je n’avais pas eu la démarche de demander après mes droits en croyant que ce message était « vrai » ?

  • Les fêtes passent, la fin du mois aussi

Le kiné accepte de poser le chèque des séances plus tard parce qu’il comprend la situation. On est le 5 janvier et toujours pas de nouvelles. J’appelle.

« Vous comprenez, il y a eu les fêtes. »

Ouais, mon grand, je comprends bien, d’ailleurs j’aurais bien aimé toucher mes sous de décembre pour faire des plus beaux cadeaux ou acheter une bonne bouteille en plus du cadeau quand j’ai été invitée chez ma copine Sara pour le jour de l’an sans me retrouver à découvert… Seulement, c’était pas possible.

Plus d’un mois après mon inscription, toujours rien à l’horizon. Mi janvier, je reçois mon dossier complet. Une attestation coince, celle d’une petite pige pour France24. Motif ? Ce serait une photocopie et pas l’originale.

Forte de ma bonne foie, je renvoie tout le dossier (les timbres ne sont pas remboursés, bien entendu) avec une photocopie de l’attestation, explication à l’appui « sur la photocopie, on ne voit pas très bien le cachet alors qu’on le voit très bien sur le document précédemment envoyé, ce qui prouve bien qu’il s’agit de l’original. »

Comme d’habitude, le traitement prend 15 jours, voire plus et là, impossible de payer le loyer. Je me retrouver à manger pates, pommes de terre, riz, lentilles et pois cassés à tous les repas. Je descends peu à peu les stocks. Parfois je saute aussi des repas. Comment faire autrement ? Mais même avec ça, impossible de payer le loyer. Les lenteurs administratives de Pole Emploi vont me mettre à la rue.  Je pense à ceux qui ont des enfants à nourrir. Comment font-ils ?

Peut-être qu’ils vont s’immoler devant un pôle emploi…

Une seconde fin de mois passe, un second prélèvement pour le loyer.

  • Les copains

J’ai été sauvée de justesse par Marilyne, une collègue de travail du temps où je n’avais jamais vécu à l’étranger, qui est restée une très bonne amie malgré la distance, les années… Et qui, venant de vendre sa maison, m’a tout de suite proposée de me prêter de l’argent.  Ce n’était que l’affaire de quelques jours puisque je venais de renvoyer ce dossier.

Alors je me suis assise sur ma fierté et j’ai pris le chèque.

J’ai pu payer le loyer, refaire les stocks de riz et rajouter des carottes dans la purée. Mais rien n’était encore joué. Fin janvier passer, toujours pas de signe de vie de Pôle Emploi jusqu’à ce courrier. Encore une fois, une énorme enveloppe, mon dossier complet.

Cette fois-ci, il est précisé (non, il ne pouvaient pas le faire dans le précédent envoi, voyons…) que l’attestation de France 24 doit être signée de la main de la responsable RH, toute attestation doit être signée…

Hmm… Bon, donc pour une petite pige à 80 euros, je dois aller embêter la responsable du personnel d’une énorme entreprise qui a des tonnes de choses à faire beaucoup plus importantes que de s’occuper de mes petites fesses roses, non ? Et puis on n’a qu’à l’enlever du dossier, les autres attestations suffisent à me faire accéder à mes droits.

Oui, ce sont MES DROITS auxquels on me refuse l’accès, l’argent issu de MES COTISATIONS SOCIALES prélevées sur MES FICHES DE PAIE.

  • Non, c’est Pôle Emploi qui décide et Pôle Emploi veut un gribouillis de la dame

Je prends le téléphone, sans grand espoir et appelle la responsable du personnel de France24. Son nom et son numéro de téléphone sont sur la fameuse attestation. Elle pourrait m’envoyer bouler. Elle devrait m’envoyer bouler. Elle a autrechose à faire.

Surprise, elle « comprend tout à fait » et je passe quand je veux « entre 8h30 et 20h, je suis toujours là… » Enfin quelqu’un de sympa dans toute cette histoire de paperasse administrative alors que je suis au bord de la crise de nerfs.

