Wikileaks, 3 nouveaux Insurance Files

Cet après-midi, aux environs de 16h, heure française, le verdict tombera dans le cadre du procès Manning. L’info est passée presque inaperçue au beau milieu de la tempête Miranda et tout ce qu’elle relève comme problèmes en termes de liberté de la presse et secret des sources, mais Wikileaks a sorti deux nouveaux fichiers chiffrés. De son côté, la police s’acharne sur le Guardian.

Cet après-midi, aux environs de 16h, heure française, le verdict tombera dans le cadre du procès Manning.

L’info est passée presque inaperçue au beau milieu de la tempête Miranda et tout ce qu’elle relève comme problèmes en termes de liberté de la presse et secret des sources, mais Wikileaks a sorti trois nouveaux fichiers chiffrés. De son côté, la police s’acharne sur le Guardian.

 https://twitter.com/wikileaks/status/369949721915179009

Jusqu’ici, un Insurance File planait au-dessus de la tête d’Assange. Wikileaks a promis de divulguer la clé de déchiffrement s’il arrivait malheur à son fondateur et, par conséquent, de révéler au monde les informations que contient ce dossier.

Or, à quelques jours du verdict Manning et peu après les révélations d’Edward Snowden, trois nouveaux fichiers (3.6 GB, 49 GB and 349 GB) apparaissent, comme expliqué dans le twitt ci-dessus. Wikileaks en profite pour faire le décompte des jours de prison, comme si l’opération était réitérée afin de protéger les deux lanceurs d’alerte. Leur taille surprend aussi(EN).

** Merci particulier à Vigdis et à son œil de lecteur bienveillant **

  • Les liens qui vont bien

Qui est Bradley Manning ?
En savoir plus sur les Insurance Files
Lavabit
, Snowden et la vie privée
Quand Juan s’interroge sur les lanceurs d’alerte
Miranda, les révélations du Guardian
En 2011, Wikileaks publiait de la doc sur la surveillance des cables Internet Soumarins
Le parti Wikileaks est créé

Lavabit, Snowden et la vie privée

L’affaire Snowden a pris ces derniers jours une nouvelle tournure, lorsque le boss de Lavabit a tout bonnement et simplement décidé de fermer son service de messagerie. Lavabit, c’est quoi ? Un minuscule fournisseur de messagerie e-mail mais qui mettait un point d’honneur à défendre la vie privée. Caleb Delisle, un copain américain, faisait partie des utilisateurs. Il nous explique pourquoi lui, et certainement Snowden, avai(en)t choisi ce service et comment faire aujourd’hui qu’il n’existe plus.

L’affaire Snowden a pris ces derniers jours une nouvelle tournure, lorsque le boss de Lavabit a tout bonnement et simplement décidé de fermer son service de messagerie. Lavabit, c’est quoi ? Un minuscule fournisseur de messagerie e-mail mais qui mettait un point d’honneur à défendre la vie privée. Caleb Delisle, un copain américain, faisait partie des contributeurs utilisateurs. Il nous explique pourquoi lui, et certainement Snowden, avai(en)t choisi ce service et comment faire aujourd’hui qu’il n’existe plus.

Capture du 2013-08-13 12:13:25

Comme certains d’entre vous le savent déjà, mon ancienne adresse e-mail et son fournisseur, Lavabit.com, n’existent plus.

Il ya quatre ans j’étais à la recherche d’un fournisseur de messagerie gratuit quand j’ai découvert lavabit.com.Il n’était pas le seul fournisseur de messagerie, mais j’ai été attiré par son côté geeko-friendly, minimaliste, et le sérieux, voire le dévouement, avec lequel ils s’accordaient à protéger la vie privée.

À une époque où la confidentialité était considérée comme une vieille chose, Lavabit luttait seul contre le marché, pour ce en quoi ils croyaient. Ils luttaient pour pour qu’un moment partagé entre amis, en famille ou avec des proches ne soit pas une donnée qui tombe dans les réseaux du marketing. Alors que nous, les enfants web2.0, qui nous exposions nous-mêmes au quotidien, prenions des paris sur la subsistance de ces « services » croyant que nous aurions fini par devenir modestes.

