Quand Guy Birenbaum se relève

C’est avec l’esprit un peu embrouillé que je referme le livre de l’ami Guy Birenbaum, Vous m’avez manqué, histoire d’une dépression française. Il y raconte plusieurs mois d’errance, glissant vers ce que nous appelons le « burn out » que lui préfère nommer « burn in », et les ravages que cette maladie aura causé dans sa vie de tous les jours. Il parle aussi de l’après, du travail qu’il y a à accomplir pour guérir. Enfin, il nous renvoie aux dérives de la société dans laquelle nous évoluons.

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L’Egypte en révolutions

Dirigé par Bernard Rougier et Stephane Lacroix

L’Egypte, 90 millions d’habitants, dont près d’un quart se concentrent sur la mégalopole du Caire. Quatre ans après le renversement d’Hosni Moubarak, l’ancien président déchu, les caméras ont déserté la place Tahrir et c’est maintenant que commence le travail des chercheurs qui ont assez de recul pour analyser la période de reconstruction.

Ce livre présente différentes études, tant démographiques, que politiques, historiques et économiques, permettant de comprendre au mieux l’Egypte d’aujourd’hui.

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Barrez-vous ! Felix Marquardt

Sur le fond, l’appel « Barre-vous » m’avait sympathiquement interpellé puisque ce que je suis aujourd’hui est aussi le fruit de l’apprentissage de trois ans et demi à l’étranger, en volontariat, en freelance, en claquettes et en bus de nuit, de ces rencontres, de ces langues et cultures apprises sur place…

Sur le fond, l’appel « Barre-vous » m’avait sympathiquement interpellé puisque ce que je suis aujourd’hui est aussi le fruit de l’apprentissage de trois ans et demi à l’étranger, en volontariat, en freelance, en claquettes et en bus de nuit, de ces rencontres, de ces langues et cultures apprises sur place…

J’avais d’ailleurs à l’époque résumé ça dans un billet que tu peux lire par ici.

C’est donc assez sympathiquement que j’ai ouvert le bouquin vendu comme une série de bons plans pour partir à l’étranger. Déjà, le ton surprend. Quand Felix s’adresse au djeun’s, pas question de lui parler avec respect, on le tutoie directement.

Ensuite, les « bons plans » ressemble plus à une série d’ides balancées à la va-vite en mode « fais ça ! » sans grande explication. Ok, tu peux faire u fruit picking en Australie mais comment tu y vas, quels sont les temps d’attente pour le visa ? Les différents types de visas ? Comment se déplacer à l’intérieur du pays ? Peu importe, puisqu’on vous dit que c’est u bon plan. Trouver du boulot dans un centre culturel français, une ambassade directement dans le pays…. bah oui, sauf que le « bon plan » oublie de préciser qu’il s’agit souvent de contrats de droit local, sans aucune sécurité sociale et que les places sont chères, il faut souvent avoir un bon réseau pour y accéder, sauf dans des pays où personne ne veut aller. Ça non plus, ce n’est pas préciser.

En gros, le bouquin est une succession d’idées, parfois (même souvent) bonnes, mais pas de bons plans. Le bon plan, c’est quand il y a un minimum de concret lié aux idées.

Par ailleurs, certaines idées se répètent parfois et surtout d’autres ne sont pas appropriées.

Par exemple, celle liée au gardiennage de maison, qu’on vous présente comme un truc très sympa pour ne pas payer son logement quand on va à l’étranger quelques jours, semaines…. et en plus, ce petit boulot de gardiennage de magnifiques baraques vous permet d’être rémunéré. Que demande le peuple ? Sauf que, un des liens proposés pointe vers un site recherchant des retraités et vous proposant de faire garder votre maison par des papi-mamie… pas vraiment le bon plan pour un djeun’s… ou alors quelqu’un qui était jeune il y a longtemps.

La lecture est rapide est sympa, le bouquin propose des bonnes idées mais il ne faut pas s’attendre à vraiment y trouver des « bons plans » à proprement parler. L’espace rédactionnel consacré aux petites phrases sonnant faussement djeun’s y aurait gagné à être rempli par des adresses d’organismes, d’infos sur les visas, les démarches pour obtenir son passeport en France, les pièces nécessaires à monter un dossier Erasmus, etc… Un peu déçue, donc.

Enfin, la Une interpelle. On parle tout au long du livre de  rencontres, d’ouverture d’esprit, de faire évoluer les mentalités, etc… sauf que la Une du bouquin représente des filles dans des bateaux et voitures roses et un garçon conduisant un train bleu habillé en rouge, un autre conduisant un avion rouge habillé en bleu… sexiste à souhait ! Voila la meilleure idée trouvée par l’auteur pour donner aux jeunes l’envie de se barrer !

