Précarité, plafond de verre, bienvenu chez les journalistes

Une enquête de la SCAM intitulée De quoi vivent les journalistes vient de sortir. Elle a été lancée auprès de 20000 journalistes, 3400 d’entre eux ont répondu.

Une enquête de la SCAM intitulée De quoi vivent les journalistes vient de sortir. Elle a été lancée auprès de 20000 journalistes, 3400 d’entre eux ont répondu.

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Latitude zéro, Mike Horn

En gros, Mike Horn se présente malheureusement toujours comme un héros. Il a un côté Chuck Norris avant Chuck Norris.

Ce mec est un malade. Sud-Africain bien né, il est devenu « aventurier explorateur » et ne cache pas ses amitiés très haut placées l’aidant à mener au mieux ses missions.

Celle qu’il raconte dans latitude zéro, est tout simplement le tour du monde en suivant l’équateur, directement, tout droit… en s’accordant tout de même une petite bande de large de chaque côté.

L’exploit est assez énorme, il brave plusieurs océans sur un petit voilier, traverse des jungles, longe des rivières en pirogue, copine avec des guérilleros colombiens et des chefs de guerre africains, le tout en un an et demi.

On reste un peu sceptique sur le fait qu’il ne lui arrive rien, qu’il rencontre toujours les bonnes personnes au bon moment et que, c’est finalement toujours grâce à sa détermination, comme le moment où il est mordu par un serpent et se soigne en buvant de l’eau et passant deux ou trois jours allongé dans son hamac…

Idem pour la sortie de test de son voilier, prévu à l’origine pour 4 personnes grand maximum, il tombe sur un bateau de clandestins mexicains en train de couler, il remplit son bateau d’un dizaine de ses personnes et attend au large que la police ne parte pour les faire débarquer libres aux USA.

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Et finalement, on ne s’interroge pas plus que ça. Il a déjà parachevé de nombreux exploits sportifs, fait partie de commandos, a écrit sur ses stages de survie dans la jungle…

En gros, Mike Horn se présente malheureusement toujours comme un héros. Il a un côté Chuck Norris avant Chuck Norris.

Pas un mot sur les périodes de doute, sur le manque de sa famille, ses enfants… et quand il tombe de son bateau en pleine mer agitée, c’est pour mieux nous raconter comment il s’est accroché à tel ou tel filet pour héroïquement reprendre les commandes, de nuit, bien entendu.

Je croyais ouvrir un bouquin qui parlerait de cheminement, physique et psychologique, façon Bouvier, par exemple. Et bien non. Aucune remise en question.

Enfin, lorsque Mike Horn traverse le continent africain, il pose un regard très dur sur les gens. Selon lui, il n’y aurait que voleurs et fous furieux armés dans les pays qu’il traverse et tient un discours assez affligent, hautain, sans essayer de comprendre ou du mois s’interroger sur la situation.

A sa décharge, il raconte toute de même comment plusieurs fois, il a rebroussé chemin pour que son équipe technique puisse le filmer en plein effort pour réaliser la vidéo du voyage ou comment ses amitiés haut placées l’ont aidé à certains moments, à se sortir de situations délicates.

A lire si vous n’avez rien d’autre sous la main… mais seulement dans ce cas-là.

Dix semaines à Kaboul, Patrick Clervoy

Le médecin militaire, Ptrick Clervoy a effectué une mission auprès des troupes occidentales en Afghanistan. Mais pas que. Il travaillait aussi à soigner les blessés civils de cette guerre.

Le médecin militaire, Ptrick Clervoy a effectué une mission auprès des troupes occidentales en Afghanistan. Mais pas que. Il travaillait aussi à soigner les blessés civils de cette guerre.

Il développe un regard de sociologue, au milieu de ces jeunes militaires, accros aux jeux vidéo, que la mort d’un ami ébranle parfois. Il les regarde avec humanité, parfois avec humour… et il en faut bien pour supporter toutes ces atrocités de guerre et côtoyer de grands blessés, parfois avoir leur vie entre ses mains.

Il revient aussi sur les souffrances psychologiques entraînées, parfois longtemps après, par ces territoires de guerre et souligne le fait qu’on n’en ressort pas vraiment pareil que lorsqu’on a été lancé sur le terrain.

