TPB AFK

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J’ai beaucoup aimé ce docu, qui nous permet de suivre de 2009 à 2012, les trois protagonistes de « l’affaire » The Pirate Bay.

Si tu as passé ces dernières années sur Mars ou si tout simplement, tu aimes aller poser ton fessier sur des fauteuils de cinéma et décorer ton salon avec des boites de CD, The Pirate Bay était à l’époque le temple du partage de documents via torrents. La page Wikipédia t’en apprendra un peu plus.

Le film commence à la veille du premier procès en Suède.  Les auditions par la cour sont filmées alors que les plaintes tombent ailleurs en Europe et que nos trois post-adolescents, à peine adultes, ne savent pas trop comment gérer l’affaire.

En filigrane, on voit comment l’industrie du copyright US, représentée par une seule avocate qui a comme clients les plus grosses entreprises de cinéma américaines, essaie de faire pression sur le procès… Et qu’au final, c’était un bien gros dossier pour leurs jeunes épaules.

En parallèle, on suit avec parcimonie l’affaire Wikileaks, puisque l’un de ces trois protagoniste, fondateur de TPB, a travaillé avec l’équipe d’Assange sur les premières datas.

Enfin, on nous explique comment le Parti Pirate Suédois les aidé lorsqu’ils en ont eu besoin et comment ce procès aurait pu prendre un virage politique.

Des caricatures

Ce n’aurait pas été un docu, j’aurais trouvé ces trois personnages bien caricaturaux, chacun dans leur domaine… Et pourtant, ils ont bien existé.

Le premier, un génie de l’informatique qui passe son temps à prendre tout le monde de haut, pédant… On peut penser à un gosse qui joue au grand mais plus leur quotidien avance, plus on s’aperçoit qu’il se sent réellement sur un piédestal par rapport aux pauvres mortels qui l’entourent. Oui, i la des compétences techniques peut-être au dessus de la moyenne et qu’il en soit fier n’est pas le problème, mais c’est son rapport aux autres qui est dérangeant. Un gars mal dans sa peau qui a besoin e faire son numéro pour se sentir bien.

Le second n’a de cesse de répéter devant le tribunal combien c’est trop kiffant de gérer un des sites qui accueillent les plus gros flux au monde. On peut comprendre la joie procurée par l’aboutissement du défi technique mais quand le gus présente ses serveurs on a l’impression qu’on joue au concours de qui a la plus grosse à 12 ans. Comble du cliché, il se mouche dans sa main plusieurs fois et il tient des propos racistes avec quelques verres dans le nez et finit par aller s’acheter une femme au Laos.

Enfin, le dernier est entre le ravi de la crèche et Mère Thérésa. Il a rejoint l’équipe après la création du site et ne travaille pas sur la partie technique mais sur la communication. Avec un background de militant antiraciste, végétarien, plus ou moins branché écologie, il n’envisage pas l’expatriation pour éviter d’affronter la fin des procès et la prison comme ses deux amis et se fait le porte-parole de la cause au delà de TPB. En gros, un vrai militant qui n’a pas peur d’affronter la suite et parmi le trio, il est dépent comme le seul qui fait vraiment ça par idéologie… mais presque trop, encore une fois, caricatural dans ses traits de gentil militant que t’as vraiment envie d’avoir comme pote un jour ou l’autre.

Je me pose encore la question. Sont-ils réellement comme cela ou le travail de montage fait que seulement ces morceaux où ils apparaissent comme caricaturaux ont été choisis. Seule le visionnage de (j’imagine) centaines d’heures de rushs pourraient le dire. quand j’ai parlé de clichés à un ami allemand qui a eu l’occasion d’échanger avec eux, il m’a dit « ils sont vraiment comme cela » mais quand je lui ai raconté en détail, comme je le fais ici, l’image que le film renvoie d’eux, il s’est repris et m’a dit que, selon lui, le trait a été grossi.

Au final, avis positif. Je persiste. Au delà des clichés, j’ai beaucoup aimé ce film qui raconte une partie de notre histoire commune, de ce qui fera partie, un jour, de l’Histoire et de l’Histoire d’Internet comme un des premiers procès liés au copyright et au partage naturel de données.

Et pour voir le film, c’est par ici !