Syrie : Aujourd’hui, seules les bombes ont accès aux populations civiles

J’ai été contactée par Médecins du Monde pour relayer leur nouvel appel concernant la Syrie. La situation sur place est telle que, bien entendu, il est impossible de refuser une telle demande.

J’ai été contactée par Médecins du Monde pour relayer leur nouvel appel concernant la Syrie. La situation sur place est telle que, bien entendu, il est impossible de refuser une telle demande.

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Les conditions de survie en Syrie ne cessent de se dégrader et le bilan continue de s’alourdir : plus de 70 000 morts, plus d’1 million de réfugiés, plus de 2 millions de déplacés internes.

Exécutions sommaires, populations prises en otage et bombardées, personnels soignants arrêtés, exécutés, torturés… Il n’existe pas de refuge pour se protéger. Aujourd’hui, force est de constater que seules les bombes ont accès aux civils. C‘est pourquoi, une nouvelle fois, Médecins du Monde demande l’arrêt des hostilités pour porter secours à ceux qui en ont besoin et voir l’accès de l’aide internationale facilité et renforcé.

Il y a plus d’un an, les équipes de MdM ouvraient leurs premiers programmes d’assistance aux réfugiés syriens en Jordanie, au Liban, en Turquie ensuite, puis progressivement en Syrie. Face à la dégradation de la situation et l’exode massif de réfugiés, Médecins du Monde poursuit et renforce son action afin de leur venir en aide.

En Jordanie, MdM intervient dans la ville de Ramtha et sur le camp de King Abdullah Park. Un deuxième centre de soins de santé primaire est en cours d’ouverture dans le camp de Zaatari, où vivent actuellement 130 000 réfugiés. En mars, les équipes de MdM ont réalisé plus de 7 800 consultations en Jordanie.

En plus du soutien matériel apporté à une association de psychologues et psychiatres syriens travaillant en Jordanie, Médecins du Monde a décidé de renforcer le volet santé mentale, en Jordanie et au Liban, en partenariat avec la délégation espagnole de MdM.

Au Liban, deux centres de santé supplémentaires sont désormais soutenus par MdM, en partenariat avec l’association libanaise Amel, en plus de ceux situés à El Ayn et El Qaa, dans la plaine de la Bekaa. Une clinique mobile est en train d’être mise en place pour permettre à ceux qui ne peuvent pas se déplacer d’accéder aux soins dans la région de Kamed el-Loz.

Depuis six mois, MdM intervient au nord de la Syrie dans le village de Qah et ses environs grâce à deux centres de santé et une clinique mobile permettant d’assurer les soins de santé primaire. En mars, près de 2 200 consultations ont été effectuées et le centre post partum, ouvert en fin d’année, accueille des femmes et leurs nouveaux nés afin de leur assurer des conditions de vie décentes. Au sud de Qah, Médecins du Monde intervient dans le camp d’Al Salam, où plus de 3 000 personnes ont trouvé refuge. MdM appuie également un centre post-opératoire et de rééducation à la frontière turco-syrienne; près de 450 patients, internes et externes, y ont été soignés en mars.

Des stocks d’urgence sont également pré-positionnés aux frontières dans l’éventualité d’un accès au territoire syrien (kits chirurgicaux, de premiers soins de santé primaires, etc).

Face à la dégradation de la situation, Médecins du Monde appelle les acteurs armés et les Etats influents à l’arrêt des hostilités pour porter secours à ceux qui en ont besoin. Empêcher l’accès aux populations est un autre crime que nous nous devons de dénoncer.

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Pôle emploi, la fabrique à précarité

C’est dans d’horribles conditions que Pôle Emploi a fait la Une ces derniers jours. D’abord un homme qui s’immole devant une agence à Nantes, un geste prémédité qui n’est pas sans rappeler celui de Bouazizi le Tunisien. Quelques jours après, c’est à St Ouen et dans d’autres villes, que des tentatives d’immolation ont lieu.

C’est dans d’horribles conditions que Pôle Emploi a fait la Une ces derniers jours. D’abord un homme qui s’immole devant une agence à Nantes, un geste prémédité qui n’est pas sans rappeler celui de Bouazizi le Tunisien. Quelques jours après, c’est à St Ouen et dans d’autres villes, que des tentatives d’immolation ont lieu.

Poussés à bout, ne supportant plus la manière dont ils sont traités, ces personnes ont décidé de se donner la mort… Et ce comportement est assez compréhensible quand on voit comment fonctionne Paul Emploi.

Loin de vouloir concurrencer le copain Politeeks, je m’en vais vous compter une petite histoire qui s’étale sur presque trois mois.

