Dans #CVR sur LCP

J’étais invitée la semaine dernière de l’émission Ca Vous Regarde sur la chaîne LCP avec les députés Laure de la Raudière, Florian Bachelier et le journaliste Damien Leloup.

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Sur-information ou sous-information ?

J’ai écouté ce week-end, un peu en retard je l’avoue, cette émission du 14 février qui pose pas mal de bases sur la différence entre apprendre et comprendre et sur comment notre société, se croyant sur-informée, est en fait en déficit d’information.

J’ai écouté ce week-end, un peu en retard je l’avoue, cette émission du 14 février qui pose pas mal de bases sur la différence entre apprendre et comprendre et sur comment notre société, se croyant sur-informée, est en fait en déficit d’information.

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Surveillance : To Protect And Infect, Part 2

On croyait qu’on en avant déjà beaucoup entendu sur les questions de surveillance, notamment après la dernières sortie du Spiegel… Et bien non ! Tout du propriétaire des dernières révélations par Jacob Appelbaum et c’est quelque peu flippant.

Vidéo issue des conférences du 30c3 qui s’est tenu à Hambourg du 27 au 31 décembre dernier. Les confs sont à télécharger librement au format que vous préférez à partir de cette page.

Théorie du drone, Grégoire Chamayou

Avis mitigé sur le bouquin de Chamayou qui pointe pas mal de problèmes, notamment sociétaux autour de l’emploi des drones en zones de guerre (ou pas) mais tombe parfois dans la facilité.

Avis mitigé sur le bouquin de Chamayou qui pointe pas mal de problèmes, notamment sociétaux autour de l’emploi des drones en zones de guerre (ou pas) mais tombe parfois dans la facilité.

Le drone transforme la guerre, que l’on pourrait qualifier d’opposition sur un terrain donné, en chasse : un tueur poursuivant un fuyard. Le livre dresse une bonne analyse du glissement de l’anti-insurrectionnel, cantonné au champ politique et militaire vers l’anti-terrorisme basé sur le sécuritaire, avant tout. C’est donc vers un changement totalement de paradigme que la société est en train de glisser.

Capture du 2013-12-23 14:56:26

La non présence de forces militaires sur le terrain peut aussi, selon Chamayou, faire glisser l’opposition sur le terrain civil. Il présente le cas du Pakistan : si les insurgés ne voient plus les militaires, ils se retourneront contre des civils. pas faux, mais sans précédent, l’auteur ne peut que se baser sur une stratégie de la peur.

Nouvelle utilisation de cette stratégie de la peur lorsqu’il évoque les drones amateurs. L’argument sécuritaire passe en premier alors qu’il le combat tout au long du livre pour nous vendre les drones amateurs comme des appareils explosifs en puissance.

Par ailleurs, il n’évoque jamais, en vis à vis du terroriste qui se servirait de drones comme une bombe, du journaliste qui pourrait filmer des violences policières en zone de conflit ou sur des manifestations, sans risquer de se faire blesser ou tuer par un sniper.

De l’éthique

La comparaison avec le poison n’est pas anodine et elle n’est franchement pas bête. Comme le poison, le drone a une fonction d’assassinat. Peut-on s’en servir comme d’une arme de guerre ?

On sort, dans ce cas, du cadre normatif du conflit armé. On passe de l’éthique du combat à l’éthique de la mise à mort. On sort d’une relation de risques mutuels, la guerre n’est plus la guerre, elle devient une operation de police a grande échelle, selon Chamayou qui cite Walzer « Sans l’égalité du droit de tuer, la guerre disparaîtra », au profit de crimes et machinations, exécutés par les militaires.

Penser collectif

Citant l’exemple du militaire refusant de tirer sur un soldat adverse qui n’est pas en tenue de combat et non armé, Chamayou évoque l’idée de passer d’un refus pour soi à un refus collectif, au delà du corps militaire. Ce n’est pas seulement le collègue qui est invité à appuyer sur la gâchette à son tour qu’il faut toucher, mais la société.

