Sur-information ou sous-information ?

J’ai écouté ce week-end, un peu en retard je l’avoue, cette émission du 14 février qui pose pas mal de bases sur la différence entre apprendre et comprendre et sur comment notre société, se croyant sur-informée, est en fait en déficit d’information.

J’ai écouté ce week-end, un peu en retard je l’avoue, cette émission du 14 février qui pose pas mal de bases sur la différence entre apprendre et comprendre et sur comment notre société, se croyant sur-informée, est en fait en déficit d’information.

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Petit retour du CCC

Le Chaos communication congress, rassemblement de hackers en Europe fête cette année ses 30 ans. Une édition anniversaire qui survient dans un contexte brulant : Snowden, Wikileaks.

Le Chaos communication congress, rassemblement de hackers en Europe fête cette année ses 30 ans. Une édition anniversaire qui survient dans un contexte brulant : Snowden, Wikileaks.

Conséquence, beaucoup de conférence ont porté sur la surveillance des données. En question aussi, la sécurité de nos smartphones, véritables ordinateurs embarqués, plutôt vulnérables. Mon reportage à Hambourg lors du Congress pour France Inter.

Théorie du drone, Grégoire Chamayou

Avis mitigé sur le bouquin de Chamayou qui pointe pas mal de problèmes, notamment sociétaux autour de l’emploi des drones en zones de guerre (ou pas) mais tombe parfois dans la facilité.

Avis mitigé sur le bouquin de Chamayou qui pointe pas mal de problèmes, notamment sociétaux autour de l’emploi des drones en zones de guerre (ou pas) mais tombe parfois dans la facilité.

Le drone transforme la guerre, que l’on pourrait qualifier d’opposition sur un terrain donné, en chasse : un tueur poursuivant un fuyard. Le livre dresse une bonne analyse du glissement de l’anti-insurrectionnel, cantonné au champ politique et militaire vers l’anti-terrorisme basé sur le sécuritaire, avant tout. C’est donc vers un changement totalement de paradigme que la société est en train de glisser.

Capture du 2013-12-23 14:56:26

La non présence de forces militaires sur le terrain peut aussi, selon Chamayou, faire glisser l’opposition sur le terrain civil. Il présente le cas du Pakistan : si les insurgés ne voient plus les militaires, ils se retourneront contre des civils. pas faux, mais sans précédent, l’auteur ne peut que se baser sur une stratégie de la peur.

Nouvelle utilisation de cette stratégie de la peur lorsqu’il évoque les drones amateurs. L’argument sécuritaire passe en premier alors qu’il le combat tout au long du livre pour nous vendre les drones amateurs comme des appareils explosifs en puissance.

Par ailleurs, il n’évoque jamais, en vis à vis du terroriste qui se servirait de drones comme une bombe, du journaliste qui pourrait filmer des violences policières en zone de conflit ou sur des manifestations, sans risquer de se faire blesser ou tuer par un sniper.

De l’éthique

La comparaison avec le poison n’est pas anodine et elle n’est franchement pas bête. Comme le poison, le drone a une fonction d’assassinat. Peut-on s’en servir comme d’une arme de guerre ?

On sort, dans ce cas, du cadre normatif du conflit armé. On passe de l’éthique du combat à l’éthique de la mise à mort. On sort d’une relation de risques mutuels, la guerre n’est plus la guerre, elle devient une operation de police a grande échelle, selon Chamayou qui cite Walzer « Sans l’égalité du droit de tuer, la guerre disparaîtra », au profit de crimes et machinations, exécutés par les militaires.

Penser collectif

Citant l’exemple du militaire refusant de tirer sur un soldat adverse qui n’est pas en tenue de combat et non armé, Chamayou évoque l’idée de passer d’un refus pour soi à un refus collectif, au delà du corps militaire. Ce n’est pas seulement le collègue qui est invité à appuyer sur la gâchette à son tour qu’il faut toucher, mais la société.

La prise de conscience entraînant l’opposition politique, comme contre la videosurveillance, en impliquant au delà du corps d’armée.

Sur les mouvements sociaux, toutefois, il les met un peu tous dans le même sac. Lorsque le pouvoir, drone à la main, réprime des manifestations, il n’y a pas de différence entre un mouvement revendicatif sur les droits dans un pays occidental et des insurgés pakistanais qui luttent, entre autres, pour la suppression du peu de droits que peuvent avoir les femmes sur leur territoire.

Non monsieur Chamayou, tous les mouvements ne se valent pas et certains doivent être combattus.