Il décrit aussi es personnages hauts en couleurs, croisés tout au long de ces 10 semaines sur place, mais aussi la vie à la base, qui compte plusieurs restaurants, des boutiques, et même une pizzeria avec un vrai  pizzaiolo aux fourneaux.

L’idée est aussi de nous faire voir que la guerre, ce n’est pas QUE la guerre, mais aussi de l’humain, des rencontres, des moments de doute, des soirées passées à converser en ligne avec sa famille… On apprend d’ailleurs que les militaires Français en territoire difficile utilisent Skype.

C’est simple, bien écrit et se lit comme ds nouvelles, des épisodes d’une même série qui pourraient être pris indépendamment.

  • Les liens qui vont bien

L’article qui m’a donné envie de lire ce livre
De l’utilisation de Skype en territoire hostile 

La fausse guerre à l’imprimante 3D

New York s’apprête à réguler les armes fabriquées à partir d’imprimantes 3D, nous apprend cet article du Monde. sauf que… Sauf que mon petit doigt me dit qu’il n’y a pas qu’une question d’idéaux dans cette histoire et que le si puissant lobby des armes n’est pas pour rien dans cette décision.

New York s’apprête à réguler les armes fabriquées à partir d’imprimantes 3D, nous apprend cet article du Monde. sauf que… Sauf que mon petit doigt me dit qu’il n’y a pas qu’une question d’idéaux dans cette histoire et que le si puissant lobby des armes n’est pas pour rien dans cette décision.

Il n’est pas question d’interdire les armes, de réguler leur détention, de réduire le nombre de porteurs d’armes via des restrictions en termes d’âge, par exemple.

« Le but est de réguler la création d’armes, de munitions et de chargeurs »

Non, le but est de limiter le nombre de ces saloperies fabriquées à la maison, dans un FabLab ou n’importe où ailleurs où ceux qui gagnent des masses de blé grâce à l’armement ne sont pas présents. Imaginez, des décennies à tout faire pour influencer les politiques, en particulier après des tueries dans des écoles, balayées par trois gus qui fabriquent des munitions dans leur garage. Ce serait vraiment trop moche…

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Et mon copyright ?

L’autre problème évoqué par les opposants à l’imprimante 3D est celui du copyright. Vous imaginez, voir une chaise réalisée par un artiste et la copier ! Les tricoteuses devraient se méfier, bientôt on les attaquera pour avoir reproduit un pull… Triste monde.

« Mais ces imprimantes pourraient permettre à des objets physiques –jouets, ustensiles de cuisine ou même armes– d’être aussi facilement copiés et partagés que les films et les chansons. »

Cet article de Slate revient sur ces problèmes de copyright posés par l’imprimante 3D. Le monde avance et la création n’est plus l’apanage des seuls gros entrepreneurs. Dans les faits, même si cela coute un peu cher, on peut déjà imprimer pas mal d’objets du quotidien tels que de la vaisselle, des coques pour téléphone mobile, etc.

De quoi pousser la cogitation jusqu’à l’assemblée nationale (lien via Gof). A quand une hadopi des objets manufacturés ? semble demander ce député…

Et cela ne s’arrête pas là, on peut aussi faire de très jolies choses, comme dans le cas de la médecine.

Sauver des vies

Un enfant atteint d’une grave malformation a pu être soigné d’un problème respiratoire grâce à une prothèse fabriquée via imprimante 3D. Il s’appelle Kaiba, âgé d’un an et demi,  il est super mignon d’après la photo de l’article, et il a eu la vie sauve grâce aux médecins qui ont eu la bonne idée de se tourner vers cet outil.

En termes de greffes, aussi, la médecine avance. en créant des tissus musculaires à partir de cellules prélevées sur le malade, on pourra bientôt fabriquer des greffons qui auront la perspective de zéro rejet puisqu’il ne s’agira pas de corps étrangers mais de parties du corps fabriquées à partir du patient lui-même.

On peut aussi, visiblement, y introduire la notion de porosité qui permet aux os de continuer à se développer naturellement.

Que les fous du copyright sur les armes se rassurent, on continuera de partager, échanger, bidouiller, fabriquer… Et de vous à moi, c’est quand même plutôt classe de pouvoir aider les médecins qui tentent au quotidien de sauver la vie des pauvres gens qui meurent à cause des merdes que vous fabriquez.

