Palmyre

Ils étaient une poignée,

Insouciants, jeunes et bourrés

Riant et se racontant leurs vies sur les hauteurs de Palmyre.
Il y avaient ceux qui avaient apporté de l’arak,

ceux qui le buvaient pur,

ceux qui avait filouté l’entrée à dans les ruine,

ceux qui admiraient la ville,

ceux qui buvaient encore.

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L’Egypte en révolutions

Dirigé par Bernard Rougier et Stephane Lacroix

L’Egypte, 90 millions d’habitants, dont près d’un quart se concentrent sur la mégalopole du Caire. Quatre ans après le renversement d’Hosni Moubarak, l’ancien président déchu, les caméras ont déserté la place Tahrir et c’est maintenant que commence le travail des chercheurs qui ont assez de recul pour analyser la période de reconstruction.

Ce livre présente différentes études, tant démographiques, que politiques, historiques et économiques, permettant de comprendre au mieux l’Egypte d’aujourd’hui.

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Quatre jours à Alep

Voilà maintenant quatre ans que les Syriens vivent dans un pays en guerre.

Voilà maintenant quatre ans que les Syriens vivent dans un pays en guerre. Et pour être sûre de ne pas les épargner, la vie a fait level up l’horreur et aujourd’hui, l’Etat Islamique dirrige certaines régions.

Sur France Inter, on apprend que Daesh gère la moitié de la ville d’Alep. Voyage dans l’autre partie avec une reporter. A écouter.

 

Azyz Amami, un démocrate en prison

Je me souviens d’Azyz ce soir-là…

Une de ces soirées à refaire le monde entre amis, rire, passer une bonne soirée autour d’un bon repas, payé par ceux qui le pouvaient. Une bonne soirée autour de quelques bières.

Je me souviens que nous avions pris le taxi ensemble pour aller chez notre ami commun. « T’as vu, comment on a gagné ? T’as vu ? »
Les élections étudiantes de 2012 étaient un succès pour les jeunes de l’UGTT. Azyz avait le sourire et moi des bières dans mon sac. C’était la période où des salafistes avaient retiré le drapeau tunisien du toit d’une université, une jeune femme qui tentait de le remettre en place avait pris des coups… la situation était tendue, les islamistes se cherchaient encore dans les facs et, à la surprise de quelques occidentaux, ce sont les jeunes communistes qui tiraient leur épingle du jeu.

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Développer des projets alliant outils libres et mobilisations citoyennes

Au hasard des tubes, je suis tombée sur cette conf à laquelle j’ai participé à l’invitation de l’association Ritimo sur le thème « Développer des projets alliant outils libres et mobilisations citoyennes »

A portée de crachat

Un jeune Palestinien, décide de quitter son pays puisque la seule possibilité qui s’offre à lui et de faire partie de cette longue file de jeunes hommes qui passent leurs journées dans la rue à papoter et cracher sur le sol.

Capture du 2014-04-02 11:22:51Une fois n’est pas coutume, ce mercredi, nous parlons Théâtre. Je suis allée voir récemment A portée de crachat au théâtre du Rond-Point (Paris) et je vous le conseille vivement. Attention, il ne vous reste qu’une petite semaine pour le voir sur place.

 Le pitch ?

Un jeune Palestinien, décide de quitter son pays puisque la seule possibilité qui s’offre à lui et de faire partie de cette longue file de jeunes hommes qui passent leurs journées dans la rue à papoter et cracher sur le sol.

Il est acteur, joue des pièces sur les droits de l’Homme quand il arrive à atteindre le théâtre, les jours où il n’y a ni émeute, ni bombardement.

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Turquie Joue-la comme ZABA

Ces derniers jours, le pouvoir turc a joué un sale jeu en matière de liberté d’expression, un coup dur sans possible retour en arrière.

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Sur-information ou sous-information ?

J’ai écouté ce week-end, un peu en retard je l’avoue, cette émission du 14 février qui pose pas mal de bases sur la différence entre apprendre et comprendre et sur comment notre société, se croyant sur-informée, est en fait en déficit d’information.

J’ai écouté ce week-end, un peu en retard je l’avoue, cette émission du 14 février qui pose pas mal de bases sur la différence entre apprendre et comprendre et sur comment notre société, se croyant sur-informée, est en fait en déficit d’information.

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Le rêve, une espèce en voie de disparition

J’apprends en lisant le Courrier International de cette semaine que l’écriture cursive (à la main en attaché) n’allait plus être obligatoire dans 45 états des USA d’ici à 2015.

J’apprends en lisant le Courrier International de cette semaine que l’écriture cursive (à la main en attaché) n’allait plus être obligatoire dans 45 états des USA d’ici à 2015.

