Précarité des pigistes

Deux sorties cette semaine en rapport avec la précarité des pigistes… et pas que :

Deux sorties cette semaine en rapport avec la précarité des pigistes… et pas que :

newsD’abord ce papier qui rappelle que les pigistes au Québec ne touchent plus que 59% de ce qu’ils touchaient en 1981 en termes de revenus. Le papier soulève aussi des questions de différences salariale à niveau égal, travail égal et pour le même média entre hommes et femmes et rappelle que les coupes budgétaires interviennent surtout sur le temps de préparation des reportages, et c’est l’information, bien entendu, qui en pâtit.

Cet article de Slate, au dela de pointer le vieillissement de la profession par la moyenne d’age grandissante des journalistes encartés, permet de rappeler le fait que les jeunes journalistes, souvent pigistes et donc précaires, ont du mal à obtenir leur carte de presse, faute de revenus suffisant. Il est donc avant tut question de précarisation. 61,2% des premières demandes de carte de presse sont adressées par des journalistes en CDD ou à la pige. L’article rappelle aussi l’absence de femmes aux postes de direction. Elles ne représentent que 26,2% des directeurs de publication et 34% des rédac chefs.

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Pigistes, pas pigeons

Aides à la presse, le raport de la cour des comptes

La cour des comptes, dans son dernier rapport ne s’intéresse pas qu’à nos paires de lunettes. L’abattement fiscal des journalistes est aussi porté au débat.

La cour des comptes, dans son dernier rapport ne s’intéresse pas qu’à nos paires de lunettes. L’abattement fiscal des journalistes est aussi porté au débat.

7650 euros sont à déduire des impôts pour une personne ayant travaillé à plein temps tout au long de l’année.

A cela, il faut ajouter qu’avec cet abattement, les journalistes ne déduisent aucun frais réels qu’ils s’agisse de déplacements, abonnements de train, par exemple, pour ceux qui se rendent au travail en TER, frais d’essence, contrairement à la majorité des français qui peuvent déduire tout ou partie de ces frais de leur déclaration. Le journaliste pigiste doit aussi investir pour pouvoir travailler : ordinateur personnel parfois haut de gamme pour faire du montage vidéo ou du traitement photo, le matériel de captation son/photo/vidéo (plus « et » que « ou » le pigiste devant pour s’en sortir être multimédia).

Les pigistes, par exemple, qui partent faire de sujets à l’étranger, paient tous leurs déplacements, logements sur place, etc. et toucheront finalement beaucoup moins que ce qui est écrit sur sur leurs fiches de paie, puisqu’il faudra déduire les frais de visa, transports, etc… de la somme gagnée… Ce qui dans certains cas peut se révéler ardu.

J’ai quasi toujours dépassé, parfois même de beaucoup, les frais avancés, mais il m’est aussi arrivé d’en sortir plus que je n’en n’ai eu à l’arrivée. C’est le cas de mon déplacement au Soudan, par exemple, où tout était très cher et malgré l’hébergement en couchsurfing une partie du voyage, le fait d’utiliser des touk touks et petits bus locaux, j’ai voyagé à pertes. En gros, j’ai payé pour travailler.

Mais pas la peine d’aller si loin, il suffit de se rendre dans la plupart des capitales européennes pour voir les factures s’empiler très vite.

Alors on jongle.

Le rapport fait d’ailleurs état de la condition précaire des pigistes :

Si la profession de journaliste ne semble donc pas, en moyenne, défavorisée d’un point de vue salarial, la situation des journalistes pigistes ou en contrat à durée déterminée, en particulier des jeunes journalistes, pourrait conduire à nuancer sensiblement ce constat.

 Les fois où on gagne bien sa vie, on met de côté pour celles où on aura beaucoup de frais… Je parlais déjà de la situation des pigistes ici ou encore là.

Je doute d’ailleurs, en cas de suppression de cet abattement, que l’Etat y soit gagnant puisque les déclarations de frais réels pourraient être assez importantes, plus que cette allocation.

L’abattement, c’est quoi ?

Pour un journaliste ayant travaillé à temps partiel, à mi-temps ou ayant connu des périodes de chômage, la déduction est à calculer au prorata. Pour quelqu’un qui aurait travaillé 10 mois à temps plein, par exemple, il faut calculer 7650/12 = 637,5 (pour un mois) x 10 = 6375 euros à déduire.