Illustration Flickr/CC/theknowlesgallery

Ton dossier médical sur Internet

Le cas n’est pas isolé puisqu’en février dernier, Actusoins révélait les résultats de son enquête sur l’accessibilité en ligne des données médicales. Il suffisait de taper le nom d’un médecin suivi de la mention « hopital foch » pour accéder au serveur de l’hosto de Suresne et se taper la totalité des dossiers de ses patients.

Voilà quelques mois que l’on parle de ces questions de sécurité de données médicales. Le marché est florissant et visiblement, tous les acteurs ne mettent pas le même entrain à chiffrer, puisque une Marseillaise à découvert, tranquillette en surfant sur la toile, son dossier médical en ligne.

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Le cas n’est pas isolé puisqu’en février dernier, Actusoins révélait les résultats de son enquête sur l’accessibilité en ligne des données médicales. Il suffisait de taper le nom d’un médecin suivi de la mention « hopital foch » pour accéder au serveur de l’hosto de Suresne et se taper la totalité des dossiers de ses patients.

La faille a été réparée depuis mais il a quand même été possible d’accéder en quelques clics aux dossiers médicaux pendant plusieurs mois. C’est la non sécurisation en amont des données et le fait qu’il ait fallu que l’article sorte pour que l’administration hospitalière daigne prendre les choses en main qui est ici problématique.

Business de la protection sociale

Mieux ! le site révélait aussi que les listings étaient accessibles et que l’on pouvait ainsi connaitre jusqu’au numéro de chambre des patients et le service dans lequel ils étaient soignés… De quoi déduire, pour certains d’entre eux, que la personne hospitalisée est atteinte d’une grave maladie.

Les conséquences sont désastreuses puisque si fuite de données médicales il y a, les assurances peuvent s’en servir pour refuser de prendre en charge tel ou tel patient, pour augmenter leurs tarifs suivant les problèmes médicaux des personnes… Le business de la protection sociale que cela pourrait entraîner s’ajouterait donc à la violation de vie privée.

L’enquête pointe aussi du doigt la volonté de certaines administrations hospitalières à refuser de faire appel à des sociétés agréées par l’Etat, qui garantissent la protection de ces données médicales. Elles préfèreraient auto-héberger leurs données dans des conditions de sécurité déplorables plutôt que de dépenser le budget nécessaire.

Censure, Syrie, Obama, Mediapart, Cahuzac, santé, cannabis, précarité… Les liens du dimanche #12

Welcome in your world !

C’est sympa la liberté. En Arabie Saoudite, un des seuls pays du monde à bien gagner sa vie, on arrête un type pour des « twitts blasphématoires » et au Vietnam, on met des blogueurs dissidents en prison.

En Syrie, des médecins se battent comme ils peuvent contre le manque de médicaments et le désespoir. Non loin de là, un Japonais fait du tourisme sur la ligne de front autour d’Alep. De son côté RSF pointe du doigt les dernières violences faites aux journalistes, notamment en Inde.

Welcome in your world !

C’est sympa la liberté. En Arabie Saoudite, un des seuls pays du monde à bien  gagner sa vie, on arrête un type pour des « twitts blasphématoires » et au Vietnam, on met des blogueurs dissidents en prison.

En Syrie, des médecins se battent comme ils peuvent contre le manque de médicaments et le désespoir. Non loin de là, un Japonais fait du tourisme sur la ligne de front autour d’Alep. De son côté RSF pointe du doigt les dernières violences faites aux journalistes, notamment en Inde.

L’image de la semaine, c’est bien entendu The Economist qui se paie Obama en Frenchie… Mais pas que

obama frenchie

En France

Mediapart enquête sur Jerome Cahuzac qui, selon le pure player, aurait eu un compte en Suisse, et l’AFP sort une dépêche où des amis de notre ministre nous dressent un sympathique portrait de lui. Paulette est au chômage depuis 420 jours et à vrai dire, cette histoire, elle s’en fiche un peu. A ce propos, le nombre de bénéficiaires des Restos du Cœur a augmenté de 12% cet hiver.

Pour faire passer la précarité plus facilement, le gouvernement autorise maintenant les pharmaciens à vendre sur Internet. Attention toutefois, les tests de dépistage de la consommation de cannabis se répandraient de plus en plus, d’ici là à ce que ce soit le trop plein de médicaments…

Syrie, Santé, Maroc, hacking, Greenpeace… Les liens du dimanche #5

Ce dimanche, direction la Syrie, terre des Moukhabarats où le silence est d’or. Des médecins d’hôpitaux le jour, travaillent la nuit à soigner les blessés de la révolution en toute discrétion avant de reprendre une vie quasi « normale » au lever du jour. Syrie, toujours, rendez-vous sur la ligne de front à Alep où un photographe français a filmé avec sa GoPro. Ames sensibles, s’abstenir.

