Palmyre

Ils étaient une poignée,

Insouciants, jeunes et bourrés

Riant et se racontant leurs vies sur les hauteurs de Palmyre.
Il y avaient ceux qui avaient apporté de l’arak,

ceux qui le buvaient pur,

ceux qui avait filouté l’entrée à dans les ruine,

ceux qui admiraient la ville,

ceux qui buvaient encore.

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L’Egypte en révolutions

Dirigé par Bernard Rougier et Stephane Lacroix

L’Egypte, 90 millions d’habitants, dont près d’un quart se concentrent sur la mégalopole du Caire. Quatre ans après le renversement d’Hosni Moubarak, l’ancien président déchu, les caméras ont déserté la place Tahrir et c’est maintenant que commence le travail des chercheurs qui ont assez de recul pour analyser la période de reconstruction.

Ce livre présente différentes études, tant démographiques, que politiques, historiques et économiques, permettant de comprendre au mieux l’Egypte d’aujourd’hui.

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Quatre jours à Alep

Voilà maintenant quatre ans que les Syriens vivent dans un pays en guerre.

Voilà maintenant quatre ans que les Syriens vivent dans un pays en guerre. Et pour être sûre de ne pas les épargner, la vie a fait level up l’horreur et aujourd’hui, l’Etat Islamique dirrige certaines régions.

Sur France Inter, on apprend que Daesh gère la moitié de la ville d’Alep. Voyage dans l’autre partie avec une reporter. A écouter.

 

Yousafzai

« Malala » on ne lit et on n’entend que ça ces derniers jours, comme « Ségolène », alors qu’on dit « Arnaud Montebourg », ou « Marine », alors qu’on dit « Julien Rochedy »… Étrange, non ?

La semaine dernière Malala Yousafzai a été nommée prix Nobel de la Paix 2014. Cette Pakistanaise, militante de droits humains engagée pour un accès à l’éducation comme vecteur d’amélioration de vie des plus pauvres et d’insertion sociale et d’émancipation pour les femmes.

« Malala » on ne lit et on n’entend que ça ces derniers jours, comme « Ségolène », alors qu’on dit « Arnaud Montebourg », ou « Marine », alors qu’on dit « Julien Rochedy »… Étrange, non ?

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Turquie Joue-la comme ZABA

Ces derniers jours, le pouvoir turc a joué un sale jeu en matière de liberté d’expression, un coup dur sans possible retour en arrière.

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Le Manuel de recrutement d’Al-Qaida

Avis mitigé sur ce bouquin rédigé par deux chercheurs, Mathieu Guidere et Nicole Morgan. Il comporte de bons extraits du « manuel » d’endoctrinement des futurs djihadistes, ce qu’on leur vend et de quelle manière. Ces textes, que l’on peut trouver sous forme écrite ou numérique, présentent la doctrine d’Al Qaïda et participent à l’embrigadement.

Avis mitigé sur ce bouquin rédigé par deux chercheurs, Mathieu Guidere et Nicole Morgan. Il comporte de bons extraits du « manuel » d’endoctrinement des futurs djihadistes, ce qu’on leur vend et de quelle manière. Ces textes, que l’on peut trouver sous forme écrite ou numérique, présentent la doctrine d’Al Qaïda et participent à l’embrigadement.

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Le rêve, une espèce en voie de disparition

J’apprends en lisant le Courrier International de cette semaine que l’écriture cursive (à la main en attaché) n’allait plus être obligatoire dans 45 états des USA d’ici à 2015.

J’apprends en lisant le Courrier International de cette semaine que l’écriture cursive (à la main en attaché) n’allait plus être obligatoire dans 45 états des USA d’ici à 2015.

L’info crée un gros débat outre-atlantique et m’a fait réfléchir à mon propre rapport à l’écriture, notamment après toutes ces années passées à l’étranger. L’écriture c’est, pour moi, une part de la culture d’un pays, quelquechose en rapport direct avec la langue et son histoire.