Avant 1998, cet abattement concernait 30 % des revenus des journalistes. Finalement, ceux qui avaient de gros salaires, bossaient à plein temps, déduisaient beaucoup plus que les pigistes ou les personnes ayant enchaîné quelques CDD tout au long de l’année qui, avec leur rémunération rikiki, avaient droit à un abattement tout aussi rikiki.

C’est en 1998 que les choses ont changé de manière plus équitable. Tout le monde dit déduire la même somme, une énorme bouée d’oxygène pour les plus précaires d’entre nous, une broutille pour les plus hauts revenus.

Ce que dit la cour des comptes

Mis à part le statut des pigistes, la grande disparité des revenus, tant pour les CDI que pour les pigistes, il est question de penser à aider les journalistes et non plus (ou moins) les organes de presse :

Dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances initiale pour 2013 au Sénat, le ministre délégué au budget confirmait cette analyse à l’occasion de l’examen d’amendements tendant à réduire cet avantage fiscal : « En apparence, [cette mesure] vise à avantager une profession. En réalité, son objectif est d’aider les entreprises de presse, entreprises industrielles qui rencontrent, on le sait, d’extraordinaires difficultés […]

 Ce qu’il ressort de la lecture de l’ensemble du document c’est qu’il y a vraiment (beaucoup) trop d’aides à la presse, reste à savoir si la grande précarité dans laquelle se trouvent les pigistes sera prise en compte en cas de réforme.

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Le rapport spécifique à la presse
Le papier clairvoyant de Jacques Rosselin

Merci à Bruno pour les idées de dépenses des journalistes pigistes auxquelles je n’avais pas pensé.

Egypte : Selon que vous soyez riche ou misérable…

Donc aujourd’hui, les intellectuels égyptiens veulent retirer le droit de vote aux illettrés qui ne vote pas comme eux. Au delà de la remise en cause de la définition de la démocratie, c’est toute une société qui nous montre son vrai visage.

Donc aujourd’hui, les intellectuels égyptiens veulent retirer le droit de vote aux illettrés qui ne votent pas comme eux. Au delà de la remise en cause de la définition de la démocratie, c’est toute une société qui nous montre son vrai visage.

Il est (de plus en plus) loin le temps où je te parlais de ces Egyptiens middle class qui rabaissaient systématiquement, parfois même sans s’en apercevoir, les gens des classes « inférieures », quitte à leur parler assez méchamment.

C’est une des choses qui m’avait le plus choquée dans la société égyptienne.

Aujourd’hui,ceux d’en haut qui ont toujours traité ceux d’en bas comme des chiens, s’aperçoivent que leurs voix comptent autant lors d’une élection et ça, ça ne leur plaît pas puisque ceux d’en bas voteraient pour les Frères.

Sauf que…

Sauf que justement, c’est le peu de considération qu’ont les gens d’en haut pour les gens d’en bas qui fait que les Frères ont pris toute leur assise dans les classes les plus populaires.

Je vivais dans le quartier d’Imbaba, un des plus pauvre de la ville où on ne trouve pas d’étrangers, et vivier des Frères. Les habitants ? Des ouvriers, des femmes de ménage, des serveurs, des personnes sans emploi, des malades qui n’ont rien pour se soigner, des gens qui reçoivent de l’argent tous les mois, de la mosquée, pour tenir.

Les seuls à les aider pour nourrir leurs enfants étaient ceux qui leur faisaient ces nombreux dons, ceux qui les écoutaient, ceux qui leur parlaient, ceux qui leur donnaient l’impression de les prendre au sérieux quand les autres les mettaient plus bas que terre.

Alors oui reconnaissance du ventre, mais pas que.

Il y a aussi la manière dont on leur parle, dont on les regarde, l’image qu’on leur renvoie d’eux. Il n’y a chez la majorité de la population que du mépris de classe, et on s’en aperçoit encore avec cette prise de position sur le vote.

Mais c’est parce que vous les maltraitez et les déconsidérez qu’il vont chercher ailleurs, chez ceux pour qui ils votent, le soutien dont ils ont besoin.

  • Lire l’article de Courrier International

Capture du 2013-08-24 17:39:37

Qatar, les secrets du coffre-fort

Le Qatar, ce petit pays dont nous ne connaissons rien mis à part le sentiment général de peur quand le pays investit dans les banlieues françaises, nous est raconté par Christian Chesnot et Georges Malbrunot, deux journalistes qui travaillent sur la zone géographique au sens large et ce pays en particulier depuis plusieurs décennies.

