La peur au service du viol de la vie privée

Encore nue fois, on se sert de la peur, celles des femmes à qui l’on pose comme paradigme que leur compagnon est possiblement le meurtrier des quartiers sud, pour justifier le fait de violer la vie privée de la moitié de la population.

J’apprends qu’en Grande-Bretagne, les femmes pourront consulter le casier judiciaire de leur compagnon. Une très mauvaise mesure qui devrait rentrer en vigueur d’ici mars prochain.

Vie privée

Pourquoi ce texte est-il très mauvais ? Déjà en ce qui concerne la violation de la vie privée. C’est un fait. On n’a pas à connaître le casier judiciaire d’untel ou d’un autre, même en cas de vie de couple.

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Précarité, plafond de verre, bienvenu chez les journalistes

Une enquête de la SCAM intitulée De quoi vivent les journalistes vient de sortir. Elle a été lancée auprès de 20000 journalistes, 3400 d’entre eux ont répondu.

Une enquête de la SCAM intitulée De quoi vivent les journalistes vient de sortir. Elle a été lancée auprès de 20000 journalistes, 3400 d’entre eux ont répondu.

Old News

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Précarité des pigistes

Deux sorties cette semaine en rapport avec la précarité des pigistes… et pas que :

Deux sorties cette semaine en rapport avec la précarité des pigistes… et pas que :

newsD’abord ce papier qui rappelle que les pigistes au Québec ne touchent plus que 59% de ce qu’ils touchaient en 1981 en termes de revenus. Le papier soulève aussi des questions de différences salariale à niveau égal, travail égal et pour le même média entre hommes et femmes et rappelle que les coupes budgétaires interviennent surtout sur le temps de préparation des reportages, et c’est l’information, bien entendu, qui en pâtit.

Cet article de Slate, au dela de pointer le vieillissement de la profession par la moyenne d’age grandissante des journalistes encartés, permet de rappeler le fait que les jeunes journalistes, souvent pigistes et donc précaires, ont du mal à obtenir leur carte de presse, faute de revenus suffisant. Il est donc avant tut question de précarisation. 61,2% des premières demandes de carte de presse sont adressées par des journalistes en CDD ou à la pige. L’article rappelle aussi l’absence de femmes aux postes de direction. Elles ne représentent que 26,2% des directeurs de publication et 34% des rédac chefs.

  • Les liens qui vont bien

Pigistes, pas pigeons

Egypte : Selon que vous soyez riche ou misérable…

Donc aujourd’hui, les intellectuels égyptiens veulent retirer le droit de vote aux illettrés qui ne vote pas comme eux. Au delà de la remise en cause de la définition de la démocratie, c’est toute une société qui nous montre son vrai visage.

Donc aujourd’hui, les intellectuels égyptiens veulent retirer le droit de vote aux illettrés qui ne votent pas comme eux. Au delà de la remise en cause de la définition de la démocratie, c’est toute une société qui nous montre son vrai visage.

Il est (de plus en plus) loin le temps où je te parlais de ces Egyptiens middle class qui rabaissaient systématiquement, parfois même sans s’en apercevoir, les gens des classes « inférieures », quitte à leur parler assez méchamment.

C’est une des choses qui m’avait le plus choquée dans la société égyptienne.

Aujourd’hui,ceux d’en haut qui ont toujours traité ceux d’en bas comme des chiens, s’aperçoivent que leurs voix comptent autant lors d’une élection et ça, ça ne leur plaît pas puisque ceux d’en bas voteraient pour les Frères.

Sauf que…

Sauf que justement, c’est le peu de considération qu’ont les gens d’en haut pour les gens d’en bas qui fait que les Frères ont pris toute leur assise dans les classes les plus populaires.

