L’Egypte en révolutions

Dirigé par Bernard Rougier et Stephane Lacroix

L’Egypte, 90 millions d’habitants, dont près d’un quart se concentrent sur la mégalopole du Caire. Quatre ans après le renversement d’Hosni Moubarak, l’ancien président déchu, les caméras ont déserté la place Tahrir et c’est maintenant que commence le travail des chercheurs qui ont assez de recul pour analyser la période de reconstruction.

Ce livre présente différentes études, tant démographiques, que politiques, historiques et économiques, permettant de comprendre au mieux l’Egypte d’aujourd’hui.

Continuer la lecture de « L’Egypte en révolutions »

Développer des projets alliant outils libres et mobilisations citoyennes

Au hasard des tubes, je suis tombée sur cette conf à laquelle j’ai participé à l’invitation de l’association Ritimo sur le thème « Développer des projets alliant outils libres et mobilisations citoyennes »

Sur-information ou sous-information ?

J’ai écouté ce week-end, un peu en retard je l’avoue, cette émission du 14 février qui pose pas mal de bases sur la différence entre apprendre et comprendre et sur comment notre société, se croyant sur-informée, est en fait en déficit d’information.

J’ai écouté ce week-end, un peu en retard je l’avoue, cette émission du 14 février qui pose pas mal de bases sur la différence entre apprendre et comprendre et sur comment notre société, se croyant sur-informée, est en fait en déficit d’information.

Continuer la lecture de « Sur-information ou sous-information ? »

Snowden, Internet, surveillance, viol, terrorisme, sexisme, porno, malbouffe… Les liens du dimanche #33

Snowden, Internet, surveillance, viol, terrorisme, sexisme, porno, malbouffe… Les liens du dimanche #33

Welcome in your world !


Les vœux de Noël d’Edward Snowden par lemondefr

Dans ton monde, au lieu d’aller chercher des sous en attaquant des gens, Iron Maiden a décidé de caler sa tournée sur les villes où ses morceaux sont le plus téléchargés… et ça fonctionne !

Dans ton monde, en 2012, les renseignements français ont émis 197.057 demandes d’interceptions de données de connexions, 23% seulement concernant le « terrorisme » alors qu’à Madrid, on teste les drones de surveillance.

Dans ton monde, il n’y a pas que Victor Hugo qui fut clairvoyant sur l’avenir, Asimov s’est aussi plutôt bien illustré.

En Inde, une victime de viol collectif a été brûlée vive pour avoir porté plainte alors qu’en Egypte, une compagnie de téléphone est accusée de terrorisme par l’armée… Pire que Moubarak, on vous dit.

Dans ton monde, une chronique sur la misogynie dans le jeu vidéo GTA V déclenche une vague de propos sexistes et homophobes à l’encontre de la personne qui a rédigé la chronique. A Peshawar, alors qu’on voile et cache les femmes, le cinéma porno fait recette.

« Pour Ruwen Ogien, les paniques morales émergent à chaque fois qu’une invention perturbe l’ordre social », d’après ce site canadien, qui tente d’expliquer pourquoi la méconnaissance d’Internet entraîne la peur de nos élites.

Enfin, bon appétit, un site web de Mac Donald’s dédié à ses employés, leur déconseille de manger de la nourriture type fast food sous prétexte qu’elle serait mauvaise pour la santé…

Egypte : Selon que vous soyez riche ou misérable…

Donc aujourd’hui, les intellectuels égyptiens veulent retirer le droit de vote aux illettrés qui ne vote pas comme eux. Au delà de la remise en cause de la définition de la démocratie, c’est toute une société qui nous montre son vrai visage.

Donc aujourd’hui, les intellectuels égyptiens veulent retirer le droit de vote aux illettrés qui ne votent pas comme eux. Au delà de la remise en cause de la définition de la démocratie, c’est toute une société qui nous montre son vrai visage.

Il est (de plus en plus) loin le temps où je te parlais de ces Egyptiens middle class qui rabaissaient systématiquement, parfois même sans s’en apercevoir, les gens des classes « inférieures », quitte à leur parler assez méchamment.

C’est une des choses qui m’avait le plus choquée dans la société égyptienne.

Aujourd’hui,ceux d’en haut qui ont toujours traité ceux d’en bas comme des chiens, s’aperçoivent que leurs voix comptent autant lors d’une élection et ça, ça ne leur plaît pas puisque ceux d’en bas voteraient pour les Frères.

Sauf que…

Sauf que justement, c’est le peu de considération qu’ont les gens d’en haut pour les gens d’en bas qui fait que les Frères ont pris toute leur assise dans les classes les plus populaires.