J’y passe deux jours après, accueil, téléphone, je sens qu’il va y avoir un problème. Non. Badge, portique, ascenseur, Madame RH.

  • rétroactivité zéro

Je me confonds en excuse, lui expliquant de nouveau la situation. Elle me sourit (Madame, je vous kiffe). Elle me raconte qu’elle en voit passer très souvent des comme moi. En fait, devoir présenter des attestations signées est assez récent. Avant cela, France24 délivrait des attestations avec cachet qui suffisaient. Or, Pôle Emploi s’en fiche d’être rétroactif. Pôle Emploi est hors du temps et même si ton attestation t’a été délivrée il y a quelques années à l’époque où ce papelard n’était pas hors la loi, et bien il doit correspondre aux critères d’aujourd’hui.

Quid des boites qui ont fermé et dont on ne retrouvera ni tampon ni RH ? Leur dossier est bloqué ? Ils ont un refus sans plus d’explication ? Parce que oui, les 15 jours de délai maximum, c’est un peu court pour retrouver un RH perdu, non ? Et si la boite était dans une ville loin d’ici ? J’aurais du payer un aller-retour en train pour faire signer mon RH ?

La dame sourit, donne un coup de tampon sur le papier, attrape un stylo pour signer, puis se ravise. « Ah, non, attendez, je vais prendre un stylo bleu, comme ça, ils ne pourront pas vous dire que c’est imprimé et vous faire encore des problèmes. »

Alors elle a signé en bleu.

Je suis ressortie, je souriais aussi. Je me disais que j’aurais du lui apporter une boite de chocolats, à Madame RH. Je suis retournée à la poste le lendemain avec mon gros dossier, mon timbre cher et mon espoir sous le bras. Des fois que, en février, je puisse enfin toucher mon argent.

Entre temps, j’ai retrouvé du travail, sans l’aide de Pôle Emploi qui pratique aujourd’hui les entretiens téléphonique pour ne plus recevoir les chômeurs. J’ai trouvé un boulot qui me plait où j’apprends plein de trucs avec toute une équipe qui vous tire vers le haut.

  • la guerre est finie

Nous sommes le 15 février et je viens juste de recevoir un message me disant je vais accéder à mes droits… de décembre.

La guerre est finie. J’ai gagné sur tous les plans, mais j’en sors lessivée, un peu plus consciente de là où se trouvent mes amis. La guerre… Aujourd’hui, il faut lutter pour accéder à ses propres droits.  Combien n’en n’ont pas la force morale ?

Sur le même sujet, l’avis d’une psychologue qui témoigne de la fabrication de dépressifs par le système Pole Emploi.

Les réfugiés de la SNCF

Gare Saint Lazare, 23h et des poussières de lune. L’ambiance est la même que d’habitude à cette heure de la nuit.

Les nanas qui regardent de tous les côtés en tenant leur sac à main en ayant peur de jeunes qui sont bien tranquilles dans leur coin, trop explosés de trop de fumette pour tenter quoi que ce soit. Les couples rentrent de repas, de soirée apéro, les mômes du 92 arrivent à temps pour respecter la permission de minuit.

Gare Saint Lazare, 23h et des poussières de lune. L’ambiance est la même que d’habitude à cette heure de la nuit.

Les nanas qui regardent de tous les côtés en tenant leur sac à main en ayant peur de jeunes qui sont bien tranquilles dans leur coin, trop explosés de trop de fumette pour tenter quoi que ce soit. Les couples rentrent de repas, de soirée apéro, les mômes du 92 arrivent à temps pour respecter la permission de minuit.

Il y a toujours quelqu’un pour arriver et voir que le prochain train sur sa ligne est programmé pour cinq ou six heures du matin. On l’entend pester, il ou elle tourne un peu, parfois passe un coup de fil, et quitte la gare.