Je vivais dans le quartier d’Imbaba, un des plus pauvre de la ville où on ne trouve pas d’étrangers, et vivier des Frères. Les habitants ? Des ouvriers, des femmes de ménage, des serveurs, des personnes sans emploi, des malades qui n’ont rien pour se soigner, des gens qui reçoivent de l’argent tous les mois, de la mosquée, pour tenir.

Les seuls à les aider pour nourrir leurs enfants étaient ceux qui leur faisaient ces nombreux dons, ceux qui les écoutaient, ceux qui leur parlaient, ceux qui leur donnaient l’impression de les prendre au sérieux quand les autres les mettaient plus bas que terre.

Alors oui reconnaissance du ventre, mais pas que.

Il y a aussi la manière dont on leur parle, dont on les regarde, l’image qu’on leur renvoie d’eux. Il n’y a chez la majorité de la population que du mépris de classe, et on s’en aperçoit encore avec cette prise de position sur le vote.

Mais c’est parce que vous les maltraitez et les déconsidérez qu’il vont chercher ailleurs, chez ceux pour qui ils votent, le soutien dont ils ont besoin.

  • Lire l’article de Courrier International

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Egypte : viols, attouchements, exhibitionnisme, 1000 cas révélés sur la HarassMap

Plus de deux ans ont passé depuis ce jour d’avril 2011 où je vous parlais du projet HarasMap, auquel j’ai aussi contribué. C’est une super nénette, Engy Ghozlan qui a monté ce projet, toujours vivant, malheureusement toujours vivant, puisque les problèmes sont quotidiens. La carte contient aujourd’hui près de 1000 cas de violences.

L’Egypte, On s’émeut depuis ce matin du sort des violences faites aux femmes sur Tahrir suite aux chiffre sorti par Human Right Watch, sorti un peu partout dans la presse.

On s’émeut surtout parce que dans les mots « manifestation », « révolte », « revendications » nous sous-entendons « liberté », « droits », « avancées » et que ce qu’il se passe sur Tahrir depuis le début de l’insurrection ressemble à tout sauf ça.

Ce qu’il se passe sur Tahrir ressemble à ces Egyptiens qui ont mis à poil deux touristes espagnoles, en 2010 au pied des grandes et belles mosquées du Caire, un soir de Mouled, fête du prophète pour avoir commis le crime d’être des nanas occidentales dans une foule de mecs égyptiens.

Ce qu’il se passe sur Tahrir est ce que, depuis 2009 (me semble-t-il) vous est expliqué, montré sur la HarassMap. Il s’agit de cartographie interactives des violences faites aux femmes au quotidien dans les rues du Caire : viols, injures, attouchements, suivi dans la rue… tout est répertorié par les femmes elles-mêmes qui le subissent au quotidien. Une manière de s’exprimer, tout simplement, lorsque la police ne prend pas les plaintes en te disant que ta tenue vestimentaire ou ta coiffure a provoqué les violeurs. Mieux, ce sont parfois les familles qui empêchent ces femmes de porter plainte.

Ceux qui connaissent la V1 de Sete’ici, savent combien j’ai pu écrire sur le sujet de ces excités du bulbe. Combien j’ai pu parler de la situation de ces pauvres nanas egyptiennes.

Plus de deux ans ont passé depuis ce jour d’avril 2011 où je vous parlais du projet HarasMap, auquel j’ai aussi contribué. C’est une super nénette, Engy Ghozlan qui a monté ce projet, toujours vivant, malheureusement toujours vivant, puisque les problèmes sont quotidiens. La carte contient aujourd’hui près de 1000 cas de violences.

Pareils…

A l’école, quand j’étais petite, on m’a appris qu’il y a fort fort longtemps, les gens qui avaient la peau d’une autre couleur que la mienne n’étaient pas pareils que les autres dans l’inconscient collectif. Ils n’avaient pas les mêmes droits, étaient obligés de se battre, on saisissait leurs terres, on les montrait du doigt, on les réduisait en esclavage.

