Aides à la presse, le raport de la cour des comptes

La cour des comptes, dans son dernier rapport ne s’intéresse pas qu’à nos paires de lunettes. L’abattement fiscal des journalistes est aussi porté au débat.

La cour des comptes, dans son dernier rapport ne s’intéresse pas qu’à nos paires de lunettes. L’abattement fiscal des journalistes est aussi porté au débat.

7650 euros sont à déduire des impôts pour une personne ayant travaillé à plein temps tout au long de l’année.

A cela, il faut ajouter qu’avec cet abattement, les journalistes ne déduisent aucun frais réels qu’ils s’agisse de déplacements, abonnements de train, par exemple, pour ceux qui se rendent au travail en TER, frais d’essence, contrairement à la majorité des français qui peuvent déduire tout ou partie de ces frais de leur déclaration. Le journaliste pigiste doit aussi investir pour pouvoir travailler : ordinateur personnel parfois haut de gamme pour faire du montage vidéo ou du traitement photo, le matériel de captation son/photo/vidéo (plus « et » que « ou » le pigiste devant pour s’en sortir être multimédia).

Les pigistes, par exemple, qui partent faire de sujets à l’étranger, paient tous leurs déplacements, logements sur place, etc. et toucheront finalement beaucoup moins que ce qui est écrit sur sur leurs fiches de paie, puisqu’il faudra déduire les frais de visa, transports, etc… de la somme gagnée… Ce qui dans certains cas peut se révéler ardu.

J’ai quasi toujours dépassé, parfois même de beaucoup, les frais avancés, mais il m’est aussi arrivé d’en sortir plus que je n’en n’ai eu à l’arrivée. C’est le cas de mon déplacement au Soudan, par exemple, où tout était très cher et malgré l’hébergement en couchsurfing une partie du voyage, le fait d’utiliser des touk touks et petits bus locaux, j’ai voyagé à pertes. En gros, j’ai payé pour travailler.

Mais pas la peine d’aller si loin, il suffit de se rendre dans la plupart des capitales européennes pour voir les factures s’empiler très vite.

Alors on jongle.

Le rapport fait d’ailleurs état de la condition précaire des pigistes :

Si la profession de journaliste ne semble donc pas, en moyenne, défavorisée d’un point de vue salarial, la situation des journalistes pigistes ou en contrat à durée déterminée, en particulier des jeunes journalistes, pourrait conduire à nuancer sensiblement ce constat.

 Les fois où on gagne bien sa vie, on met de côté pour celles où on aura beaucoup de frais… Je parlais déjà de la situation des pigistes ici ou encore là.

Je doute d’ailleurs, en cas de suppression de cet abattement, que l’Etat y soit gagnant puisque les déclarations de frais réels pourraient être assez importantes, plus que cette allocation.

L’abattement, c’est quoi ?

Pour un journaliste ayant travaillé à temps partiel, à mi-temps ou ayant connu des périodes de chômage, la déduction est à calculer au prorata. Pour quelqu’un qui aurait travaillé 10 mois à temps plein, par exemple, il faut calculer 7650/12 = 637,5 (pour un mois) x 10 = 6375 euros à déduire.

Avant 1998, cet abattement concernait 30 % des revenus des journalistes. Finalement, ceux qui avaient de gros salaires, bossaient à plein temps, déduisaient beaucoup plus que les pigistes ou les personnes ayant enchaîné quelques CDD tout au long de l’année qui, avec leur rémunération rikiki, avaient droit à un abattement tout aussi rikiki.

C’est en 1998 que les choses ont changé de manière plus équitable. Tout le monde dit déduire la même somme, une énorme bouée d’oxygène pour les plus précaires d’entre nous, une broutille pour les plus hauts revenus.

Ce que dit la cour des comptes

Mis à part le statut des pigistes, la grande disparité des revenus, tant pour les CDI que pour les pigistes, il est question de penser à aider les journalistes et non plus (ou moins) les organes de presse :

Dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances initiale pour 2013 au Sénat, le ministre délégué au budget confirmait cette analyse à l’occasion de l’examen d’amendements tendant à réduire cet avantage fiscal : « En apparence, [cette mesure] vise à avantager une profession. En réalité, son objectif est d’aider les entreprises de presse, entreprises industrielles qui rencontrent, on le sait, d’extraordinaires difficultés […]

 Ce qu’il ressort de la lecture de l’ensemble du document c’est qu’il y a vraiment (beaucoup) trop d’aides à la presse, reste à savoir si la grande précarité dans laquelle se trouvent les pigistes sera prise en compte en cas de réforme.

