Quatre jours à Alep

Voilà maintenant quatre ans que les Syriens vivent dans un pays en guerre.

Voilà maintenant quatre ans que les Syriens vivent dans un pays en guerre. Et pour être sûre de ne pas les épargner, la vie a fait level up l’horreur et aujourd’hui, l’Etat Islamique dirrige certaines régions.

Sur France Inter, on apprend que Daesh gère la moitié de la ville d’Alep. Voyage dans l’autre partie avec une reporter. A écouter.

 

Jordanie, histoire d’eau

Ce qui marque, quand on chemine en Jordanie, ce sont ces serres à perte de vue. Pourtant, il s’agit d’un des pays au mode les plus pauvres en eau. 75 % des ressources en eau du pays sont ainsi consacrées à l’agriculture. Cela se manifeste, en partie, par toutes ces serres que l’on voit sur le bord des routes.

Ce qui marque, quand on chemine en Jordanie, ce sont ces serres à perte de vue. Pourtant, il s’agit d’un des pays au mode les plus pauvres en eau. 75 % des ressources en eau du pays sont ainsi consacrées à l’agriculture. Cela se manifeste, en partie, par toutes ces serres que l’on voit sur le bord des routes.

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Pour vous donner une idée, un Jordanien consomme 150 mètres cube d’eau par an alors que la moyenne mondiale est à 600 mètres cubes.

Le Yarmouk assure 40 % des réserves en eau du pays tandis que la nappe fossile d’Azraq, à l’est d’Amman, se vide peu à peu. Des travaux de préservation de l’oasis d’Azraq sont d’ailleurs en cours.

L’eau du lac de Tiberiade est aussi mise à contribution sauf que la Jordanie ne recevrait qu’un tiers de ce qui était originellement prévu par le plan Johnston (1953) en termes de partage de l’eau. Le plan a été rejeté en 1955 mais sert toujours dans les négociations lorsqu’il est question d’eau. La répartition dépend d’un commun accord entre la Syrie, la Jordanie et Israël.. Autant dire, aujourd’hui, impossible de modifier ce que la Jordanie reçoit comme eau.

La Jordanie a fait le rêve de l’indépendance alimentaire saut que… sauf que c’est difficile à tenir. Alors on plante des serres qu’on irrigue comme on peut. La population croit de 2,6 % par an en temps normal ce à quoi il faut ajouter les réfugiés syriens et voyageurs de passage. Il y a de plus en plus de bouches à nourrir.

La solution viendrait-elle de ce nouveau forage, récemment inauguré, à Disi ? La nappe se trouve à 90 % sous l’Arabie Saoudite qui s’en sert pour l’agriculture. Que se passera-t-il le jour où les deux pays ne seront plus en accord ? Il est par ailleurs démontré par quelques anciens rapports, que l’eau de cette nappe serait radioactive… De quoi prévoir un possible désastre dans les années qui viennent.

Et pendant ce temps, du côté de Petra, on arrose le sable… J’ai demandé pourquoi, on m’a répondu que c’était mieux pour le touristes (absents) parce qu’ils n’aiment pas marcher dans le sable… Triste monde.

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#Syrie On leur a permis de (re)venir au stade animal

Quand on était petits, à l’école, ça nous faisait marrer quand l’instit racontait que l’homme descend du singe. A 7 ans, tu troues ça totalement absurde, quoique pour certains de tes camarades de classe, t’as quand même un doute.

Quand on était petits, à l’école, ça nous faisait marrer quand l’instit racontait que l’homme descend du singe. A 7 ans, tu trouves ça totalement absurde, quoique pour certains de tes camarades de classe, t’as quand même un doute.

Puis le temps passe, tu deviens ado et t’es obligé de théoriser tout ça en cours de philo. A vrai dire, tu t’en fous un peu, comme tu t’en fous de tout, t’as 16 ans et des boutons… Quoi que la pilosité de certains de tes camarades te font penser que peut être…

Et puis tu deviens adulte et, comme tout le monde tu as entend parler et lu des articles à propos de cette vidéo horrible d’un Syrien dépeçant un autre Syrien, tu as put être vu, comme peu de gens, cette fameuse vidéo.

Biensûr, le dégoût, le vomito, l’indignation.

Peu importe de quel bord sont les tristes personnes présentes dans cette vidéo, peu importe même leur bord politique dans ce conflit interne qui, rappelons-le, dure depuis 2 ans.

