Ah… Morsi et l’armée !
C’est un peu « je t’aime moi non plus » avec censure des scènes de boules depuis le début.
Momo, on en parlait déjà ici, n’est pas un fervent amateur de la démocratie, ni un amoureux de son peuple. Momo, est pourtant arrivé au pouvoir par les urnes, au grand désespoir de l’armée.
Je me souviens, nous étions en 2010, les élections de 2011 se préparaient et en Egypte, que je demande à un journaliste, un rédac chef ou un élu qui serait le candidat du PND qui prendrait la place de Moubarak, on me faisait toujours la même réponse : « Le candidat de l’armée », « Celui qui fera le plus de promesses à l’armée, et qui les tiendra, sinon il a intérêt de courir vite… » Gamal ? Le fils de… « Non, lui c’est un financier, il a fait ses études à Londres. L’armée veut quelqu’un capable de lui dire de tirer sur la foule si besoin. »
Ambiance
L’armée, on en parlait à l’époque, c’est un pays dans le pays, avec des biens immobiliers, des fermes, des employés à foison, des zones plus ou moins réservées, comme dans le Sinaï.
L’armée soufflait donc le chaud et le froid sur la politique égyptienne, le nom de Tantawi, quoique très vieux, circulait aussi à l’époque. Le tout était de savoir ce que Gamal et son président de père seraient prêts à lâcher en vue des élections.
Mais Gamal, non, ils n’en voulaient pas.
Du coup, ils se sont alliés au peuple pendant la révolution. D’abord timidement, Moubarak a senti le truc et a nommé un de leur chouchou comme ministre aux armées en se disant qu’il se les mettrait dans la poche. C’était mal connaître nos petits soldats qui n’espéraient que cette occasion pour remettre la main sur l pouvoir qu’ils avaient jadis laissé à leur pantin, le père de celui qui ne devait pas être élu.
Puis rien n’a changé
Puis les égyptiens se sont rendus aux urnes, plusieurs fois, sur Tahrir aussi, plusieurs fois. On a aussi essayé de les embrouiller pendant la période de transition que l’armée gérait.
Puis Morsi.
L’armée faisait la gueule. A vrai dire, les Islamistes n’étaient pas vraiment ceux qu’ils voulaient voir à la tête du pays.
S’en suivit une série d’échanges entre je retire des pouvoir à l’armée, je m’octroie des pouvoir supplémentaires, puis j’en redonne un peu à l’armée, parce que bon, ils commencent à gueuler, mais pas tout de suite, des fois qu’ils nous prennent le pouvoir.
Bien entendu, on censure toujours les scènes de boules, des fois que…
La réaction de l’armée n’est donc pas vraiment surprenante, prévisible, même. Elle veut aujourd’hui reprendre ces petits bouts de pouvoir qu’on lui a confisqué, quitte à relancer les gens dans les rues et que tout recommence à zéro.
La seule différence, c’est que les Egyptiens ont eu la chance de pouvoir choisir leur candidat une fois, reste à savoir, si Morsi saute, si l’armée n’aura pas la mainmise sur le choix du futur édile, et en ce cas, on repartirait comme sous Moubark.
- Les liens qui vont bien
Sur la situation des femmes en Egypte, un film
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