Je vivais dans le quartier d’Imbaba, un des plus pauvre de la ville où on ne trouve pas d’étrangers, et vivier des Frères. Les habitants ? Des ouvriers, des femmes de ménage, des serveurs, des personnes sans emploi, des malades qui n’ont rien pour se soigner, des gens qui reçoivent de l’argent tous les mois, de la mosquée, pour tenir.

Les seuls à les aider pour nourrir leurs enfants étaient ceux qui leur faisaient ces nombreux dons, ceux qui les écoutaient, ceux qui leur parlaient, ceux qui leur donnaient l’impression de les prendre au sérieux quand les autres les mettaient plus bas que terre.

Alors oui reconnaissance du ventre, mais pas que.

Il y a aussi la manière dont on leur parle, dont on les regarde, l’image qu’on leur renvoie d’eux. Il n’y a chez la majorité de la population que du mépris de classe, et on s’en aperçoit encore avec cette prise de position sur le vote.

Mais c’est parce que vous les maltraitez et les déconsidérez qu’il vont chercher ailleurs, chez ceux pour qui ils votent, le soutien dont ils ont besoin.

  • Lire l’article de Courrier International

Capture du 2013-08-24 17:39:37

Oumma, Alfred de Montesquiou

Le journaliste revient d’abord sur le terme « Oumma », issu de « Oum » la mère. Cette « mère patrie » qui va au delà des frontières d’un seul pays et rassemble des personnes partageant la même langue, la même religion, la même culture et un sentiment de solidarité que l’on retrouve parfois dans l’expression « frères arabes » que certains emploient.

Le journaliste Alfred de Montesquiou revient, à travers souvenirs et anecdotes sur des événements d’actualité d’alors, entrés ou en phase de l’être, dans l’Histoire.

Grand reporter pour Associated Press, il égraine ses souvenirs en suivant le chemin d’Ibn Battuta, explorateur et voyageur musulman marocain, qui a lui aussi traversé la zone MENA au XIVe siècle.

Le journaliste revient d’abord sur le terme « Oumma », issu de « Oum » la mère. Cette « mère patrie » qui va au delà des frontières d’un seul pays et rassemble des personnes partageant la même langue, la même religion, la même culture et un sentiment de solidarité que l’on retrouve parfois dans l’expression « frères arabes » que certains emploient.

Toutefois, la situation sur le terrain peut être bien différente que l’on se trouve d’un côté ou de l’autre d’une frontière, que l’on appartienne à une tribu, une ethnie ou un groupe comme au Darfour où au Tchad où Alfred de Montesquiou pointe du doigt les problèmes tribaux liés à la géographie, aux ethnies et principalement à la couleur de peau.

Les tensions entre voisins peuvent être légion. Il n’omet pas de nous le rappeler.

oumma-grand-reporter-moyen-orient-1280119-616x380

En partageant les rencontres consignées dans ses carnets de notes, un dignitaire marocain, Kadhafi en pleine méditation qui ne lui dira que trois mots, un jeune algérien débrouillard, une vieille mère de famille qui a vécu plusieurs guerres au Liban, un jeune photographe français décédé depuis, un vieux cheikh dont la famille a été décimée… c’est la vie quotidiennes de populations de l’ensemble de la zone que le journaliste tente de nous faire découvrir, mais aussi le travail des journalistes sur ce terrain, parfois difficile à appréhender.

Les combats aussi. La guérilla urbaine et les tirs de roquettes en Libye, l’organisation dans le chaos en temps d’insurrection, la montée en puissance, en Égypte, d’une pensée révolutionnaire, les manifestations qui se succèdent, l’arrivée de Facebook et son influence sur la jeunesse cairote, le rôle joué par Internet dans ces révolutions, la bureaucratie soudanaise, les passages de frontières aléatoires, une opération de déminage dans le sud du Liban… Alfred de Montesquiou compile ses sujets de reportages du début des années 2000 à nos jours.

Enfin, si l’histoire à tendance à oublier les femmes, il n’en n’est rien pour le journaliste qui rappelle, en Égypte, la difficile place qu’elles occupent au sein de la révolution. Celle d’Aliaa, par exemple, la jeune blogueuse, première égyptienne a s’être mise en scène nue en photo sur son blog avant d’être recherchée par la police et de vivre aujourd’hui cachée de tous, ou la meneuse, Engy Ghozlan, créatrice du site HarrassMap.org qui permet aux femmes de signaler et cartographier en temps réel les violences dont elles sont victimes, de l’insulte au viol, en passant par des attouchements. Une initiative qu’Alfred de Montesquiou soutient, ayant vécu en Égypte et témoin du fait que les femmes sont empêchées, en cas de problème de porter plainte, qu’il s’agisse de la réaction de la famille, de celle de l’agent de police ou tout simplement de la honte ressentie.

