Quand Guy Birenbaum se relève

C’est avec l’esprit un peu embrouillé que je referme le livre de l’ami Guy Birenbaum, Vous m’avez manqué, histoire d’une dépression française. Il y raconte plusieurs mois d’errance, glissant vers ce que nous appelons le « burn out » que lui préfère nommer « burn in », et les ravages que cette maladie aura causé dans sa vie de tous les jours. Il parle aussi de l’après, du travail qu’il y a à accomplir pour guérir. Enfin, il nous renvoie aux dérives de la société dans laquelle nous évoluons.

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Turquie Joue-la comme ZABA

Ces derniers jours, le pouvoir turc a joué un sale jeu en matière de liberté d’expression, un coup dur sans possible retour en arrière.

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Comment défendre nos libertés en ligne ? réponse avec @jerezim

Comment défendre nos libertés en ligne ? réponse avec @jerezim

J’ai assisté il y a quelques jours à la conf de Jérémie Zimmermann au Théâtre du Rond Point.
Très intéressant, comme d’habitude. j’aime, donc je le partage.

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Petit retour du CCC

Le Chaos communication congress, rassemblement de hackers en Europe fête cette année ses 30 ans. Une édition anniversaire qui survient dans un contexte brulant : Snowden, Wikileaks.

Le Chaos communication congress, rassemblement de hackers en Europe fête cette année ses 30 ans. Une édition anniversaire qui survient dans un contexte brulant : Snowden, Wikileaks.

Conséquence, beaucoup de conférence ont porté sur la surveillance des données. En question aussi, la sécurité de nos smartphones, véritables ordinateurs embarqués, plutôt vulnérables. Mon reportage à Hambourg lors du Congress pour France Inter.

Comment la CNIL encourage à éparpiller ses données persos

La CNIL publie une fiche intitulée « Protéger ses données personnelles sur Facebook : les conseils pour agir » qui renvoie vers la page Facebook de la CNIL
gné ?

Déjà allier Facebook et protection des données personnelles est assez osé, puisque rien de ce que vous ne postez sur ce site n’est « personnel » puisque déposé sur les serveurs facebook. Dans le meilleurs des cas (avec des si), c’est tout, dans a vraie vie, ça part chez des marketteux, des pubeux, ou toute autre personne qui peut avoir accès à tout ou partie des serveurs du géant américain.
Le lien renvoie vers une jolie page avec de beaux galets de couleurs sur lesquels il faut cliquer pour obtenir des informations en as de harcèlement, de faux profil, de fermeture de compte, etc…

Capture du 2014-02-05 15:10:26

Je me suis arrêtée sur « comment gérer les paramètres de confidentialité ? » soucieuse de savoir comment confidentialité il peut y avoir quand tu échanges tout plein d’infos avec des pubeux.

Les conseils de la CNIL sont les suivants :

 

Capture du 2014-02-05 15:13:03

Si j’avais eu un compte, j’aurais liké celui-ci :
« Vous pouvez limiter l’ensemble de vos publications antérieures à l’audience de votre liste d’amis. Rappel : Depuis votre mur ou votre historique, vous avez aussi la possibilité de « supprimer» manuellement chacune des actions effectuées sur Facebook, ou limiter l’accès de vos publications à « vos amis proches », à « moi uniquement » … »

Rien n’aide moins à la confidentialité que l’illusion de la confidentialité.
On peut effectivement limiter la publication sur le Ouaibe de ces informations à la liste d’amis + les publicitaires + les marketeur + tous les autres…

Ensuite, on t’explique que tu peux « supprimer », comme ça, en un clic, ce que tu as envie de voir disparaître… sauf que… sauf qu’il n’y a qu’à la CNIL qu’on croit encore au père Noël. Et bien non, les lutins ne vont pas faire le ménage dans les serveurs de la boite, cela disparaît juste de votre mur et les informations restent chez eux, toujours utilisables à toutes fins commerciales ou autres… Biensur, cela n’est mentionné nulle part sur les explications de la CNIL.

Le mieux reste encore la proposition de destiner une publication à « moi uniquement » (????)
???
???
???
Non, la CNIL, quand quelqu’un publie sur facebook, même s’il choisit que sa voisine ne peut pas voir cette information, ils sont des centaines à pouvoir la voir.
Question, pourquoi toute cette désinformation ? Pourquoi faire croire aux gens dont vous êtes censé « faire respecter les libertés individuelles » que leurs données personnelles seront protégées alors que ce n’est pas le cas et que vous le savez.