  • Deux semaines pour un identifiant

Début décembre, me retrouvant sans emploi comme une bonne partie de la population, je m’inscris via le site de ton soi-disant meilleur ami pour trouver du boulot J’ai acquis des droits qui me donnent, selon calcul, à une allocation chômage assez sympa courant sur presque six mois. De quoi subsister, donc, le temps de trouver un nouveau travail.

Problème, j’ai déménagé, je dépend donc d’une nouvelle agence, j’ai un nouveau numéro de chômeur (oui, c’est quand même plus sympa que de m’appeler par mon nom, hein…) et surtout un nouveau code secret pour accéder au site Internet de pôle emploi sur lequel je dois récupérer le document à renvoyer avec mes justificatifs.

Sauf que, 10 jours de traitement, je ne recevrai mon nouveau code que plus de deux semaines après mon inscription, alors qu’il faut renvoyer les documents au plus vite. Dont acte. Je prépare mon gros dossier avec plein de justificatifs de piges à l’étranger, de cours dispensés en école de journalisme, et de boulot à plein temps en presse éco.

Une semaine, deux semaines… Non, ma sœur Anne ne voit rien venir. J’écris.

« Non, votre dossier n’est pas encore traité, »

réponse très courte par mail (et bonjour, c’est pour les chiens ?) sauf que c’est les fêtes et que la fin du mois c’est dans quelques jours et que j’ai un loyer à payer, ma grande… Dans le même temps, un mail automatique arrive dans la rubrique courrier du site de Pole Emploi « votre demande est rejetée. » Je réécris en demandant pourquoi. On me répond, en disant bonjour cette fois, que c’est une réponse automatique qui part à chaque contact tant que le dossier n’est pas traité. Effectivement, le même message est renvoyé juste après ce contact.

Psychologiquement, ça joue. Et si je n’avais pas eu la démarche de demander après mes droits en croyant que ce message était « vrai » ?

  • Les fêtes passent, la fin du mois aussi

Le kiné accepte de poser le chèque des séances plus tard parce qu’il comprend la situation. On est le 5 janvier et toujours pas de nouvelles. J’appelle.

« Vous comprenez, il y a eu les fêtes. »

Ouais, mon grand, je comprends bien, d’ailleurs j’aurais bien aimé toucher mes sous de décembre pour faire des plus beaux cadeaux ou acheter une bonne bouteille en plus du cadeau quand j’ai été invitée chez ma copine Sara pour le jour de l’an sans me retrouver à découvert… Seulement, c’était pas possible.

Plus d’un mois après mon inscription, toujours rien à l’horizon. Mi janvier, je reçois mon dossier complet. Une attestation coince, celle d’une petite pige pour France24. Motif ? Ce serait une photocopie et pas l’originale.

Forte de ma bonne foie, je renvoie tout le dossier (les timbres ne sont pas remboursés, bien entendu) avec une photocopie de l’attestation, explication à l’appui « sur la photocopie, on ne voit pas très bien le cachet alors qu’on le voit très bien sur le document précédemment envoyé, ce qui prouve bien qu’il s’agit de l’original. »

Comme d’habitude, le traitement prend 15 jours, voire plus et là, impossible de payer le loyer. Je me retrouver à manger pates, pommes de terre, riz, lentilles et pois cassés à tous les repas. Je descends peu à peu les stocks. Parfois je saute aussi des repas. Comment faire autrement ? Mais même avec ça, impossible de payer le loyer. Les lenteurs administratives de Pole Emploi vont me mettre à la rue.  Je pense à ceux qui ont des enfants à nourrir. Comment font-ils ?

Peut-être qu’ils vont s’immoler devant un pôle emploi…

Une seconde fin de mois passe, un second prélèvement pour le loyer.

  • Les copains

J’ai été sauvée de justesse par Marilyne, une collègue de travail du temps où je n’avais jamais vécu à l’étranger, qui est restée une très bonne amie malgré la distance, les années… Et qui, venant de vendre sa maison, m’a tout de suite proposée de me prêter de l’argent.  Ce n’était que l’affaire de quelques jours puisque je venais de renvoyer ce dossier.

Alors je me suis assise sur ma fierté et j’ai pris le chèque.

J’ai pu payer le loyer, refaire les stocks de riz et rajouter des carottes dans la purée. Mais rien n’était encore joué. Fin janvier passer, toujours pas de signe de vie de Pôle Emploi jusqu’à ce courrier. Encore une fois, une énorme enveloppe, mon dossier complet.