Quand j’apprenais l’arabe, je me souviens des grosses lettres calligraphiées à la main plus ou moins adroitement sur des lignes qui n’en finissaient pas. J’avais une écriture d’enfant, malgré mes presque 30 ans, une écriture d’enfant qui s’appliquait à bien former ses lettres, à placer le point au bon endroit, à refaire trois fois les mêmes lettres parce que suivant leur place dans le mot, elles n’ont pas la même forme, à pester sur les « sôd » et « dôd » et leur forme chelou…

Pour les sonorités aussi, l’écriture à la main aidait. L’apprentissage se faisait avec des accents qui prenaient la place des voyelles et disparaissent au fil de l’apprentissage. Et alors que ces mots ne ressemblaient à rien sur un écran, un journal ou la devanture d’un magasin, ils prenaient du sens, posés sur le papier, avec leurs accents.

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Moins exotique, l’écriture cursive, c’est aussi l’écriture en couleur, les cœurs dans la marge à 12 ans, les gros ronds sur les i en guise de point à 14, les dessins sur un coin de page parce qu’on n’a pas envie d’écouter, la grille de morpion entre deux potes qui s’en fichent, une fleur ou un soleil retrouvés au détour d’un cours quand la copine d’à côté avait déjà noirci tous ses coins de page.

Les écrans ne véhiculeront pas ces moments de vie qui participent aussi à la construction sociale du jeune.

Il faudra écrire avec une marge de tant de centimètres, parfois en couleur, avec l’interlignage qu’on nous donnera, et pas question d’avoir le choix entre lignes et petits carreaux, d’écrire en bleu ou en violet, de tracer des flèches ou des cercles pour faciliter la compréhension.

« Notre manière d’écrire a une incidence sur ce que nous écrivons »

C’est une phrase d’un des articles de Courrier International. Nous n’écrivons pas la même chose selon que nous sommes devant un écran ou une feuille de papier. Nous n’organisons pas l’espace de la feuille de la même manière. Nous aimons passer rapidement le texte en « justifié » d’un côté alors qu’on prend un malin plaisir à raturer, recommencer et écrire pas droit, mais pas droit du tout de l’autre côté.

L’inverse est aussi vrai dans mon cas. Ce que j’ai envie d’écrire va m’entraîner soit devant un écran, soit devant une feuille de papier. Et quelle feuille de papier ? Ça dépendra encore une fois de ce que j’écris.

Un bloc tout blanc pour une to do list sans cesse recommencée, un tout petit cahier pour quelques pensées déstressantes ou parfois déverser ma colère, un cahier à spirales pour le boulot, un mini bloc note qui ne quitte jamais mon sac en déplacement… Du blogage, des articles et tout ce qui peut être obligatoirement structuré sur un écran.

Une évolution naturelle ?

Tout cela me fait penser à l’arrivée de la photo numérique. Oui, j’ai bossé en labo, retourné ma cuve de négatifs Ilford HP5+ pour éviter les bulles, vérifié des centaines de fois, si ce n’est plus, le grain avant d’insoler… Oui, je suis vielle.

L’arrivée du numérique a complètement changé aussi le travail sur le terrain. Quand on prenait plusieurs photos avec une ouverture ou un temps de pose différents pour être sûrs de faire un bon cliché, quand on réfléchissait à deux fois avant de prendre une photo parce que bon, j’ai que 12 pose alors… Et puis on recherchait LA photo, alors on tournait de tous les côtés, on multipliait les angles, on créait… Alors qu’en numérique, on shoote, on regarde et si c’est correct, on ne se prend plus la tête.

En fait, l’écriture cursive, c’est comme la photo en argentique, il y a un côté imaginatif, artiste, rêveur qu’on ne trouve pas devant un écran ou dans une carte SD… Et c’est bien dommage de se dire que d’ici quelques années, on ne pourra plus sourire en tombant sur l’écriture d’une ado amoureuse au détour d’une feuille qui traîne ou sur les couleurs criardes de post-it collés ça et là pour ne rien oublier.

