Au cœur de l’antiterrorisme, Marc Trévidic

Son nom vous dit forcément quelque chose. Vous l’avez vu passer, entendu, au sujet du dossier Karachi, des moines de Thibérine ou en rapport avec le 11 septembre. C’est aussi un de ces juges qui a mené le combat, en tant que président de l’association française des magistrats instructeurs, contre une réforme du temps de Sarkozy, visant à supprimer les juges d’instruction.

Son nom vous dit forcément quelque chose. Vous l’avez vu passer, entendu, au sujet du dossier Karachi, des moines de Thibérine ou en rapport avec le 11 septembre. C’est aussi un de ces juges qui a mené le combat, en tant que président de l’association française des magistrats instructeurs, contre une réforme du temps de Sarkozy, visant à supprimer les juges d’instruction.

C’est d’ailleurs le point de départ de son livre. Expliquer ce qu’est un juge d’instruction, les auditions, les enquêtes, pour faire comprendre au lecteur leur utilité dans la société. En filigrane de ce bouquin, la quête de la vérité, celle que, selon lui, le magistrat instructeur se doit de rechercher, sans prendre parti, sans se laisser aller à ses émotion, chose qui n’est pas aisée.

Il rappelle d’ailleurs sa première erreur judiciaire, dans le cadre d’une de ses première affaires. Une jeune femme violée qui accusait son frère, violent, pour qui il avait pris parti, voulant maintenir le gars en détention alors que les preuves n’étaient pas assez nombreuses. Quelques jours après, une analyse sur le fœtus avorté de la nana, le frère sera sorti d’affaire, l’enfant, preuve du viol, n’étant pas de lui.

Capture du 2013-10-17 17:08:48

C’est aussi la société dans laquelle nous vivons qu’il nous envoie en pleine face. Celle qui juge sans preuve le bagagiste de Roissy à la Une des journaux, à qui il ira annoncer sa libération au bout d’une dizaine de jours, celle des nationalistes Corses qui se succèdent dans la maison de famille d’un des leurs alors qu’il enquête au nom de la justice française, celle de ces gamins qui s’enrôlent plus ou moins volontairement dans les troupes d’Al-Qaeda.

Marc Trévidic est spécialisé dans le terrorisme et les réseaux islamistes. C’est donc lui qui supervise les enquêtes liées à la mouvance internationale.

Il revient sur l’histoire du mouvement et sur l’accueil des Français d’origine maghrébine, accueillis au Proche-Orient pour être formés dans des camps. Il est question d’endoctrinement, de contacts, de réseaux, mais aussi de la folie, en termes de communication, qui a entouré Al-Qaeda et Ben Laden.

Il raconte comment les plus faibles sont approchés, accrochés, serait peut être plus juste, via Internet, entre prédications et vidéos. Il est question du travail des services de la DGSE et de la DCRI, sans jamais trop en dire, bien entnendu.

Ses histoires et analyses se lisent presque comme des nouvelles. Il écrit bien. On est mal à l’aise à la fin du chapitre concernant cette étudiante qui finira par tomber amoureuse d’un terroriste emprisonné suite à de nombreuses visites, on sera tout aussi incrédule que lui face au bagagiste libéré suite à une erreur, on s’interroge, tout autant que lui, sur les raisons de la radicalisation de certains.

#Infosec, RSF, TPB,précarité, Internet, cumul, Egypte… Les liens du dimanche #19

Welcome in your world où la sécurité informatique est un métier d’avenir !

Dans ton monde, on met toujours des journalistes en prison, notamment en Iran, signe la pétition et n’oublie pas de consulter le rapport RSF de cette année. Plus drôle, The Pirate bay attaque la hadopi locale pour piratage.

Dans ton monde, les femmes deviennent de plus en plus précaires et les lingots de Ben Ali transiteraient par la France. Au Pakistan, ça sent pas vraiment le bonheur, et on essaie de prouver en Europe, où on a bien d’autres considérations que les droits de l’Homme que non, Internet ne rend pas accro et si on s’ennuie encore, on peut mettre des téléphones au frigo.

En France, on veut repousser l’interdiction du cumul des mandats, moi président, toussa… alors qu’en Egypte, finalement, c’est l’Etat qui s’oppose au blocage de Youtube décidé par la justice, c’est un peu le monde à l’envers !

Et en Syrie ?

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Twitter, Quick : Entre jurisprudence et opinion publique

La volière s’est émue ces derniers jours apprenant que Quick allait attaquer en justice un de ces employés qui informait ses followers sur son quotidien, sur les problèmes d’hygiène et sur les mauvais traitements infligés au personnel.

La volière s’est émue ces derniers jours apprenant que Quick allait attaquer en justice un de ces employés qui informait ses followers sur son quotidien, sur les problèmes d’hygiène et sur les mauvais traitements infligés au personnel.

Et comme on est sur le Web, allons-y jusqu’au bout, c’est sur son site que le fournisseur de junk food a annoncé jeudi dernier qu’il allait poursuivre l’employé qui travaille dans un estaminet d’Avignon pour propos diffamatoires.

Le site de Métro publie le témoignage d’@EquipierQuick qui met l’accent sur le fait que oui, il savait ce qu’il publiait sur le réseau social Twitter et le faisait délibérément.

« Ce n’était pas un coup de gueule. C’était réfléchi, pour pouvoir faire avancer les droits des équipiers. Pour moi le restaurant Cap Sud était un cas isolé du fait de ce qui s’était passé en 2011. Du coup, il y a avait une pression supplémentaire dans ce restaurant. »

L’identification

Notre équipier twitte sous pseudo. On sait de lui, théoriquement, qu’il travaille sur Avignon, mais pas plus, du moins en ce qui concerne la justice. Quick doit donc entamer une procédure qui permettra de l’identifier dans le but de pouvoir l’attaquer nominativement.

L’entreprise dit donc demander tous les éléments d’identification possibles à Twitter : adresse IP, nom et adresse mail fournis lors de l’inscription, etc. C’est ainsi qu’elle pourra ensuite entamer une procédure. Reste à savoir si coopération il y aura.

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La jurisprudence OccupyWallStreet

Au mois de juillet, le réseau social a d’abord décidé de résister à la justice américaine qui demandait les données personnelles d’un twitto présent sur le mouvement Occupy Walt Street, justifiant ce choix par la protection de ses utilisateurs. Revirement en septembre, sous la pression, Twitter fournit les informations demandées à la justice. L’American Civil Liberties Union (ACLU) réagira même ainsi :

« Twitter devrait être applaudi pour avoir défendu ses utilisateurs, mais la triste réalité est que seuls les utilisateurs individuels peuvent défendre leurs droits constitutionnels. »

Le chapo du papier de France Info qui rapporte ces propos, rappelle que l’affaire pourrait aujourd’hui faire office de jurisprudence. En d’autres termes, Quick pourrait aujourd’hui s’en servir pour faire peser dans la balance en demandant les données personnelles de l’équipier visé.

Des précédents en France

Le site Internet du journal Telerama revient sur quelques affaires de droits du travail ayant impliqué les réseaux sociaux, notamment autour d’un journaliste de France Télévision, d’un journaliste sportif et surtout d’employées d’une entreprise de Boulogne Billancourt qui échangeaient des gossips sur leur hiérarchie via Facebook.

Sur le même sujet, cette infographie.
L’édito de David Abiker.
Illustration Flickr/CC eldh