Le week-end, tu croises aussi des gens aussi éméchés que toi. Tu te félicites que sur ta ligne, il y ait des trains jusqu’à presque 1h30 alors que certains chantent et que finalement, ça reste bon enfant même si, bon, ils pourraient faire un effort pour laisser le Monoprix ouvert, c’est plutôt sympa parce que c’est chauffé quand on a 20 minutes d’attente.

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Les horaires tombent, petit à petit, et les gens se précipitent vers leur quai en masse, comme si leur train, qui part dans 15 minutes, allait leur jouer un sale coup. Puis c’est bien connu, attendre sur le quai en plein courant d’air puisque le train n’est pas encore arrivé, c’est hyper sain pour la santé en cette période.

Puis ton train arrive et machinalement, tu fais pareil qu’eux… des fois qu’une des quatre personnes qui sont dans ta rame aient l’idée de te piquer ta place, pas trop loin de la porte, mais pas à côté non plus parce que bon, les courants d’air… En plus, le 23h25 s’arrête dans tous les bleds de la ligne alors les portes n’ont pas fini de s’ouvrir.

La première fois, ça s’est produit à La Défense, sans prévenir. Un agent entre dans le wagon, te dit que c’est fini et que des bus sont prévus pour t’emmener dans une gare lointaine, après avoir fait le tour des bleds bien entendu, où tu pourras prendre le train de nouveau sur la fin du trajet… Gné ? Travaux sur les voies, nous dit-on.

Donc la SNCF fait des travaux sur les voies alors que les trains circulent encore e que surtout, une heure après, plus aucun ne passe sur la ligne. La nuit est aux travailleurs de l’ombre, pourquoi la SNCF n’attend pas que le dernier train ne passe avant de faire ses travaux ?

La première fois, donc, c’était le week-end, la viande saoule s’est entassée dans le bus, l’autre partie des passagers prenaient des allures de réfugiés, flippés qu’ils étaient qu’on change leurs petites habitudes.

Le trajet qui prend 20 minutes d’ordinaire pour rentrer chez moi… une quarantaine pour arriver en bout de ligne, aura duré presque une heure et demie jusqu’à mon bled, je plains ceux qui s’arrêtent plus loin. Aucune indication n’avait été donnée en gare Saint Lazare, rien, ni sur les panneaux d’affichage, ni au micro, ni de la part des gilets rouges. Certains auraient pu prendre un métro, d’autres rester sur paris, etc.

Bon, on se dit que la désorganisation vient d’une première puis, quelques jours après, nous revoila dans la même gare à la même heure. On nous prévient au micro alors que le train est déjà en route vers notre destination (du moins ce que nous croyons être notre destination). Le terminus de ce train sera donc de nouveau La défense, même motif, même travaux. Jour de semaine, on a des poussettes à caser dans le bus, des gens qui se lèveront tôt demain pour aller bosser à qui, bien entendu, on n’a rien dit.

Même bus de réfugiés, entassés que nous sommes à traîner dans des bleds du neuf-deux. Les poussettes ne passent pas par les portiques de la gare secondaire et personne n’est là pour ouvrir la grande porte parce que les agents SNCF sur les lieux n’ont pas accès à la salle où se trouve le bouton pour l’ouvrir.

On soulève une poussette comme on porte un sac de riz sous d’autres latitudes, là où il fait plus chaud. Bébé ne se réveille pas, c’est un plaisir… Ou alors il est mort de froid, ce qui est plus probable, ou du manque de respect dont fait preuve la SNCF vis à vis e ses voyageurs.

C’est finalement chaque soir le même cirque. La SNCF n’a toujours pas compris que programmer ses travaux une heure après arrangerait tout le monde, y compris ces pauvres agents obligés de travailler en pleine nuit pour orienter, guider, répondre aux questions des voyageurs perdus. La SNCF, qui augmentera bientôt ses tarifs, n’a toujours pas compris qu’informer en gare, ça pourrait être pas mal… genre comme dans un aéroport.