Le Qatar, ce petit pays dont nous ne connaissons rien mis à part le sentiment général de peur quand le pays investit dans les banlieues françaises, nous est raconté par Christian Chesnot et Georges Malbrunot, deux journalistes qui travaillent sur la zone géographique au sens large et ce pays en particulier depuis plusieurs décennies.

Ils nous expliquent comment tout le système est (bien) géré parla famille Al-Thani au pouvoir, alliant Industrie, économie, politique, culture, diplomatie, sport, et éducation, chaque membre de la famille est responsable d’un secteur.

Qatar

Au fils qui deviendra un jour émir l’armée et le sport, à la fille qui s’est prise d’une passion pour l’art contemporain, la culture, à la plus intelligente, un poste politique au sein du cabinet de l’émir, à l’oncle une entreprise, etc…

Au sommet de la pyramide, un trio composé de l’émir visionnaire qui a transformé un tas de sable en ce qu’est le Qatar aujourd’hui, sa seconde femme, Cheika Moza, sorte de Lady Di des terres arabes qui finance aujourd’hui une part importante du budget de l’UNESCO et se bat pour accroître la place de la femme dans la société, et HBJ, un indétrônable ministre déjà là du temps de l’ex émir.

L’ensemble du bouquin porte sur les changements au Qatar, les investissements, le soft power, l’argent, bien entendu, mais au delà des informations très détaillées sur le pays, on voit en toile de fond quels rapports le pays entretien avec ses voisins mais aussi avec les personnages politiques français.

On y apprend que Dominique de Villepin est un grand ami de la famille, que Rachida Dati y passait le plus clair de son temps à une époque et a fait placer sa sœur à un poste clé dans le pays, que de nombreux politiques, de droite comme de gauche, s’y sont cassé les dents en tentant d’aller leur vendre des équipements, attirés par les rétro commissions qui en résultaient…

Un bouquin de journalistes à lire si vous ne connaissez rien au Qatar. On y apprend tout de la démesure, des jeux diplomatiques, de l’intelligente stratégie de cet émir qui donne la fausse impression d’être un doux rêveur, des investissements du pays dans les banlieues françaises, non pas pour les « islamiser » comme on a pu le lire ça et là, mais pour former et repérer des talents arabophones puisque le Qatar manque cruellement de compétences.

  • Et pour en savoir plus, une vidéo qui résume très bien le bouquin

[youtube]http://youtu.be/QNHESltX-B8[/youtube]

Génération Y, Monique Dagnaud

Au hasard d’un débat organisé par l’association WebDiversity, j’ai rencontré Monique Dagnaud. Il était question de jeunesse et d’internet, nous avions échangé nos bouquins respectifs.

Au hasard d’un débat organisé par l’association WebDiversity, j’ai rencontré Monique Dagnaud. Il était question de jeunesse et d’internet, nous avions échangé nos bouquins respectifs.

Depuis, il était sur ma To read list, entre un bouquin de journaliste au Moyen-Orient et un bouquin de journalistes sur le Moyen-Orient. Direction Amman, donc, avec ce petit livre dans mon bagage à main. Pas de grande surprise, je l’avais trouvé très bien en débat, je la retrouve dans le texte.

Dans cet ouvrage, Monique Dagnaud dresse un portrait des digital natives en rapport avec Internet, bien entendu, mais à travers plusieurs thématiques.

Celle du militantisme politique, d’abord. Elle fait le parallèle ente cette jeunesse française qui ne se déplace pas pour voter, n’a pas vraiment foi en l’avenir mais qui, dans un même temps, se mobilise épisodiquement en faveur de causes, sociales ou politiques. Des engagements qui peuvent parfois aller très loin, comme sur la Puerta del Sol à Madrid ou sur le mouvement Occupy qu’elle a suivis.

9782724612837

L’autre entrée est celle des spécificités de cette jeunesse : Egotique, diront certains, à la recherche d’un quart d’heure de célébrité, le tout sponsorisé par des émissions de télévision. Elle place ce comportement aussi dans la lignée de l’urbanisation qui a, depuis longtemps, contribué au cloisonnement. Cette jeunesse rêve, mais cette jeunesse se cloisonne devant son écran et préfère s’afficher via des flux vidéos ou des messages sur Facebook. Encore une fois en parallèle, elle lance à l’occasion des causes, adhère à des combats et les partage en mode viral.