C’est bien écrit, vivant, se lit comme un roman d’aventures. Seule ombre au tableau le chapitre dédié au Mali. On y parle d’Algérie, de trafics, mais finalement peu des populations locales et du contexte politique et social général concernant le pays.

Problème compensé par une bibliographie sélective extrêmement riche en fin de livre qui donne envie de continuer le voyage en compagnie d’Ibn Battuta et de bien d’autres auteurs.

  • Les liens qui vont bien

La Harasmap vue de dedans l’Egypte
Internet et les révolutions l’an dernier à PSES

Egypte : viols, attouchements, exhibitionnisme, 1000 cas révélés sur la HarassMap

Plus de deux ans ont passé depuis ce jour d’avril 2011 où je vous parlais du projet HarasMap, auquel j’ai aussi contribué. C’est une super nénette, Engy Ghozlan qui a monté ce projet, toujours vivant, malheureusement toujours vivant, puisque les problèmes sont quotidiens. La carte contient aujourd’hui près de 1000 cas de violences.

L’Egypte, On s’émeut depuis ce matin du sort des violences faites aux femmes sur Tahrir suite aux chiffre sorti par Human Right Watch, sorti un peu partout dans la presse.

On s’émeut surtout parce que dans les mots « manifestation », « révolte », « revendications » nous sous-entendons « liberté », « droits », « avancées » et que ce qu’il se passe sur Tahrir depuis le début de l’insurrection ressemble à tout sauf ça.

Ce qu’il se passe sur Tahrir ressemble à ces Egyptiens qui ont mis à poil deux touristes espagnoles, en 2010 au pied des grandes et belles mosquées du Caire, un soir de Mouled, fête du prophète pour avoir commis le crime d’être des nanas occidentales dans une foule de mecs égyptiens.

Ce qu’il se passe sur Tahrir est ce que, depuis 2009 (me semble-t-il) vous est expliqué, montré sur la HarassMap. Il s’agit de cartographie interactives des violences faites aux femmes au quotidien dans les rues du Caire : viols, injures, attouchements, suivi dans la rue… tout est répertorié par les femmes elles-mêmes qui le subissent au quotidien. Une manière de s’exprimer, tout simplement, lorsque la police ne prend pas les plaintes en te disant que ta tenue vestimentaire ou ta coiffure a provoqué les violeurs. Mieux, ce sont parfois les familles qui empêchent ces femmes de porter plainte.

Ceux qui connaissent la V1 de Sete’ici, savent combien j’ai pu écrire sur le sujet de ces excités du bulbe. Combien j’ai pu parler de la situation de ces pauvres nanas egyptiennes.

Plus de deux ans ont passé depuis ce jour d’avril 2011 où je vous parlais du projet HarasMap, auquel j’ai aussi contribué. C’est une super nénette, Engy Ghozlan qui a monté ce projet, toujours vivant, malheureusement toujours vivant, puisque les problèmes sont quotidiens. La carte contient aujourd’hui près de 1000 cas de violences.

Egypte, scénario prévisible pour l’armée

Je me souviens, nous étions en 2010, les élections de 2011 se préparaient et en Egypte, que je demande à un journaliste, un rédac chef ou un élu qui serait le candidat du PND qui prendrait la place de Moubarak, on me faisait toujours la même réponse : « Le candidat de l’armée », « Celui qui fera le plus de promesses à l’armée, et qui les tiendra, sinon il a intérêt de courir vite… » Gamal ? Le fils de… « Non, lui c’est un financier, il a fait ses études à Londres. L’armée veut quelqu’un capable de lui dire de tirer sur la foule si besoin. »

Ah… Morsi et l’armée !

C’est un peu « je t’aime moi non plus » avec censure des scènes de boules depuis le début.

Momo, on en parlait déjà ici, n’est pas un fervent amateur de la démocratie, ni un amoureux de son peuple. Momo, est pourtant arrivé au pouvoir par les urnes, au grand désespoir de l’armée.

Je me souviens, nous étions en 2010, les élections de 2011 se préparaient et en Egypte, que je demande à un journaliste, un rédac chef ou un élu qui serait le candidat du PND qui prendrait la place de Moubarak, on me faisait toujours la même réponse : « Le candidat de l’armée », « Celui qui fera le plus de promesses à l’armée, et qui les tiendra, sinon il a intérêt de courir vite… » Gamal ? Le fils de… « Non, lui c’est un financier, il a fait ses études à Londres. L’armée veut quelqu’un capable de lui dire de tirer sur la foule si besoin. »

Ambiance

L’armée, on en parlait à l’époque, c’est un pays dans le pays, avec des biens immobiliers, des fermes, des employés à foison, des zones plus ou moins réservées, comme dans le Sinaï.

L’armée soufflait donc le chaud et le froid sur la politique égyptienne, le nom de Tantawi, quoique très vieux, circulait aussi à l’époque. Le tout était de savoir ce que Gamal et son président de père seraient prêts à lâcher en vue des élections.