Même erreur pour illuster la diminution de la dépendance matérielle de l’état au travail militaire et donc se dépendance sociale aux corps qui constituent cette force de travail. Il ajoute cet argument à la précarisation accrue de la société USA sans aucune mise en perspective avec la crise ou la précarisation de la vie des gens dans le reste du monde. Le problème n’étant pas seulement américain et donc pas lié seulement à l’arrivée de ces technologies dans l’armée.

Avis mitigé, donc, si Chamayou ne tombait pas de temps à autre dans la facilité, en mode « les drones c’est mal », ou les élans sécuritaires, je serais assez convaincue. Enfin, il permet de rappeler que la technologie n’est pas invincible. La décrire en mythe c’est poser les premières pierres d’un comportement passif face à sa mise en place.

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Sur le même sujet, qui a peur du grand méchant drone

 

Jacob Appelbaum explique le système de surveillance au Parlement européen

En ces temps de LPM, il est judicieux de revenir aux fondamentaux. Jacob Apelbaum, un des créateurs de Tor, mais pas que,  expliquait au mois de septembre ce qu’est réellement la surveillance en ligne et comment s’en protéger.


Le hacker Jacob Appelbaum explique le système… par musashizd

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Menaces sur nos libertés, comment Internet nous espionne
Armée française, la 7e compagnie sur Internet

Rien à montrer…

J’aime beaucoup quand les gens me disent qu’ils n’ont rien à cacher : « Alors je peux te filmer sous la douche ? » regard interloqué. « Parce que ce qui peut être sympa, c’est le moment où tu passes tes mains savonneuse sur tes fesses… » Mais non ! « Mais pourquoi ? T’aurais en fait des trucs à cacher ? Et sinon, je peux venir enregistrer des sons quand tu ronfles, la nuit ?… me faudrait juste un bout de canapé… »

J’aime beaucoup quand les gens me disent qu’ils n’ont rien à cacher : « Alors je peux te filmer sous la douche ? » regard interloqué. « Parce que ce qui peut être sympa, c’est le moment où tu passes tes mains savonneuse sur tes fesses… » Mais non ! « Mais pourquoi ? T’aurais en fait des trucs à cacher ? Et sinon, je peux venir enregistrer des sons quand tu ronfles, la nuit ?… me faudrait juste un bout de canapé… »

Je ne sais pas pourquoi, mais en général, ça ne fonctionne pas. Non, je ne m’attarderais pas sur le « en général ».

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Afp, Morel, Libé, impots, parodie… Les sliens du dimanche #31

Afp, Morel, Libé, impots, parodie… Les sliens du dimanche #31

quelques liens à la volée…

Le photographe amateur d’Haïti dont une photo avait fait le tour du monde lors de la dernière catastrophe parce que revendue par l’AFP qui l’avait récupérée sur twitter et avait gagnée énormément d’argent avec cette image sans rien partager avec son auteur, a enfin gagné son procés contre l’agence

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Orbot, retour d’utilisation

De passage en Jordanie (oui, j’ai mis du temps à écrire ce billet) j’ai testé Orbot. Orbot c’est quoi donc ? C’est l’équivalent de Tor, dont on a déjà parlé ici, mais sur smartphone.

Orbot sert à préserver votre anonymat en ligne qu’il s’agisse de surfer sur le Ouaibe ou d’autres utilisations d’Internet. Il fournit l’accès au réseau Tor aux utilisateurs de smartphones Androïd.

Autre avantage pour une utilisation grand public, il permet de choisir de manière assez user friendly, en quelques clics, les applications dont le trafic passera par le réseau Tor : mails, navigation, tchat… ou alors de choisir de faire transiter les flux de la totalité de vos applications.

Capture du 2013-10-24 11:00:38

Un test bien basique pour savoir si votre connexion transite bien par le réseau Tor, celui de d’aller consulter les sites qui vous indiquent quelle est votre IP, du genre mon-ip.com, qui vous localisera quelquepart dans le monde mais sans doute pas là où vous vous trouvez.

Pour l’anonymat et vous permettre de vous connecter sans avoir à subir les restrictions du pays dans lequel vous vous trouvez physiquement, c’est une bonne chose, donc.

Cet outil a tout de même un problème, celui de tirer pas mal sur la batterie, donc plutôt limité en termes de mobilité. Impossible, par exemple, de le laisser tourner plusieurs heures d’affilée, sur une connexion « grand public » par exemple, via wifi dans le salon d’un hôtel, à moins d’avoir son chargeur et une prise à portée de main.

Moins grand public, en connexion 3G, ne surtout pas laisser tourner Orbot plusieurs heures sur votre machine ou au moment où vous aurez vraiment besoin de téléphoner, il ne vous restera plus de jus.

Eteindre Orbot ?