La prise de conscience entraînant l’opposition politique, comme contre la videosurveillance, en impliquant au delà du corps d’armée.

Sur les mouvements sociaux, toutefois, il les met un peu tous dans le même sac. Lorsque le pouvoir, drone à la main, réprime des manifestations, il n’y a pas de différence entre un mouvement revendicatif sur les droits dans un pays occidental et des insurgés pakistanais qui luttent, entre autres, pour la suppression du peu de droits que peuvent avoir les femmes sur leur territoire.

Non monsieur Chamayou, tous les mouvements ne se valent pas et certains doivent être combattus.

Même erreur pour illuster la diminution de la dépendance matérielle de l’état au travail militaire et donc se dépendance sociale aux corps qui constituent cette force de travail. Il ajoute cet argument à la précarisation accrue de la société USA sans aucune mise en perspective avec la crise ou la précarisation de la vie des gens dans le reste du monde. Le problème n’étant pas seulement américain et donc pas lié seulement à l’arrivée de ces technologies dans l’armée.

Avis mitigé, donc, si Chamayou ne tombait pas de temps à autre dans la facilité, en mode « les drones c’est mal », ou les élans sécuritaires, je serais assez convaincue. Enfin, il permet de rappeler que la technologie n’est pas invincible. La décrire en mythe c’est poser les premières pierres d’un comportement passif face à sa mise en place.

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Sur le même sujet, qui a peur du grand méchant drone

 

Armée, datacenters, éducation, drones, USA… Les liens du dimanche #32

Armée, datacenters, éducation, drones, USA… Les liens du dimanche #32

Welcome in your world !

dans ton monde, la 7e compagnie a encore frappé sur Internet. La loi de programmation militaire vise à faciliter la collecte de données sur les utilisateurs en temps réel… rien que ça !

La Suisse, de son côté, se lance dans le business du datacenter en recyclant de vieux bunkers.

Dans ton monde, beaucoup de métiers de demain n’existent pas encore. Si en Estonie, les plus jeunes ont déjà les mains dans le code, quid de l’éducation nationale française ?… Déjà qu’au niveau de l’enquête PISA, on n’a pas brillé…

En Thaïlande, les drones filment les manifs, ce qui fait un peu peur, quand même, en termes de fichage.

Dans le monde arabe, une rappeuse de 18 ans fait sensation en chantant contre les violences faites aux femmes et jour après jours, elle gagne de nouveaux supporters, notamment sur les réseaux sociaux. Une aventure qui n’est pas sans rappeler le succès du très proche de la vérité Les femmes du bus 678 tourné dans les rues du Caire.

Dans ton monde, si tu joues à des jeux vidéo « violents », tu es susceptible d’être espionné par nos amis américains.

Jacob Appelbaum explique le système de surveillance au Parlement européen

En ces temps de LPM, il est judicieux de revenir aux fondamentaux. Jacob Apelbaum, un des créateurs de Tor, mais pas que,  expliquait au mois de septembre ce qu’est réellement la surveillance en ligne et comment s’en protéger.


Le hacker Jacob Appelbaum explique le système… par musashizd

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Menaces sur nos libertés, comment Internet nous espionne
Armée française, la 7e compagnie sur Internet

La neutralité de l’Internet, un enjeu de communication

Ce bouquin de chercheurs, sorti en 2011, fait le tour des enjeux liés à la neutralité du Net et dresse un bilan des situations par pays et régions du monde. Il montre aussi comment les entreprises essaient tant bien que mal de mettre la main sur le réseau.

Capture du 2013-11-10 18:43:28Ce bouquin de chercheurs, sorti en 2011, fait le tour des enjeux liés à la neutralité du Net et dresse un bilan des situations par pays et régions du monde. Il montre aussi comment les entreprises essaient tant bien que mal de mettre la main sur le réseau.

