Lauréate du concours Femmes en Vue

C’est non sans une grande joie que j’ai accueilli l’annonce de la nouvelle : je fais partie des 24 lauréates du prix Femmes en Vue de Vox Femina qui récompense chaque année des femmes expertes dans leur domaine.

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Présumés coupables

Le projet de loi sur le renseignement suscite beaucoup de débats autour de moi, parfois très animés. Il a surtout du traîner pendant un moment dans des tiroirs avant qu’on ne le révèle pile au moment qui va bien afin qu’il soit adopté.

Dans une période « normale », dirons-nous, il aurait été difficile de faire passer une loi liberticide donnant à peu près tous les droits aux services de renseignements : écoutes sauvages, rentrer chez toi sans demander la permission d’un juge, y poser des micros, et faire que tu te retrouves au centre d’une enquête alors que tu n’es qu’un simple témoin ou que, encore mieux, que tu connais quelqu’un, qui connaît quelqu’un qui connaît lui-même quelqu’un qui a mangé un tajine un jour. Cela fait de toi un possible suspect, un présumé coupable… autant te dire que si tu as de vieux disques de Cheb Mami, ils prendront un soin particulier à bien réécouter les bandes et vérifier si tu te rases le matin.

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A portée de crachat

Un jeune Palestinien, décide de quitter son pays puisque la seule possibilité qui s’offre à lui et de faire partie de cette longue file de jeunes hommes qui passent leurs journées dans la rue à papoter et cracher sur le sol.

Capture du 2014-04-02 11:22:51Une fois n’est pas coutume, ce mercredi, nous parlons Théâtre. Je suis allée voir récemment A portée de crachat au théâtre du Rond-Point (Paris) et je vous le conseille vivement. Attention, il ne vous reste qu’une petite semaine pour le voir sur place.

 Le pitch ?

Un jeune Palestinien, décide de quitter son pays puisque la seule possibilité qui s’offre à lui et de faire partie de cette longue file de jeunes hommes qui passent leurs journées dans la rue à papoter et cracher sur le sol.

Il est acteur, joue des pièces sur les droits de l’Homme quand il arrive à atteindre le théâtre, les jours où il n’y a ni émeute, ni bombardement.

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Comment la CNIL encourage à éparpiller ses données persos

La CNIL publie une fiche intitulée « Protéger ses données personnelles sur Facebook : les conseils pour agir » qui renvoie vers la page Facebook de la CNIL
gné ?

Déjà allier Facebook et protection des données personnelles est assez osé, puisque rien de ce que vous ne postez sur ce site n’est « personnel » puisque déposé sur les serveurs facebook. Dans le meilleurs des cas (avec des si), c’est tout, dans a vraie vie, ça part chez des marketteux, des pubeux, ou toute autre personne qui peut avoir accès à tout ou partie des serveurs du géant américain.
Le lien renvoie vers une jolie page avec de beaux galets de couleurs sur lesquels il faut cliquer pour obtenir des informations en as de harcèlement, de faux profil, de fermeture de compte, etc…

Capture du 2014-02-05 15:10:26

Je me suis arrêtée sur « comment gérer les paramètres de confidentialité ? » soucieuse de savoir comment confidentialité il peut y avoir quand tu échanges tout plein d’infos avec des pubeux.

Les conseils de la CNIL sont les suivants :

 

Capture du 2014-02-05 15:13:03

Si j’avais eu un compte, j’aurais liké celui-ci :
« Vous pouvez limiter l’ensemble de vos publications antérieures à l’audience de votre liste d’amis. Rappel : Depuis votre mur ou votre historique, vous avez aussi la possibilité de « supprimer» manuellement chacune des actions effectuées sur Facebook, ou limiter l’accès de vos publications à « vos amis proches », à « moi uniquement » … »

Rien n’aide moins à la confidentialité que l’illusion de la confidentialité.
On peut effectivement limiter la publication sur le Ouaibe de ces informations à la liste d’amis + les publicitaires + les marketeur + tous les autres…