Théorie du drone, Grégoire Chamayou

Avis mitigé sur le bouquin de Chamayou qui pointe pas mal de problèmes, notamment sociétaux autour de l’emploi des drones en zones de guerre (ou pas) mais tombe parfois dans la facilité.

Avis mitigé sur le bouquin de Chamayou qui pointe pas mal de problèmes, notamment sociétaux autour de l’emploi des drones en zones de guerre (ou pas) mais tombe parfois dans la facilité.

Le drone transforme la guerre, que l’on pourrait qualifier d’opposition sur un terrain donné, en chasse : un tueur poursuivant un fuyard. Le livre dresse une bonne analyse du glissement de l’anti-insurrectionnel, cantonné au champ politique et militaire vers l’anti-terrorisme basé sur le sécuritaire, avant tout. C’est donc vers un changement totalement de paradigme que la société est en train de glisser.

Capture du 2013-12-23 14:56:26

La non présence de forces militaires sur le terrain peut aussi, selon Chamayou, faire glisser l’opposition sur le terrain civil. Il présente le cas du Pakistan : si les insurgés ne voient plus les militaires, ils se retourneront contre des civils. pas faux, mais sans précédent, l’auteur ne peut que se baser sur une stratégie de la peur.

Nouvelle utilisation de cette stratégie de la peur lorsqu’il évoque les drones amateurs. L’argument sécuritaire passe en premier alors qu’il le combat tout au long du livre pour nous vendre les drones amateurs comme des appareils explosifs en puissance.

Par ailleurs, il n’évoque jamais, en vis à vis du terroriste qui se servirait de drones comme une bombe, du journaliste qui pourrait filmer des violences policières en zone de conflit ou sur des manifestations, sans risquer de se faire blesser ou tuer par un sniper.

De l’éthique

La comparaison avec le poison n’est pas anodine et elle n’est franchement pas bête. Comme le poison, le drone a une fonction d’assassinat. Peut-on s’en servir comme d’une arme de guerre ?

On sort, dans ce cas, du cadre normatif du conflit armé. On passe de l’éthique du combat à l’éthique de la mise à mort. On sort d’une relation de risques mutuels, la guerre n’est plus la guerre, elle devient une operation de police a grande échelle, selon Chamayou qui cite Walzer « Sans l’égalité du droit de tuer, la guerre disparaîtra », au profit de crimes et machinations, exécutés par les militaires.

Penser collectif

Citant l’exemple du militaire refusant de tirer sur un soldat adverse qui n’est pas en tenue de combat et non armé, Chamayou évoque l’idée de passer d’un refus pour soi à un refus collectif, au delà du corps militaire. Ce n’est pas seulement le collègue qui est invité à appuyer sur la gâchette à son tour qu’il faut toucher, mais la société.

La prise de conscience entraînant l’opposition politique, comme contre la videosurveillance, en impliquant au delà du corps d’armée.

Sur les mouvements sociaux, toutefois, il les met un peu tous dans le même sac. Lorsque le pouvoir, drone à la main, réprime des manifestations, il n’y a pas de différence entre un mouvement revendicatif sur les droits dans un pays occidental et des insurgés pakistanais qui luttent, entre autres, pour la suppression du peu de droits que peuvent avoir les femmes sur leur territoire.

Non monsieur Chamayou, tous les mouvements ne se valent pas et certains doivent être combattus.

Même erreur pour illuster la diminution de la dépendance matérielle de l’état au travail militaire et donc se dépendance sociale aux corps qui constituent cette force de travail. Il ajoute cet argument à la précarisation accrue de la société USA sans aucune mise en perspective avec la crise ou la précarisation de la vie des gens dans le reste du monde. Le problème n’étant pas seulement américain et donc pas lié seulement à l’arrivée de ces technologies dans l’armée.

Avis mitigé, donc, si Chamayou ne tombait pas de temps à autre dans la facilité, en mode « les drones c’est mal », ou les élans sécuritaires, je serais assez convaincue. Enfin, il permet de rappeler que la technologie n’est pas invincible. La décrire en mythe c’est poser les premières pierres d’un comportement passif face à sa mise en place.

  • Les liens qui vont bien

Sur le même sujet, qui a peur du grand méchant drone

 

L’Europe repart à la conquête du droit d’auteur

Voilà maintenant trois fois en trois ans que nos édiles statuent sur le sujet. A croire que le rejet d’ACTA qui aurait, entre autres, empêché les ONG de soigner des gens en grande détresse avec des médicaments génériques puisque contrefaits, ne leur a pas suffit.