Des viols, des meurtres, des mutilations, des gamins privés de leur enfance, il y en a tous les jours, et c’est tout aussi dégoûtant que l’autre taré dépeçant un bonhomme qui avait lui même peut-être participé à des exactions…

Nous sommes en face d’un conflit qui dure depuis plus de deux ans, dans un pays où il faut se battre au quotidien pour trouver à manger, avoir des nouvelles de proches, où la mort, quand elle n’est pas au coin de la rue, touche quelqu’un qu’on aime ou un voisin.

Dans cette vidéo, il n’y a pas un rebelle et un soldat. Il y a deux humains. Deux humains qui comme toi, comme moi, comme ta mère et comme ton fils, descendent de l’animal. Et dans un pays où on laisse, volontairement, en sachant ce qu’il s’y passe, les gens s’entretuer, peu importe leur bord politique encore une fois, on laisse les gens crever dans l’indifférence générale.

Mais on laisse aussi les gens tuer, les gens voler, les gens violer dans la plus profonde torpeur diplomatique. J’en parlais ici, le temps passé m’a donné raison.

L’Homme descend de l’animal, et lorsqu’on le laisse sciemment évoluer dans une jungle où il faut se battre au quotidien pour accomplir les taches les plus primaires comme se nourrir ou trouver un toit pour s’abriter, dans un climat anxiogène et de mort, il ne faut pas s’étonner qu’aujourd’hui, des humains se comportent comme des animaux.

Blague syrienne

C’est une caricature qui circule sur les Internets en langue arabe, impossible d’identifier sa provenance.

C’est une caricature qui circule sur les Internets en langue arabe, impossible d’identifier sa provenance.

Capture du 2013-05-06 19:20:45

Que dit le texte ?

« Nous n’allons pas nous taire face aux raids israéliens contre la Syrie Nous allons bombarder Halab, Hemss et Damas en réponse à l’attaque israélienne. »

Le dessins souligne l’absurde, bien entendu, de cette situation, mais rappelle aussi, à demi mot, que s’en prendre à Assad, c’est aussi forcément s’en prendre à l population syrienne qui subira encore plus fort le dictat venu d’en haut.

Deux ans… #Syrie

Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

« Le nombre de réfugiés syriens qui ont gagné le Liban, la Jordanie, la Turquie, l’Iraq et l’Egypte a quasiment doublé depuis le 1er janvier. Ils étaient 3000 par jour à passer les frontières en décembre, 5000 en janvier, 8000 en février, 8000 par jour (…) Quelques 13% des Syriens ont ainsi tout laissé derrière eux pour tenter de sauver leurs familles. » *

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Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

Aujourd’hui, Français et Anglais, dans leurs bureaux tout jolis et bien chauffés, se disent que, peut être, un de ces jours, ça pourrait être pas mal, d’armer les rebelles… Alors on lance vaguement l’idée de « lever l’embargo pour que les résistants aient la possibilité de se défendre ». Les robinets d’eau tiède de la diplomatie ont esquissé un avis… Qu’on attendait, que les Syriens attendaient, depuis deux ans.

Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

Alors on saute de joie, on fait courir le bruit, on fait cocorico, on… ah mais non, c’est pour l’instant juste une recommandation et pour l’instant rien n’est fait. Les Syriens attendront encore leurs missiles Sol-air destinés à être envoyés sur les avions de sa majesté moustachue. Cela ne fait pas deux ans qu’ils sont bombardés. Cela aurait débuté il y a un an, en février 2012, si mes souvenirs sont bons, une sorte de représailles made in Bachar à l’attentat perpétré contre des ministres dans lequel son beau frère avait perdu la vie.

Par contre, la guerre civile, elle dure depuis deux ans.

Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

« A Bruxelles, l’Union européenne a assuré qu’il était « possible » de discuter « sans délai » de l’opportunité de lever l’embargo si l’un des 27 Etats membres le souhaitait, » précisait la dépêche AFP

Il faut maintenant synchroniser les agendas, prendre des rendez-vous, discuter des textes à rédiger… Dans deux ans, on y sera peut être encore. Les Syriens, pour la plupart, ne seront plus là.

Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

Alors on va (un jour peut-être si les robinets d’eau tiède se décident enfin) « armer les djihadistes » disent ceux qui n’ont rien compris. C’est justement pour ne pas les laisser progresser qu’il faudrait armer les rebelles, du moins si on peut se regarder dans un miroir en pensant qu’on donne des armes qui servent à tuer à des gens, aussi faibles et désarmés soient-il. Deux ans de morts.

Ce qui est sûr, c’est que la Syrie telle que nous l’avons connue, en 2010 et au début du conflit pour ma part, ne sera plus jamais la même, dévastée par deux ans de pillages de l’ASL, deux ans d’ascension de groupuscules islamistes, deux ans de boucherie.

Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

Les 70.000 morts chez Guy
Les interrogations de Juan.
Le triste état des lieux d’Olympe.
La chronique littéraire d’Anne-Laure
Le billet de Melclalex


2′ pour la Syrie – Robert Badinter par vagueblanchepourlasyrie

* Extrait de la chronique de Bernard Guetta
du 11 mars « la poudrière Syrienne »
à (ré)écouter.

Syrie : Enfumage sur du glamour pour cacher le désengagement russe

Asma est enceinte !

Asma est enceinte !

Alors que la guerre civile syrienne va fêter son malheureux second anniversaire tout bientôt, décontracté et bien dans ses shoes, le Bachar prend le temps d’aller annoncer à la télévision que oui, Asma est enceinte.

La première dame syrienne, glamour au possible, avait fait parler d’elle, lorsque des emails adressés à son cher et tendre avaient été révélés. Elle y parlait d’achats en cours : produits luxueux, paires de chaussures, mais aussi vêtements à la mode avec gilet pare-balles intégré.

Asma est enceinte. Comme par hasard, cette info sort pile au même moment que l’annonce de Medvedev, le premier Russe derrière Poutine, que la Russie, non, n’est pas amie avec la Syrie. On voudrait faire du bruit pour cacher le lachâge Russe, on ne s’y prendrait pas mieux.

Flashback

Les puissants et les autres se retrouvent à Davos pour papoter de notre avenir. Dimitri, comme ses petits camarades de jeu de tous les pays, se retrouve face à des journalistes, notamment ceux de CNN et leur confie que non, il n’est pas copain avec Bachar. Mais pas du tout du tout… Passe le fait que nous ayons fantasmé pendant plusieurs mois sur le soutien que la Russie a apporté à la Syrie d’Assad, ce qui est intéressant, c’est que notre bonhomme, non content de lâcher le moustachu, enfonce le clou en critiquant sa politique.

Assad aurait fait « une grave erreur » Et de reprendre : « Il aurait dû agir beaucoup plus vite et inviter l’opposition pacifique qui était prête à s’asseoir à la table des négociations avec lui. C’est une grave erreur de sa part, peut-être fatale »

Le désengagement tout diplomatique tait prévisible, puisque la semaine dernière, les expatriés russes vivant en Syrie ont finalement été rapatriés. En gros, ça sentait déjà un peu le sapin de la place Rouge pour Assad, la prise de position de Medvedev vient finir le boulot.

Asma est enceinte !

Ah oui, c’est vrai… Parlons layette pare-balles et petits chaussons roses ou bleus. Dimitri est loin, bien loin. Dimitri qui ? La télévision d’état ne sait plus… Puis ça ne ferait pas un beau prénom pour un petit Syrien. Ils l’appelleront Hamza ?

La Syrie, un an plus tôt

Je me souviens de la première fois que je suis allée en Syrie. Printemps 2010, un an avant la révolution. Je n’avais que peu de background sur la culture moyen-orientale, je venais d’arriver au Caire, quelques mois auparavant.

Les gens vous suivaient dans la rue, c’était comme ça, normal, et on s’y faisait vite. Je croyais naïvement qu’il s’agissait de quelques excités du bulbe, comme en Eypte qui s’amusaient à suivre des nanas, encore mieux lorsqu’elles étaient occidentales.

Je me souviens de la première fois que je suis allée en Syrie. Printemps 2010, un an avant la révolution. Je n’avais que peu de background sur la culture moyen-orientale, je venais d’arriver au Caire, quelques mois auparavant.

Les gens vous suivaient dans la rue, c’était comme ça, normal, et on s’y faisait vite. Je croyais naïvement qu’il s’agissait de quelques excités du bulbe, comme en Eypte qui s’amusaient à suivre des nanas, encore mieux lorsqu’elles étaient occidentales.

