smartphones, attention danger

Attention, le vilain méchant voleur de données va rentrer dans ta maison pour venir tout te prendre ! Mieux, on s’extasie comme si tout ça sortait tout juste d’un chapeau alors que nous avons tous la possibilité d’assister à cette fuite de données au quotidien, le téléphone à la main.

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Tout le monde s’alarme de la collecte de données personnelles en lien avec l’usage des smartphones, on en est presque à la mode du moment depuis que la CNIL a sorti un rapport sur le sujet.

Attention, le vilain méchant voleur de données va rentrer dans ta maison pour venir tout te prendre ! Mieux, on s’extasie comme si tout ça sortait tout juste d’un chapeau alors que nous avons tous la possibilité d’assister à cette fuite de données au quotidien, le téléphone à la main.

Oui, nous savions et nous savons. Rien de nouveau sous le soleil, si ce n’est certains chiffres qu’on a sous les yeux qui peuvent faire frissonner la ménagère. Voilà bien longtemps que ton téléphone n’est plus juste un téléphone, lecteur. Il s’agit d’un vrai petit ordinateur de poche qui te donne l’heure, la météo, les news, te permet de discuter en direct par écrit, de twitter, de consulter tes mails, surfer sur internet et même tout chiffrer si tu veux un peu protéger tes données.

« Aujourd’hui, 24 millions de français possèdent un smartphone, près d’1 million d’applications sont disponibles et font partie de leur quotidien.»

Lorsque tu télécharges une application, lecteur, qu’il s’agisse d’un téléphone sous Androïd ou d’un iPhone (désolée, je n’ai pas testé l’Ubuntuphone), avant de valider ta demande de téléchargement/installation, s’affiche une page avec les fonctionnalités de l’application.

Elle peut, par exemple, se connecter à ta microSD pour stocker de la musique, des images, elle peut aussi se connecter à ton accès 3G ou wifi si elle a un quelconque rapport avec Internet.

Et toi, tu cliques sur valider pour l’installer

Sauf que ton appli, il est parfois possible qu’elle accède à ton répertoire, qu’elle se serve de ta géolocalisation, qu’elle accède à tes SMS, qu’elle en envoie, voire qu’elle balance tes données au créateur de l’appli.

Ce n’est pas nouveau, c’est juste écrit, il suffit de lire pour s’en apercevoir et choisir, ou non, de télécharger une application. Skhaen en parlait d’ailleurs, il y a presque un an, dans sa conférence à PSES.

Le problème c’est que, comme d’hab, nous faisons passer notre petit confort perso, nos envies, avant ces questions de sécurité qui sont primordiales. On baisse les bras, préférant feindre de ne pas voir plutôt que de se priver de la dernière appli à la mode.

J’avais essayé, il y a quelques mois, de signaler ce problème à des collègues journalistes avec qui je bossais alors et qui téléchargeaient une application de dessin sur smartphone. Juste lire les conditions d’utilisation avant de signer. Trop tard : « Rhooo, c’est bon, la geek, arrête… »

On veut dessiner alors… mais à quel prix ?

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MAJ du 13/04

Le précédent titre ayant été breveté par une compagnie du spectacle ainsi que par une candidate d’émission de télé réalité, j’ai du supprimer le head de ce papier.

Le grand vilain méchant drone

J’ai pas mal cogité ces derniers temps au sujet des drones. Pas mal échangé, aussi, au hasard d’un débat sur une ML à laquelle je participe. De quoi développer un point de vue sur un sujet dont, il est vrai, je ne m’étais que peu préoccupée avant ces derniers mois.

J’ai pas mal cogité ces derniers temps au sujet des drones. Pas mal échangé, aussi, au hasard d’un débat sur une ML à laquelle je participe. De quoi développer un point de vue sur un sujet dont, il est vrai, je ne m’étais que peu préoccupée avant ces derniers mois.

Les objets n’engagent que ceux qui les utilisent. Je vois comme une très mauvaise chose l’arrivée de drones dans la police, l’armée. Les militaires américains ont d’ailleurs déjà repéré et tué des gens, bien au-delà de leurs frontières, avec ce type d’engins. Ils aident aujourd’hui la France dans le cadre de l’opération Serval(EN) aussi avec des drones.