Cette fois-ci, il est précisé (non, il ne pouvaient pas le faire dans le précédent envoi, voyons…) que l’attestation de France 24 doit être signée de la main de la responsable RH, toute attestation doit être signée…

Hmm… Bon, donc pour une petite pige à 80 euros, je dois aller embêter la responsable du personnel d’une énorme entreprise qui a des tonnes de choses à faire beaucoup plus importantes que de s’occuper de mes petites fesses roses, non ? Et puis on n’a qu’à l’enlever du dossier, les autres attestations suffisent à me faire accéder à mes droits.

Oui, ce sont MES DROITS auxquels on me refuse l’accès, l’argent issu de MES COTISATIONS SOCIALES prélevées sur MES FICHES DE PAIE.

  • Non, c’est Pôle Emploi qui décide et Pôle Emploi veut un gribouillis de la dame

Je prends le téléphone, sans grand espoir et appelle la responsable du personnel de France24. Son nom et son numéro de téléphone sont sur la fameuse attestation. Elle pourrait m’envoyer bouler. Elle devrait m’envoyer bouler. Elle a autrechose à faire.

Surprise, elle « comprend tout à fait » et je passe quand je veux « entre 8h30 et 20h, je suis toujours là… » Enfin quelqu’un de sympa dans toute cette histoire de paperasse administrative alors que je suis au bord de la crise de nerfs.

J’y passe deux jours après, accueil, téléphone, je sens qu’il va y avoir un problème. Non. Badge, portique, ascenseur, Madame RH.

  • rétroactivité zéro

Je me confonds en excuse, lui expliquant de nouveau la situation. Elle me sourit (Madame, je vous kiffe). Elle me raconte qu’elle en voit passer très souvent des comme moi. En fait, devoir présenter des attestations signées est assez récent. Avant cela, France24 délivrait des attestations avec cachet qui suffisaient. Or, Pôle Emploi s’en fiche d’être rétroactif. Pôle Emploi est hors du temps et même si ton attestation t’a été délivrée il y a quelques années à l’époque où ce papelard n’était pas hors la loi, et bien il doit correspondre aux critères d’aujourd’hui.

Quid des boites qui ont fermé et dont on ne retrouvera ni tampon ni RH ? Leur dossier est bloqué ? Ils ont un refus sans plus d’explication ? Parce que oui, les 15 jours de délai maximum, c’est un peu court pour retrouver un RH perdu, non ? Et si la boite était dans une ville loin d’ici ? J’aurais du payer un aller-retour en train pour faire signer mon RH ?

La dame sourit, donne un coup de tampon sur le papier, attrape un stylo pour signer, puis se ravise. « Ah, non, attendez, je vais prendre un stylo bleu, comme ça, ils ne pourront pas vous dire que c’est imprimé et vous faire encore des problèmes. »

Alors elle a signé en bleu.

Je suis ressortie, je souriais aussi. Je me disais que j’aurais du lui apporter une boite de chocolats, à Madame RH. Je suis retournée à la poste le lendemain avec mon gros dossier, mon timbre cher et mon espoir sous le bras. Des fois que, en février, je puisse enfin toucher mon argent.

Entre temps, j’ai retrouvé du travail, sans l’aide de Pôle Emploi qui pratique aujourd’hui les entretiens téléphonique pour ne plus recevoir les chômeurs. J’ai trouvé un boulot qui me plait où j’apprends plein de trucs avec toute une équipe qui vous tire vers le haut.

  • la guerre est finie

Nous sommes le 15 février et je viens juste de recevoir un message me disant je vais accéder à mes droits… de décembre.

La guerre est finie. J’ai gagné sur tous les plans, mais j’en sors lessivée, un peu plus consciente de là où se trouvent mes amis. La guerre… Aujourd’hui, il faut lutter pour accéder à ses propres droits.  Combien n’en n’ont pas la force morale ?

Sur le même sujet, l’avis d’une psychologue qui témoigne de la fabrication de dépressifs par le système Pole Emploi.

American psycho, Bret Easton Ellis

L’anticipation sociale est à son comble au pays de l’argent roi. Ce bouquin est aussi une vraie critique de la société contemporaine, plus centrée sur les apparences que sur la solitude, par exemple. C’est la clé de ce livre. Le héros, tortionnaire cynique est désespérément seul, malgré son argent et sa vie millimétrée. Ses victimes sont choisies pour leur fragilité, parce que seules elles-aussi. Personne n’irait le retrouver…

Totalement déjanté !!!

Patrick Bateman, un jeune golden boy se transforme en tueur sanguinaie, voire canibale, la nuit. Rien à voir, pourtant, avec Dr Jeckil et Mr Hilde !

Là, l’histoire monte crescendo. Autour d’une satire de la société de consommation et de la société du « tout pour l’image », Ellis dépeint la mort avec humour et nous présente, dans les années 1990, la société américaine d’aujourd’hui.

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