Elle comprend que le Net est devenu le prolongement de la vie, qu’il en fait partie à part entière, d’où le militantisme en faveur de la Neutralité du Net, celui contre Acla, pas encore botté en touche par nos élus quand le bouquin a été rédigé. En d’autres termes, cette jeunesse ne s’intéresse que peu à la politique en général mais s’investit lorsqu’il s’agit e son quotidien.

Enfin, elle n’omet pas de parler de cette société du partage que nous avons créé,  des artistes au public, d’un internaute à un autre, d’un nordiste qui mettrait en ligne des cours pour un étudiant des pays du Sud qui n’y a pas accès à un cyber(h)ac(k)tiviste qui fournit des technologies et surtout son savoir pour aider des personnes opprimées à communiquer.

Un bouquin sympa, à lire qui couvre tout le spectre : pauvreté, avortement, classes sociales, etc. le tout en vis à vis de l’utilisation des réseaux pa la jenesse ailleurs, notamment dans les pays des révolutions.

A lire (vite!)

A la #SNCF c’est de mieux en mieux

La neige existe depuis la nuit des temps, la SNCF ne sait toujours pas comment la gérer. Le mauvais temps prend des allures d’apocalypse quand vous voulez rejoindre Paris depuis la banlieue : gel sur les voies, employés débordés, zéro solution comme si le service public découvrait la neige pour la première fois.

La neige existe depuis la nuit des temps, la SNCF ne sait toujours pas comment la gérer. Le mauvais temps prend des allures d’apocalypse quand vous voulez rejoindre Paris depuis la banlieue : gel sur les voies, employés débordés, zéro solution comme si le service public découvrait la neige pour la première fois.

Sur ma ligne, c’est un peu funky à l’heure de pointe puisque la ligne U ayant totalement disparu des cartes, ses voyageurs sont invités à emprunter ma ligne, la L, entre la Défense et Viroflay. Cela nous faisait donc en temps normal un doublement de la capacité avec chaque matin, des gens – les plus vieux et les plus faibles – restant à quai par manque de place. La capacité a doublé, donc, mais aucun wagon n’a été rajouté, on n’a même pas droit à rames à étage.

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A la SNCF on veut faire des économies, alors on entasse les voyageurs tel du bétail qui va à l’abattoir… A 99 euros l’abonnement mensuel pour les habitants de Versailles, ça fait un peu cher le pince-fesses, non ? Bon, c’est vrai qu’on est habitués… Mais là, il s’agit de la neige. Donc aux retards et désagréments quotidiens, qu’on évoque sans broncher sur le compte twitter de la ligne, il faut ajouter verglas, neige et personnels totalement dépassés.

Oui, il neige, comme il y a une dizaine de jours, comme le mois dernier, comme l’année dernière… mais à la SNCF, on découvre toujours la situation avec ravissement alors que des voyageurs passent la nuit dans leur train avec une poignée de biscuits dans le ventre et risque de n’arriver à bon port que le soir suivant.

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A Paris, les ravis de la crèche SNCF, proposent tout simplement aux banlieusards de ne pas se rendre à Paris pour travailler. Easy. Non, n’allez pas bosser pour faciliter le travail des 7 nains qui déblaient les voies…

Sans honte, en plus… Comme si nous nous entassions tous les matins dans la bétaillère pour le plaisir, voire pour faire du shoping ou kiffer les frottements entre voyageurs avant de repartir dans l’autre sens. Restez chez vous, donc, perdez votre boulot, la SNCF ne vous sponsorisera pas votre loyer… des blaireaux qui découvrent que la neige c’est froid, eux, auront du travail… On pourrait peut-être leur suggérer que l’eau, ça mouille, en prévision d’un prochain épisode pluvieux… Des fois que ça nous éviterait l’apocalypse…

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Journalistes, un, deux, trois, pleurez…

Les journalistes vont mal, et c’est l’Acrimed qui le dit dans ce rapport. Pourquoi ? la précarisation grandissante de la profession, le remplacement de vrais contrats par des boulots de freelances, des journalistes à pas cher qui paient eux-mêmes leurs frais et voient ainsi leur niveau de vie amputé. Plus généralement, la profession se kleenexise puisque des bataillons de cons, comme le dirait Nonce Paolini, attendent à la porte.

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Oxfam jour avec vos données personnelles

Je me suis étonnée dans la semaine. J’ai voulu postuler chez Oxfam pour un poste lié à une formation courte qu’il faudrait délivrer à des journalistes dans je ne sais plus quel pays du monde.

Soit.

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