Jean Vautrin, Baby Boom

J’ai trouvé ce Jean Vautrain par hasard sur une étagère de bibliothèque. Baby Boom, la promesse d’un recueil sur le bonheur, celui qu’on vit, celui après lequel on court, celui qu’on voit, celui qu’on envie… La promesse d’un bon moment de lecture.

J’ai trouvé ce Jean Vautrin par hasard sur une étagère de bibliothèque. Baby Boom, la promesse d’un recueil sur le bonheur, celui qu’on vit, celui après lequel on court, celui qu’on voit, celui qu’on envie… La promesse d’un bon moment de lecture.

Capture d’écran 2014-02-11 à 16.13.03

Et c’est vrai, qu’il est bon. Mais il est aussi bon qu’il dérange, on ressort de ces texte parfois un peu mal à l’aise tant ils souffrent pour être heureux, tait ils nous rappellent ceux que nous connaissons ou ceux que nous sommes.

Certaines m’auront plus marqué que d’autres, surtout vis à vis du style qui est changeant suivant les nouvelles, j’entre plus facilement dans certaines histoires, moins facilement dans d’autres.

Je suis restée mal à l’aise face à cet homme qui se plie en quatre à vouloir rendre sa femme heureuse pour avoir enfin la paix, quitte à la suivre dans sa folie, la soutenir, l’aimer, être heureux, au final, de la porter. J’ai ri aussi, un peu, beaucoup, devant ce texte totalement fou sur la vie ordinaires de gens tout aussi ordinaires courant après un enfant comme on court après un bien de consommation.

J’ai suivi cette autre famille dans un restoroute, surpris ces regards échangés, été mal à l’aise, puis je suis remontée en voiture avec eux, me suis arrêtée au bord de la route lors de l’accident et me suis posée les mêmes questions que cette petite fille.

Et il y en a plein comme ça, des amochés de la vie, mais pas trop, des touchés, des bancals, des pas droits mais des qui s’en sortent… parfois. C’est aussi un bouquin sur le temps qui passe, sur le rapport à l’autre, sur notre place dans la société… Oui, oui, tout ça à la fois (

On est parfois dans le noir, parfois dans le glauque, mais ne nous y trompons pas, Vautrin parle du bonheur, et c’est très réussi.

Deux ans… #Syrie

Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

« Le nombre de réfugiés syriens qui ont gagné le Liban, la Jordanie, la Turquie, l’Iraq et l’Egypte a quasiment doublé depuis le 1er janvier. Ils étaient 3000 par jour à passer les frontières en décembre, 5000 en janvier, 8000 en février, 8000 par jour (…) Quelques 13% des Syriens ont ainsi tout laissé derrière eux pour tenter de sauver leurs familles. » *

Capture d’écran 2013-03-14 à 15.11.12

Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

Aujourd’hui, Français et Anglais, dans leurs bureaux tout jolis et bien chauffés, se disent que, peut être, un de ces jours, ça pourrait être pas mal, d’armer les rebelles… Alors on lance vaguement l’idée de « lever l’embargo pour que les résistants aient la possibilité de se défendre ». Les robinets d’eau tiède de la diplomatie ont esquissé un avis… Qu’on attendait, que les Syriens attendaient, depuis deux ans.

Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

Alors on saute de joie, on fait courir le bruit, on fait cocorico, on… ah mais non, c’est pour l’instant juste une recommandation et pour l’instant rien n’est fait. Les Syriens attendront encore leurs missiles Sol-air destinés à être envoyés sur les avions de sa majesté moustachue. Cela ne fait pas deux ans qu’ils sont bombardés. Cela aurait débuté il y a un an, en février 2012, si mes souvenirs sont bons, une sorte de représailles made in Bachar à l’attentat perpétré contre des ministres dans lequel son beau frère avait perdu la vie.

Par contre, la guerre civile, elle dure depuis deux ans.

Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

« A Bruxelles, l’Union européenne a assuré qu’il était « possible » de discuter « sans délai » de l’opportunité de lever l’embargo si l’un des 27 Etats membres le souhaitait, » précisait la dépêche AFP

Il faut maintenant synchroniser les agendas, prendre des rendez-vous, discuter des textes à rédiger… Dans deux ans, on y sera peut être encore. Les Syriens, pour la plupart, ne seront plus là.

Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

Alors on va (un jour peut-être si les robinets d’eau tiède se décident enfin) « armer les djihadistes » disent ceux qui n’ont rien compris. C’est justement pour ne pas les laisser progresser qu’il faudrait armer les rebelles, du moins si on peut se regarder dans un miroir en pensant qu’on donne des armes qui servent à tuer à des gens, aussi faibles et désarmés soient-il. Deux ans de morts.

Ce qui est sûr, c’est que la Syrie telle que nous l’avons connue, en 2010 et au début du conflit pour ma part, ne sera plus jamais la même, dévastée par deux ans de pillages de l’ASL, deux ans d’ascension de groupuscules islamistes, deux ans de boucherie.

Deux ans de tortures, de meurtres, de pleurs, de combats pour trouver de la nourriture au quotidien. Deux ans de pleurs d’enfants, de cris de mères. Deux ans de fuites, de viols, de massacres.

Les 70.000 morts chez Guy
Les interrogations de Juan.
Le triste état des lieux d’Olympe.
La chronique littéraire d’Anne-Laure
Le billet de Melclalex


2′ pour la Syrie – Robert Badinter par vagueblanchepourlasyrie

* Extrait de la chronique de Bernard Guetta
du 11 mars « la poudrière Syrienne »
à (ré)écouter.