Mais Gamal, non, ils n’en voulaient pas.

Du coup, ils se sont alliés au peuple pendant la révolution. D’abord timidement, Moubarak a senti le truc et a nommé un de leur chouchou comme ministre aux armées en se disant qu’il se les mettrait dans la poche. C’était mal connaître nos petits soldats qui n’espéraient que cette occasion pour remettre la main sur l pouvoir qu’ils avaient jadis laissé à leur pantin, le père de celui qui ne devait pas être élu.

Puis rien n’a changé

Puis les égyptiens se sont rendus aux urnes, plusieurs fois, sur Tahrir aussi, plusieurs fois. On a aussi essayé de les embrouiller pendant la période de transition que l’armée gérait.

Puis Morsi.

L’armée faisait la gueule. A vrai dire, les Islamistes n’étaient pas vraiment ceux qu’ils voulaient voir à la tête du pays.

S’en suivit une série d’échanges entre je retire des pouvoir à l’armée, je m’octroie des pouvoir supplémentaires, puis j’en redonne un peu à l’armée, parce que bon, ils commencent à gueuler, mais pas tout de suite, des fois qu’ils nous prennent le pouvoir.

Bien entendu, on censure toujours les scènes de boules, des fois que…

La réaction de l’armée n’est donc pas vraiment surprenante, prévisible, même. Elle veut aujourd’hui reprendre ces petits bouts de pouvoir qu’on lui a confisqué, quitte à relancer les gens dans les rues et que tout recommence à zéro.

La seule différence, c’est que les Egyptiens ont eu la chance de pouvoir choisir leur candidat une fois, reste à savoir, si Morsi saute, si l’armée n’aura pas la mainmise sur le choix du futur édile, et en ce cas, on repartirait comme sous Moubark.

  • Les liens qui vont bien

Sur la situation des femmes en Egypte, un film

« J’ai vu trop de gens mourir »

Une petite vidéo à partager. Dans sa série sur la contre histoire de l’Internet, Jean-Marc Mannach a interviewé Stephen Urbach, alias Tomate, qui raconte sans langue de bois les actions du collectif durant le printemps arabe, mais aussi ce qu’il a pu ressentir en tant qu’humain lors des opérations.

 Une petite vidéo à partager. Dans sa série sur la contre histoire de l’Internet, Jean-Marc Mannach a interviewé Stephen Urbach, alias Tomate, qui raconte sans langue de bois les actions du collectif durant le printemps arabe, mais aussi ce qu’il a pu ressentir en tant qu’humain lors des opérations.

Enfin, il n’omet pas de rappeler comment la donne change en matière de géopolitique lorsque les ONG et les états ne peuvent pas intervenir et que des (h)ac(k)tivistes remettent en question les décisions d’un état souverain.

 

 

  • Les liens qui vont bien

Une contre histoire de l’Internet, le docu de Jean Marc à voir absolument encore quelques jours sur Arte+7 (dépêche toi !)
Regardez les autres vidéos, participez, commentez, apprenez, partagez… C’est par ici !
Si vous parlez allemand, le site de Stephen Urbach

Hezbollah, Syrie, Irak, économie, Tadjikistan, Egypte, Espagne, surveillance… Les liens du dimanche #25

Hezbollah, Syrie, Irak, économie, Tadjikistan, Egypte, Espagne, surveillance… Les liens du dimanche #25

Welcome in your world !

Dans ton monde, l’Irak interdit 10 chaînes de télévision, dont Al Jazira, accusées de faire du sectarisme.L’Allemagne est accusée d’avoir formé le pouvoir tunisien aux techniques de surveillance sur Internet. De son côté, Mozilla a mis en demeure la société britannique Gamma International, qui vend à des régimes autoritaires un spyware dissimulé sous les traits de Firefox.

En Egypte, la situation est de pire en pire pour les femmes. J’en parlais il y a deux ans sur la V1, Le Monde nous rappelle cette semaine que la situation empire de jours en jours. A Louxor on fait la gueule : L’activité touristique aurait chuté de 70% dans les sites historiques de haute Egypte

En France, Pole Emploi, reconnu coupable de discrimination par le Défenseur des Droits, étale ses remboursements de dettes sur 22.000 ans, easy, et en Espagne, c’est l’économie souterraine qui fait tenir le pays.

Dans ton monde, les étudiantes au Tadjikistan sont obligées de porter des talons, les FAI américains injectent de la pub dans les pages web qu’ils transmettent à leurs abonnés.

Le Hezbollah annonce qu’il pourrait intervenir avec l’Iran en Syrie.

Au Royaume-Uni, enfin, le marché du travail n’est visiblement pas nana-friendly.