Aujourd’hui, nous avons le choix. Le choix entre l’écriture manuelle et l’écriture sur clavier, nous maîtrisons les deux. Supprimer l’écriture cursive reviendrait à priver les nouveaux jeunes du droit fondamental qu’est celui d’avoir le choix, à les obliger à n’utiliser que le clavier.

Nous sommes peut-être vieux, mais quand ils seront formatés, sans rêve ni dessins sur leurs écrans, nous nous souviendrons comment c’était bien, la liberté.

Egypte : Selon que vous soyez riche ou misérable…

Donc aujourd’hui, les intellectuels égyptiens veulent retirer le droit de vote aux illettrés qui ne vote pas comme eux. Au delà de la remise en cause de la définition de la démocratie, c’est toute une société qui nous montre son vrai visage.

Donc aujourd’hui, les intellectuels égyptiens veulent retirer le droit de vote aux illettrés qui ne votent pas comme eux. Au delà de la remise en cause de la définition de la démocratie, c’est toute une société qui nous montre son vrai visage.

Il est (de plus en plus) loin le temps où je te parlais de ces Egyptiens middle class qui rabaissaient systématiquement, parfois même sans s’en apercevoir, les gens des classes « inférieures », quitte à leur parler assez méchamment.

C’est une des choses qui m’avait le plus choquée dans la société égyptienne.

Aujourd’hui,ceux d’en haut qui ont toujours traité ceux d’en bas comme des chiens, s’aperçoivent que leurs voix comptent autant lors d’une élection et ça, ça ne leur plaît pas puisque ceux d’en bas voteraient pour les Frères.

Sauf que…

Sauf que justement, c’est le peu de considération qu’ont les gens d’en haut pour les gens d’en bas qui fait que les Frères ont pris toute leur assise dans les classes les plus populaires.

Je vivais dans le quartier d’Imbaba, un des plus pauvre de la ville où on ne trouve pas d’étrangers, et vivier des Frères. Les habitants ? Des ouvriers, des femmes de ménage, des serveurs, des personnes sans emploi, des malades qui n’ont rien pour se soigner, des gens qui reçoivent de l’argent tous les mois, de la mosquée, pour tenir.

Les seuls à les aider pour nourrir leurs enfants étaient ceux qui leur faisaient ces nombreux dons, ceux qui les écoutaient, ceux qui leur parlaient, ceux qui leur donnaient l’impression de les prendre au sérieux quand les autres les mettaient plus bas que terre.

Alors oui reconnaissance du ventre, mais pas que.

Il y a aussi la manière dont on leur parle, dont on les regarde, l’image qu’on leur renvoie d’eux. Il n’y a chez la majorité de la population que du mépris de classe, et on s’en aperçoit encore avec cette prise de position sur le vote.

Mais c’est parce que vous les maltraitez et les déconsidérez qu’il vont chercher ailleurs, chez ceux pour qui ils votent, le soutien dont ils ont besoin.

  • Lire l’article de Courrier International

Capture du 2013-08-24 17:39:37

Qatar, les secrets du coffre-fort

Le Qatar, ce petit pays dont nous ne connaissons rien mis à part le sentiment général de peur quand le pays investit dans les banlieues françaises, nous est raconté par Christian Chesnot et Georges Malbrunot, deux journalistes qui travaillent sur la zone géographique au sens large et ce pays en particulier depuis plusieurs décennies.

Le Qatar, ce petit pays dont nous ne connaissons rien mis à part le sentiment général de peur quand le pays investit dans les banlieues françaises, nous est raconté par Christian Chesnot et Georges Malbrunot, deux journalistes qui travaillent sur la zone géographique au sens large et ce pays en particulier depuis plusieurs décennies.

