Génération Y, Monique Dagnaud

Au hasard d’un débat organisé par l’association WebDiversity, j’ai rencontré Monique Dagnaud. Il était question de jeunesse et d’internet, nous avions échangé nos bouquins respectifs.

Au hasard d’un débat organisé par l’association WebDiversity, j’ai rencontré Monique Dagnaud. Il était question de jeunesse et d’internet, nous avions échangé nos bouquins respectifs.

Depuis, il était sur ma To read list, entre un bouquin de journaliste au Moyen-Orient et un bouquin de journalistes sur le Moyen-Orient. Direction Amman, donc, avec ce petit livre dans mon bagage à main. Pas de grande surprise, je l’avais trouvé très bien en débat, je la retrouve dans le texte.

Dans cet ouvrage, Monique Dagnaud dresse un portrait des digital natives en rapport avec Internet, bien entendu, mais à travers plusieurs thématiques.

Celle du militantisme politique, d’abord. Elle fait le parallèle ente cette jeunesse française qui ne se déplace pas pour voter, n’a pas vraiment foi en l’avenir mais qui, dans un même temps, se mobilise épisodiquement en faveur de causes, sociales ou politiques. Des engagements qui peuvent parfois aller très loin, comme sur la Puerta del Sol à Madrid ou sur le mouvement Occupy qu’elle a suivis.

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L’autre entrée est celle des spécificités de cette jeunesse : Egotique, diront certains, à la recherche d’un quart d’heure de célébrité, le tout sponsorisé par des émissions de télévision. Elle place ce comportement aussi dans la lignée de l’urbanisation qui a, depuis longtemps, contribué au cloisonnement. Cette jeunesse rêve, mais cette jeunesse se cloisonne devant son écran et préfère s’afficher via des flux vidéos ou des messages sur Facebook. Encore une fois en parallèle, elle lance à l’occasion des causes, adhère à des combats et les partage en mode viral.

Elle comprend que le Net est devenu le prolongement de la vie, qu’il en fait partie à part entière, d’où le militantisme en faveur de la Neutralité du Net, celui contre Acla, pas encore botté en touche par nos élus quand le bouquin a été rédigé. En d’autres termes, cette jeunesse ne s’intéresse que peu à la politique en général mais s’investit lorsqu’il s’agit e son quotidien.

Enfin, elle n’omet pas de parler de cette société du partage que nous avons créé,  des artistes au public, d’un internaute à un autre, d’un nordiste qui mettrait en ligne des cours pour un étudiant des pays du Sud qui n’y a pas accès à un cyber(h)ac(k)tiviste qui fournit des technologies et surtout son savoir pour aider des personnes opprimées à communiquer.

Un bouquin sympa, à lire qui couvre tout le spectre : pauvreté, avortement, classes sociales, etc. le tout en vis à vis de l’utilisation des réseaux pa la jenesse ailleurs, notamment dans les pays des révolutions.

A lire (vite!)

Egypte : viols, attouchements, exhibitionnisme, 1000 cas révélés sur la HarassMap

Plus de deux ans ont passé depuis ce jour d’avril 2011 où je vous parlais du projet HarasMap, auquel j’ai aussi contribué. C’est une super nénette, Engy Ghozlan qui a monté ce projet, toujours vivant, malheureusement toujours vivant, puisque les problèmes sont quotidiens. La carte contient aujourd’hui près de 1000 cas de violences.

L’Egypte, On s’émeut depuis ce matin du sort des violences faites aux femmes sur Tahrir suite aux chiffre sorti par Human Right Watch, sorti un peu partout dans la presse.

On s’émeut surtout parce que dans les mots « manifestation », « révolte », « revendications » nous sous-entendons « liberté », « droits », « avancées » et que ce qu’il se passe sur Tahrir depuis le début de l’insurrection ressemble à tout sauf ça.

Ce qu’il se passe sur Tahrir ressemble à ces Egyptiens qui ont mis à poil deux touristes espagnoles, en 2010 au pied des grandes et belles mosquées du Caire, un soir de Mouled, fête du prophète pour avoir commis le crime d’être des nanas occidentales dans une foule de mecs égyptiens.

Ce qu’il se passe sur Tahrir est ce que, depuis 2009 (me semble-t-il) vous est expliqué, montré sur la HarassMap. Il s’agit de cartographie interactives des violences faites aux femmes au quotidien dans les rues du Caire : viols, injures, attouchements, suivi dans la rue… tout est répertorié par les femmes elles-mêmes qui le subissent au quotidien. Une manière de s’exprimer, tout simplement, lorsque la police ne prend pas les plaintes en te disant que ta tenue vestimentaire ou ta coiffure a provoqué les violeurs. Mieux, ce sont parfois les familles qui empêchent ces femmes de porter plainte.