Ensuite, on t’explique que tu peux « supprimer », comme ça, en un clic, ce que tu as envie de voir disparaître… sauf que… sauf qu’il n’y a qu’à la CNIL qu’on croit encore au père Noël. Et bien non, les lutins ne vont pas faire le ménage dans les serveurs de la boite, cela disparaît juste de votre mur et les informations restent chez eux, toujours utilisables à toutes fins commerciales ou autres… Biensur, cela n’est mentionné nulle part sur les explications de la CNIL.

Le mieux reste encore la proposition de destiner une publication à « moi uniquement » (????)
???
???
???
Non, la CNIL, quand quelqu’un publie sur facebook, même s’il choisit que sa voisine ne peut pas voir cette information, ils sont des centaines à pouvoir la voir.
Question, pourquoi toute cette désinformation ? Pourquoi faire croire aux gens dont vous êtes censé « faire respecter les libertés individuelles » que leurs données personnelles seront protégées alors que ce n’est pas le cas et que vous le savez.

  • Les liens qui vont bien

Données personnelles, non je ne suis pas fidèle
Voila un an et demi que j’ai quitté Facebook

Afp, Morel, Libé, impots, parodie… Les sliens du dimanche #31

Afp, Morel, Libé, impots, parodie… Les sliens du dimanche #31

quelques liens à la volée…

Le photographe amateur d’Haïti dont une photo avait fait le tour du monde lors de la dernière catastrophe parce que revendue par l’AFP qui l’avait récupérée sur twitter et avait gagnée énormément d’argent avec cette image sans rien partager avec son auteur, a enfin gagné son procés contre l’agence

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La neutralité de l’Internet, un enjeu de communication

Ce bouquin de chercheurs, sorti en 2011, fait le tour des enjeux liés à la neutralité du Net et dresse un bilan des situations par pays et régions du monde. Il montre aussi comment les entreprises essaient tant bien que mal de mettre la main sur le réseau.

Capture du 2013-11-10 18:43:28Ce bouquin de chercheurs, sorti en 2011, fait le tour des enjeux liés à la neutralité du Net et dresse un bilan des situations par pays et régions du monde. Il montre aussi comment les entreprises essaient tant bien que mal de mettre la main sur le réseau.

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Au cœur de l’antiterrorisme, Marc Trévidic

Son nom vous dit forcément quelque chose. Vous l’avez vu passer, entendu, au sujet du dossier Karachi, des moines de Thibérine ou en rapport avec le 11 septembre. C’est aussi un de ces juges qui a mené le combat, en tant que président de l’association française des magistrats instructeurs, contre une réforme du temps de Sarkozy, visant à supprimer les juges d’instruction.

Son nom vous dit forcément quelque chose. Vous l’avez vu passer, entendu, au sujet du dossier Karachi, des moines de Thibérine ou en rapport avec le 11 septembre. C’est aussi un de ces juges qui a mené le combat, en tant que président de l’association française des magistrats instructeurs, contre une réforme du temps de Sarkozy, visant à supprimer les juges d’instruction.

C’est d’ailleurs le point de départ de son livre. Expliquer ce qu’est un juge d’instruction, les auditions, les enquêtes, pour faire comprendre au lecteur leur utilité dans la société. En filigrane de ce bouquin, la quête de la vérité, celle que, selon lui, le magistrat instructeur se doit de rechercher, sans prendre parti, sans se laisser aller à ses émotion, chose qui n’est pas aisée.

Il rappelle d’ailleurs sa première erreur judiciaire, dans le cadre d’une de ses première affaires. Une jeune femme violée qui accusait son frère, violent, pour qui il avait pris parti, voulant maintenir le gars en détention alors que les preuves n’étaient pas assez nombreuses. Quelques jours après, une analyse sur le fœtus avorté de la nana, le frère sera sorti d’affaire, l’enfant, preuve du viol, n’étant pas de lui.