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Syrie, le dessous des cartes

Le dessous des cartes, une émission d’Arte qui traite de géopolitique d’une manière très pédago nous explique les enjeux du conflit syrien.

Comme je vous l’ai déjà dit ici et dans la V1, la non intervention en Syrie vient du fait que qui dit Syrie dit Liban, qui dit Syrie, dit Israël et donc Egypte et USA, mais aussi Jordanie dont les dirrigeants n’attendent que ça, qui dit Syrie dit Iran et Irak…

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L’appel de Médecins du Monde sur la Syrie

« En période de guerre, les blessés doivent être protégés, les hôpitaux doivent être sanctuarisés
et les médecins y ont une obligation de soins. »

 

 

Nous,
Médecins du Monde,
rappelons qu’en
toutes circonstances
et en tous lieux,
sans discrimination,
chaque individu
a le droit de recevoir
une aide médicale.

 

L’association Médecins du Monde lance aujourd’hui un appel sur l’urgence médicale syrienne en français, en anglais et en arabe. Je ne reviendrai pas sur la guerre civile, sur mes reportages là bas, sur les rencontres que j’ai pu y faire… Il faut savoir se montrer humble face à l’urgence de cette situation. Sete’ici relaie l’appel de l’association, présidée par Thierry Brigaud.

« En Syrie, la recrudescence des violences affecte la population civile et cible les blessés, le personnel médical et les structures de soins.

Nous, Médecins du Monde rappelons qu’en période de guerre, il existe des règles de droit international que tous les acteurs au conflit se doivent de respecter pour limiter les effets de la guerre dans le respect de la mission médicale et de sa déontologie.

Aujourd’hui, en Syrie, la médecine est instrumentalisée, et parfois même utilisée comme une arme: professionnels de santé assassinés et torturés, hôpitaux inaccessibles aux blessés par peur de représailles, entraves constantes à l’aide médicale dans les hôpitaux et les zones bombardées et assiégées. Transporter des médicaments clandestinement est devenu un crime. La violence contre les civils est sans limite :

19.000 morts estimés, des milliers de personnes détenues, des centaines de milliers de personnes déplacées ou réfugiées, et combien de blessés sans assistance ? Aussi choquant que cela soit, c’est pourtant ce qui caractérise ce conflit.

Devant ce terrible constat, et alors même que l’accès aux victimes reste limité, il est de notre devoir de dénoncer cette situation avec force et de mettre tous les acteurs au conflit devant leurs responsabilités. Aujourd’hui, il nous semble important de rappeler plusieurs évidences, à ce jour oubliées, et de lancer cet appel :

[youtube]http://youtu.be/MTgiJ9zuyd0[/youtube]

Nous, Médecins du Monde, refusons que des civils, des femmes et des enfants, soient bombardés et tués. En période de guerre, les civils doivent être protégés.

Nous, Médecins du Monde, refusons que des médecins soient exécutés et torturés pour la seule raison qu’ils soignent les blessés. En période de guerre, les médecins et le personnel soignant doivent être protégés.

Nous, Médecins du Monde, refusons que les hôpitaux soient des cibles et qu’ils deviennent des lieux de torture et de répression. En période de guerre, les blessés doivent être protégés, les hôpitaux doivent être sanctuarisés et les médecins y ont une obligation de soins.

Nous, Médecins du Monde, refusons que l’action médicale soit entravée et que les personnels de secours fassent l’objet de violences et d’attaques. En période de guerre, l’accès aux blessés et à la population civile doit être facilité pour les professionnels de santé.

Nous, Médecins du Monde, refusons enfin qu’en toutes circonstances et en tous lieux, sans discrimination, chaque individu a le droit de recevoir une aide médicale.

L’article 3 commun aux quatre Conventions de Genève applicable aux conflits armés non internationaux énonce en quoi consiste un minimum de traitement humain.
[ En savoir plus ]

En Syrie, comme ailleurs, il existe des règles de droit international que tous les acteurs au conflit se doivent de respecter.

Relayez notre appel ! »

Toi aussi, lecteur, tu peux participer et relayer l’appel que tu trouveras ici http://appelsyrie.medecinsdumonde.org/

Tu peux le relayer sur ton site ou via les réseaux sociaux sous le hashtag #AppelSyrie. (merci)