Palmyre

Ils étaient une poignée,

Insouciants, jeunes et bourrés

Riant et se racontant leurs vies sur les hauteurs de Palmyre.
Il y avaient ceux qui avaient apporté de l’arak,

ceux qui le buvaient pur,

ceux qui avait filouté l’entrée à dans les ruine,

ceux qui admiraient la ville,

ceux qui buvaient encore.

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L’Egypte en révolutions

Dirigé par Bernard Rougier et Stephane Lacroix

L’Egypte, 90 millions d’habitants, dont près d’un quart se concentrent sur la mégalopole du Caire. Quatre ans après le renversement d’Hosni Moubarak, l’ancien président déchu, les caméras ont déserté la place Tahrir et c’est maintenant que commence le travail des chercheurs qui ont assez de recul pour analyser la période de reconstruction.

Ce livre présente différentes études, tant démographiques, que politiques, historiques et économiques, permettant de comprendre au mieux l’Egypte d’aujourd’hui.

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Le Manuel de recrutement d’Al-Qaida

Avis mitigé sur ce bouquin rédigé par deux chercheurs, Mathieu Guidere et Nicole Morgan. Il comporte de bons extraits du « manuel » d’endoctrinement des futurs djihadistes, ce qu’on leur vend et de quelle manière. Ces textes, que l’on peut trouver sous forme écrite ou numérique, présentent la doctrine d’Al Qaïda et participent à l’embrigadement.

Avis mitigé sur ce bouquin rédigé par deux chercheurs, Mathieu Guidere et Nicole Morgan. Il comporte de bons extraits du « manuel » d’endoctrinement des futurs djihadistes, ce qu’on leur vend et de quelle manière. Ces textes, que l’on peut trouver sous forme écrite ou numérique, présentent la doctrine d’Al Qaïda et participent à l’embrigadement.

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Et Dieu créa l’INTERNET, Christian Huitema

Christian Huitema est ingénieur. En 1986, il rejoint l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) de Sophia Antipolis et travaille sur ce qui allait devenir Internet.

Christian Huitema est ingénieur. En 1986, il rejoint l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) de Sophia Antipolis et travaille sur ce qui allait devenir Internet.

La plupart des jeunes de 16 ans aujourd’hui, croient que l’Internet a toujours existé. Et bien non !

Alors que nous gambadions de manière pas encore très assurée jusqu’au pot et que faire nos lacets relevait encore du tour de magie, Christian Huitema, lui, participait à la création d’internet (non, pas du Ouiabe!).

Il nous décrit les premières années de la recherche télécoms et réseaux, sur ce projet et surtout les différences énormes entre les projets américains et européens.

Il nous décrit l’Europe comme un capharnaüm administratif où il fallait toujours attendre l’aval du politique ou d’un administration pour pouvoir débuter des recherches, parfois dans un sens que n’approuvaient pas les chercheurs qui auraient, au départ, voulu suivre la même ligne que leurs confrères américains.

En Europe, on préfère mettre les moyens sur un réseau centralisé, donc contrôlable, alors qu’aux USA, on préfère la décentralisation, relier les ordinateurs les uns aux autres… De ces recherches naîtront le Minitel chez nous et Arpanet, qui deviendra Internet chez eux.

« En éliminant tout point central, ils ont créé un réseau très robuste »

Au delà des deux pensées complètement opposées, on voit aussi comment ce qui allait devenir Internet était une vraie révolution à l’époque.

Plus besoin d’attendre à côté du fax pour recevoir un papier personnel, il suffisait d’ouvrir une boite mail. Plus besoin de se creuser la tête des heures, un chercheur, possiblement sur un autre continent avait forcément la réponses, alors on écrivait à un groupe… sauf que la réponse mettait parfois 24 heures à arriver, voire plus si on compte le décalage horaire, car le débit ne ressemblait pas du tout à ce que l’on a aujourd’hui.

Alors ils cherchaient, ils tatonaient.

Ce sont eux qui ont mis en place ces « routes », passant d’un ordinateur à un autre, de sauts de puce(s) en sauts de puce(s) pour atteindre un serveur, et le chemin inverse.

Puis Huitema a eu la chance, et il en parle avec humour, de faire « le français » dans un groupe de chercheurs a l’échelle internationale. Il a donc pu participer directement aux travaux initiés par les Américains mais avec des valeurs qui prennent sens encore aujourd’hui :

« L’intérêt de protéger la vie privée doit l’emporter sur les considérations du maintien de l’ordre et de la défense »

Enfin, il rappelle en conclusion qu’Internet n’est pas un média à sens unique et permet à tout un chacun d’écrire, de commenter :

« la possibilité pour chacun d’être à la fois un consommateur et une source d’info. »

[youtube]http://youtu.be/A5Ix72dJvqo[/youtube]

 

Egypte : Selon que vous soyez riche ou misérable…

Donc aujourd’hui, les intellectuels égyptiens veulent retirer le droit de vote aux illettrés qui ne vote pas comme eux. Au delà de la remise en cause de la définition de la démocratie, c’est toute une société qui nous montre son vrai visage.