Capture du 2013-10-17 17:08:48

C’est aussi la société dans laquelle nous vivons qu’il nous envoie en pleine face. Celle qui juge sans preuve le bagagiste de Roissy à la Une des journaux, à qui il ira annoncer sa libération au bout d’une dizaine de jours, celle des nationalistes Corses qui se succèdent dans la maison de famille d’un des leurs alors qu’il enquête au nom de la justice française, celle de ces gamins qui s’enrôlent plus ou moins volontairement dans les troupes d’Al-Qaeda.

Marc Trévidic est spécialisé dans le terrorisme et les réseaux islamistes. C’est donc lui qui supervise les enquêtes liées à la mouvance internationale.

Il revient sur l’histoire du mouvement et sur l’accueil des Français d’origine maghrébine, accueillis au Proche-Orient pour être formés dans des camps. Il est question d’endoctrinement, de contacts, de réseaux, mais aussi de la folie, en termes de communication, qui a entouré Al-Qaeda et Ben Laden.

Il raconte comment les plus faibles sont approchés, accrochés, serait peut être plus juste, via Internet, entre prédications et vidéos. Il est question du travail des services de la DGSE et de la DCRI, sans jamais trop en dire, bien entnendu.

Ses histoires et analyses se lisent presque comme des nouvelles. Il écrit bien. On est mal à l’aise à la fin du chapitre concernant cette étudiante qui finira par tomber amoureuse d’un terroriste emprisonné suite à de nombreuses visites, on sera tout aussi incrédule que lui face au bagagiste libéré suite à une erreur, on s’interroge, tout autant que lui, sur les raisons de la radicalisation de certains.

Et Dieu créa l’INTERNET, Christian Huitema

Christian Huitema est ingénieur. En 1986, il rejoint l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) de Sophia Antipolis et travaille sur ce qui allait devenir Internet.

Christian Huitema est ingénieur. En 1986, il rejoint l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) de Sophia Antipolis et travaille sur ce qui allait devenir Internet.

La plupart des jeunes de 16 ans aujourd’hui, croient que l’Internet a toujours existé. Et bien non !

Alors que nous gambadions de manière pas encore très assurée jusqu’au pot et que faire nos lacets relevait encore du tour de magie, Christian Huitema, lui, participait à la création d’internet (non, pas du Ouiabe!).

Il nous décrit les premières années de la recherche télécoms et réseaux, sur ce projet et surtout les différences énormes entre les projets américains et européens.

Il nous décrit l’Europe comme un capharnaüm administratif où il fallait toujours attendre l’aval du politique ou d’un administration pour pouvoir débuter des recherches, parfois dans un sens que n’approuvaient pas les chercheurs qui auraient, au départ, voulu suivre la même ligne que leurs confrères américains.

En Europe, on préfère mettre les moyens sur un réseau centralisé, donc contrôlable, alors qu’aux USA, on préfère la décentralisation, relier les ordinateurs les uns aux autres… De ces recherches naîtront le Minitel chez nous et Arpanet, qui deviendra Internet chez eux.

« En éliminant tout point central, ils ont créé un réseau très robuste »

Au delà des deux pensées complètement opposées, on voit aussi comment ce qui allait devenir Internet était une vraie révolution à l’époque.

Plus besoin d’attendre à côté du fax pour recevoir un papier personnel, il suffisait d’ouvrir une boite mail. Plus besoin de se creuser la tête des heures, un chercheur, possiblement sur un autre continent avait forcément la réponses, alors on écrivait à un groupe… sauf que la réponse mettait parfois 24 heures à arriver, voire plus si on compte le décalage horaire, car le débit ne ressemblait pas du tout à ce que l’on a aujourd’hui.

Alors ils cherchaient, ils tatonaient.