Ce que Lavabit avant construit était une merveille. Ils ont utilisé la cryptographie pour assurer que VOS e-mails ne puissent pas être lus sans mot de passe de connexion, même pas par l’administrateur du serveur Lavabit lui-même. Au cours des 4 dernières années, j’ai recommandé Lavabit à des amis et à de la famille. Je n’avais que le bouche à oreilles à leur offrir. Lavabit était évidemment un service basé sur la passion : La vie privée n’est tout simplement pas rentable.

Il y a cinq jours, Lavabit a cessé de répondre

Ce n’était pas un problème majeur, c’était déjà arrivé. Mais après douze heures de temps d’arrêt je suis devenu inquiet. J’ai décidé de ne pas bouger et de voir ce qui se passait. Après environ deux jours, une foule sans cesse croissante de compatriotes utilisateurs a commencé à se plaindre sur le web. Le propriétaire a finalement décidé de jeter l’éponge.

La page d’accueil de Lavabit, qui annonçait juste que le site était indisponible cause d’opération de maintenance, disait que l’opérateur, Ladar Levison, avait choisi d’arrêter le site plutôt que « devenir complice de crimes contre le peuple américain » et qu’un bâillon l’empêchait de dire quoi que ce soit d’autre.

Au fil du temps, nous avons appris que Lavabit avait parfois reçu l’ordre de fournir des informations dans des cas de maltraitance d’enfants. Ils avaient facilement respecté la vie privée (dans la mesure où la cryptographie leur permettrait). Tout ce qui s’est passé ces derniers jours devait donc être plus important qu’un mandat de perquisition de routine. Nous avons aussi appris que ce minuscule fournisseur de service e-mail était utilisé aussi par Edward Snowden.

Si les agents exigent de la part d’un bureau de poste que des lettres soient ouvertes, ces lettres doivent rester ouvertes, laissant comme preuve que les courriers ont été lus. Dans un ordinateur, il n’y a pas de preuve. Ainsi, demander à un fournisseur d’accéder aux e-mails d’une personne, exige qu’il trompe leurs propres clients en laissant entendre que tout est normal. Cette demande que Ladar juge abusive vis à vis de la confiance de ses utilisateurs est probablement ce qui l’a poussé à tout fermer.

Quoi qu’il en soit, Lavabit et calebdelisle@lavabit.com n’existent plus.

Cet e-mail est sûr parce que j’ai toujours préféré, pour télécharger mes e-mails sur mon ordinateur portable, utiliser Thunderbird. Même si il est en effet gênant de changer d’adresse, je suis fier d’avoir fait un petit bout de chemin avec un homme qui, pour autant que nous le sachions, s’est battu jusqu’à la fin contre ce à quoi il ne croyait pas. Après quatre ans à utiliser Lavabit, je ne peux pas me résoudre à utiliser Gmail ou Hotmail ou tout autre service de messagerie glamour.

Je suis un fier utilisateur du nouveau service de courrier hyperboria.ca

Il n’est pas aussi beau que gmail et il n’est pas aussi sûr que Lavabit mais il est géré par les gens, moi y compris, qui pensent que le courrier électronique est plus qu’un outil pour recueillir des informations marketing. Hyperboria.ca n’est accessible qu’aux membres du réseau Hyperboria. Je n’ai pas le temps ni la volonté de lancer un « vrai » serveur de messagerie chez moi.

Si tout le monde devait faire une seule chose pour l’amour de la vie privée, utilisez Thunderbird. Vous pouvez l’utiliser avec votre compte de messagerie « normal » et une fois que vous avez essayé, vous ne recommencerez jamais à taper des mots de passe sur un site Web. Avec Thunderbird, vous pouvez non seulement lire votre e-mail sur votre PC au lieu de « dans le cloud », mais vous pouvez également utiliser l’extension Enigmail PGP.

PGP signifie « Pretty Good Privacy » qui vous permet d’envoyer des messages que personne d’autre que le destinataire ne peut lire.

J’utilise PGP pour écrire à ma mère, non pas parce que nous « avons quelque chose à cacher », mais parce qu’une conversation entre une mère et son fils n’est pas une question de sécurité nationale et certainement pas non plus de « marketing ». Nous sommes le peuple, nous valons plus que cela.

Et vous en êtes aussi.

Si vous n’êtes pas porté sur la technique, demandez à un ami ou membre de votre famille, s’ils ne sont pas utilisateurs de Thunderbird et PGP.

Il est grand temps qu’on apprenne !

Merci à Caleb pour temps qu’il a su consacrer à la rédaction de ce texte.

