Pareils…

A l’école, quand j’étais petite, on m’a appris qu’il y a fort fort longtemps, les gens qui avaient la peau d’une autre couleur que la mienne n’étaient pas pareils que les autres dans l’inconscient collectif. Ils n’avaient pas les mêmes droits, étaient obligés de se battre, on saisissait leurs terres, on les montrait du doigt, on les réduisait en esclavage.

A l’école, quand j’étais petite, on m’a appris qu’il y a fort fort longtemps, les gens qui avaient la peau d’une autre couleur que la mienne n’étaient pas pareils que les autres dans l’inconscient collectif. Ils n’avaient pas les mêmes droits, étaient obligés de se battre, on saisissait leurs terres, on les montrait du doigt, on les réduisait en esclavage.

Ceux qui comprenaient avant l’heure les affranchissaient.

Plus tard, au collège, on m’a raconté qu’il y a fort fort longtemps, les gens qui avaient une autre religion que celle prônée par la majorité n’étaient pas pareils que les autres dans l’inconscient collectif. Ils étaient convertis de force ou mourraient, spoliés de leurs biens, cachés par des personnes qui avaient compris qu’avoir d’autres dieux ne doit pas être considéré comme un motif de ségrégation.

Encore plus près de nous dans le temps, j’ai appris que les femmes, il y a fort fort longtemps, n’étaient pas pareilles. Elles ne pouvaient pas se sentir responsables de leur corps toutes seules. Pas le droit d’avorter sauf cas critique, avant 1975, un consentement obligatoire pour se marier, travailler ? pourquoi faire ? Et puis vint le droit de vote, vint la pilule, vint la société que nous continuons de faire évoluer.

7712258102_af476f80f8_n

Un jour, dans fort fort longtemps, je raconterais à mes petits enfants que quand j’avais leur âge, les homosexuels n’étaient pas pareils dans l’inconscient collectif.

Ils ouvriront de grands yeux.

Je leur dirai qu’ils n’avaient pas le droit de se marier « comme tout le monde » à la mairie. Je leur raconterai ce maire de Marseillan qui avait renoncé à la dernière minute à marier un couple d’hommes, en 2004 sanctions obligent, et cette belle image de ces deux gars en costume blanc ouvrant la marche à la gay pride cette année là.

Je leur raconterai, ironie de l’histoire, que je copinais à l’époque (oui, Mamie a été jeune…) avec Hussein, le président du collectif contre l’homophobie de Montpellier, le premier (un des premiers ?… Mamie vieillit) à avoir été créé en France. Il allait aider des gens, prenait des trains pour les aider sur les procès… Et puis 9 ans après, une manif parisienne, des chars, la foule, la place de la Bastille, des amis, des rires, des envies d’être enfin égaux en droits. La foule, la foule partout, la foule dense et se recroiser. C’est lui qui m’a vue, reconnue, appelée.

S’embrasser, se prendre dans les bras, parler quelques minutes, et surtout pas sur le trottoir, sinon on ne sera pas comptés.

Un jour, dans fort fort longtemps, je raconterais à mes petits enfants que quand j’avais leur âge, les homosexuels n’étaient pas pareils… Alors on a changé ça.

Illustration Flickr/CC/ralphandjenny

Pourquoi je manifesterai dimanche

Le mariage, c’est l’union devant l’état (le devant Dieu étant accessoire) de deux personnes. Je me fiche qu’ils s’agissent de deux hommes, de deux femmes, d’un homme et d’une femme… Je veux juste que cela soit possible, que nous soyons tous égaux en droits, l’etat comme garant de cette égalité.

Nous naissons libres et égaux en droits… du moins, d’après le manuel sur lequel je base ma conception de la vie en société.

Pas d’après les lois puisque de nos jours, en France, les homosexuels ne sont pas égaux en droits avec les hétérosexuels vis-à-vis du mariage et de l’adoption.

Continuer la lecture de « Pourquoi je manifesterai dimanche »