Donc aujourd’hui, les intellectuels égyptiens veulent retirer le droit de vote aux illettrés qui ne votent pas comme eux. Au delà de la remise en cause de la définition de la démocratie, c’est toute une société qui nous montre son vrai visage.

Il est (de plus en plus) loin le temps où je te parlais de ces Egyptiens middle class qui rabaissaient systématiquement, parfois même sans s’en apercevoir, les gens des classes « inférieures », quitte à leur parler assez méchamment.

C’est une des choses qui m’avait le plus choquée dans la société égyptienne.

Aujourd’hui,ceux d’en haut qui ont toujours traité ceux d’en bas comme des chiens, s’aperçoivent que leurs voix comptent autant lors d’une élection et ça, ça ne leur plaît pas puisque ceux d’en bas voteraient pour les Frères.

Sauf que…

Sauf que justement, c’est le peu de considération qu’ont les gens d’en haut pour les gens d’en bas qui fait que les Frères ont pris toute leur assise dans les classes les plus populaires.

Je vivais dans le quartier d’Imbaba, un des plus pauvre de la ville où on ne trouve pas d’étrangers, et vivier des Frères. Les habitants ? Des ouvriers, des femmes de ménage, des serveurs, des personnes sans emploi, des malades qui n’ont rien pour se soigner, des gens qui reçoivent de l’argent tous les mois, de la mosquée, pour tenir.

Les seuls à les aider pour nourrir leurs enfants étaient ceux qui leur faisaient ces nombreux dons, ceux qui les écoutaient, ceux qui leur parlaient, ceux qui leur donnaient l’impression de les prendre au sérieux quand les autres les mettaient plus bas que terre.

Alors oui reconnaissance du ventre, mais pas que.

Il y a aussi la manière dont on leur parle, dont on les regarde, l’image qu’on leur renvoie d’eux. Il n’y a chez la majorité de la population que du mépris de classe, et on s’en aperçoit encore avec cette prise de position sur le vote.

Mais c’est parce que vous les maltraitez et les déconsidérez qu’il vont chercher ailleurs, chez ceux pour qui ils votent, le soutien dont ils ont besoin.

  • Lire l’article de Courrier International

Capture du 2013-08-24 17:39:37

Génération Y, Monique Dagnaud

Au hasard d’un débat organisé par l’association WebDiversity, j’ai rencontré Monique Dagnaud. Il était question de jeunesse et d’internet, nous avions échangé nos bouquins respectifs.

Au hasard d’un débat organisé par l’association WebDiversity, j’ai rencontré Monique Dagnaud. Il était question de jeunesse et d’internet, nous avions échangé nos bouquins respectifs.

Depuis, il était sur ma To read list, entre un bouquin de journaliste au Moyen-Orient et un bouquin de journalistes sur le Moyen-Orient. Direction Amman, donc, avec ce petit livre dans mon bagage à main. Pas de grande surprise, je l’avais trouvé très bien en débat, je la retrouve dans le texte.

Dans cet ouvrage, Monique Dagnaud dresse un portrait des digital natives en rapport avec Internet, bien entendu, mais à travers plusieurs thématiques.

Celle du militantisme politique, d’abord. Elle fait le parallèle ente cette jeunesse française qui ne se déplace pas pour voter, n’a pas vraiment foi en l’avenir mais qui, dans un même temps, se mobilise épisodiquement en faveur de causes, sociales ou politiques. Des engagements qui peuvent parfois aller très loin, comme sur la Puerta del Sol à Madrid ou sur le mouvement Occupy qu’elle a suivis.

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L’autre entrée est celle des spécificités de cette jeunesse : Egotique, diront certains, à la recherche d’un quart d’heure de célébrité, le tout sponsorisé par des émissions de télévision. Elle place ce comportement aussi dans la lignée de l’urbanisation qui a, depuis longtemps, contribué au cloisonnement. Cette jeunesse rêve, mais cette jeunesse se cloisonne devant son écran et préfère s’afficher via des flux vidéos ou des messages sur Facebook. Encore une fois en parallèle, elle lance à l’occasion des causes, adhère à des combats et les partage en mode viral.

Elle comprend que le Net est devenu le prolongement de la vie, qu’il en fait partie à part entière, d’où le militantisme en faveur de la Neutralité du Net, celui contre Acla, pas encore botté en touche par nos élus quand le bouquin a été rédigé. En d’autres termes, cette jeunesse ne s’intéresse que peu à la politique en général mais s’investit lorsqu’il s’agit e son quotidien.

Enfin, elle n’omet pas de parler de cette société du partage que nous avons créé,  des artistes au public, d’un internaute à un autre, d’un nordiste qui mettrait en ligne des cours pour un étudiant des pays du Sud qui n’y a pas accès à un cyber(h)ac(k)tiviste qui fournit des technologies et surtout son savoir pour aider des personnes opprimées à communiquer.