  • Les liens qui vont bien

Un autre service de messagerie, Silent Circle, ferme aussi.
Armes d’interception numériques : usages et tentatives d’opposition.
La page d’accueil de Lavabit
Un peude lecture
Et si on changeait de FAI ?

Soudan, InfoSec, USA, Japon, pinard, politique… Les liens du dimanche #29

Soudan, InfoSec, USA, Japon, pinard, politique… Les liens du dimanche #29

Welcome in your World !
Dans ton monde, les parlementaires donnent (enfin !) la priorité aux logiciels libres dans l’enseignement supérieur. C’est toujours ça de gagné !

Dans ton monde, le Sud-Soudan ne tient visiblement pas ses promesses à grands coups de corruption et non respect des droits de l’Homme… ça étonne qui ? De leur côté, les édiles européens s’équipent de téléphones portables américains aux grandes oreilles.

La RATP traque ses utilisateurs via son appli.. ça vous étonne ? Pas vraiment si vous etes un lecteur assidu de Seteici ou si vous avez suivi les BBA. On nous dit qu’elle aurait été implémentée par erreur… Mais avant que les informaticiens travaillent sur cette appli, il faut bien que la décision soit prise et validée, non ? Ca commence (un peu) à se voir…

Selon l’Orient l Jour, l’Irak serait au bord de la guerre civile.

Dans ton monde, la mafia japonaise lance son magazine. Qui pour piger ? Les soldats américains auront-ils accès à ce média ?… A défaut de pouvoir lire le Guardian. Le Canada a renouvelé en 2011 un programme de collecte de données personnelles.

Aux USA, la carte verte est aujourd’hui attribuée aux conjoints de même sexe. De son côté, le gouvernement britannique crée une unité policière de la propriété intellectuelle.

En France, le pays du pinard en canette, les députéEs ne pourront pas être remplacées par leur suppléant durant leur période de maternité.

Le grand vilain méchant drone

J’ai pas mal cogité ces derniers temps au sujet des drones. Pas mal échangé, aussi, au hasard d’un débat sur une ML à laquelle je participe. De quoi développer un point de vue sur un sujet dont, il est vrai, je ne m’étais que peu préoccupée avant ces derniers mois.

J’ai pas mal cogité ces derniers temps au sujet des drones. Pas mal échangé, aussi, au hasard d’un débat sur une ML à laquelle je participe. De quoi développer un point de vue sur un sujet dont, il est vrai, je ne m’étais que peu préoccupée avant ces derniers mois.

Les objets n’engagent que ceux qui les utilisent. Je vois comme une très mauvaise chose l’arrivée de drones dans la police, l’armée. Les militaires américains ont d’ailleurs déjà repéré et tué des gens, bien au-delà de leurs frontières, avec ce type d’engins. Ils aident aujourd’hui la France dans le cadre de l’opération Serval(EN) aussi avec des drones.

Dans d’autres cas, munis de caméras, ces appareils pourraient survoler les manifestations. Effectivement, du côté des militants, et c’est légitime, on s’en alarme. Ces appareils pourraient participer à la surveillance, rapporter des images qui permettraient de compléter les dossiers de certains ou, sans aller jusque là, identifier tel ou tel militant comme participant à telle ou telle cause.

Un outil de revendications ?

Or, utilisé dans un tout autre contexte, par un dissident, un blogueur engagé, quelqu’un qui tente de faire sortir de l’info d’un territoire fermé aux journalistes, cette technologie peut être une bonne chose. Le Citoyen pourra se protéger des tirs de snipers en utilisant ce genre d’appareils pour filmer les violences policières, les tireurs sur les toits, les abus de pouvoir. Le drone, dans ces cas-là, pourrait donc être un outil très précieux pour éviter que des personnes, déjà cibles du pouvoir, se fassent tirer dessus.

Autre exemple, plus mignon, celui de ces militants australiens qui luttent contre les mauvais traitements faits aux animaux. Leur drone permet de survoler le bétail et de recueillir des preuves de maltraitance qui viendront apporter des billes à leur combat.

Pour moi, tout dépend donc de qui utilise le drone et de l’utilisation qui en est faite. Les droits-de-l’Hommistes pourraient s’en servir à bon escient. Condamner de but en blanc cette technologie en mode « c’est mal et c’est pas bien parce que c’est des drones » (oui, oui, ça existe…) est pour moi assez malsain puisque basé sur aucune considération technique et à terme, pourrait empêcher ceux qui en ont besoin, idéaux en bandoulière, de les utiliser. Par ailleurs, ces légères contradictions occultent les vrais débats de fond.