Ce sont eux qui ont mis en place ces « routes », passant d’un ordinateur à un autre, de sauts de puce(s) en sauts de puce(s) pour atteindre un serveur, et le chemin inverse.

Puis Huitema a eu la chance, et il en parle avec humour, de faire « le français » dans un groupe de chercheurs a l’échelle internationale. Il a donc pu participer directement aux travaux initiés par les Américains mais avec des valeurs qui prennent sens encore aujourd’hui :

« L’intérêt de protéger la vie privée doit l’emporter sur les considérations du maintien de l’ordre et de la défense »

Enfin, il rappelle en conclusion qu’Internet n’est pas un média à sens unique et permet à tout un chacun d’écrire, de commenter :

« la possibilité pour chacun d’être à la fois un consommateur et une source d’info. »

[youtube]http://youtu.be/A5Ix72dJvqo[/youtube]

 

Deux ans… #Syrie

Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

« Le nombre de réfugiés syriens qui ont gagné le Liban, la Jordanie, la Turquie, l’Iraq et l’Egypte a quasiment doublé depuis le 1er janvier. Ils étaient 3000 par jour à passer les frontières en décembre, 5000 en janvier, 8000 en février, 8000 par jour (…) Quelques 13% des Syriens ont ainsi tout laissé derrière eux pour tenter de sauver leurs familles. » *

Capture d’écran 2013-03-14 à 15.11.12

Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

Aujourd’hui, Français et Anglais, dans leurs bureaux tout jolis et bien chauffés, se disent que, peut être, un de ces jours, ça pourrait être pas mal, d’armer les rebelles… Alors on lance vaguement l’idée de « lever l’embargo pour que les résistants aient la possibilité de se défendre ». Les robinets d’eau tiède de la diplomatie ont esquissé un avis… Qu’on attendait, que les Syriens attendaient, depuis deux ans.

Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

Alors on saute de joie, on fait courir le bruit, on fait cocorico, on… ah mais non, c’est pour l’instant juste une recommandation et pour l’instant rien n’est fait. Les Syriens attendront encore leurs missiles Sol-air destinés à être envoyés sur les avions de sa majesté moustachue. Cela ne fait pas deux ans qu’ils sont bombardés. Cela aurait débuté il y a un an, en février 2012, si mes souvenirs sont bons, une sorte de représailles made in Bachar à l’attentat perpétré contre des ministres dans lequel son beau frère avait perdu la vie.

Par contre, la guerre civile, elle dure depuis deux ans.

Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

« A Bruxelles, l’Union européenne a assuré qu’il était « possible » de discuter « sans délai » de l’opportunité de lever l’embargo si l’un des 27 Etats membres le souhaitait, » précisait la dépêche AFP

Il faut maintenant synchroniser les agendas, prendre des rendez-vous, discuter des textes à rédiger… Dans deux ans, on y sera peut être encore. Les Syriens, pour la plupart, ne seront plus là.

Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

Alors on va (un jour peut-être si les robinets d’eau tiède se décident enfin) « armer les djihadistes » disent ceux qui n’ont rien compris. C’est justement pour ne pas les laisser progresser qu’il faudrait armer les rebelles, du moins si on peut se regarder dans un miroir en pensant qu’on donne des armes qui servent à tuer à des gens, aussi faibles et désarmés soient-il. Deux ans de morts.

Ce qui est sûr, c’est que la Syrie telle que nous l’avons connue, en 2010 et au début du conflit pour ma part, ne sera plus jamais la même, dévastée par deux ans de pillages de l’ASL, deux ans d’ascension de groupuscules islamistes, deux ans de boucherie.

Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

Les 70.000 morts chez Guy
Les interrogations de Juan.
Le triste état des lieux d’Olympe.
La chronique littéraire d’Anne-Laure
Le billet de Melclalex


2′ pour la Syrie – Robert Badinter par vagueblanchepourlasyrie

* Extrait de la chronique de Bernard Guetta
du 11 mars « la poudrière Syrienne »
à (ré)écouter.