De l’utilité de l’InfoSec dans nos déplacements

De l’utilité de mettre les mains dans la machine et de gérer soi-même sa sécurité en ligne. Il y a deux ans, je me serais tout simplement connecté à Internet via le Ouaibe, avec mon clicodrôme favori, ça aurait fonctionné et je ne serais pas allée voir plus loin.

De l’utilité de mettre les mains dans la machine et de gérer soi-même sa sécurité en ligne. Il y a deux ans, je me serais tout simplement connecté à Internet via le Ouaibe, avec mon clicodrôme favori, ça aurait fonctionné et je ne serais pas allée voir plus loin.

Là j’ai appris tout plein de choses, à mon rythme, petit à petit. J’en sais beaucoup plus qu’à l’époque où j’ai écrit le manifeste, ce qui m’a permis de voir que dans ce petit hotel de Madaba, et bien tout n’est pas très sain de ce point de vue.

Diagnostic

Comme à chaque connexion, je lance mon VPN en terminal, tout mon trafic est redirigé :

sudo openvpn –config client.conf

Tout fonctionne sauf que… Impossible de me connecter via le Web, les pages sont systématiquement refusées, idem pour le client mail qui ne peut pas relever le courrier.

Alors que sans VPN, tout est ok en termes de connexion web. Par sécurité, puisque les infos circulent alors en clair, je n’ai pas voulu vérifier le mail.

J’ai ensuite essayé de me connecter en ssh, sans vpn, via terminal à un serveur. Aucun problème, cela fonctionne aussi. il laisse passer le port 22 pour le SSH mais pas le 1194 pour le VPN

Bien étranger, tout ça

Je suis même allée dans un café, me disant que le problème venait peut être de ma machine. J’ai lacé le VPN, et tout a fonctionné ; Web, Relevé de mails, etc.

Premières conclusions

Le bonhomme bloquerait-il les tunnels chiffrés ? Si oui, dans quelle optique ? Sniffer le trafic… peut-être… Dans un pays où la surveillance est un sport national, avoir un œil sur les activités en ligne des touristes peut possiblement être intéressant.

J’ai papoté un peu avec le patron de l’hôtel. Le type a fait ses études en ex-URSS (oui, il est vieux) et devinez en quoi ? Informatique !

J’ai donc scanné le réseau wifi et suis tombée sur ces quelques infos.

Sur le serveur

– Sur le port 5060 j’ai du sip

– sur le port 1723 j’ai du pptp tunneling

– Sur le port 9999 j’ai un abyss web server (http://www.aprelium.com/abyssws/ )

Puis des trucs tout à fait normaux : connexion en SSH, par exemple.

Capture du 2013-08-02 20:59:37

Sur les coups de 22h, j’ai poussé un peu plus loin et lancé un nmap sur l’adresse ip du serveur. Réponse : 2601/tcp filtered zebra

Remèdes

J’ai choisi, au tout début, de suivre les premiers conseils que l’on me donnait va twitter et d’utiliser Tor dont je fais usage à d’autres occasions habituellement. Mais j’ai surtout décidé d’éviter de me connecter depuis l’hôtel, ma préférence allant à une connexion basique dans un café me permettant de rediriger mon trafic via VPN comme bon me semble.

Si l’on revient deux ans en arrière, je me serai connectée via clicodrome et n’aurait rien vu, laissant passer mots de passe et infos en clair… Je ne sais pas comment rétablir une connexion vpn, surtout si le port est bloqué, mais j »ai au moins pu remarquer qu’il y avait un problème et le contourner tout en restant en sécurité.

Pour ceux qui souhaiteraient s’amuser, ci-git l’adresse ip du routeur 192.168.3.1 celle de l’ordinateur du bar de l’hotel 192.168.3.102.

Et venez ici nous raconter ce que vous trouvez.

Edit, lundi 12, vers midi

Impossible de faire mumuse avec les IP sus-citées puisqu’il s’agit d’un réseau privé, elles ne sont donc accessibles qu’à l’intérieur de l’hôtel, en étant connecté au réseau, et pas depuis l’extérieur. Et pour en savoir plus, c’est par là (merci Garfield) Comme quoi, il reste encore des trucs à apprendre…

  • Les liens qui vont bien

Le manifeste pour la sécurité 2.0 des journalistes
Le quart d’heure d’anonymat par JMM
Protéger mes sources

Jordanie, histoire d’eau

Ce qui marque, quand on chemine en Jordanie, ce sont ces serres à perte de vue. Pourtant, il s’agit d’un des pays au mode les plus pauvres en eau. 75 % des ressources en eau du pays sont ainsi consacrées à l’agriculture. Cela se manifeste, en partie, par toutes ces serres que l’on voit sur le bord des routes.

Ce qui marque, quand on chemine en Jordanie, ce sont ces serres à perte de vue. Pourtant, il s’agit d’un des pays au mode les plus pauvres en eau. 75 % des ressources en eau du pays sont ainsi consacrées à l’agriculture. Cela se manifeste, en partie, par toutes ces serres que l’on voit sur le bord des routes.

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Pour vous donner une idée, un Jordanien consomme 150 mètres cube d’eau par an alors que la moyenne mondiale est à 600 mètres cubes.