L’info crée un gros débat outre-atlantique et m’a fait réfléchir à mon propre rapport à l’écriture, notamment après toutes ces années passées à l’étranger. L’écriture c’est, pour moi, une part de la culture d’un pays, quelquechose en rapport direct avec la langue et son histoire.

Quand j’apprenais l’arabe, je me souviens des grosses lettres calligraphiées à la main plus ou moins adroitement sur des lignes qui n’en finissaient pas. J’avais une écriture d’enfant, malgré mes presque 30 ans, une écriture d’enfant qui s’appliquait à bien former ses lettres, à placer le point au bon endroit, à refaire trois fois les mêmes lettres parce que suivant leur place dans le mot, elles n’ont pas la même forme, à pester sur les « sôd » et « dôd » et leur forme chelou…

Pour les sonorités aussi, l’écriture à la main aidait. L’apprentissage se faisait avec des accents qui prenaient la place des voyelles et disparaissent au fil de l’apprentissage. Et alors que ces mots ne ressemblaient à rien sur un écran, un journal ou la devanture d’un magasin, ils prenaient du sens, posés sur le papier, avec leurs accents.

poster-l-alphabet-arabe-orientica

Moins exotique, l’écriture cursive, c’est aussi l’écriture en couleur, les cœurs dans la marge à 12 ans, les gros ronds sur les i en guise de point à 14, les dessins sur un coin de page parce qu’on n’a pas envie d’écouter, la grille de morpion entre deux potes qui s’en fichent, une fleur ou un soleil retrouvés au détour d’un cours quand la copine d’à côté avait déjà noirci tous ses coins de page.

Les écrans ne véhiculeront pas ces moments de vie qui participent aussi à la construction sociale du jeune.

Il faudra écrire avec une marge de tant de centimètres, parfois en couleur, avec l’interlignage qu’on nous donnera, et pas question d’avoir le choix entre lignes et petits carreaux, d’écrire en bleu ou en violet, de tracer des flèches ou des cercles pour faciliter la compréhension.

« Notre manière d’écrire a une incidence sur ce que nous écrivons »

C’est une phrase d’un des articles de Courrier International. Nous n’écrivons pas la même chose selon que nous sommes devant un écran ou une feuille de papier. Nous n’organisons pas l’espace de la feuille de la même manière. Nous aimons passer rapidement le texte en « justifié » d’un côté alors qu’on prend un malin plaisir à raturer, recommencer et écrire pas droit, mais pas droit du tout de l’autre côté.

L’inverse est aussi vrai dans mon cas. Ce que j’ai envie d’écrire va m’entraîner soit devant un écran, soit devant une feuille de papier. Et quelle feuille de papier ? Ça dépendra encore une fois de ce que j’écris.

Un bloc tout blanc pour une to do list sans cesse recommencée, un tout petit cahier pour quelques pensées déstressantes ou parfois déverser ma colère, un cahier à spirales pour le boulot, un mini bloc note qui ne quitte jamais mon sac en déplacement… Du blogage, des articles et tout ce qui peut être obligatoirement structuré sur un écran.

Une évolution naturelle ?

Tout cela me fait penser à l’arrivée de la photo numérique. Oui, j’ai bossé en labo, retourné ma cuve de négatifs Ilford HP5+ pour éviter les bulles, vérifié des centaines de fois, si ce n’est plus, le grain avant d’insoler… Oui, je suis vielle.

L’arrivée du numérique a complètement changé aussi le travail sur le terrain. Quand on prenait plusieurs photos avec une ouverture ou un temps de pose différents pour être sûrs de faire un bon cliché, quand on réfléchissait à deux fois avant de prendre une photo parce que bon, j’ai que 12 pose alors… Et puis on recherchait LA photo, alors on tournait de tous les côtés, on multipliait les angles, on créait… Alors qu’en numérique, on shoote, on regarde et si c’est correct, on ne se prend plus la tête.

En fait, l’écriture cursive, c’est comme la photo en argentique, il y a un côté imaginatif, artiste, rêveur qu’on ne trouve pas devant un écran ou dans une carte SD… Et c’est bien dommage de se dire que d’ici quelques années, on ne pourra plus sourire en tombant sur l’écriture d’une ado amoureuse au détour d’une feuille qui traîne ou sur les couleurs criardes de post-it collés ça et là pour ne rien oublier.

Aujourd’hui, nous avons le choix. Le choix entre l’écriture manuelle et l’écriture sur clavier, nous maîtrisons les deux. Supprimer l’écriture cursive reviendrait à priver les nouveaux jeunes du droit fondamental qu’est celui d’avoir le choix, à les obliger à n’utiliser que le clavier.

Nous sommes peut-être vieux, mais quand ils seront formatés, sans rêve ni dessins sur leurs écrans, nous nous souviendrons comment c’était bien, la liberté.