Sur-information ou sous-information ?

J’ai écouté ce week-end, un peu en retard je l’avoue, cette émission du 14 février qui pose pas mal de bases sur la différence entre apprendre et comprendre et sur comment notre société, se croyant sur-informée, est en fait en déficit d’information.

J’ai écouté ce week-end, un peu en retard je l’avoue, cette émission du 14 février qui pose pas mal de bases sur la différence entre apprendre et comprendre et sur comment notre société, se croyant sur-informée, est en fait en déficit d’information.

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Oumma, Alfred de Montesquiou

Le journaliste revient d’abord sur le terme « Oumma », issu de « Oum » la mère. Cette « mère patrie » qui va au delà des frontières d’un seul pays et rassemble des personnes partageant la même langue, la même religion, la même culture et un sentiment de solidarité que l’on retrouve parfois dans l’expression « frères arabes » que certains emploient.

Le journaliste Alfred de Montesquiou revient, à travers souvenirs et anecdotes sur des événements d’actualité d’alors, entrés ou en phase de l’être, dans l’Histoire.

Grand reporter pour Associated Press, il égraine ses souvenirs en suivant le chemin d’Ibn Battuta, explorateur et voyageur musulman marocain, qui a lui aussi traversé la zone MENA au XIVe siècle.

Le journaliste revient d’abord sur le terme « Oumma », issu de « Oum » la mère. Cette « mère patrie » qui va au delà des frontières d’un seul pays et rassemble des personnes partageant la même langue, la même religion, la même culture et un sentiment de solidarité que l’on retrouve parfois dans l’expression « frères arabes » que certains emploient.

Toutefois, la situation sur le terrain peut être bien différente que l’on se trouve d’un côté ou de l’autre d’une frontière, que l’on appartienne à une tribu, une ethnie ou un groupe comme au Darfour où au Tchad où Alfred de Montesquiou pointe du doigt les problèmes tribaux liés à la géographie, aux ethnies et principalement à la couleur de peau.

Les tensions entre voisins peuvent être légion. Il n’omet pas de nous le rappeler.

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En partageant les rencontres consignées dans ses carnets de notes, un dignitaire marocain, Kadhafi en pleine méditation qui ne lui dira que trois mots, un jeune algérien débrouillard, une vieille mère de famille qui a vécu plusieurs guerres au Liban, un jeune photographe français décédé depuis, un vieux cheikh dont la famille a été décimée… c’est la vie quotidiennes de populations de l’ensemble de la zone que le journaliste tente de nous faire découvrir, mais aussi le travail des journalistes sur ce terrain, parfois difficile à appréhender.

Les combats aussi. La guérilla urbaine et les tirs de roquettes en Libye, l’organisation dans le chaos en temps d’insurrection, la montée en puissance, en Égypte, d’une pensée révolutionnaire, les manifestations qui se succèdent, l’arrivée de Facebook et son influence sur la jeunesse cairote, le rôle joué par Internet dans ces révolutions, la bureaucratie soudanaise, les passages de frontières aléatoires, une opération de déminage dans le sud du Liban… Alfred de Montesquiou compile ses sujets de reportages du début des années 2000 à nos jours.

Enfin, si l’histoire à tendance à oublier les femmes, il n’en n’est rien pour le journaliste qui rappelle, en Égypte, la difficile place qu’elles occupent au sein de la révolution. Celle d’Aliaa, par exemple, la jeune blogueuse, première égyptienne a s’être mise en scène nue en photo sur son blog avant d’être recherchée par la police et de vivre aujourd’hui cachée de tous, ou la meneuse, Engy Ghozlan, créatrice du site HarrassMap.org qui permet aux femmes de signaler et cartographier en temps réel les violences dont elles sont victimes, de l’insulte au viol, en passant par des attouchements. Une initiative qu’Alfred de Montesquiou soutient, ayant vécu en Égypte et témoin du fait que les femmes sont empêchées, en cas de problème de porter plainte, qu’il s’agisse de la réaction de la famille, de celle de l’agent de police ou tout simplement de la honte ressentie.

C’est bien écrit, vivant, se lit comme un roman d’aventures. Seule ombre au tableau le chapitre dédié au Mali. On y parle d’Algérie, de trafics, mais finalement peu des populations locales et du contexte politique et social général concernant le pays.

Problème compensé par une bibliographie sélective extrêmement riche en fin de livre qui donne envie de continuer le voyage en compagnie d’Ibn Battuta et de bien d’autres auteurs.

  • Les liens qui vont bien

La Harasmap vue de dedans l’Egypte
Internet et les révolutions l’an dernier à PSES