#OVPL, #GAFA et minitellisation

J’étais jeudi dernier invitée de l’émission On Va Plus Loin #OVPL, où il était question notamment de la protection des données à caractère personnel. Le débat fut intense et intéressant, je vous propose de retrouver ici le replay de l’émission.

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Lauréate du concours Femmes en Vue

C’est non sans une grande joie que j’ai accueilli l’annonce de la nouvelle : je fais partie des 24 lauréates du prix Femmes en Vue de Vox Femina qui récompense chaque année des femmes expertes dans leur domaine.

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About physical security

Today, an organization’s nformation system goes beyond the company itself. Backup servers are located abroad, all employees not working in the same building and some of them are in other countries or other cities, working in home office …

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Apple : pourquoi l’absence de virus sur Mac est une légende urbaine

INTERVIEW / ÉCLAIRAGE

La découverte du logiciel malveillant KeRanger sur OS X rappelle que les produits Apple sont également vulnérables.

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Palmyre

Ils étaient une poignée,

Insouciants, jeunes et bourrés

Riant et se racontant leurs vies sur les hauteurs de Palmyre.
Il y avaient ceux qui avaient apporté de l’arak,

ceux qui le buvaient pur,

ceux qui avait filouté l’entrée à dans les ruine,

ceux qui admiraient la ville,

ceux qui buvaient encore.

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Quand Guy Birenbaum se relève

C’est avec l’esprit un peu embrouillé que je referme le livre de l’ami Guy Birenbaum, Vous m’avez manqué, histoire d’une dépression française. Il y raconte plusieurs mois d’errance, glissant vers ce que nous appelons le « burn out » que lui préfère nommer « burn in », et les ravages que cette maladie aura causé dans sa vie de tous les jours. Il parle aussi de l’après, du travail qu’il y a à accomplir pour guérir. Enfin, il nous renvoie aux dérives de la société dans laquelle nous évoluons.

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De la souverainté numérique

Et voila, tu te trouves encore sans lecture en cette fin de vacances estivales.
Pas grave, j’ai la solution !
L’association Ritimo a sponsorisé la création d’un bouquin fichtrement bien fichu sur la suveraineté numérique avec des auteurs tels que Richard Stallman, Alex Hache, Elleflane, Tatiana de la O, Karlessi, Ippolita, Marcell Mars, Hellekin, et tout plein d’autres gens biens.

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Le rêve, une espèce en voie de disparition

J’apprends en lisant le Courrier International de cette semaine que l’écriture cursive (à la main en attaché) n’allait plus être obligatoire dans 45 états des USA d’ici à 2015.

J’apprends en lisant le Courrier International de cette semaine que l’écriture cursive (à la main en attaché) n’allait plus être obligatoire dans 45 états des USA d’ici à 2015.

L’info crée un gros débat outre-atlantique et m’a fait réfléchir à mon propre rapport à l’écriture, notamment après toutes ces années passées à l’étranger. L’écriture c’est, pour moi, une part de la culture d’un pays, quelquechose en rapport direct avec la langue et son histoire.

Quand j’apprenais l’arabe, je me souviens des grosses lettres calligraphiées à la main plus ou moins adroitement sur des lignes qui n’en finissaient pas. J’avais une écriture d’enfant, malgré mes presque 30 ans, une écriture d’enfant qui s’appliquait à bien former ses lettres, à placer le point au bon endroit, à refaire trois fois les mêmes lettres parce que suivant leur place dans le mot, elles n’ont pas la même forme, à pester sur les « sôd » et « dôd » et leur forme chelou…

Pour les sonorités aussi, l’écriture à la main aidait. L’apprentissage se faisait avec des accents qui prenaient la place des voyelles et disparaissent au fil de l’apprentissage. Et alors que ces mots ne ressemblaient à rien sur un écran, un journal ou la devanture d’un magasin, ils prenaient du sens, posés sur le papier, avec leurs accents.

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Moins exotique, l’écriture cursive, c’est aussi l’écriture en couleur, les cœurs dans la marge à 12 ans, les gros ronds sur les i en guise de point à 14, les dessins sur un coin de page parce qu’on n’a pas envie d’écouter, la grille de morpion entre deux potes qui s’en fichent, une fleur ou un soleil retrouvés au détour d’un cours quand la copine d’à côté avait déjà noirci tous ses coins de page.

Les écrans ne véhiculeront pas ces moments de vie qui participent aussi à la construction sociale du jeune.

Il faudra écrire avec une marge de tant de centimètres, parfois en couleur, avec l’interlignage qu’on nous donnera, et pas question d’avoir le choix entre lignes et petits carreaux, d’écrire en bleu ou en violet, de tracer des flèches ou des cercles pour faciliter la compréhension.

« Notre manière d’écrire a une incidence sur ce que nous écrivons »

C’est une phrase d’un des articles de Courrier International. Nous n’écrivons pas la même chose selon que nous sommes devant un écran ou une feuille de papier. Nous n’organisons pas l’espace de la feuille de la même manière. Nous aimons passer rapidement le texte en « justifié » d’un côté alors qu’on prend un malin plaisir à raturer, recommencer et écrire pas droit, mais pas droit du tout de l’autre côté.