Ceux qui connaissent la V1 de Sete’ici, savent combien j’ai pu écrire sur le sujet de ces excités du bulbe. Combien j’ai pu parler de la situation de ces pauvres nanas egyptiennes.

Plus de deux ans ont passé depuis ce jour d’avril 2011 où je vous parlais du projet HarasMap, auquel j’ai aussi contribué. C’est une super nénette, Engy Ghozlan qui a monté ce projet, toujours vivant, malheureusement toujours vivant, puisque les problèmes sont quotidiens. La carte contient aujourd’hui près de 1000 cas de violences.

Pareils…

A l’école, quand j’étais petite, on m’a appris qu’il y a fort fort longtemps, les gens qui avaient la peau d’une autre couleur que la mienne n’étaient pas pareils que les autres dans l’inconscient collectif. Ils n’avaient pas les mêmes droits, étaient obligés de se battre, on saisissait leurs terres, on les montrait du doigt, on les réduisait en esclavage.

A l’école, quand j’étais petite, on m’a appris qu’il y a fort fort longtemps, les gens qui avaient la peau d’une autre couleur que la mienne n’étaient pas pareils que les autres dans l’inconscient collectif. Ils n’avaient pas les mêmes droits, étaient obligés de se battre, on saisissait leurs terres, on les montrait du doigt, on les réduisait en esclavage.

Ceux qui comprenaient avant l’heure les affranchissaient.

Plus tard, au collège, on m’a raconté qu’il y a fort fort longtemps, les gens qui avaient une autre religion que celle prônée par la majorité n’étaient pas pareils que les autres dans l’inconscient collectif. Ils étaient convertis de force ou mourraient, spoliés de leurs biens, cachés par des personnes qui avaient compris qu’avoir d’autres dieux ne doit pas être considéré comme un motif de ségrégation.

Encore plus près de nous dans le temps, j’ai appris que les femmes, il y a fort fort longtemps, n’étaient pas pareilles. Elles ne pouvaient pas se sentir responsables de leur corps toutes seules. Pas le droit d’avorter sauf cas critique, avant 1975, un consentement obligatoire pour se marier, travailler ? pourquoi faire ? Et puis vint le droit de vote, vint la pilule, vint la société que nous continuons de faire évoluer.

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Un jour, dans fort fort longtemps, je raconterais à mes petits enfants que quand j’avais leur âge, les homosexuels n’étaient pas pareils dans l’inconscient collectif.

Ils ouvriront de grands yeux.

Je leur dirai qu’ils n’avaient pas le droit de se marier « comme tout le monde » à la mairie. Je leur raconterai ce maire de Marseillan qui avait renoncé à la dernière minute à marier un couple d’hommes, en 2004 sanctions obligent, et cette belle image de ces deux gars en costume blanc ouvrant la marche à la gay pride cette année là.

Je leur raconterai, ironie de l’histoire, que je copinais à l’époque (oui, Mamie a été jeune…) avec Hussein, le président du collectif contre l’homophobie de Montpellier, le premier (un des premiers ?… Mamie vieillit) à avoir été créé en France. Il allait aider des gens, prenait des trains pour les aider sur les procès… Et puis 9 ans après, une manif parisienne, des chars, la foule, la place de la Bastille, des amis, des rires, des envies d’être enfin égaux en droits. La foule, la foule partout, la foule dense et se recroiser. C’est lui qui m’a vue, reconnue, appelée.

S’embrasser, se prendre dans les bras, parler quelques minutes, et surtout pas sur le trottoir, sinon on ne sera pas comptés.

Un jour, dans fort fort longtemps, je raconterais à mes petits enfants que quand j’avais leur âge, les homosexuels n’étaient pas pareils… Alors on a changé ça.

Illustration Flickr/CC/ralphandjenny

#Infosec, RSF, TPB,précarité, Internet, cumul, Egypte… Les liens du dimanche #19

Welcome in your world où la sécurité informatique est un métier d’avenir !

Dans ton monde, on met toujours des journalistes en prison, notamment en Iran, signe la pétition et n’oublie pas de consulter le rapport RSF de cette année. Plus drôle, The Pirate bay attaque la hadopi locale pour piratage.