Et hop, c’est reparti ! La Commission Européenne lance une nouvelle consultation sur le droit d’auteur, cette fois-ci dans le marché intérieur.

Voilà maintenant trois fois en trois ans que nos édiles statuent sur le sujet. A croire que le rejet d’ACTA qui aurait, entre autres, empêché les ONG de soigner des gens en grande détresse avec des médicaments génériques puisque contrefaits, ne leur a pas suffit.

Quid du partage de la culture ?

A lire sur le site de La Quadrature du Net.

Spledeurs et misères du travail des diplomates, Françoise Piotet

La diplomatie et toutes les images qui entourent ce terme, ont leur lot de fantasmes et de rêves. Mais quel est vraiment le quotidien de ces employés du Ministère des affaires étrangères (MAE) ? Jeux de relations et d’échanges de services, le quotidien de ces hommes, le corps comte très peu de femmes, reste avant tout très codifié.

La diplomatie et toutes les images qui entourent ce terme, ont leur lot de fantasmes et de rêves. Mais quel est vraiment le quotidien de ces employés du Ministère des affaires étrangères (MAE) ? Jeux de relations et d’échanges de services, le quotidien de ces hommes, le corps comte très peu de femmes, reste avant tout très codifié.

Que font les diplomates ? C’est à cette question que Françoise Piolet, Marc Loriol et David Delfolie, tentent de répondre, non sans mal, tant la diversité des postes et des manières de gérer une carrière est grande.

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Stupeurs et tremblements, Amélie Nothomb

C’est la première fois que je lis un bouquin d’Amélie Nothomb, il n’est assez rare d’ouvrir des livres que l’on trouve en tête de gondole, j’ai donc décidé de faire ainsi une petite digression.

Le titre de ce roman fait référence au ton que doiit employer tout japonais s’adressant à l’empereur et, finalement, qu’il doit aussi employer, en entreprise face à ses supérieurs hiérarchiques.

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Le Manuel de recrutement d’Al-Qaida

Avis mitigé sur ce bouquin rédigé par deux chercheurs, Mathieu Guidere et Nicole Morgan. Il comporte de bons extraits du « manuel » d’endoctrinement des futurs djihadistes, ce qu’on leur vend et de quelle manière. Ces textes, que l’on peut trouver sous forme écrite ou numérique, présentent la doctrine d’Al Qaïda et participent à l’embrigadement.

Avis mitigé sur ce bouquin rédigé par deux chercheurs, Mathieu Guidere et Nicole Morgan. Il comporte de bons extraits du « manuel » d’endoctrinement des futurs djihadistes, ce qu’on leur vend et de quelle manière. Ces textes, que l’on peut trouver sous forme écrite ou numérique, présentent la doctrine d’Al Qaïda et participent à l’embrigadement.

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Latitude zéro, Mike Horn

En gros, Mike Horn se présente malheureusement toujours comme un héros. Il a un côté Chuck Norris avant Chuck Norris.

Ce mec est un malade. Sud-Africain bien né, il est devenu « aventurier explorateur » et ne cache pas ses amitiés très haut placées l’aidant à mener au mieux ses missions.

Celle qu’il raconte dans latitude zéro, est tout simplement le tour du monde en suivant l’équateur, directement, tout droit… en s’accordant tout de même une petite bande de large de chaque côté.

L’exploit est assez énorme, il brave plusieurs océans sur un petit voilier, traverse des jungles, longe des rivières en pirogue, copine avec des guérilleros colombiens et des chefs de guerre africains, le tout en un an et demi.

On reste un peu sceptique sur le fait qu’il ne lui arrive rien, qu’il rencontre toujours les bonnes personnes au bon moment et que, c’est finalement toujours grâce à sa détermination, comme le moment où il est mordu par un serpent et se soigne en buvant de l’eau et passant deux ou trois jours allongé dans son hamac…

Idem pour la sortie de test de son voilier, prévu à l’origine pour 4 personnes grand maximum, il tombe sur un bateau de clandestins mexicains en train de couler, il remplit son bateau d’un dizaine de ses personnes et attend au large que la police ne parte pour les faire débarquer libres aux USA.

mike_horn

Et finalement, on ne s’interroge pas plus que ça. Il a déjà parachevé de nombreux exploits sportifs, fait partie de commandos, a écrit sur ses stages de survie dans la jungle…

En gros, Mike Horn se présente malheureusement toujours comme un héros. Il a un côté Chuck Norris avant Chuck Norris.