Oui mais…

Oui mais si vous rechargez vos mails coûte que coûte, en continu, votre application s’y connectera sans ce programme, et donc à quoi cela peut-il servir de le faire tourner épisodiquement ? Dans ce cas précis, il faut abandonner l’idée du chargement des mails en continu et s’astreindre, à chaque fois qu’on en a envie, à retaper son mot de passe.

A titre personnel, je suis plutôt opposée au chargement des emails sur mobile, et je m’en passe, mais dans certains pays, le smartphone est parfois le seul ordinateur qu’une personne possède, elle ne peut donc pas faire autrement.

Très bon retour, donc, sur Orbot, même si son utilisation doit s’accompagner d’autres mesures de sécurité dans le cadre d’un reportage, qu’il s’agisse de sécurité informatique ou de comportements personnels. Le seul souci majeur noté étant celui de la consommation d’énergie.

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télécharger Orbot sur tes dépots préférés
Les téléphones mobiles et la sécurité
Utilisez votre smartphone en sécurité

Soutien aux équipes de @courrierinter

Chaque semaine, j’essaie de finir de lire Courrier International dans les temps pour embrayer sur le nouveau dès son arrivée dans ma boite aux lettres… Ce qui n’est pas chose aisée quand on bouquine en même temps deux livres (un au lit et un dans les transports), qu’on fait mumuse avec un RasPi et qu’on a un travail et une vie sociale bien remplie.

Chaque semaine, c’est comme un petit jeu entre ma factrice, mon journal et moi.

Chaque semaine, j’essaie de finir de lire Courrier International dans les temps pour embrayer sur le nouveau dès son arrivée dans ma boite aux lettres… Ce qui n’est pas chose aisée quand on bouquine en même temps deux livres (un au lit et un dans les transports), qu’on fait mumuse avec un RasPi et qu’on a un travail et une vie sociale bien remplie.

Capture d’écran 2013-10-16 à 12.46.53

J’ai tendance à m’éterniser sur les brèves qui fourmillent d’infos, à les twitter, à passer du temps sur les dossiers, pas question de les lire en morceaux. Et puis chaque semaine, il est là, il m’attend dans la boite et je ne peux que constater qu’il y a trop de lecture pour une seule semaine.

Parfois, il arrive en retard, le samedi. Là, je gagne… Parfois, un papier me sert de point de départ pour un billet.

Cette semaine, je ne recevrai pas Courrier International puisqu’une grève du personnel au moment du bouclage empêche sa sortie. La première fois en 23 ans d’existence. Je n’aurai pas mon petit jeu, mais c’est pour la bonne cause.

Les équipes protestent contre le plan social qui concernerait près d’un tiers des effectifs, un chiffre qui va au-delà du personnel mobilisé pour le site « presseurop » en plusieurs langues qui s’est arrêté.

Je n’ai que trop parlé ici de la précarité des pigistes, de celle des journalistes et si, en bonne râleuse (oui, oui, je suis française) je me suis abonnée à Courrier International, c’est parce que je considère ce canard comme un des rares à traiter l’actu Internationale et la géopolitique très sérieusement et avec parfois un oeil décalé qui vient enrichir l’information. C’est grâce à ce qu’apporte l’équipe de ce journal.

Donc c’est en tant que journaliste, mais aussi en tant que lectrice que je soutiens les équipes en grève, en les remerciant pour leur boulot, même si mon journal me manque déjà, il a des privations qui ont un goût de justice.

Précarité des pigistes

Deux sorties cette semaine en rapport avec la précarité des pigistes… et pas que :

Deux sorties cette semaine en rapport avec la précarité des pigistes… et pas que :

newsD’abord ce papier qui rappelle que les pigistes au Québec ne touchent plus que 59% de ce qu’ils touchaient en 1981 en termes de revenus. Le papier soulève aussi des questions de différences salariale à niveau égal, travail égal et pour le même média entre hommes et femmes et rappelle que les coupes budgétaires interviennent surtout sur le temps de préparation des reportages, et c’est l’information, bien entendu, qui en pâtit.

Cet article de Slate, au dela de pointer le vieillissement de la profession par la moyenne d’age grandissante des journalistes encartés, permet de rappeler le fait que les jeunes journalistes, souvent pigistes et donc précaires, ont du mal à obtenir leur carte de presse, faute de revenus suffisant. Il est donc avant tut question de précarisation. 61,2% des premières demandes de carte de presse sont adressées par des journalistes en CDD ou à la pige. L’article rappelle aussi l’absence de femmes aux postes de direction. Elles ne représentent que 26,2% des directeurs de publication et 34% des rédac chefs.

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Pigistes, pas pigeons