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Latitude zéro, Mike Horn

En gros, Mike Horn se présente malheureusement toujours comme un héros. Il a un côté Chuck Norris avant Chuck Norris.

Ce mec est un malade. Sud-Africain bien né, il est devenu « aventurier explorateur » et ne cache pas ses amitiés très haut placées l’aidant à mener au mieux ses missions.

Celle qu’il raconte dans latitude zéro, est tout simplement le tour du monde en suivant l’équateur, directement, tout droit… en s’accordant tout de même une petite bande de large de chaque côté.

L’exploit est assez énorme, il brave plusieurs océans sur un petit voilier, traverse des jungles, longe des rivières en pirogue, copine avec des guérilleros colombiens et des chefs de guerre africains, le tout en un an et demi.

On reste un peu sceptique sur le fait qu’il ne lui arrive rien, qu’il rencontre toujours les bonnes personnes au bon moment et que, c’est finalement toujours grâce à sa détermination, comme le moment où il est mordu par un serpent et se soigne en buvant de l’eau et passant deux ou trois jours allongé dans son hamac…

Idem pour la sortie de test de son voilier, prévu à l’origine pour 4 personnes grand maximum, il tombe sur un bateau de clandestins mexicains en train de couler, il remplit son bateau d’un dizaine de ses personnes et attend au large que la police ne parte pour les faire débarquer libres aux USA.

mike_horn

Et finalement, on ne s’interroge pas plus que ça. Il a déjà parachevé de nombreux exploits sportifs, fait partie de commandos, a écrit sur ses stages de survie dans la jungle…

En gros, Mike Horn se présente malheureusement toujours comme un héros. Il a un côté Chuck Norris avant Chuck Norris.

Pas un mot sur les périodes de doute, sur le manque de sa famille, ses enfants… et quand il tombe de son bateau en pleine mer agitée, c’est pour mieux nous raconter comment il s’est accroché à tel ou tel filet pour héroïquement reprendre les commandes, de nuit, bien entendu.

Je croyais ouvrir un bouquin qui parlerait de cheminement, physique et psychologique, façon Bouvier, par exemple. Et bien non. Aucune remise en question.

Enfin, lorsque Mike Horn traverse le continent africain, il pose un regard très dur sur les gens. Selon lui, il n’y aurait que voleurs et fous furieux armés dans les pays qu’il traverse et tient un discours assez affligent, hautain, sans essayer de comprendre ou du mois s’interroger sur la situation.

A sa décharge, il raconte toute de même comment plusieurs fois, il a rebroussé chemin pour que son équipe technique puisse le filmer en plein effort pour réaliser la vidéo du voyage ou comment ses amitiés haut placées l’ont aidé à certains moments, à se sortir de situations délicates.

A lire si vous n’avez rien d’autre sous la main… mais seulement dans ce cas-là.

Et Dieu créa l’INTERNET, Christian Huitema

Christian Huitema est ingénieur. En 1986, il rejoint l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) de Sophia Antipolis et travaille sur ce qui allait devenir Internet.

Christian Huitema est ingénieur. En 1986, il rejoint l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) de Sophia Antipolis et travaille sur ce qui allait devenir Internet.

La plupart des jeunes de 16 ans aujourd’hui, croient que l’Internet a toujours existé. Et bien non !

Alors que nous gambadions de manière pas encore très assurée jusqu’au pot et que faire nos lacets relevait encore du tour de magie, Christian Huitema, lui, participait à la création d’internet (non, pas du Ouiabe!).

Il nous décrit les premières années de la recherche télécoms et réseaux, sur ce projet et surtout les différences énormes entre les projets américains et européens.

Il nous décrit l’Europe comme un capharnaüm administratif où il fallait toujours attendre l’aval du politique ou d’un administration pour pouvoir débuter des recherches, parfois dans un sens que n’approuvaient pas les chercheurs qui auraient, au départ, voulu suivre la même ligne que leurs confrères américains.