Le Yarmouk assure 40 % des réserves en eau du pays tandis que la nappe fossile d’Azraq, à l’est d’Amman, se vide peu à peu. Des travaux de préservation de l’oasis d’Azraq sont d’ailleurs en cours.

L’eau du lac de Tiberiade est aussi mise à contribution sauf que la Jordanie ne recevrait qu’un tiers de ce qui était originellement prévu par le plan Johnston (1953) en termes de partage de l’eau. Le plan a été rejeté en 1955 mais sert toujours dans les négociations lorsqu’il est question d’eau. La répartition dépend d’un commun accord entre la Syrie, la Jordanie et Israël.. Autant dire, aujourd’hui, impossible de modifier ce que la Jordanie reçoit comme eau.

La Jordanie a fait le rêve de l’indépendance alimentaire saut que… sauf que c’est difficile à tenir. Alors on plante des serres qu’on irrigue comme on peut. La population croit de 2,6 % par an en temps normal ce à quoi il faut ajouter les réfugiés syriens et voyageurs de passage. Il y a de plus en plus de bouches à nourrir.

La solution viendrait-elle de ce nouveau forage, récemment inauguré, à Disi ? La nappe se trouve à 90 % sous l’Arabie Saoudite qui s’en sert pour l’agriculture. Que se passera-t-il le jour où les deux pays ne seront plus en accord ? Il est par ailleurs démontré par quelques anciens rapports, que l’eau de cette nappe serait radioactive… De quoi prévoir un possible désastre dans les années qui viennent.

Et pendant ce temps, du côté de Petra, on arrose le sable… J’ai demandé pourquoi, on m’a répondu que c’était mieux pour le touristes (absents) parce qu’ils n’aiment pas marcher dans le sable… Triste monde.

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Syrie : Aujourd’hui, seules les bombes ont accès aux populations civiles

J’ai été contactée par Médecins du Monde pour relayer leur nouvel appel concernant la Syrie. La situation sur place est telle que, bien entendu, il est impossible de refuser une telle demande.

J’ai été contactée par Médecins du Monde pour relayer leur nouvel appel concernant la Syrie. La situation sur place est telle que, bien entendu, il est impossible de refuser une telle demande.

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Les conditions de survie en Syrie ne cessent de se dégrader et le bilan continue de s’alourdir : plus de 70 000 morts, plus d’1 million de réfugiés, plus de 2 millions de déplacés internes.

Exécutions sommaires, populations prises en otage et bombardées, personnels soignants arrêtés, exécutés, torturés… Il n’existe pas de refuge pour se protéger. Aujourd’hui, force est de constater que seules les bombes ont accès aux civils. C‘est pourquoi, une nouvelle fois, Médecins du Monde demande l’arrêt des hostilités pour porter secours à ceux qui en ont besoin et voir l’accès de l’aide internationale facilité et renforcé.

Il y a plus d’un an, les équipes de MdM ouvraient leurs premiers programmes d’assistance aux réfugiés syriens en Jordanie, au Liban, en Turquie ensuite, puis progressivement en Syrie. Face à la dégradation de la situation et l’exode massif de réfugiés, Médecins du Monde poursuit et renforce son action afin de leur venir en aide.

En Jordanie, MdM intervient dans la ville de Ramtha et sur le camp de King Abdullah Park. Un deuxième centre de soins de santé primaire est en cours d’ouverture dans le camp de Zaatari, où vivent actuellement 130 000 réfugiés. En mars, les équipes de MdM ont réalisé plus de 7 800 consultations en Jordanie.

En plus du soutien matériel apporté à une association de psychologues et psychiatres syriens travaillant en Jordanie, Médecins du Monde a décidé de renforcer le volet santé mentale, en Jordanie et au Liban, en partenariat avec la délégation espagnole de MdM.

Au Liban, deux centres de santé supplémentaires sont désormais soutenus par MdM, en partenariat avec l’association libanaise Amel, en plus de ceux situés à El Ayn et El Qaa, dans la plaine de la Bekaa. Une clinique mobile est en train d’être mise en place pour permettre à ceux qui ne peuvent pas se déplacer d’accéder aux soins dans la région de Kamed el-Loz.

Depuis six mois, MdM intervient au nord de la Syrie dans le village de Qah et ses environs grâce à deux centres de santé et une clinique mobile permettant d’assurer les soins de santé primaire. En mars, près de 2 200 consultations ont été effectuées et le centre post partum, ouvert en fin d’année, accueille des femmes et leurs nouveaux nés afin de leur assurer des conditions de vie décentes. Au sud de Qah, Médecins du Monde intervient dans le camp d’Al Salam, où plus de 3 000 personnes ont trouvé refuge. MdM appuie également un centre post-opératoire et de rééducation à la frontière turco-syrienne; près de 450 patients, internes et externes, y ont été soignés en mars.

Des stocks d’urgence sont également pré-positionnés aux frontières dans l’éventualité d’un accès au territoire syrien (kits chirurgicaux, de premiers soins de santé primaires, etc).

Face à la dégradation de la situation, Médecins du Monde appelle les acteurs armés et les Etats influents à l’arrêt des hostilités pour porter secours à ceux qui en ont besoin. Empêcher l’accès aux populations est un autre crime que nous nous devons de dénoncer.

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