Dans ton monde, les femmes deviennent de plus en plus précaires et les lingots de Ben Ali transiteraient par la France. Au Pakistan, ça sent pas vraiment le bonheur, et on essaie de prouver en Europe, où on a bien d’autres considérations que les droits de l’Homme que non, Internet ne rend pas accro et si on s’ennuie encore, on peut mettre des téléphones au frigo.

En France, on veut repousser l’interdiction du cumul des mandats, moi président, toussa… alors qu’en Egypte, finalement, c’est l’Etat qui s’oppose au blocage de Youtube décidé par la justice, c’est un peu le monde à l’envers !

Et en Syrie ?

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L’ONU et l’excision expliquée à mon pote Moussa

L’Assemblée générale de l’ONU vient d’adopter sa première résolution dénonçant l’excision, une pratique qui affecte quelque 140 millions de femmes dans le monde. Cette pratique, et plus généralement les mutilations génitales, sont illégales dans seulement une vingtaine de pays africains et en Europe ainsi qu’aux Etats-Unis et au Canada.

L’Assemblée générale de l’ONU vient d’adopter sa première résolution dénonçant l’excision, une pratique qui affecte quelque 140 millions de femmes dans le monde. Cette pratique, et plus généralement les mutilations génitales, sont illégales dans seulement une vingtaine de pays africains et en Europe ainsi qu’aux Etats-Unis et au Canada.

Plus de 110 pays ont donc soutenu conjointement ce texte qui demande aux Etats membres de « compléter les mesures punitives par des activités d’éducation et d’information ». Le travail de pédagogie sera encore long et laborieux quand on sait que dans certains territoires, il est encore question d’une pratique courante et « normale. »

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Hellocoton réinvente le féminisme (ou pas)

Je viens de m’inscrire sur cette plateforme, plus pour suivre les blogs des copines, je l’avoue… je me suis donc mise à faire tourner quelques billets de blog…. Il s’agit d’un réseau social où tu plussoies des billets de blog, lit un peu ce qu’il se passe à gauche à droite, le tout avec un design assez féminin puisque c’est aussi le but, un réseau social de filles.

Jusqu’à ce que je découvre qu’on peut aussi tagguer ses liens, sisi, ma bonne dame. Me voilà donc toute contente de découvrir un nouvel outil alors je clique et là…

Hmm… éducation ! Oui, c’est vrai, on pourrait en parler pas mal sur Sete’ici… hmm… ya pas ! par contre, on peut parler de famille, mariage et maternité, ce qui est vrachement important quand on est une fille, non ?

Bricolage ? Hacking ? Internet ? réseaux ? Ces petits mots avec lesquels je pourrais taguer mes billets… tout est rangé sous le mot « technique ». Vous savez, ces trucs barbare où il faut parfois utiliser un tournevis.

Bon, ne nous arrêtons pas à de telles considérations, je veux croire en hellocoton !

Politique !

Voilà un mot qu’il est bien. Parce que oui, une femme, ça parle politique, société, ça pense à l’avenir, ça paie des impots et ça aime savoir pourquoi, ça réfléchit, ça cogite… et bien non ; J’ai bien cherché entre « vide dressing » et « nails art » (d’autres grands thèmes de société), je n’ai pas trouvé. Choux blanc.

Par contre, il y a un tag « humeur » dans lequel on case « les chats saymal et saypasbien » et « les gateaux ça fait grossir, saymal » on pourrait peut être y rajouter « la gauche j’aime pas » ou « la droite saymal ». Voila donc ! quand la femme prend une position politique, ce serait parce qu’elle est de mauvaise humeur ? A moins que la politique soit casée sous « technique » avec les autres trucs de garçons ?

« info » ou « actu » n’y est pas non plus… on, une femme, ça ne s’informe pas, voyons.

En tout cas, chez hellocoton, on donne une image de la femme qui se rapproche plus de celle des années 1960 que de la femme d’aujourd’hui. Tristesse. Sérieux, les gens, ça ne vous dirait pas de rajouter des rubriques ?

Violences faites aux femmes, des avocats parisiens se mobilisent

Le 21 novembre, le barreau de Paris met au service des femmes victimes de violences sa permanence téléphonique d’aide aux victimes d’infractions pénales, fonctionnant toute l’année en partenariat avec le conseil départemental d’accès au droit.

Le 21 novembre, le barreau de Paris met au service des femmes victimes de violences sa permanence téléphonique d’aide aux victimes d’infractions pénales, fonctionnant toute l’année en partenariat avec le conseil départemental d’accès au droit.

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