Par ailleurs, cette réduction de la lutte à la simple philosophie nous renvoie bien des années en arrière où les décisions se prenaient sur le papier, concernaient la vie de bureau et n’étaient réservées qu’à une poignée de décisionnaires qui se trouvaient face à l’opposition d’une élite intellectuelle qui se voulait en désaccord.

De l’art de connaître son ennemi

Et si mettre les mains dans la machine était la meilleure solution ? Pour s’opposer aux surveillants de tous bords, à l’armée ou à toute compagnie privée qui déciderait de s’y mettre dans un but de surveillance, il faut, à mon avis, jouer sur le même terrain, celui de la technologie.

S’opposer en n’invoquant que de vastes idéaux philosophiques, un bouquet de fleurs et un « saymal » ne sert pas vraiment à grand-chose. C’est après avoir étudié, lu, démonté, remonté, testé, cassé (oups) remonté, (re)testé, etc. Qu’on aura la connaissance permettant de démontrer par A + B aux surveillants que ce qu’ils font va au-delà des libertés publiques. Et on ne pourra rien nous opposer.

Je mets ce cas en parallèle de l’opposition au DPI. Si on s’était contenté des idéaux, même nobles, et de la philo, on ne serait pas allés très loin. C’est la connaissance technique qui fait que nous (et bien d’autres avant nous ou mieux que nous) avons la possibilité de nous opposer en expliquant le fonctionnements de ces systèmes, en le commentant, y compris dans les médias où les plus avisés d’entre nous le font intelligemment.

En France

Ce n’est ni tout blanc, ni tout noir, ni tout à fait malsain, surtout si vous vous placez d’un point de vue d’activiste Iranien, ni parfait. Mais ce qui est sûr, c’est que dans un contexte franco-français, il existe des textes qui protègent la vie privée, il existe des institutions censées les faire respecter et peut-être faudrait-il alerter nos députés afin qu’ils lancent nue réflexion sur le sujet. Quid du vol des drones dans le ciel français ? Avec une cogitation/réglementation différente s’ils ne font que voler ou s’ils ont le pouvoir de capter photos, vidéos, sons, et ainsi mettre en péril la vie privée.

On s’y met ?

  • A lire aussi :

When the Whole World Has Drones(EN) et sa traduction en Français.
« N’importe qui peut être attaqué par un drone n’importe où n’importe quand, » Interview dans Courrier International.
Autre billet au sujet des drones qui survolent le bétail.

Menace sur nos libertés. Comment Internet nous espionne. Comment résister

Vous savez ce qu’est un cypherpunk ? vous avez suivi le combat de la Quadrature contre Acta ? Vous militez pour la neutralité du Net ? Vous savez au moins de quoi il s’agit ? vous vous intéressez à l’exportation d’armes de surveillance ? A la liberté de communication qu’entraÏne le chiffrement ? … Si vous avez répondu non, à toutes les questions, ce bouquin est fait pour vous, prenez-le comme un manuel d’apprentissage des libertés en ligne.

Vous savez ce qu’est un cypherpunk ? vous avez suivi le combat de la Quadrature contre Acta ? Vous militez pour la neutralité du Net ? Vous savez au moins de quoi il s’agit ? vous vous intéressez à l’exportation d’armes de surveillance ? A la liberté de communication qu’entraÏne le chiffrement ? … Si vous avez répondu non, à toutes les questions, ce bouquin est fait pour vous, prenez-le comme un manuel d’apprentissage des libertés en ligne. Le titre de ce billet est éponyme à celui du nouveau bouquin signé Julian Assange.

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Ce livre est basé sur une discussion entre Assange, Appelbaum, Andy Müller et Jérémie Zimmermann qu’ils ont annotée. Les 36 pages de définitions, liens, rappels d’événements, lectures, constituent une première richesse pour approfondir le sujet.

Le bouquin s’adresse plutôt à des néophytes ou à des personnes qui commencent à s’intéresser à ces questions et ne savent pas trop où creuser.

