Yousafzai

« Malala » on ne lit et on n’entend que ça ces derniers jours, comme « Ségolène », alors qu’on dit « Arnaud Montebourg », ou « Marine », alors qu’on dit « Julien Rochedy »… Étrange, non ?

La semaine dernière Malala Yousafzai a été nommée prix Nobel de la Paix 2014. Cette Pakistanaise, militante de droits humains engagée pour un accès à l’éducation comme vecteur d’amélioration de vie des plus pauvres et d’insertion sociale et d’émancipation pour les femmes.

« Malala » on ne lit et on n’entend que ça ces derniers jours, comme « Ségolène », alors qu’on dit « Arnaud Montebourg », ou « Marine », alors qu’on dit « Julien Rochedy »… Étrange, non ?

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Comment défendre nos libertés en ligne ? réponse avec @jerezim

Comment défendre nos libertés en ligne ? réponse avec @jerezim

J’ai assisté il y a quelques jours à la conf de Jérémie Zimmermann au Théâtre du Rond Point.
Très intéressant, comme d’habitude. j’aime, donc je le partage.

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Le Manuel de recrutement d’Al-Qaida

Avis mitigé sur ce bouquin rédigé par deux chercheurs, Mathieu Guidere et Nicole Morgan. Il comporte de bons extraits du « manuel » d’endoctrinement des futurs djihadistes, ce qu’on leur vend et de quelle manière. Ces textes, que l’on peut trouver sous forme écrite ou numérique, présentent la doctrine d’Al Qaïda et participent à l’embrigadement.

Avis mitigé sur ce bouquin rédigé par deux chercheurs, Mathieu Guidere et Nicole Morgan. Il comporte de bons extraits du « manuel » d’endoctrinement des futurs djihadistes, ce qu’on leur vend et de quelle manière. Ces textes, que l’on peut trouver sous forme écrite ou numérique, présentent la doctrine d’Al Qaïda et participent à l’embrigadement.

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Le rêve, une espèce en voie de disparition

J’apprends en lisant le Courrier International de cette semaine que l’écriture cursive (à la main en attaché) n’allait plus être obligatoire dans 45 états des USA d’ici à 2015.

J’apprends en lisant le Courrier International de cette semaine que l’écriture cursive (à la main en attaché) n’allait plus être obligatoire dans 45 états des USA d’ici à 2015.

L’info crée un gros débat outre-atlantique et m’a fait réfléchir à mon propre rapport à l’écriture, notamment après toutes ces années passées à l’étranger. L’écriture c’est, pour moi, une part de la culture d’un pays, quelquechose en rapport direct avec la langue et son histoire.

Quand j’apprenais l’arabe, je me souviens des grosses lettres calligraphiées à la main plus ou moins adroitement sur des lignes qui n’en finissaient pas. J’avais une écriture d’enfant, malgré mes presque 30 ans, une écriture d’enfant qui s’appliquait à bien former ses lettres, à placer le point au bon endroit, à refaire trois fois les mêmes lettres parce que suivant leur place dans le mot, elles n’ont pas la même forme, à pester sur les « sôd » et « dôd » et leur forme chelou…

Pour les sonorités aussi, l’écriture à la main aidait. L’apprentissage se faisait avec des accents qui prenaient la place des voyelles et disparaissent au fil de l’apprentissage. Et alors que ces mots ne ressemblaient à rien sur un écran, un journal ou la devanture d’un magasin, ils prenaient du sens, posés sur le papier, avec leurs accents.

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Moins exotique, l’écriture cursive, c’est aussi l’écriture en couleur, les cœurs dans la marge à 12 ans, les gros ronds sur les i en guise de point à 14, les dessins sur un coin de page parce qu’on n’a pas envie d’écouter, la grille de morpion entre deux potes qui s’en fichent, une fleur ou un soleil retrouvés au détour d’un cours quand la copine d’à côté avait déjà noirci tous ses coins de page.

Les écrans ne véhiculeront pas ces moments de vie qui participent aussi à la construction sociale du jeune.

Il faudra écrire avec une marge de tant de centimètres, parfois en couleur, avec l’interlignage qu’on nous donnera, et pas question d’avoir le choix entre lignes et petits carreaux, d’écrire en bleu ou en violet, de tracer des flèches ou des cercles pour faciliter la compréhension.