  • Les liens qui vont bien

Données personnelles, non je ne suis pas fidèle
Voila un an et demi que j’ai quitté Facebook

Rien à montrer…

J’aime beaucoup quand les gens me disent qu’ils n’ont rien à cacher : « Alors je peux te filmer sous la douche ? » regard interloqué. « Parce que ce qui peut être sympa, c’est le moment où tu passes tes mains savonneuse sur tes fesses… » Mais non ! « Mais pourquoi ? T’aurais en fait des trucs à cacher ? Et sinon, je peux venir enregistrer des sons quand tu ronfles, la nuit ?… me faudrait juste un bout de canapé… »

J’aime beaucoup quand les gens me disent qu’ils n’ont rien à cacher : « Alors je peux te filmer sous la douche ? » regard interloqué. « Parce que ce qui peut être sympa, c’est le moment où tu passes tes mains savonneuse sur tes fesses… » Mais non ! « Mais pourquoi ? T’aurais en fait des trucs à cacher ? Et sinon, je peux venir enregistrer des sons quand tu ronfles, la nuit ?… me faudrait juste un bout de canapé… »

Je ne sais pas pourquoi, mais en général, ça ne fonctionne pas. Non, je ne m’attarderais pas sur le « en général ».

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Génération Y, Monique Dagnaud

Au hasard d’un débat organisé par l’association WebDiversity, j’ai rencontré Monique Dagnaud. Il était question de jeunesse et d’internet, nous avions échangé nos bouquins respectifs.

Au hasard d’un débat organisé par l’association WebDiversity, j’ai rencontré Monique Dagnaud. Il était question de jeunesse et d’internet, nous avions échangé nos bouquins respectifs.

Depuis, il était sur ma To read list, entre un bouquin de journaliste au Moyen-Orient et un bouquin de journalistes sur le Moyen-Orient. Direction Amman, donc, avec ce petit livre dans mon bagage à main. Pas de grande surprise, je l’avais trouvé très bien en débat, je la retrouve dans le texte.

Dans cet ouvrage, Monique Dagnaud dresse un portrait des digital natives en rapport avec Internet, bien entendu, mais à travers plusieurs thématiques.

Celle du militantisme politique, d’abord. Elle fait le parallèle ente cette jeunesse française qui ne se déplace pas pour voter, n’a pas vraiment foi en l’avenir mais qui, dans un même temps, se mobilise épisodiquement en faveur de causes, sociales ou politiques. Des engagements qui peuvent parfois aller très loin, comme sur la Puerta del Sol à Madrid ou sur le mouvement Occupy qu’elle a suivis.

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L’autre entrée est celle des spécificités de cette jeunesse : Egotique, diront certains, à la recherche d’un quart d’heure de célébrité, le tout sponsorisé par des émissions de télévision. Elle place ce comportement aussi dans la lignée de l’urbanisation qui a, depuis longtemps, contribué au cloisonnement. Cette jeunesse rêve, mais cette jeunesse se cloisonne devant son écran et préfère s’afficher via des flux vidéos ou des messages sur Facebook. Encore une fois en parallèle, elle lance à l’occasion des causes, adhère à des combats et les partage en mode viral.

Elle comprend que le Net est devenu le prolongement de la vie, qu’il en fait partie à part entière, d’où le militantisme en faveur de la Neutralité du Net, celui contre Acla, pas encore botté en touche par nos élus quand le bouquin a été rédigé. En d’autres termes, cette jeunesse ne s’intéresse que peu à la politique en général mais s’investit lorsqu’il s’agit e son quotidien.

Enfin, elle n’omet pas de parler de cette société du partage que nous avons créé,  des artistes au public, d’un internaute à un autre, d’un nordiste qui mettrait en ligne des cours pour un étudiant des pays du Sud qui n’y a pas accès à un cyber(h)ac(k)tiviste qui fournit des technologies et surtout son savoir pour aider des personnes opprimées à communiquer.

Un bouquin sympa, à lire qui couvre tout le spectre : pauvreté, avortement, classes sociales, etc. le tout en vis à vis de l’utilisation des réseaux pa la jenesse ailleurs, notamment dans les pays des révolutions.

A lire (vite!)

Quand l’UFC que Choisir tombe dans la comm’ facile

L’UFC que choisir s’attaque à des géants du Net américains qui jouent avec nos données, voire pire. Un joli coup de communication.

L’UFC que choisir s’attaque à des géants du Net américains qui jouent avec nos données, voire pire. Un joli coup de communication.