A l’école, quand j’étais petite, on m’a appris qu’il y a fort fort longtemps, les gens qui avaient la peau d’une autre couleur que la mienne n’étaient pas pareils que les autres dans l’inconscient collectif. Ils n’avaient pas les mêmes droits, étaient obligés de se battre, on saisissait leurs terres, on les montrait du doigt, on les réduisait en esclavage.

Ceux qui comprenaient avant l’heure les affranchissaient.

Plus tard, au collège, on m’a raconté qu’il y a fort fort longtemps, les gens qui avaient une autre religion que celle prônée par la majorité n’étaient pas pareils que les autres dans l’inconscient collectif. Ils étaient convertis de force ou mourraient, spoliés de leurs biens, cachés par des personnes qui avaient compris qu’avoir d’autres dieux ne doit pas être considéré comme un motif de ségrégation.

Encore plus près de nous dans le temps, j’ai appris que les femmes, il y a fort fort longtemps, n’étaient pas pareilles. Elles ne pouvaient pas se sentir responsables de leur corps toutes seules. Pas le droit d’avorter sauf cas critique, avant 1975, un consentement obligatoire pour se marier, travailler ? pourquoi faire ? Et puis vint le droit de vote, vint la pilule, vint la société que nous continuons de faire évoluer.

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Un jour, dans fort fort longtemps, je raconterais à mes petits enfants que quand j’avais leur âge, les homosexuels n’étaient pas pareils dans l’inconscient collectif.

Ils ouvriront de grands yeux.

Je leur dirai qu’ils n’avaient pas le droit de se marier « comme tout le monde » à la mairie. Je leur raconterai ce maire de Marseillan qui avait renoncé à la dernière minute à marier un couple d’hommes, en 2004 sanctions obligent, et cette belle image de ces deux gars en costume blanc ouvrant la marche à la gay pride cette année là.

Je leur raconterai, ironie de l’histoire, que je copinais à l’époque (oui, Mamie a été jeune…) avec Hussein, le président du collectif contre l’homophobie de Montpellier, le premier (un des premiers ?… Mamie vieillit) à avoir été créé en France. Il allait aider des gens, prenait des trains pour les aider sur les procès… Et puis 9 ans après, une manif parisienne, des chars, la foule, la place de la Bastille, des amis, des rires, des envies d’être enfin égaux en droits. La foule, la foule partout, la foule dense et se recroiser. C’est lui qui m’a vue, reconnue, appelée.

S’embrasser, se prendre dans les bras, parler quelques minutes, et surtout pas sur le trottoir, sinon on ne sera pas comptés.

Un jour, dans fort fort longtemps, je raconterais à mes petits enfants que quand j’avais leur âge, les homosexuels n’étaient pas pareils… Alors on a changé ça.

Illustration Flickr/CC/ralphandjenny

Féminisme, viol, frontières, journalisme, transports, Netneutrality… Les liens du dimanche #15

Welcome in your word ! Un doux monde où, en Somalie, on arrête une femme pour avoir témoigné de son viol en même temps que le journaliste de RFI qui l’a interviewée.

Welcome in your word ! Un doux monde où, en Somalie, on arrête une femme pour avoir témoigné de son viol en même temps que le journaliste de RFI qui l’a interviewée.

Au Mexique, les victimes de viol, toujours, n’auront peut-être bientôt plus le droit d’avorter, le bébé représentant une « preuve » du dit viol… De quoi revenir sur l’un des droits les plus élémentaires de la femme, à savoir celui de décider seule de ce que l’on fait de son corps.

Femmes toujours, et cette fois, il s’agit d’égalité. Même si cette nouvelle ne fait pas vraiment plaisir à tout le monde, les femmes soldats américaines pourront aujourd’hui, elle aussi, être en première ligne des combats.

En Syrie, les femmes fuient leur pays de plus en plus nombreuses puisque le viol est devenu une arme de guerre comme une autre. A ce propos, Amnesty International demande à la Jordanie de ne pas fermer ses frontières aux réfugiés syriens qui affluent.