Sur la place Tahrir, une fois de plus, ce sont les femmes qui trinquent… Pas vraiment surprenant au pays de la Harrassmap… malheureusement pas surprenant. Cette fois-ci, c’est une correspondante de France 24 qui a été agressée après un de ces directs depuis la place.

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L’appel de Médecins du Monde sur la Syrie

« En période de guerre, les blessés doivent être protégés, les hôpitaux doivent être sanctuarisés
et les médecins y ont une obligation de soins. »

 

 

Nous,
Médecins du Monde,
rappelons qu’en
toutes circonstances
et en tous lieux,
sans discrimination,
chaque individu
a le droit de recevoir
une aide médicale.

 

L’association Médecins du Monde lance aujourd’hui un appel sur l’urgence médicale syrienne en français, en anglais et en arabe. Je ne reviendrai pas sur la guerre civile, sur mes reportages là bas, sur les rencontres que j’ai pu y faire… Il faut savoir se montrer humble face à l’urgence de cette situation. Sete’ici relaie l’appel de l’association, présidée par Thierry Brigaud.

« En Syrie, la recrudescence des violences affecte la population civile et cible les blessés, le personnel médical et les structures de soins.

Nous, Médecins du Monde rappelons qu’en période de guerre, il existe des règles de droit international que tous les acteurs au conflit se doivent de respecter pour limiter les effets de la guerre dans le respect de la mission médicale et de sa déontologie.

Aujourd’hui, en Syrie, la médecine est instrumentalisée, et parfois même utilisée comme une arme: professionnels de santé assassinés et torturés, hôpitaux inaccessibles aux blessés par peur de représailles, entraves constantes à l’aide médicale dans les hôpitaux et les zones bombardées et assiégées. Transporter des médicaments clandestinement est devenu un crime. La violence contre les civils est sans limite :

19.000 morts estimés, des milliers de personnes détenues, des centaines de milliers de personnes déplacées ou réfugiées, et combien de blessés sans assistance ? Aussi choquant que cela soit, c’est pourtant ce qui caractérise ce conflit.

Devant ce terrible constat, et alors même que l’accès aux victimes reste limité, il est de notre devoir de dénoncer cette situation avec force et de mettre tous les acteurs au conflit devant leurs responsabilités. Aujourd’hui, il nous semble important de rappeler plusieurs évidences, à ce jour oubliées, et de lancer cet appel :

[youtube]http://youtu.be/MTgiJ9zuyd0[/youtube]

Nous, Médecins du Monde, refusons que des civils, des femmes et des enfants, soient bombardés et tués. En période de guerre, les civils doivent être protégés.

Nous, Médecins du Monde, refusons que des médecins soient exécutés et torturés pour la seule raison qu’ils soignent les blessés. En période de guerre, les médecins et le personnel soignant doivent être protégés.

Nous, Médecins du Monde, refusons que les hôpitaux soient des cibles et qu’ils deviennent des lieux de torture et de répression. En période de guerre, les blessés doivent être protégés, les hôpitaux doivent être sanctuarisés et les médecins y ont une obligation de soins.

Nous, Médecins du Monde, refusons que l’action médicale soit entravée et que les personnels de secours fassent l’objet de violences et d’attaques. En période de guerre, l’accès aux blessés et à la population civile doit être facilité pour les professionnels de santé.

Nous, Médecins du Monde, refusons enfin qu’en toutes circonstances et en tous lieux, sans discrimination, chaque individu a le droit de recevoir une aide médicale.

L’article 3 commun aux quatre Conventions de Genève applicable aux conflits armés non internationaux énonce en quoi consiste un minimum de traitement humain.
[ En savoir plus ]

En Syrie, comme ailleurs, il existe des règles de droit international que tous les acteurs au conflit se doivent de respecter.

Relayez notre appel ! »

Toi aussi, lecteur, tu peux participer et relayer l’appel que tu trouveras ici http://appelsyrie.medecinsdumonde.org/

Tu peux le relayer sur ton site ou via les réseaux sociaux sous le hashtag #AppelSyrie. (merci)