Dans d’autres cas, munis de caméras, ces appareils pourraient survoler les manifestations. Effectivement, du côté des militants, et c’est légitime, on s’en alarme. Ces appareils pourraient participer à la surveillance, rapporter des images qui permettraient de compléter les dossiers de certains ou, sans aller jusque là, identifier tel ou tel militant comme participant à telle ou telle cause.

Un outil de revendications ?

Or, utilisé dans un tout autre contexte, par un dissident, un blogueur engagé, quelqu’un qui tente de faire sortir de l’info d’un territoire fermé aux journalistes, cette technologie peut être une bonne chose. Le Citoyen pourra se protéger des tirs de snipers en utilisant ce genre d’appareils pour filmer les violences policières, les tireurs sur les toits, les abus de pouvoir. Le drone, dans ces cas-là, pourrait donc être un outil très précieux pour éviter que des personnes, déjà cibles du pouvoir, se fassent tirer dessus.

Autre exemple, plus mignon, celui de ces militants australiens qui luttent contre les mauvais traitements faits aux animaux. Leur drone permet de survoler le bétail et de recueillir des preuves de maltraitance qui viendront apporter des billes à leur combat.

Pour moi, tout dépend donc de qui utilise le drone et de l’utilisation qui en est faite. Les droits-de-l’Hommistes pourraient s’en servir à bon escient. Condamner de but en blanc cette technologie en mode « c’est mal et c’est pas bien parce que c’est des drones » (oui, oui, ça existe…) est pour moi assez malsain puisque basé sur aucune considération technique et à terme, pourrait empêcher ceux qui en ont besoin, idéaux en bandoulière, de les utiliser. Par ailleurs, ces légères contradictions occultent les vrais débats de fond.

Par ailleurs, cette réduction de la lutte à la simple philosophie nous renvoie bien des années en arrière où les décisions se prenaient sur le papier, concernaient la vie de bureau et n’étaient réservées qu’à une poignée de décisionnaires qui se trouvaient face à l’opposition d’une élite intellectuelle qui se voulait en désaccord.

De l’art de connaître son ennemi

Et si mettre les mains dans la machine était la meilleure solution ? Pour s’opposer aux surveillants de tous bords, à l’armée ou à toute compagnie privée qui déciderait de s’y mettre dans un but de surveillance, il faut, à mon avis, jouer sur le même terrain, celui de la technologie.

S’opposer en n’invoquant que de vastes idéaux philosophiques, un bouquet de fleurs et un « saymal » ne sert pas vraiment à grand-chose. C’est après avoir étudié, lu, démonté, remonté, testé, cassé (oups) remonté, (re)testé, etc. Qu’on aura la connaissance permettant de démontrer par A + B aux surveillants que ce qu’ils font va au-delà des libertés publiques. Et on ne pourra rien nous opposer.

Je mets ce cas en parallèle de l’opposition au DPI. Si on s’était contenté des idéaux, même nobles, et de la philo, on ne serait pas allés très loin. C’est la connaissance technique qui fait que nous (et bien d’autres avant nous ou mieux que nous) avons la possibilité de nous opposer en expliquant le fonctionnements de ces systèmes, en le commentant, y compris dans les médias où les plus avisés d’entre nous le font intelligemment.

En France

Ce n’est ni tout blanc, ni tout noir, ni tout à fait malsain, surtout si vous vous placez d’un point de vue d’activiste Iranien, ni parfait. Mais ce qui est sûr, c’est que dans un contexte franco-français, il existe des textes qui protègent la vie privée, il existe des institutions censées les faire respecter et peut-être faudrait-il alerter nos députés afin qu’ils lancent nue réflexion sur le sujet. Quid du vol des drones dans le ciel français ? Avec une cogitation/réglementation différente s’ils ne font que voler ou s’ils ont le pouvoir de capter photos, vidéos, sons, et ainsi mettre en péril la vie privée.

On s’y met ?

  • A lire aussi :

When the Whole World Has Drones(EN) et sa traduction en Français.
« N’importe qui peut être attaqué par un drone n’importe où n’importe quand, » Interview dans Courrier International.
Autre billet au sujet des drones qui survolent le bétail.

Syrie : Enfumage sur du glamour pour cacher le désengagement russe

Asma est enceinte !

Asma est enceinte !

Alors que la guerre civile syrienne va fêter son malheureux second anniversaire tout bientôt, décontracté et bien dans ses shoes, le Bachar prend le temps d’aller annoncer à la télévision que oui, Asma est enceinte.