Sur un ton parlé, donc, les quatre mousquetaires de l’Internet, reviennent sur ces dix dernières années et mettent en avant des valeurs que nous soutenons, telles que la neutralité du Net, l’importance du chiffrement, la décentralisation… et dressent un tableau un peu noir de quelques-uns, à l’instar de Visa et Mastercard qui, outre bloquer les transferts d’argent vers Wikileaks, sont accusés de participer à un système de surveillance. L’exemple avancé est tout à fait fou. Impossible de gérer les échanges bancaires internes à la Russie à l’intérieur même du pays. Aujourd’hui, le Russe dont le compte en banque se trouve dans une banque russe, qui va faire quelques courses à la supérette au bout de sa rue et paie avec une Visa ou une Mastercard, voit sa transaction effectuée via les USA.

De l’intérêt de l’apprentissage

Ils mettent l’accent sur le rapport entre compréhension des systèmes et liberté. L’utilisateur du clicodrome est dépendant de sa technologie, celui qui ouvre, démonte, essaie de comprendre, pourra mieux maîtriser la machine. Au-delà des logiciels libres, donc, les quatre compères militent pour un hardware libre que l’on pourrait dupliquer, améliorer et adapter à son usage. Mais cela demande une prise de conscience des gens et un apprentissage, peut-être long et fastidieux, mais qui en vaut la peine puisqu’il est question de libertés fondamentales.

Chose intéressante que soulève Andy Müller, l’interdiction, via l’Arrangement de Wassenaar, d’exporter des technologies de chiffrement vers des pas déclarés « mal intentionnés ». Par contre, l’export de technologie de surveillance, dont on connait les malheureux résultats, n’est pas soumis à règlementation. Le constat est surprenant pour un néophyte et le bouquin incite à s’interroger sur cette question.

Jérémie Zimmermann revient sur ACTA, bien entendu, mais aussi sur notre rapport un peu étrange à la vie privée. Aujourd’hui, il suffit de cliquer sur « publier » pour révéler en quelques secondes des informations personnelles sur Facebook. Et de rappeler qu’on remet ces données avant tout non pas à ses amis ou à ses proches, mais à Facebook qui les utilise, les partage, les vend, comme il le souhaite.

« Publier signifie rendre public, ça veut dire qu’on offre au reste du monde l’accès à cette donnée. »

Enfin, Jacob Appelbaum revient sur les nombreux problèmes rencontrés lorsqu’il voyage aux USA du fait d’avoir participé à la création de Tor mais aussi du fait de son amitié avec Julian Assange. Il décrit au passage le processus de sélection de futurs employés de l’US Navy via des jeux concours (CTF) organisés auprès d’étudiants du Security an Privacy Research Laboratory de l’université de Washington.

Si vous avez répondu oui à toutes les questions du premier paragraphe de ce billet, vous risquez d’apprendre quelques petites choses dans ce bouquin, comme celles décrites ici que j’ai appris au fil de la lecture sans encore avoir pris le temps de compulser la totalité des liens qu’on trouve en annexe. Mais clairement, toi qui a répondu oui, tu n’es pas le public visé par ce livre.

Seul bémol, la qualité de la traduction. On s’arrache les ongles à vouloir lire plus souvent « chiffrement » à la place de « cryptage » et surtout, le « espaces de hackers » pour « hackerspaces » fait un peu saigner des yeux.

Chez l’éditeur.

A lire aussi, cet article de Numérama nous informant que le FBI réclame un acces en temps réel à Skype, Facebook, gmail, etc…

Dans le bouquin, il est aussi question du Patriot Act qui donne tous le spouvoirs au FBI et à l’Etat américain de zyeuter sympathiquement vos communication. Google révèle les dernières demandes du FBI.

Féminisme, viol, frontières, journalisme, transports, Netneutrality… Les liens du dimanche #15

Welcome in your word ! Un doux monde où, en Somalie, on arrête une femme pour avoir témoigné de son viol en même temps que le journaliste de RFI qui l’a interviewée.

Welcome in your word ! Un doux monde où, en Somalie, on arrête une femme pour avoir témoigné de son viol en même temps que le journaliste de RFI qui l’a interviewée.

Au Mexique, les victimes de viol, toujours, n’auront peut-être bientôt plus le droit d’avorter, le bébé représentant une « preuve » du dit viol… De quoi revenir sur l’un des droits les plus élémentaires de la femme, à savoir celui de décider seule de ce que l’on fait de son corps.

Femmes toujours, et cette fois, il s’agit d’égalité. Même si cette nouvelle ne fait pas vraiment plaisir à tout le monde, les femmes soldats américaines pourront aujourd’hui, elle aussi, être en première ligne des combats.