En Europe, on préfère mettre les moyens sur un réseau centralisé, donc contrôlable, alors qu’aux USA, on préfère la décentralisation, relier les ordinateurs les uns aux autres… De ces recherches naîtront le Minitel chez nous et Arpanet, qui deviendra Internet chez eux.

« En éliminant tout point central, ils ont créé un réseau très robuste »

Au delà des deux pensées complètement opposées, on voit aussi comment ce qui allait devenir Internet était une vraie révolution à l’époque.

Plus besoin d’attendre à côté du fax pour recevoir un papier personnel, il suffisait d’ouvrir une boite mail. Plus besoin de se creuser la tête des heures, un chercheur, possiblement sur un autre continent avait forcément la réponses, alors on écrivait à un groupe… sauf que la réponse mettait parfois 24 heures à arriver, voire plus si on compte le décalage horaire, car le débit ne ressemblait pas du tout à ce que l’on a aujourd’hui.

Alors ils cherchaient, ils tatonaient.

Ce sont eux qui ont mis en place ces « routes », passant d’un ordinateur à un autre, de sauts de puce(s) en sauts de puce(s) pour atteindre un serveur, et le chemin inverse.

Puis Huitema a eu la chance, et il en parle avec humour, de faire « le français » dans un groupe de chercheurs a l’échelle internationale. Il a donc pu participer directement aux travaux initiés par les Américains mais avec des valeurs qui prennent sens encore aujourd’hui :

« L’intérêt de protéger la vie privée doit l’emporter sur les considérations du maintien de l’ordre et de la défense »

Enfin, il rappelle en conclusion qu’Internet n’est pas un média à sens unique et permet à tout un chacun d’écrire, de commenter :

« la possibilité pour chacun d’être à la fois un consommateur et une source d’info. »

[youtube]http://youtu.be/A5Ix72dJvqo[/youtube]

 

Wikileaks, 3 nouveaux Insurance Files

Cet après-midi, aux environs de 16h, heure française, le verdict tombera dans le cadre du procès Manning. L’info est passée presque inaperçue au beau milieu de la tempête Miranda et tout ce qu’elle relève comme problèmes en termes de liberté de la presse et secret des sources, mais Wikileaks a sorti deux nouveaux fichiers chiffrés. De son côté, la police s’acharne sur le Guardian.

Cet après-midi, aux environs de 16h, heure française, le verdict tombera dans le cadre du procès Manning.

L’info est passée presque inaperçue au beau milieu de la tempête Miranda et tout ce qu’elle relève comme problèmes en termes de liberté de la presse et secret des sources, mais Wikileaks a sorti trois nouveaux fichiers chiffrés. De son côté, la police s’acharne sur le Guardian.

 https://twitter.com/wikileaks/status/369949721915179009

Jusqu’ici, un Insurance File planait au-dessus de la tête d’Assange. Wikileaks a promis de divulguer la clé de déchiffrement s’il arrivait malheur à son fondateur et, par conséquent, de révéler au monde les informations que contient ce dossier.

Or, à quelques jours du verdict Manning et peu après les révélations d’Edward Snowden, trois nouveaux fichiers (3.6 GB, 49 GB and 349 GB) apparaissent, comme expliqué dans le twitt ci-dessus. Wikileaks en profite pour faire le décompte des jours de prison, comme si l’opération était réitérée afin de protéger les deux lanceurs d’alerte. Leur taille surprend aussi(EN).

** Merci particulier à Vigdis et à son œil de lecteur bienveillant **

  • Les liens qui vont bien

Qui est Bradley Manning ?
En savoir plus sur les Insurance Files
Lavabit
, Snowden et la vie privée
Quand Juan s’interroge sur les lanceurs d’alerte
Miranda, les révélations du Guardian
En 2011, Wikileaks publiait de la doc sur la surveillance des cables Internet Soumarins
Le parti Wikileaks est créé