L’association des consommateurs met en demeure FB, Google+ et Twitter de modifier leurs CGU parce que là, c’est vraiment, mais vraiment moche, ce qu’ils font avec les données que, pour la plupart, nous leurs donnons sciemment.

Capture du 2013-06-29 11:44:47

Les CGU ?

Les pages qu’on ne lit jamais et où on accepte tout en cliquant parce que c’est bien que c’est gratuit et qu’on va pas nous saouler avec 20 pages de texte. C’est dans les CGU de Skype, par exemple, qu’on peut lire que l’entreprise a le droit de faire des enregistrements à la volée quand elle veut, sans t’en informer.

Revenons-en à notre histoire. Ils ne sont pas totalement débiles, chez UFC que Choisir, ils font même des trucs très bien la plupart du temps, d’où mon interprétation de l’affaire de la mise en demeure comme un joli coup de communication.

Ils savent que ces sites dépendent des lois où sont les sièges sociaux des entreprises, que certains peuvent aussi dépendre des textes des pays où se trouvent leurs serveurs… et pas de la loi française. Ils le savent, et c’est donc sciemment, qu’ils dépensent beaucoup d’argent en courriers pour les mettre en demeure et qu’ils sont prêts à en dépenser beaucoup en frais d’avocat pour aller en justice si les mammouths du Ouaibe ne respectent pas les demandes des fourmis françaises.

En retour, un représentant de FB, cité par 01net rappelle que sa boite est en conformité avec les lois européennes. Plutôt que de lancer de coûteux ultimatums qui ne donneront, on le d’avance, rien du tout, pourquoi ne pas se lancer dans l’éducation au consommateur à ne pas filer leurs données,  à savoir se protéger en ligne ? Ce serait moins coûteux… ça rapporterait peut être moins en termes de communication.

L’association fixe même un ultimatum ! Un certain Marc Z. doit vraiment avoir peur de sortir de chez lui à l’heure qu’il est.

Illustration Flickr/CC/NicolasNova

Menace sur nos libertés. Comment Internet nous espionne. Comment résister

Vous savez ce qu’est un cypherpunk ? vous avez suivi le combat de la Quadrature contre Acta ? Vous militez pour la neutralité du Net ? Vous savez au moins de quoi il s’agit ? vous vous intéressez à l’exportation d’armes de surveillance ? A la liberté de communication qu’entraÏne le chiffrement ? … Si vous avez répondu non, à toutes les questions, ce bouquin est fait pour vous, prenez-le comme un manuel d’apprentissage des libertés en ligne.

Vous savez ce qu’est un cypherpunk ? vous avez suivi le combat de la Quadrature contre Acta ? Vous militez pour la neutralité du Net ? Vous savez au moins de quoi il s’agit ? vous vous intéressez à l’exportation d’armes de surveillance ? A la liberté de communication qu’entraÏne le chiffrement ? … Si vous avez répondu non, à toutes les questions, ce bouquin est fait pour vous, prenez-le comme un manuel d’apprentissage des libertés en ligne. Le titre de ce billet est éponyme à celui du nouveau bouquin signé Julian Assange.

Hackers_PPirateAlsace

Ce livre est basé sur une discussion entre Assange, Appelbaum, Andy Müller et Jérémie Zimmermann qu’ils ont annotée. Les 36 pages de définitions, liens, rappels d’événements, lectures, constituent une première richesse pour approfondir le sujet.

Le bouquin s’adresse plutôt à des néophytes ou à des personnes qui commencent à s’intéresser à ces questions et ne savent pas trop où creuser.

Sur un ton parlé, donc, les quatre mousquetaires de l’Internet, reviennent sur ces dix dernières années et mettent en avant des valeurs que nous soutenons, telles que la neutralité du Net, l’importance du chiffrement, la décentralisation… et dressent un tableau un peu noir de quelques-uns, à l’instar de Visa et Mastercard qui, outre bloquer les transferts d’argent vers Wikileaks, sont accusés de participer à un système de surveillance. L’exemple avancé est tout à fait fou. Impossible de gérer les échanges bancaires internes à la Russie à l’intérieur même du pays. Aujourd’hui, le Russe dont le compte en banque se trouve dans une banque russe, qui va faire quelques courses à la supérette au bout de sa rue et paie avec une Visa ou une Mastercard, voit sa transaction effectuée via les USA.