En Syrie, les femmes fuient leur pays de plus en plus nombreuses puisque le viol est devenu une arme de guerre comme une autre. A ce propos, Amnesty International demande à la Jordanie de ne pas fermer ses frontières aux réfugiés syriens qui affluent.

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Au Mali, enfin, les journalistes aimeraient bien faire leur boulot correctement et Reporters Sans Frontières demande à ce qu’ils puissent enfin accéder à la ligne de front.

Plus légèrement, le site low cost d’Air France fait péter les chiffres… Pas étonnant lorsqu’on voit le service SNCF, vite vu. Pour apaiser les tensions, la société des chemins de fer a la grande idée de se payer des community managers en pensant que cela va améliorer les choses… hmm… z’ont pensé à l’affichage en gare et à l’information du personnel ? A ne pas abandonner les voyageurs en chemin ?

Sur la toile, les députés européens sont en train de brader notre vie privée. Affaire à suivre.

2012 powered by Sete’ici

Je me suis demandé comment résumer 2012… pas facile. 2012, c’est l’année du retour en France, mais pas que…

  • 2012, c’est toujours, et encore malheureusement, la Syrie

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  • 2012, c’est Owni qui finit en liquidation judiciaire

La déclaration de cessation de paiement, accompagnée d’une procédure de mise en liquidation judiciaire, a été déposée pour la société OWNI SAS, ce matin, le 21/12/12 (…)  Merci pour ce voyage ensemble.

  • 2012, c’est le pouvoir Iranien qui joue dangereusement avec son Internet pendant que le grand ayatollah ouvre un compte sur Facebook

L’Iran finalise son Internet national
L’Iran veut faire Internet à part

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  • 2012, c’est des gosses tués en Amérique

Mickael Moore balance son film, Bowling for Colombine, sur youtube. A noter, la très intelligent position de Marilyn Manson sur la violence aux USA. Rattrapé par le droit d’auteur, la vidéo est finalement bloquée.

  • 2012, en France, c’est l’année du vote

Reste à voir s’il entraînera le changement promis. Début de réponse en début d’année avec le texte sur l’égalité face au mariage. En tout cas, comme le disait Guy Birenbaum il y a quelques jours dans une émission de télévision : « la gauche a voté contre Nicolas Sarkozy. »

[youtube]http://youtu.be/w0ZkRRy72VE[/youtube]

NewsWeek, Twitter, données personnelles, biodéchets, google, SFR, féminisme, USA… Les liens du dimanche #11

Cette semaine, dans ton monde, un colosse de papier a édité son dernier numéro. Newsweek s’éteint, vivotera sur le Ouaibe avec de la dépêche. Newsweek tel que nous le connaissons s’éteint. Un journal qui meurt c’est un peu de démocratie en moins.

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Cette semaine, dans ton monde, un colosse de papier a édité son dernier numéro. Newsweek s’éteint, vivotera sur le Ouaibe avec de la dépêche. Newsweek tel que nous le connaissons s’éteint. Un journal qui meurt c’est un peu de démocratie en moins.

Mis à part ça, les gamins de la twittosphère jouent avec des hashtags et les grands enfants du web qui font du fric sur nos données personnelles pourraient faire l’objet d’une nouvelle taxe.

L’Ademe publie son audit sur les biodéchets, 900.000 tonnes de déchets seraient produits chaque année par le secteur de la restauration.

Chez Google, un homme a fait la grève de la faim pour réclamer deux mois de salaire impayés par le géant américain et l’ancien gouvernement est accusé d’avoir fait un joli cadeau à SFR qui aurait économisé au passage 163 millions d’euros.

LaPeste accuse le NouvelObs d’avoir abusé d’elle et raconte sa situation de pigiste plutôt bien lotie jusqu’à un largage de manière assez pourrie par le média en question.

 ailleurs…

Ailleurs, au loin, au Swaziland que tu vas t’empresser d’aller chercher sur une carte, les femmes n’ont plus le droit de porter la mini-jupe. Avancée sociale ? Alors qu’aux Philippines, on avance dans le bon sens puisque les femmes y ont enfin droit à la contraception… Un pas de plus vers l’indépendance.

Obama remplace Hilary Clinton, qui ne voulait pas garder son poste un second mandat, par John Kerry, ex candidat malheureux à la Maison Blanche.