Pas un mot sur les périodes de doute, sur le manque de sa famille, ses enfants… et quand il tombe de son bateau en pleine mer agitée, c’est pour mieux nous raconter comment il s’est accroché à tel ou tel filet pour héroïquement reprendre les commandes, de nuit, bien entendu.

Je croyais ouvrir un bouquin qui parlerait de cheminement, physique et psychologique, façon Bouvier, par exemple. Et bien non. Aucune remise en question.

Enfin, lorsque Mike Horn traverse le continent africain, il pose un regard très dur sur les gens. Selon lui, il n’y aurait que voleurs et fous furieux armés dans les pays qu’il traverse et tient un discours assez affligent, hautain, sans essayer de comprendre ou du mois s’interroger sur la situation.

A sa décharge, il raconte toute de même comment plusieurs fois, il a rebroussé chemin pour que son équipe technique puisse le filmer en plein effort pour réaliser la vidéo du voyage ou comment ses amitiés haut placées l’ont aidé à certains moments, à se sortir de situations délicates.

A lire si vous n’avez rien d’autre sous la main… mais seulement dans ce cas-là.

Au cœur de l’antiterrorisme, Marc Trévidic

Son nom vous dit forcément quelque chose. Vous l’avez vu passer, entendu, au sujet du dossier Karachi, des moines de Thibérine ou en rapport avec le 11 septembre. C’est aussi un de ces juges qui a mené le combat, en tant que président de l’association française des magistrats instructeurs, contre une réforme du temps de Sarkozy, visant à supprimer les juges d’instruction.

Son nom vous dit forcément quelque chose. Vous l’avez vu passer, entendu, au sujet du dossier Karachi, des moines de Thibérine ou en rapport avec le 11 septembre. C’est aussi un de ces juges qui a mené le combat, en tant que président de l’association française des magistrats instructeurs, contre une réforme du temps de Sarkozy, visant à supprimer les juges d’instruction.

C’est d’ailleurs le point de départ de son livre. Expliquer ce qu’est un juge d’instruction, les auditions, les enquêtes, pour faire comprendre au lecteur leur utilité dans la société. En filigrane de ce bouquin, la quête de la vérité, celle que, selon lui, le magistrat instructeur se doit de rechercher, sans prendre parti, sans se laisser aller à ses émotion, chose qui n’est pas aisée.

Il rappelle d’ailleurs sa première erreur judiciaire, dans le cadre d’une de ses première affaires. Une jeune femme violée qui accusait son frère, violent, pour qui il avait pris parti, voulant maintenir le gars en détention alors que les preuves n’étaient pas assez nombreuses. Quelques jours après, une analyse sur le fœtus avorté de la nana, le frère sera sorti d’affaire, l’enfant, preuve du viol, n’étant pas de lui.

Capture du 2013-10-17 17:08:48

C’est aussi la société dans laquelle nous vivons qu’il nous envoie en pleine face. Celle qui juge sans preuve le bagagiste de Roissy à la Une des journaux, à qui il ira annoncer sa libération au bout d’une dizaine de jours, celle des nationalistes Corses qui se succèdent dans la maison de famille d’un des leurs alors qu’il enquête au nom de la justice française, celle de ces gamins qui s’enrôlent plus ou moins volontairement dans les troupes d’Al-Qaeda.

Marc Trévidic est spécialisé dans le terrorisme et les réseaux islamistes. C’est donc lui qui supervise les enquêtes liées à la mouvance internationale.

Il revient sur l’histoire du mouvement et sur l’accueil des Français d’origine maghrébine, accueillis au Proche-Orient pour être formés dans des camps. Il est question d’endoctrinement, de contacts, de réseaux, mais aussi de la folie, en termes de communication, qui a entouré Al-Qaeda et Ben Laden.

Il raconte comment les plus faibles sont approchés, accrochés, serait peut être plus juste, via Internet, entre prédications et vidéos. Il est question du travail des services de la DGSE et de la DCRI, sans jamais trop en dire, bien entnendu.

Ses histoires et analyses se lisent presque comme des nouvelles. Il écrit bien. On est mal à l’aise à la fin du chapitre concernant cette étudiante qui finira par tomber amoureuse d’un terroriste emprisonné suite à de nombreuses visites, on sera tout aussi incrédule que lui face au bagagiste libéré suite à une erreur, on s’interroge, tout autant que lui, sur les raisons de la radicalisation de certains.