Quand Air France atomise la SNCF

Air France se lance dans le premier prix sur des vols entre grandes villes de France et vers des capitales européennes… youpi ! Outre les compagnies low cost, parfois accusées de maltraiter leurs employés, je pense que c’est aussi la SNCF qui risque de pâtir de ces nouvelles offres.

Air France se lance dans le premier prix sur des vols entre grandes villes de France et vers des capitales européennes… youpi ! Outre les compagnies low cost, parfois accusées de maltraiter leurs employés, je pense que c’est aussi la SNCF qui risque de pâtir de ces nouvelles offres.

On ne prend pas l’avion pour partir en week-end : pollution, horaires parfois contraignants et surtout prix non adaptés au budget des ménages moyens. Alors on prend le train pour partir en week-end. Le trajet dure plus longtemps, même si le réseau ferré, sauf dans quelques régions, est plutôt bien fichu.

Sauf que… la raison principale, qui est celle du porte-monnaie, est en plein revirement. Puisque l’aller-retour en seconde classe Paris-Montpellier, sans aucun autre service qu’avoir un siège qui coûte presque 200 euros en période normale si on achète ce billet longtemps à l’avance, pourra être remplacé par un aller-retour en avion qui ne coûtera que 100 euros environ, incluant plateau repas, et/ou café/boisson, médias print à disposition, service de bord. Alors pour ce qui est de circuler en direction de capitales européennes…

La pollution ?

Le calcul est vite fait par le consommateur qui y verra du bonheur dans son porte-monnaie, un voyage de meilleur qualité, et un gain de temps. Peut-être que l’offre incitera aussi à se faire des petits week-ends en France un pu plus souvent histoire de booster le commerce local ? Trop tôt pour le dire.

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Oui, on y pense, forcément. C’est une des raisons pour lesquelles on choisit l’avion plutôt que le train… du moins c’est une des raisons qu’on évoque parce que ça fait bien, défenseur de la planète, toussa… puis ça fait mieux que « j’ai pas la thune pour un billet d’avion alors je prends le train, » qui n’aide pas vraiment à briller en société… C’est celle que je donne, mais elle ne court pas les rues.

Alors que faire semblant d’être écolo (quand on ne fait ni compost, ni tri, qu’on ne lit pas les étiquettes des produits qu’on achète et qu’on investit des légumes de supermarchés qui viennent en avion ou en camion d’Espagne, du Chili… etc.)

Arrêtons l’hypocrisie !

Je veux bien entendre parler d’écologie de la part de gens qui s’investissent vraiment dans des coopératives locales, font leur pain (oui parce que le blé, ça vient d’ailleurs, aussi…), du compost, etc.

Des gens qui ont des valeurs nobles et s’y tiennent ne prendront pas l’avion pour de vrais raisons écologiques. Les autres s’enfoncent dans une posture qu’ils ne soutiennent pas cinq minutes.

La pratique

J’ai passé deux ans à faire des AR Montpellier-Paris en train toutes les 6 semaines pour suivre ma formation entre 2002 et 2004. Mon travail m’a entraînée par la suite à l’étranger, m’obligeant à prendre des longs courriers pour l’Asie du Sud-Est (1 seul AR) et des moyens courriers pour le Maghreb et le Moyen-Orient (4 ou 5 AR depuis Paris) et des vols régionaux (1 AR Egypte-Soudan et 2 AR Egypte-Liban) et même si je préfère EVER passer les frontières en bus (écrit-elle avec des étoiles dans les yeux), il n’y a pas photo.

Pour un coût plus bas, avec un service de meilleure qualité et des options supplémentaires. Bien entendu que l’avion va pulvériser le train.

Au niveau du train, des piste low cost sont aussi étudiées (trop tard !) comme ce TGV à bas prix entre Montpellier et Marne la Vallée.
Sur le même sujet, l’article de La Tribune.
Illustration Flickr/CC Daquella Manera