« Notre manière d’écrire a une incidence sur ce que nous écrivons »

C’est une phrase d’un des articles de Courrier International. Nous n’écrivons pas la même chose selon que nous sommes devant un écran ou une feuille de papier. Nous n’organisons pas l’espace de la feuille de la même manière. Nous aimons passer rapidement le texte en « justifié » d’un côté alors qu’on prend un malin plaisir à raturer, recommencer et écrire pas droit, mais pas droit du tout de l’autre côté.

L’inverse est aussi vrai dans mon cas. Ce que j’ai envie d’écrire va m’entraîner soit devant un écran, soit devant une feuille de papier. Et quelle feuille de papier ? Ça dépendra encore une fois de ce que j’écris.

Un bloc tout blanc pour une to do list sans cesse recommencée, un tout petit cahier pour quelques pensées déstressantes ou parfois déverser ma colère, un cahier à spirales pour le boulot, un mini bloc note qui ne quitte jamais mon sac en déplacement… Du blogage, des articles et tout ce qui peut être obligatoirement structuré sur un écran.

Une évolution naturelle ?

Tout cela me fait penser à l’arrivée de la photo numérique. Oui, j’ai bossé en labo, retourné ma cuve de négatifs Ilford HP5+ pour éviter les bulles, vérifié des centaines de fois, si ce n’est plus, le grain avant d’insoler… Oui, je suis vielle.

L’arrivée du numérique a complètement changé aussi le travail sur le terrain. Quand on prenait plusieurs photos avec une ouverture ou un temps de pose différents pour être sûrs de faire un bon cliché, quand on réfléchissait à deux fois avant de prendre une photo parce que bon, j’ai que 12 pose alors… Et puis on recherchait LA photo, alors on tournait de tous les côtés, on multipliait les angles, on créait… Alors qu’en numérique, on shoote, on regarde et si c’est correct, on ne se prend plus la tête.

En fait, l’écriture cursive, c’est comme la photo en argentique, il y a un côté imaginatif, artiste, rêveur qu’on ne trouve pas devant un écran ou dans une carte SD… Et c’est bien dommage de se dire que d’ici quelques années, on ne pourra plus sourire en tombant sur l’écriture d’une ado amoureuse au détour d’une feuille qui traîne ou sur les couleurs criardes de post-it collés ça et là pour ne rien oublier.

Aujourd’hui, nous avons le choix. Le choix entre l’écriture manuelle et l’écriture sur clavier, nous maîtrisons les deux. Supprimer l’écriture cursive reviendrait à priver les nouveaux jeunes du droit fondamental qu’est celui d’avoir le choix, à les obliger à n’utiliser que le clavier.

Nous sommes peut-être vieux, mais quand ils seront formatés, sans rêve ni dessins sur leurs écrans, nous nous souviendrons comment c’était bien, la liberté.

Et Dieu créa l’INTERNET, Christian Huitema

Christian Huitema est ingénieur. En 1986, il rejoint l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) de Sophia Antipolis et travaille sur ce qui allait devenir Internet.

Christian Huitema est ingénieur. En 1986, il rejoint l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) de Sophia Antipolis et travaille sur ce qui allait devenir Internet.

La plupart des jeunes de 16 ans aujourd’hui, croient que l’Internet a toujours existé. Et bien non !

Alors que nous gambadions de manière pas encore très assurée jusqu’au pot et que faire nos lacets relevait encore du tour de magie, Christian Huitema, lui, participait à la création d’internet (non, pas du Ouiabe!).

Il nous décrit les premières années de la recherche télécoms et réseaux, sur ce projet et surtout les différences énormes entre les projets américains et européens.

Il nous décrit l’Europe comme un capharnaüm administratif où il fallait toujours attendre l’aval du politique ou d’un administration pour pouvoir débuter des recherches, parfois dans un sens que n’approuvaient pas les chercheurs qui auraient, au départ, voulu suivre la même ligne que leurs confrères américains.

En Europe, on préfère mettre les moyens sur un réseau centralisé, donc contrôlable, alors qu’aux USA, on préfère la décentralisation, relier les ordinateurs les uns aux autres… De ces recherches naîtront le Minitel chez nous et Arpanet, qui deviendra Internet chez eux.

« En éliminant tout point central, ils ont créé un réseau très robuste »

Au delà des deux pensées complètement opposées, on voit aussi comment ce qui allait devenir Internet était une vraie révolution à l’époque.