Ils nous expliquent comment tout le système est (bien) géré parla famille Al-Thani au pouvoir, alliant Industrie, économie, politique, culture, diplomatie, sport, et éducation, chaque membre de la famille est responsable d’un secteur.

Qatar

Au fils qui deviendra un jour émir l’armée et le sport, à la fille qui s’est prise d’une passion pour l’art contemporain, la culture, à la plus intelligente, un poste politique au sein du cabinet de l’émir, à l’oncle une entreprise, etc…

Au sommet de la pyramide, un trio composé de l’émir visionnaire qui a transformé un tas de sable en ce qu’est le Qatar aujourd’hui, sa seconde femme, Cheika Moza, sorte de Lady Di des terres arabes qui finance aujourd’hui une part importante du budget de l’UNESCO et se bat pour accroître la place de la femme dans la société, et HBJ, un indétrônable ministre déjà là du temps de l’ex émir.

L’ensemble du bouquin porte sur les changements au Qatar, les investissements, le soft power, l’argent, bien entendu, mais au delà des informations très détaillées sur le pays, on voit en toile de fond quels rapports le pays entretien avec ses voisins mais aussi avec les personnages politiques français.

On y apprend que Dominique de Villepin est un grand ami de la famille, que Rachida Dati y passait le plus clair de son temps à une époque et a fait placer sa sœur à un poste clé dans le pays, que de nombreux politiques, de droite comme de gauche, s’y sont cassé les dents en tentant d’aller leur vendre des équipements, attirés par les rétro commissions qui en résultaient…

Un bouquin de journalistes à lire si vous ne connaissez rien au Qatar. On y apprend tout de la démesure, des jeux diplomatiques, de l’intelligente stratégie de cet émir qui donne la fausse impression d’être un doux rêveur, des investissements du pays dans les banlieues françaises, non pas pour les « islamiser » comme on a pu le lire ça et là, mais pour former et repérer des talents arabophones puisque le Qatar manque cruellement de compétences.

  • Et pour en savoir plus, une vidéo qui résume très bien le bouquin

[youtube]http://youtu.be/QNHESltX-B8[/youtube]

Dix semaines à Kaboul, Patrick Clervoy

Le médecin militaire, Ptrick Clervoy a effectué une mission auprès des troupes occidentales en Afghanistan. Mais pas que. Il travaillait aussi à soigner les blessés civils de cette guerre.

Le médecin militaire, Ptrick Clervoy a effectué une mission auprès des troupes occidentales en Afghanistan. Mais pas que. Il travaillait aussi à soigner les blessés civils de cette guerre.

Il développe un regard de sociologue, au milieu de ces jeunes militaires, accros aux jeux vidéo, que la mort d’un ami ébranle parfois. Il les regarde avec humanité, parfois avec humour… et il en faut bien pour supporter toutes ces atrocités de guerre et côtoyer de grands blessés, parfois avoir leur vie entre ses mains.

Il revient aussi sur les souffrances psychologiques entraînées, parfois longtemps après, par ces territoires de guerre et souligne le fait qu’on n’en ressort pas vraiment pareil que lorsqu’on a été lancé sur le terrain.

Il décrit aussi es personnages hauts en couleurs, croisés tout au long de ces 10 semaines sur place, mais aussi la vie à la base, qui compte plusieurs restaurants, des boutiques, et même une pizzeria avec un vrai  pizzaiolo aux fourneaux.

L’idée est aussi de nous faire voir que la guerre, ce n’est pas QUE la guerre, mais aussi de l’humain, des rencontres, des moments de doute, des soirées passées à converser en ligne avec sa famille… On apprend d’ailleurs que les militaires Français en territoire difficile utilisent Skype.

C’est simple, bien écrit et se lit comme ds nouvelles, des épisodes d’une même série qui pourraient être pris indépendamment.

  • Les liens qui vont bien

L’article qui m’a donné envie de lire ce livre
De l’utilisation de Skype en territoire hostile