Quand Air France atomise la SNCF

Air France se lance dans le premier prix sur des vols entre grandes villes de France et vers des capitales européennes… youpi ! Outre les compagnies low cost, parfois accusées de maltraiter leurs employés, je pense que c’est aussi la SNCF qui risque de pâtir de ces nouvelles offres.

Air France se lance dans le premier prix sur des vols entre grandes villes de France et vers des capitales européennes… youpi ! Outre les compagnies low cost, parfois accusées de maltraiter leurs employés, je pense que c’est aussi la SNCF qui risque de pâtir de ces nouvelles offres.

On ne prend pas l’avion pour partir en week-end : pollution, horaires parfois contraignants et surtout prix non adaptés au budget des ménages moyens. Alors on prend le train pour partir en week-end. Le trajet dure plus longtemps, même si le réseau ferré, sauf dans quelques régions, est plutôt bien fichu.

Sauf que… la raison principale, qui est celle du porte-monnaie, est en plein revirement. Puisque l’aller-retour en seconde classe Paris-Montpellier, sans aucun autre service qu’avoir un siège qui coûte presque 200 euros en période normale si on achète ce billet longtemps à l’avance, pourra être remplacé par un aller-retour en avion qui ne coûtera que 100 euros environ, incluant plateau repas, et/ou café/boisson, médias print à disposition, service de bord. Alors pour ce qui est de circuler en direction de capitales européennes…

La pollution ?

Le calcul est vite fait par le consommateur qui y verra du bonheur dans son porte-monnaie, un voyage de meilleur qualité, et un gain de temps. Peut-être que l’offre incitera aussi à se faire des petits week-ends en France un pu plus souvent histoire de booster le commerce local ? Trop tôt pour le dire.

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Oui, on y pense, forcément. C’est une des raisons pour lesquelles on choisit l’avion plutôt que le train… du moins c’est une des raisons qu’on évoque parce que ça fait bien, défenseur de la planète, toussa… puis ça fait mieux que « j’ai pas la thune pour un billet d’avion alors je prends le train, » qui n’aide pas vraiment à briller en société… C’est celle que je donne, mais elle ne court pas les rues.

Alors que faire semblant d’être écolo (quand on ne fait ni compost, ni tri, qu’on ne lit pas les étiquettes des produits qu’on achète et qu’on investit des légumes de supermarchés qui viennent en avion ou en camion d’Espagne, du Chili… etc.)

Arrêtons l’hypocrisie !

Je veux bien entendre parler d’écologie de la part de gens qui s’investissent vraiment dans des coopératives locales, font leur pain (oui parce que le blé, ça vient d’ailleurs, aussi…), du compost, etc.

Des gens qui ont des valeurs nobles et s’y tiennent ne prendront pas l’avion pour de vrais raisons écologiques. Les autres s’enfoncent dans une posture qu’ils ne soutiennent pas cinq minutes.

La pratique

J’ai passé deux ans à faire des AR Montpellier-Paris en train toutes les 6 semaines pour suivre ma formation entre 2002 et 2004. Mon travail m’a entraînée par la suite à l’étranger, m’obligeant à prendre des longs courriers pour l’Asie du Sud-Est (1 seul AR) et des moyens courriers pour le Maghreb et le Moyen-Orient (4 ou 5 AR depuis Paris) et des vols régionaux (1 AR Egypte-Soudan et 2 AR Egypte-Liban) et même si je préfère EVER passer les frontières en bus (écrit-elle avec des étoiles dans les yeux), il n’y a pas photo.

Pour un coût plus bas, avec un service de meilleure qualité et des options supplémentaires. Bien entendu que l’avion va pulvériser le train.

Au niveau du train, des piste low cost sont aussi étudiées (trop tard !) comme ce TGV à bas prix entre Montpellier et Marne la Vallée.
Sur le même sujet, l’article de La Tribune.
Illustration Flickr/CC Daquella Manera