La volière s’est émue ces derniers jours apprenant que Quick allait attaquer en justice un de ces employés qui informait ses followers sur son quotidien, sur les problèmes d’hygiène et sur les mauvais traitements infligés au personnel.
Et comme on est sur le Web, allons-y jusqu’au bout, c’est sur son site que le fournisseur de junk food a annoncé jeudi dernier qu’il allait poursuivre l’employé qui travaille dans un estaminet d’Avignon pour propos diffamatoires.
Le site de Métro publie le témoignage d’@EquipierQuick qui met l’accent sur le fait que oui, il savait ce qu’il publiait sur le réseau social Twitter et le faisait délibérément.
« Ce n’était pas un coup de gueule. C’était réfléchi, pour pouvoir faire avancer les droits des équipiers. Pour moi le restaurant Cap Sud était un cas isolé du fait de ce qui s’était passé en 2011. Du coup, il y a avait une pression supplémentaire dans ce restaurant. »
L’identification
Notre équipier twitte sous pseudo. On sait de lui, théoriquement, qu’il travaille sur Avignon, mais pas plus, du moins en ce qui concerne la justice. Quick doit donc entamer une procédure qui permettra de l’identifier dans le but de pouvoir l’attaquer nominativement.
L’entreprise dit donc demander tous les éléments d’identification possibles à Twitter : adresse IP, nom et adresse mail fournis lors de l’inscription, etc. C’est ainsi qu’elle pourra ensuite entamer une procédure. Reste à savoir si coopération il y aura.
La jurisprudence OccupyWallStreet
Au mois de juillet, le réseau social a d’abord décidé de résister à la justice américaine qui demandait les données personnelles d’un twitto présent sur le mouvement Occupy Walt Street, justifiant ce choix par la protection de ses utilisateurs. Revirement en septembre, sous la pression, Twitter fournit les informations demandées à la justice. L’American Civil Liberties Union (ACLU) réagira même ainsi :
« Twitter devrait être applaudi pour avoir défendu ses utilisateurs, mais la triste réalité est que seuls les utilisateurs individuels peuvent défendre leurs droits constitutionnels. »
Le chapo du papier de France Info qui rapporte ces propos, rappelle que l’affaire pourrait aujourd’hui faire office de jurisprudence. En d’autres termes, Quick pourrait aujourd’hui s’en servir pour faire peser dans la balance en demandant les données personnelles de l’équipier visé.
Des précédents en France
Le site Internet du journal Telerama revient sur quelques affaires de droits du travail ayant impliqué les réseaux sociaux, notamment autour d’un journaliste de France Télévision, d’un journaliste sportif et surtout d’employées d’une entreprise de Boulogne Billancourt qui échangeaient des gossips sur leur hiérarchie via Facebook.
Sur le même sujet, cette infographie.
L’édito de David Abiker.
Illustration Flickr/CC eldh
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« liberté je chéris ton nom »…