L’inverse est aussi vrai dans mon cas. Ce que j’ai envie d’écrire va m’entraîner soit devant un écran, soit devant une feuille de papier. Et quelle feuille de papier ? Ça dépendra encore une fois de ce que j’écris.

Un bloc tout blanc pour une to do list sans cesse recommencée, un tout petit cahier pour quelques pensées déstressantes ou parfois déverser ma colère, un cahier à spirales pour le boulot, un mini bloc note qui ne quitte jamais mon sac en déplacement… Du blogage, des articles et tout ce qui peut être obligatoirement structuré sur un écran.

Une évolution naturelle ?

Tout cela me fait penser à l’arrivée de la photo numérique. Oui, j’ai bossé en labo, retourné ma cuve de négatifs Ilford HP5+ pour éviter les bulles, vérifié des centaines de fois, si ce n’est plus, le grain avant d’insoler… Oui, je suis vielle.

L’arrivée du numérique a complètement changé aussi le travail sur le terrain. Quand on prenait plusieurs photos avec une ouverture ou un temps de pose différents pour être sûrs de faire un bon cliché, quand on réfléchissait à deux fois avant de prendre une photo parce que bon, j’ai que 12 pose alors… Et puis on recherchait LA photo, alors on tournait de tous les côtés, on multipliait les angles, on créait… Alors qu’en numérique, on shoote, on regarde et si c’est correct, on ne se prend plus la tête.

En fait, l’écriture cursive, c’est comme la photo en argentique, il y a un côté imaginatif, artiste, rêveur qu’on ne trouve pas devant un écran ou dans une carte SD… Et c’est bien dommage de se dire que d’ici quelques années, on ne pourra plus sourire en tombant sur l’écriture d’une ado amoureuse au détour d’une feuille qui traîne ou sur les couleurs criardes de post-it collés ça et là pour ne rien oublier.

Aujourd’hui, nous avons le choix. Le choix entre l’écriture manuelle et l’écriture sur clavier, nous maîtrisons les deux. Supprimer l’écriture cursive reviendrait à priver les nouveaux jeunes du droit fondamental qu’est celui d’avoir le choix, à les obliger à n’utiliser que le clavier.

Nous sommes peut-être vieux, mais quand ils seront formatés, sans rêve ni dessins sur leurs écrans, nous nous souviendrons comment c’était bien, la liberté.

Egypte : Selon que vous soyez riche ou misérable…

Donc aujourd’hui, les intellectuels égyptiens veulent retirer le droit de vote aux illettrés qui ne vote pas comme eux. Au delà de la remise en cause de la définition de la démocratie, c’est toute une société qui nous montre son vrai visage.

Donc aujourd’hui, les intellectuels égyptiens veulent retirer le droit de vote aux illettrés qui ne votent pas comme eux. Au delà de la remise en cause de la définition de la démocratie, c’est toute une société qui nous montre son vrai visage.

Il est (de plus en plus) loin le temps où je te parlais de ces Egyptiens middle class qui rabaissaient systématiquement, parfois même sans s’en apercevoir, les gens des classes « inférieures », quitte à leur parler assez méchamment.

C’est une des choses qui m’avait le plus choquée dans la société égyptienne.

Aujourd’hui,ceux d’en haut qui ont toujours traité ceux d’en bas comme des chiens, s’aperçoivent que leurs voix comptent autant lors d’une élection et ça, ça ne leur plaît pas puisque ceux d’en bas voteraient pour les Frères.

Sauf que…

Sauf que justement, c’est le peu de considération qu’ont les gens d’en haut pour les gens d’en bas qui fait que les Frères ont pris toute leur assise dans les classes les plus populaires.

Je vivais dans le quartier d’Imbaba, un des plus pauvre de la ville où on ne trouve pas d’étrangers, et vivier des Frères. Les habitants ? Des ouvriers, des femmes de ménage, des serveurs, des personnes sans emploi, des malades qui n’ont rien pour se soigner, des gens qui reçoivent de l’argent tous les mois, de la mosquée, pour tenir.

Les seuls à les aider pour nourrir leurs enfants étaient ceux qui leur faisaient ces nombreux dons, ceux qui les écoutaient, ceux qui leur parlaient, ceux qui leur donnaient l’impression de les prendre au sérieux quand les autres les mettaient plus bas que terre.

Alors oui reconnaissance du ventre, mais pas que.

Il y a aussi la manière dont on leur parle, dont on les regarde, l’image qu’on leur renvoie d’eux. Il n’y a chez la majorité de la population que du mépris de classe, et on s’en aperçoit encore avec cette prise de position sur le vote.

Mais c’est parce que vous les maltraitez et les déconsidérez qu’il vont chercher ailleurs, chez ceux pour qui ils votent, le soutien dont ils ont besoin.

  • Lire l’article de Courrier International

Capture du 2013-08-24 17:39:37