  • Les liens qui vont bien

Le rapport spécifique à la presse
Le papier clairvoyant de Jacques Rosselin

Merci à Bruno pour les idées de dépenses des journalistes pigistes auxquelles je n’avais pas pensé.

Syrie, aide médiale détournée, quid du camion du WFP ?

Etrange, étrange, que ce couac entourant la disparition supposée de camions du world food program… Une dépêche AFP tombée hier nous apprend qu’entre 90% et 95% de l’aide internationale envoyée au centre du Croissant-Rouge arabe syrien à Damas serait confisquée par le régime de Bachar al-Assad, dixit le docteur Tawfik Chamaa, membre fondateur de l’Union des organisations syriennes de secours médicaux (UOSSM),

Etrange, étrange, que ce couac entourant la disparition supposée de camions du world food program…  Une dépêche AFP tombée hier nous apprend qu’entre 90% et 95% de l’aide internationale envoyée au centre du Croissant-Rouge arabe syrien à Damas serait confisquée par le régime de Bachar al-Assad, dixit le docteur Tawfik Chamaa, membre fondateur de l’Union des organisations syriennes de secours médicaux (UOSSM), qui s’est exprimé à Genève mercredi. Il déclarait aussi :

« Tout soutien au Croissant-Rouge syrien en tant qu’entité officielle, en termes d’argent liquide ou de matériel qui va arriver à Damas, il faut savoir que c’est confisqué par le régime. »

Pire, il accuse l’aide détournée de finalement être destiné à un soutien au régime syrien, en particulier aux soldats.

Le porte-parole de l’UOSSM, qui regroupe 14 organisations de secours de différents pays dont la France, la Turquie, la Suisse et les Etats-Unis, a ainsi lancé un appel aux responsables humanitaires, leur demandant de « veiller à ce que le matériel et les produits » distribués arrivent véritablement « à la population ».

Camions du WFP, info ou intox ?

M. Chamaa a ainsi donné l’exemple de la disparition dans le nord de la Syrie d’un convoi de 11 camions du Programme alimentaire mondial (PAM), dont l’aide est habituellement distribuée par le Croissant-Rouge arabe syrien. Information toutefois non confirmé parle World food Program, le dernier article en ligne relatant le départ de camions.

Effet d’annonce ? « Je pense qu’il n’y a absolument pas de confiscation », estime pour sa part, une porte-parole du PAM à Genève, Elisabeth Byrs. L’organisation est d’alleurs habituée, en cas de problème de ce type, à médiatiser la situation. « Il y a un monitoring qui est fait, même dans des endroits qui sont les plus touchés », a-t-elle ajouté, apportant sa « confiance » au Croissant-Rouge arabe syrien.

Par contre, là où je rejoins M. Chamaa, c’est sur l’ouverture de couloirs aux ONG pour travailler librement dans le pays… Il y a urgence.

 « Si on doit donner une priorité maintenant, indépendamment de l’issue politique de la crise », alors il faut « ouvrir des accès à un approvisonnement humanitaire, à l’intérieur, directement, via des organisations bien reconnues, implantées et en contact avec la population »

(avec AFP)

Lisez aussi l’appel de MDM

Aide médicale aux réfugiés syriens: l’A310 français en route pour la Jordanie

AEROPORT DE ROISSY, 9 août 2012 (AFP)

L’avion, un A380, transportant un groupement médico-chirurgical militaire français à destination de la frontière jordano-syrienne pour venir en aide aux réfugiés, doit décoller de l’aéroport de Roissy jeudi à 8h00.

Une cinquantaine d’hommes dont 25 personnels des services de santé de l’armée ont embarqué à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle dans un A310 qui devait faire escale à Istres pour charger plus de 20 tonnes de matériel médical avant de rejoindre Amman.

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