De l’intérêt de l’apprentissage

Ils mettent l’accent sur le rapport entre compréhension des systèmes et liberté. L’utilisateur du clicodrome est dépendant de sa technologie, celui qui ouvre, démonte, essaie de comprendre, pourra mieux maîtriser la machine. Au-delà des logiciels libres, donc, les quatre compères militent pour un hardware libre que l’on pourrait dupliquer, améliorer et adapter à son usage. Mais cela demande une prise de conscience des gens et un apprentissage, peut-être long et fastidieux, mais qui en vaut la peine puisqu’il est question de libertés fondamentales.

Chose intéressante que soulève Andy Müller, l’interdiction, via l’Arrangement de Wassenaar, d’exporter des technologies de chiffrement vers des pas déclarés « mal intentionnés ». Par contre, l’export de technologie de surveillance, dont on connait les malheureux résultats, n’est pas soumis à règlementation. Le constat est surprenant pour un néophyte et le bouquin incite à s’interroger sur cette question.

Jérémie Zimmermann revient sur ACTA, bien entendu, mais aussi sur notre rapport un peu étrange à la vie privée. Aujourd’hui, il suffit de cliquer sur « publier » pour révéler en quelques secondes des informations personnelles sur Facebook. Et de rappeler qu’on remet ces données avant tout non pas à ses amis ou à ses proches, mais à Facebook qui les utilise, les partage, les vend, comme il le souhaite.

« Publier signifie rendre public, ça veut dire qu’on offre au reste du monde l’accès à cette donnée. »

Enfin, Jacob Appelbaum revient sur les nombreux problèmes rencontrés lorsqu’il voyage aux USA du fait d’avoir participé à la création de Tor mais aussi du fait de son amitié avec Julian Assange. Il décrit au passage le processus de sélection de futurs employés de l’US Navy via des jeux concours (CTF) organisés auprès d’étudiants du Security an Privacy Research Laboratory de l’université de Washington.

Si vous avez répondu oui à toutes les questions du premier paragraphe de ce billet, vous risquez d’apprendre quelques petites choses dans ce bouquin, comme celles décrites ici que j’ai appris au fil de la lecture sans encore avoir pris le temps de compulser la totalité des liens qu’on trouve en annexe. Mais clairement, toi qui a répondu oui, tu n’es pas le public visé par ce livre.

Seul bémol, la qualité de la traduction. On s’arrache les ongles à vouloir lire plus souvent « chiffrement » à la place de « cryptage » et surtout, le « espaces de hackers » pour « hackerspaces » fait un peu saigner des yeux.

Chez l’éditeur.

A lire aussi, cet article de Numérama nous informant que le FBI réclame un acces en temps réel à Skype, Facebook, gmail, etc…

Dans le bouquin, il est aussi question du Patriot Act qui donne tous le spouvoirs au FBI et à l’Etat américain de zyeuter sympathiquement vos communication. Google révèle les dernières demandes du FBI.

Il était une fois…

« Il était une fois les révolutions » (vous remarquerez le gros travail sur le titre) c’est mon premier livre de journaliste, mon second livre tout court, qui traite des coulisses des révolutions à travers des anecdotes, des portraits, des rendez-vous, des échanges… Qui traite aussi de reconstruction, de mentalités et des gens tout simplement, qui ont vécu, loin des caméras, le printemps arabe de 2011.

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Il est là, ll est tout petit tout joli et tout chaud sorti des presses après 666 relectures.

« Il était une fois les révolutions » (vous remarquerez le gros travail sur le titre) c’est mon premier livre de journaliste, mon second livre tout court, qui traite des coulisses des révolutions à travers des anecdotes, des portraits, des rendez-vous, des échanges… Qui traite aussi de reconstruction, de mentalités et des gens tout simplement, qui ont vécu, loin des caméras, le printemps arabe de 2011.

Vous y retrouverez aussi, entre les nouveaux textes, quelques billets de blog laissés tels quels comme la lettre à Omar, impossible de parler de la Syrie sans cela, ou retravaillés à coup de chiffres, informations supplémentaires, etc. L’idée était aussi de mettre ces textes entre les mains de gens qui ne seraient jamais allés les lire sur le Web. Plus de deux ans après, je crois toujours en l’initiative de Wasla et je la reproduis.

Tu peux aller faire un tour chez l’éditeur pour avoir plus d’infos. Le bouquin est aussi normalement disponible sur Chapitre.com, Place des libraires, Cultura, Decitre et sera sur Amazon dans 4 à 8 semaines.

Bonne lecture !