Un bouquin sympa, à lire qui couvre tout le spectre : pauvreté, avortement, classes sociales, etc. le tout en vis à vis de l’utilisation des réseaux pa la jenesse ailleurs, notamment dans les pays des révolutions.

A lire (vite!)

Jordanie, histoire d’eau

Ce qui marque, quand on chemine en Jordanie, ce sont ces serres à perte de vue. Pourtant, il s’agit d’un des pays au mode les plus pauvres en eau. 75 % des ressources en eau du pays sont ainsi consacrées à l’agriculture. Cela se manifeste, en partie, par toutes ces serres que l’on voit sur le bord des routes.

Ce qui marque, quand on chemine en Jordanie, ce sont ces serres à perte de vue. Pourtant, il s’agit d’un des pays au mode les plus pauvres en eau. 75 % des ressources en eau du pays sont ainsi consacrées à l’agriculture. Cela se manifeste, en partie, par toutes ces serres que l’on voit sur le bord des routes.

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Pour vous donner une idée, un Jordanien consomme 150 mètres cube d’eau par an alors que la moyenne mondiale est à 600 mètres cubes.

Le Yarmouk assure 40 % des réserves en eau du pays tandis que la nappe fossile d’Azraq, à l’est d’Amman, se vide peu à peu. Des travaux de préservation de l’oasis d’Azraq sont d’ailleurs en cours.

L’eau du lac de Tiberiade est aussi mise à contribution sauf que la Jordanie ne recevrait qu’un tiers de ce qui était originellement prévu par le plan Johnston (1953) en termes de partage de l’eau. Le plan a été rejeté en 1955 mais sert toujours dans les négociations lorsqu’il est question d’eau. La répartition dépend d’un commun accord entre la Syrie, la Jordanie et Israël.. Autant dire, aujourd’hui, impossible de modifier ce que la Jordanie reçoit comme eau.

La Jordanie a fait le rêve de l’indépendance alimentaire saut que… sauf que c’est difficile à tenir. Alors on plante des serres qu’on irrigue comme on peut. La population croit de 2,6 % par an en temps normal ce à quoi il faut ajouter les réfugiés syriens et voyageurs de passage. Il y a de plus en plus de bouches à nourrir.

La solution viendrait-elle de ce nouveau forage, récemment inauguré, à Disi ? La nappe se trouve à 90 % sous l’Arabie Saoudite qui s’en sert pour l’agriculture. Que se passera-t-il le jour où les deux pays ne seront plus en accord ? Il est par ailleurs démontré par quelques anciens rapports, que l’eau de cette nappe serait radioactive… De quoi prévoir un possible désastre dans les années qui viennent.

Et pendant ce temps, du côté de Petra, on arrose le sable… J’ai demandé pourquoi, on m’a répondu que c’était mieux pour le touristes (absents) parce qu’ils n’aiment pas marcher dans le sable… Triste monde.

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« J’ai vu trop de gens mourir »

Une petite vidéo à partager. Dans sa série sur la contre histoire de l’Internet, Jean-Marc Mannach a interviewé Stephen Urbach, alias Tomate, qui raconte sans langue de bois les actions du collectif durant le printemps arabe, mais aussi ce qu’il a pu ressentir en tant qu’humain lors des opérations.

 Une petite vidéo à partager. Dans sa série sur la contre histoire de l’Internet, Jean-Marc Mannach a interviewé Stephen Urbach, alias Tomate, qui raconte sans langue de bois les actions du collectif durant le printemps arabe, mais aussi ce qu’il a pu ressentir en tant qu’humain lors des opérations.

Enfin, il n’omet pas de rappeler comment la donne change en matière de géopolitique lorsque les ONG et les états ne peuvent pas intervenir et que des (h)ac(k)tivistes remettent en question les décisions d’un état souverain.

 

 

  • Les liens qui vont bien

Une contre histoire de l’Internet, le docu de Jean Marc à voir absolument encore quelques jours sur Arte+7 (dépêche toi !)
Regardez les autres vidéos, participez, commentez, apprenez, partagez… C’est par ici !
Si vous parlez allemand, le site de Stephen Urbach

Dédicace le 15 avril au #MDB

Save the date !

Le 15 avril prochain, soit tout bientôt, le MDB accueille une dédicace d’Il était une fois les révolutions et de Les arbres voyagent la nuit d’Aude Le Corff.

J’ai une vingtaine de bouquins qui attendent dans les startings blocs, le stylo bien affûté, ne reste plus qu’à transformer l’essai.

La dédicace sera suivie (précédée ?) d’un papotage-débat-miam-glou autour des livres. Viendez donc au Café Livres (ça ne s’invente pas), 10 rue Saint Martin.

J’en profite pour attirer votre attention sur la critique de Gof qui a lu le bouquin, de quoi se faire avec une idée.

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