Deux ans… #Syrie

Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

« Le nombre de réfugiés syriens qui ont gagné le Liban, la Jordanie, la Turquie, l’Iraq et l’Egypte a quasiment doublé depuis le 1er janvier. Ils étaient 3000 par jour à passer les frontières en décembre, 5000 en janvier, 8000 en février, 8000 par jour (…) Quelques 13% des Syriens ont ainsi tout laissé derrière eux pour tenter de sauver leurs familles. » *

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Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

Aujourd’hui, Français et Anglais, dans leurs bureaux tout jolis et bien chauffés, se disent que, peut être, un de ces jours, ça pourrait être pas mal, d’armer les rebelles… Alors on lance vaguement l’idée de « lever l’embargo pour que les résistants aient la possibilité de se défendre ». Les robinets d’eau tiède de la diplomatie ont esquissé un avis… Qu’on attendait, que les Syriens attendaient, depuis deux ans.

Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

Alors on saute de joie, on fait courir le bruit, on fait cocorico, on… ah mais non, c’est pour l’instant juste une recommandation et pour l’instant rien n’est fait. Les Syriens attendront encore leurs missiles Sol-air destinés à être envoyés sur les avions de sa majesté moustachue. Cela ne fait pas deux ans qu’ils sont bombardés. Cela aurait débuté il y a un an, en février 2012, si mes souvenirs sont bons, une sorte de représailles made in Bachar à l’attentat perpétré contre des ministres dans lequel son beau frère avait perdu la vie.

Par contre, la guerre civile, elle dure depuis deux ans.

Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

« A Bruxelles, l’Union européenne a assuré qu’il était « possible » de discuter « sans délai » de l’opportunité de lever l’embargo si l’un des 27 Etats membres le souhaitait, » précisait la dépêche AFP

Il faut maintenant synchroniser les agendas, prendre des rendez-vous, discuter des textes à rédiger… Dans deux ans, on y sera peut être encore. Les Syriens, pour la plupart, ne seront plus là.

Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

Alors on va (un jour peut-être si les robinets d’eau tiède se décident enfin) « armer les djihadistes » disent ceux qui n’ont rien compris. C’est justement pour ne pas les laisser progresser qu’il faudrait armer les rebelles, du moins si on peut se regarder dans un miroir en pensant qu’on donne des armes qui servent à tuer à des gens, aussi faibles et désarmés soient-il. Deux ans de morts.

Ce qui est sûr, c’est que la Syrie telle que nous l’avons connue, en 2010 et au début du conflit pour ma part, ne sera plus jamais la même, dévastée par deux ans de pillages de l’ASL, deux ans d’ascension de groupuscules islamistes, deux ans de boucherie.

Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

Les 70.000 morts chez Guy
Les interrogations de Juan.
Le triste état des lieux d’Olympe.
La chronique littéraire d’Anne-Laure
Le billet de Melclalex


2′ pour la Syrie – Robert Badinter par vagueblanchepourlasyrie

* Extrait de la chronique de Bernard Guetta
du 11 mars « la poudrière Syrienne »
à (ré)écouter.

Syrie : « L’Arabie Saoudite veut déstabiliser un régime qui travaille avec l’Iran. »

J’ai écouté cette interview de Denis Bauchard, ancien diplomate, podcastée par France Culture sur la thématique de la Syrie. A écouter, lecteur, je le trouve assez clairvoyant.

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J’ai écouté cette interview de Denis Bauchard, ancien diplomate, podcastée par France Culture sur la thématique de la Syrie. A écouter, lecteur, je le trouve assez clairvoyant. Notamment sur la place de l’Arabie Saoudite dans ce conflit.

« L’Arabie Saoudite veut déstabiliser un régime qui travaille avec l’Iran. »

Pourquoi ? Ce n’est pas expliqué dans l’interview mais je pense que puisque le pouvoir iranien s’en prend à la minorité sunnite dans son pays et que l’Islam Sunnite est la religion d’état en Arabie Saoudite… Ceci explique forcément cela.

De leur côté, les Israëliens sont inquiets pour leur sécurité, le journaliste revient sur la question du morcellement de la Syrie auquel Israël est favorable, l’ancien diplomate n’est pas tout à fait d’accord :

« Israël préfère un interlocuteur stable comme Bachar plutôt que le chaos »

Pour lui, l’évolution sur le territoire « commence à être préoccupante »… hmm… commence ?

« Faire de la Syrie nue nouvelle terre de djihad »

Il rappelle que dès qu’il y a un vide politique, les djihadistes s’enfoncent dans la brèche et échappent à toute coordination.

« Au sein de l’ASL, il y a beaucoup de petits chefs »

On en arriverait donc, une fois la guerre civile terminée, à un combat des chefaillons, comme c’était le cas en Libye, il est vrai pour des questions de rivalités tribales et non de pouvoir « militaire ».

Une interview à écouter, donc.

 

A (re)découvrir aussi, pas mal de liens d’articles, d’infos, sur la page de l’interview.