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Au Mali, enfin, les journalistes aimeraient bien faire leur boulot correctement et Reporters Sans Frontières demande à ce qu’ils puissent enfin accéder à la ligne de front.

Plus légèrement, le site low cost d’Air France fait péter les chiffres… Pas étonnant lorsqu’on voit le service SNCF, vite vu. Pour apaiser les tensions, la société des chemins de fer a la grande idée de se payer des community managers en pensant que cela va améliorer les choses… hmm… z’ont pensé à l’affichage en gare et à l’information du personnel ? A ne pas abandonner les voyageurs en chemin ?

Sur la toile, les députés européens sont en train de brader notre vie privée. Affaire à suivre.

2012 powered by Sete’ici

Je me suis demandé comment résumer 2012… pas facile. 2012, c’est l’année du retour en France, mais pas que…

  • 2012, c’est toujours, et encore malheureusement, la Syrie

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  • 2012, c’est Owni qui finit en liquidation judiciaire

La déclaration de cessation de paiement, accompagnée d’une procédure de mise en liquidation judiciaire, a été déposée pour la société OWNI SAS, ce matin, le 21/12/12 (…)  Merci pour ce voyage ensemble.

  • 2012, c’est le pouvoir Iranien qui joue dangereusement avec son Internet pendant que le grand ayatollah ouvre un compte sur Facebook

L’Iran finalise son Internet national
L’Iran veut faire Internet à part

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  • 2012, c’est des gosses tués en Amérique

Mickael Moore balance son film, Bowling for Colombine, sur youtube. A noter, la très intelligent position de Marilyn Manson sur la violence aux USA. Rattrapé par le droit d’auteur, la vidéo est finalement bloquée.

  • 2012, en France, c’est l’année du vote

Reste à voir s’il entraînera le changement promis. Début de réponse en début d’année avec le texte sur l’égalité face au mariage. En tout cas, comme le disait Guy Birenbaum il y a quelques jours dans une émission de télévision : « la gauche a voté contre Nicolas Sarkozy. »

[youtube]http://youtu.be/w0ZkRRy72VE[/youtube]

Pourquoi je manifesterai dimanche

Le mariage, c’est l’union devant l’état (le devant Dieu étant accessoire) de deux personnes. Je me fiche qu’ils s’agissent de deux hommes, de deux femmes, d’un homme et d’une femme… Je veux juste que cela soit possible, que nous soyons tous égaux en droits, l’etat comme garant de cette égalité.

Nous naissons libres et égaux en droits… du moins, d’après le manuel sur lequel je base ma conception de la vie en société.

Pas d’après les lois puisque de nos jours, en France, les homosexuels ne sont pas égaux en droits avec les hétérosexuels vis-à-vis du mariage et de l’adoption.

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L’ONU et l’excision expliquée à mon pote Moussa

L’Assemblée générale de l’ONU vient d’adopter sa première résolution dénonçant l’excision, une pratique qui affecte quelque 140 millions de femmes dans le monde. Cette pratique, et plus généralement les mutilations génitales, sont illégales dans seulement une vingtaine de pays africains et en Europe ainsi qu’aux Etats-Unis et au Canada.

L’Assemblée générale de l’ONU vient d’adopter sa première résolution dénonçant l’excision, une pratique qui affecte quelque 140 millions de femmes dans le monde. Cette pratique, et plus généralement les mutilations génitales, sont illégales dans seulement une vingtaine de pays africains et en Europe ainsi qu’aux Etats-Unis et au Canada.

Plus de 110 pays ont donc soutenu conjointement ce texte qui demande aux Etats membres de « compléter les mesures punitives par des activités d’éducation et d’information ». Le travail de pédagogie sera encore long et laborieux quand on sait que dans certains territoires, il est encore question d’une pratique courante et « normale. »

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