Plus besoin d’attendre à côté du fax pour recevoir un papier personnel, il suffisait d’ouvrir une boite mail. Plus besoin de se creuser la tête des heures, un chercheur, possiblement sur un autre continent avait forcément la réponses, alors on écrivait à un groupe… sauf que la réponse mettait parfois 24 heures à arriver, voire plus si on compte le décalage horaire, car le débit ne ressemblait pas du tout à ce que l’on a aujourd’hui.

Alors ils cherchaient, ils tatonaient.

Ce sont eux qui ont mis en place ces « routes », passant d’un ordinateur à un autre, de sauts de puce(s) en sauts de puce(s) pour atteindre un serveur, et le chemin inverse.

Puis Huitema a eu la chance, et il en parle avec humour, de faire « le français » dans un groupe de chercheurs a l’échelle internationale. Il a donc pu participer directement aux travaux initiés par les Américains mais avec des valeurs qui prennent sens encore aujourd’hui :

« L’intérêt de protéger la vie privée doit l’emporter sur les considérations du maintien de l’ordre et de la défense »

Enfin, il rappelle en conclusion qu’Internet n’est pas un média à sens unique et permet à tout un chacun d’écrire, de commenter :

« la possibilité pour chacun d’être à la fois un consommateur et une source d’info. »

[youtube]http://youtu.be/A5Ix72dJvqo[/youtube]

 

Storyteller, de James Siegel

Le pitch ? Un journaliste à la psychologie assez difficile qui trouve le père qui lui a manqué en la présence d’un super rédac chef. Il se mettra peu à peu à inventer des sujets de reportage, d’où le titre du bouquin. Il sera finalement découvert, attaqué, jugé. C’est là que commence notre histoire.

1209811-gfUn thriller qui vous rend parano au fil du roman. Plus on avance et moins on peut lâcher ce bouquin.

Le pitch ? Un journaliste à la psychologie assez difficile qui trouve le père qui lui a manqué en la présence d’un super rédac chef. Il se mettra peu à peu à inventer des sujets de reportage, d’où le titre du bouquin. Il sera finalement découvert, attaqué, jugé. C’est là que commence notre histoire.

Notre journaliste se reconstruit à coups d’inaugurations de ronds-points et d’anniversaires de centenaires et c’est là qu’il flaire nu sujet intéressant lié à l’explosion d’un barrage 50 auparavant. Il se met à enquêter. Plus l’auteur avance, plus on se demande si le personnage principal est sincère, s’il fabule ou si on le mène en bateau. On finit par devenir aussi méfiant et parano que lui.

Et on veut savoir, nous aussi, quel est ce rapport au nucléaire, pourquoi ce barrage a explosé, quid des survivants, pourquoi aussi, au fur et à mesure que l’enquête avance, il retrouve aussi petit à petit, ces faux articles qui prennent vie sous ses yeux. Devient-il fou ?

Entre parano, thriller et polar, Siegel nous perd et réussit son coup. Un beau parpaing à lire d’urgence.

Soie

Vers 1860, pour sauver tout un village qui ne vit qu’à travers l’élevages de vers à soie, Hervé Joncour entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des œufs. Entre les monts du Vivarais et le Japon, c’est le choc de deux mondes. Chaque chapitre est écrit comme une petite nouvelle de deux ou trois pages, jamais plus.

Vers 1860, pour sauver tout un village qui ne vit qu’à travers l’élevages de vers à soie, Hervé Joncour entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des œufs. Entre les monts du Vivarais et le Japon, c’est le choc de deux mondes. Chaque chapitre est écrit comme une petite nouvelle de deux ou trois pages, jamais plus.

Et l’on fait avec lui, la route de la soie à travers les paysages, on prend le bateau, le cheval et on arrive à destination avant de jouer les contrebandiers de nuit. Ce livre est aussi empreint de poésie japonaise qui constitue un peu le fil rouge de Soie.

Parfois rien, sauf le temps qui passe.

Auteur : Alessanro Baricco
 Éditeur : Galimard
 Année : 2001

Mon tour du Monde

 

J’ai fini le Fottorino qui est fichtrement bien. La petite chronique du parpaing bouquin est à lire Sete’ici. Et oui ! Vieux pots, meilleure soupe, toussa… juste plus simple pour rassembler toutes les critiques de livres en un seul endroit.

Et pour avoir un autre point de vue, il faut aller chez la copine Doudette qui l’a aussi lu.