La première dame syrienne, glamour au possible, avait fait parler d’elle, lorsque des emails adressés à son cher et tendre avaient été révélés. Elle y parlait d’achats en cours : produits luxueux, paires de chaussures, mais aussi vêtements à la mode avec gilet pare-balles intégré.

Asma est enceinte. Comme par hasard, cette info sort pile au même moment que l’annonce de Medvedev, le premier Russe derrière Poutine, que la Russie, non, n’est pas amie avec la Syrie. On voudrait faire du bruit pour cacher le lachâge Russe, on ne s’y prendrait pas mieux.

Flashback

Les puissants et les autres se retrouvent à Davos pour papoter de notre avenir. Dimitri, comme ses petits camarades de jeu de tous les pays, se retrouve face à des journalistes, notamment ceux de CNN et leur confie que non, il n’est pas copain avec Bachar. Mais pas du tout du tout… Passe le fait que nous ayons fantasmé pendant plusieurs mois sur le soutien que la Russie a apporté à la Syrie d’Assad, ce qui est intéressant, c’est que notre bonhomme, non content de lâcher le moustachu, enfonce le clou en critiquant sa politique.

Assad aurait fait « une grave erreur » Et de reprendre : « Il aurait dû agir beaucoup plus vite et inviter l’opposition pacifique qui était prête à s’asseoir à la table des négociations avec lui. C’est une grave erreur de sa part, peut-être fatale »

Le désengagement tout diplomatique tait prévisible, puisque la semaine dernière, les expatriés russes vivant en Syrie ont finalement été rapatriés. En gros, ça sentait déjà un peu le sapin de la place Rouge pour Assad, la prise de position de Medvedev vient finir le boulot.

Asma est enceinte !

Ah oui, c’est vrai… Parlons layette pare-balles et petits chaussons roses ou bleus. Dimitri est loin, bien loin. Dimitri qui ? La télévision d’état ne sait plus… Puis ça ne ferait pas un beau prénom pour un petit Syrien. Ils l’appelleront Hamza ?

Censure, Syrie, Obama, Mediapart, Cahuzac, santé, cannabis, précarité… Les liens du dimanche #12

Welcome in your world !

C’est sympa la liberté. En Arabie Saoudite, un des seuls pays du monde à bien gagner sa vie, on arrête un type pour des « twitts blasphématoires » et au Vietnam, on met des blogueurs dissidents en prison.

En Syrie, des médecins se battent comme ils peuvent contre le manque de médicaments et le désespoir. Non loin de là, un Japonais fait du tourisme sur la ligne de front autour d’Alep. De son côté RSF pointe du doigt les dernières violences faites aux journalistes, notamment en Inde.

Welcome in your world !

C’est sympa la liberté. En Arabie Saoudite, un des seuls pays du monde à bien  gagner sa vie, on arrête un type pour des « twitts blasphématoires » et au Vietnam, on met des blogueurs dissidents en prison.

En Syrie, des médecins se battent comme ils peuvent contre le manque de médicaments et le désespoir. Non loin de là, un Japonais fait du tourisme sur la ligne de front autour d’Alep. De son côté RSF pointe du doigt les dernières violences faites aux journalistes, notamment en Inde.

L’image de la semaine, c’est bien entendu The Economist qui se paie Obama en Frenchie… Mais pas que

obama frenchie

En France

Mediapart enquête sur Jerome Cahuzac qui, selon le pure player, aurait eu un compte en Suisse, et l’AFP sort une dépêche où des amis de notre ministre nous dressent un sympathique portrait de lui. Paulette est au chômage depuis 420 jours et à vrai dire, cette histoire, elle s’en fiche un peu. A ce propos, le nombre de bénéficiaires des Restos du Cœur a augmenté de 12% cet hiver.

Pour faire passer la précarité plus facilement, le gouvernement autorise maintenant les pharmaciens à vendre sur Internet. Attention toutefois, les tests de dépistage de la consommation de cannabis se répandraient de plus en plus, d’ici là à ce que ce soit le trop plein de médicaments…

Pigistes, pas pigeons

Drôle de hazard, ce billet de Lise est sorti le jour où je donnais une formation à des journalistes en herbe, étudiants en alternance, sur ce qu’est le statut de pigiste, sur notre quotidien, nos attentes, nos déboires et nos grands moments. Ca m’a permis de regarder dix ans en arrière, lorsque j’ai commencé mon métier jusqu’ici. Je ne reviendrai pas sur Pole emploi dont Lise parle très bien.

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